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23 juillet 2009

Au-delà de la HQE

L’intégration de l’environnement et de la question de la lutte contre le réchauffement climatique dans le bâtiment s’organise en France sur deux axes, à la fois règlementaire, avec par exemple la Réglementation Thermique (avec une consommation énergétique de 50 Kw/m2/an en point de mire), et les démarches volontaires, avec la HQE (Haute Qualité Environnementale). La démarche française HQE est une sorte de guide d’engagement qui inclut de nombreuses thématiques liées à l’environnement : l’eco-construction, l’eco-conception, l’eco-gestion, les questions de santé des habitants des bâtiments, etc. qu’ils soient des habitations, des bureaux, des commerces, et depuis peu, des hôpitaux. Très médiatisée et mise en avant par les communicants du secteur immobilier, la norme HQE a pourtant des limites. Tout d’abord, sa traduction visuelle dans les bâtiments n’est pas encore probante. Si quelques ossatures en bois sont apparues grâce à la HQE, force est de constater que l’immeuble de bureau HQE reste encore majoritairement en “ verre-acier ”. L'élan artistique inspiré ou en harmonie avec l'environnement n'a pas démarré, sauf en Autriche. Ensuite, l’environnement du bâtiment lui-même semble mis au second plan. Un hôtel de luxe HQE dans un écosystème fragile ou un centre commercial HQE accessible uniquement en voiture et nécessitant d’imperméabiliser des milliers d’hectares sont des paradoxes possibles d’un bâtiment HQE. La HQE atteint ton hit de médiatisation pour des projets de tours, or celles-ci sont ni la meilleure réponses à la mobilité et densité urbaines ni à la paix sociale. Enfin, on peut se demander, en période de réchauffement climatique, de crise économique et de chute des investissements immobiliers, si une norme réservée à l’habitat neuf mérite d’être la vedette, alors que les bâtiments anciens, bien plus nombreux, ne cessent de consommer de plus en plus d’énergie...

 

 

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Commentaires

Alors qu'élus, chefs d'entreprises et autres décideurs ne jurent que par la HQE pour affirmer leur volonté de s'engager dans le DD, enfin on reconnait que cette démarche (volontaire mais qui fait également l'objet d'une certification) a des limites. Certes, les idées qu'elle a fait émerger sont bonnes, il n'en reste pas moins qu'elle ne tire pas la construction vers des objectifs "soutenables". Espérons que la fusion HQE-BREEAM fasse avancer les choses. Pour ce qui est de la rénovation, si certaines pistes comment à émerger (Eco-Artisan de la CAPEB, par exemple), il reste beaucoup à faire mais les contraintes ne sont pas du tout les mêmes.

Ecrit par : Jeanvié | 24 juillet 2009

Bonjour,

J'ai lu avec grand intérêt bon nombre de vos articles et souhaite rebondir sur la norme HQE, médiatisée à outrance par les acteurs immobiliers et relayée par les médias. Cette norme a du bon mais est, à mon sens (et ça n'engage que moi...) un peu de la "poudre aux yeux" au sein d'un secteur d'activité en crise qui semble vouloir se racheter une bonne conscience.
Je ne remets pas en question le bien fondé de la norme pour les constructions nouvelles, mais comme vous l'avez rappelé, on aimerais davantage voir des architectures qui "se fondent" dans le paysage plutôt que d'immenses tours dont on proclame hâtivement qu'elles sont "écologiques"...
Par ailleurs, je vous rejoins sur le fait qu'il y a fort à faire en terme de "réhabilitation" d'immeubles anciens, plus gourmands en énergie, qui néanmoins, si on en améliore les performances, ont le mérite de préserver le patrimoine culturel et architectural de chaque pays ou région.
Pour ma part, j'apporte, à ma manière, ma pierre à l'édifice, en faisant la promotion d'hôtels écologiques indépendants, afin de limiter l'empreinte de nos séjours, proposer de "vivre une expérience" plutôt qu'une simple étape, pour de donner du "sens" à nos voyages...

Ecrit par : William Rousseau | 10 octobre 2009

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