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03 septembre 2009
Quand Terra Eco veut que je dise autre chose que ce que j'ai dit
Terra Eco m'a interviewée en juillet pour son numéro consacré à la télévision et au développement durable paru ce mois de septembre, nous avons évoqué de nombreux sujets dont la chaîne Ushuaïa. Mon commentaire sur la chaîne de télévision Ushuaïa fut le suivant : "ayant son historique sur le thème de la nature, elle ne couvre pas toute la modernité du sujet". Voici le résultat publié, dans un paragraphe consacré à l’émission Ushuaïa de Nicolas Hulot à laquelle je n'ai jamais fait référence : « Ushuaïa est complètement hors sujet sur le développement durable, dénonce Alice Audouin, directrice du développement durable chez Havas Media et auteur d' Ecolocash, un roman au vitriol sur la prise de tête verte. En se consacrant uniquement à la vie des animaux, Nicolas Hulot rate toute la modernité du sujet. » Plus loin dans l'article, dans une autre citation, voilà que je dis "Ras-le-bol de voir l'environnement cantonné aux documentaires, s'énerve Alice Audouin, consultante. Où passe l'argent des chaînes ? Dans la fiction! Le développemet durable doit aussi passer par le diverstissement." Heureusement, procédant systématiquement à une validation de mes citations, en particulier avec Terra Eco, j'ai la trace du mail du 8 juillet de confirmation de mes citations avant publication envoyé par le magazine, il n'y en a qu'une seule et la voici : « Comment est investi l'argent des chaînes ? s'interroge Alice Audouin, auteur d' « Ecolocash », un roman caustique sur le développement durable en entreprise. Dans la fiction et c’est tant mieux ! Car c’est ici aussi que l’on devrait trouver le développement durable et pas seulement dans les documentaires. »
Je ne tire de cet exemple aucune généralité, sauf concernant les qualités professionnelles de la journaliste Louise Allavoine. Terra Eco est un magazine utile, auquel je suis abonnée, et que je continuerai de soutenir. Un rectificatif est en route, preuve de la déontologie du magazine. La seule chose que je vois, car ce n'est pas une expérience isolée, c'est que la presse en général souhaite écrire et donner à lire à ses lecteurs des reductions, conflits, jugements, emportements, avis sans nuance...qu'elle appelle débat voire même démocratie. Les personnes qui sont pour le débat sont souvent utilisées et leurs propos radicalement déformés pour le clore, au lieu de le lancer, c'est dommage.
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Commentaires
Marrant d'avoir ce billet chez toi Alice, j'ai eu plusieurs cas similaires autour de moi cette semaine: une amie interviewée dans Terra Eco et dont la fonction mise en avant ne correspond pas à la casquette avec laquelle elle a effectué la mission pour laquelle on l'interroge. Dans un journal régional aussi, je me suis aperçue que le traitement médiatique des enjeux politiques était fortement biaisé... Je suis en pleine phase de réflexion sur le sujet. Rien de bien nouveau, mais oui, c'est certain: "la presse en général souhaite écrire et donner à lire à ses lecteurs des reductions, conflits, jugements, emportements, avis sans nuance...qu'elle appelle débat voire même démocratie". Le pire, c'est que ça marche souvent...
Ecrit par : Anne-So | 05 septembre 2009
Parfaitement d'accord avec la conclusion de votre billet et un peu déçu de voir Terra Eco attrapé en flagrant délit de bidouillage (Grandeurs et Misères du journalisme...)
Pour en revenir à votre propos, ce qui, en miroir, spécifie à mon sens le web par rapport à la presse, c'est que si "l'emportement" online est plus ample - voire totalement délirant - il se fait au moins dans la transparence... tout au moins avec davantage de transparence que la presse, dont la fâcheuse propension au caviardage et à la déformation tend effectivement à prendre en otage le débat démocratique pour en faire sa "chose". Dit autrement, les journalistes appellent cela "élever la conscience du lecteur", numéro après numéro, jour après jour... step by step.
Aujourd'hui, avec internet, celui-ci s'élève tout seul en prenant... l'ascenseur.
Ecrit par : Laurent Javault | 10 septembre 2009

