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26 novembre 2009
Cécile Ducrot-Lochard, la Philanthropie VIP
Article publié dans Neoplanète, numéro Nov / Déc 2009
Cécile est sans doute la seule salariée d’ONG à devoir porter des diadèmes de diamants pour son boulot ! Experte en « finance philanthropique », qui signifie en gros : « donner un peu de ce que l’on possède beaucoup », Cécile a pour profession de convaincre des personnes fortunées d’aider des grandes causes. Exemple de mission : persuader son voisin de table lors d’un diner de gala de sauver le thon rouge qu’il est entrain de manger. Cécile est à la finance philanthropique ce que Hugh Grant est à l’accent anglais : elle est née avec. Son papa, fondateur d’Apogé, compte parmi les pionniers en France de « l’ISR » (Investissement Socialement Responsable). Elle collabore avec lui dès son diplôme d’école de commerce en poche et apprend son métier : convaincre les grands fortunes de placer leur argent de façon « responsable » Elle devient ensuite directrice des « grands donateurs » du WWF. Quand Cécile s’occupe de trouver des fonds pour une grande cause, c’est un peu comme quand Sharon Stone anime les enchères pour le sida à Cannes : plus efficace et plus glamour que mamie Liz Taylor. La belle aux diamants (gracieusement prêtés par Adamence) manie le Bottin Mondain pour la bonne cause et collectionne les paires de chaussures pour promouvoir la sobriété heureuse. Paradoxe diront certains, modernité diront d’autres, dans tous les cas, Cécile vit parfaitement cette position d’intermédiaire entre deux mondes opposés. Passionnée par le microcrédit, Cécile se lance un nouveau défi, convaincre les dirigeants des grandes entreprises de nouer un partenariat avec Microworld, la nouvelle activité de Planète Finance. Elle n’a pas encore choisi sa tenue…
www.neo-planete.com
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22 novembre 2009
Paul Watson et Franz Kaston Florez, deux héros exceptionnels de documentaires
Le Festival du Film de l’environnement (18-24 novembre) présente cette année deux documentaires sur deux défenseurs de l’environnement exceptionnels et très complémentaires : le canadien Paul Watson ("Pirate for the Sea") et le colombien Franz Kaston Florez ("L’Homme aux Serpents") Ils montrent deux façons de se battre avec un courage inouï pour la biodiversité, l’une marine l’autre sylvestre. Paul Watson joue l’offensive, Franz Florez la défensive, Paul Watson défonce les barrières, Franz Flores passe entre les barrières, Paul Watson harangue, Franz Flores discute, Paul Watson est craint, Franz Florez est un inconnu, Paul Watson a un gros bateau, Franz Flores a quelques serpents, Paul Watson a une équipe complète, Franz Florez a un stagiaire de 14 ans.
Pirate for the Sea est le portrait de Paul Watson, l’ancien militant de Greenpeace, fondateur de Sea Shephered. Un documentaire malheureusement sans ambition cinématographique, mais qui met très bien en valeur les actions, la personnalité et le courage inouï de Paul Watson, le « berger de la mer », défenseur musclé des baleines et des phoques. P Waston est porteur de détermination, d’enseignement, d’humour…une saveur qui donne au militantisme ce qui lui faut en plus pour devenir de
l’héroïsme. Le sien et celui de son équipage. Au départ d’une expédition un jeune bénévole annonce tous les risques de mourir…avec un magnifique sourire. Au retour d’une expédition, une scène montre le slam saisissant et musclé d’un membre de l’équipage sur le militantisme en mer, une bombe pour Eminem. Le film mobilise fortement, à la sortie du film, on veut immédiatement soutenir Sea Shephred et l’image du bénévole (déjà 3500 depuis la création de l’ONG) en haute mer dans des creux de 8 mètres, sans chauffage faute de carburant et assaillant un baleinier japonais est parée de tous les attraits.
L’Homme aux serpents : Mais Paul Watson parait vite « ancienne école » face à l’autre héros, à la fois très nu et très stratège : Franz Kaston Florez. Exit l’art de l’affrontement, bienvenu dans l’art de la négociation. En face ce ne sont pas non plus des gentils : il s’agit des guérilleros colombiens. Ici l’ambition cinématographique est présente, dans les mains du réalisateur Eric Flandin. Le film joue sur une forme légère, colorée, burlesque et entrainante pour faire passer tous les messages de fond. Toute l’efficacité du film tient sur un moyen très simple : un homme qui n’a comme moyens que des serpents. Des serpents dangereux. Et c’est là que le grand stratège, d’une intelligence extrêmement fine, apparait : dans sa capacité à se servir d’eux. Et cela suffit à tout dire. La forêt colombienne, restée intacte par la présence de la guérilla, est l’un des derniers lieux à pouvoir poser les questions avant l’arrivée des multinationales. Le message devient universel quand il est réellement généreux. C’est toute la force de ce film. Et sa capacité de mobilisation est immense : on a qu’une envie à la sortie, c’est de donner ses économies à la Fondation Nativa fondée par Franz et y chercher un programme de bénévole.
Entre les baleiniers japonais et les anacondas géants…il faut choisir.
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21 novembre 2009
« Age of Stupid » : l’âge où il faut être stupide pour trouver ça génial
Au festival du film d’environnement, le fameux film "Age of Stupid" était vivement attendu. Le petit phénomène anti réchauffement climatique anglais annonçait des merveilles. Le passé vu depuis 2055 s’annonçait intéressant. Deception et mini énervement sur le niveau des documentaires montés en épingle. Brouillon, confus, changeant d’axe, de traitement, il rate son objectif : faire passer un message clair. Il mélange deux films en un. Le premier : la prise de conscience du compte-à-rebours et des impacts grandissants à venir du réchauffement climatique, avec un simulacre d’actualités catastrophiques défilant jusqu’en 2055. L'idée est bonne et jusque là pourquoi pas, mais l’image du monde en 2055 est une pure science fiction avec une tour façon PK Dick au large de la Norvège conservant tous les savoirs les espèces et œuvres d’art du monde. Cette image non crédible de 2055 rend la prospective inefficace. Le deuxième : des portraits croisés d’individus d’aujourd’hui, un indien richissime ouvrant une compagnie d’avion low cost, un salarié d’entreprises d’éoliennes souhaitant en installer dans la campagne anglaise, un scientifique de la Nouvelle-Orléans ayant fait carrière dans le pétrole doté d’une nouvelle vision du monde depuis Katrina, Fernand Pareau, le doyen des guides en activité de la compagnie de Chamonix, une nigeriane exposée à l'exploitation pétrolière, deux enfants irakiens ayant fui leur pays... La variété de ces portraits est très pertinente car ils sont complémentaires mais trop nombreux pour être suivis au même niveau et pour participer une construction pertinente de points de vue. On finit par se demander face à ce grand éparpillement si cela n’aurait pas été plus efficace de se concentrer seulement sur les deux protagonistes les plus a même de générer une prise de conscience pour un occidental, l’éolien-man et le post-Katrina-type. Au final ces portraits ne sont pas articulés avec le jeu prospectif et vice-versa. On a donc deux films en un, sans propos construit, avec un plan fouillis. On se retrouve dans un melting pot avec un « sage post-catastrophe » qui finalement n’enseigne rien de plus qu’on ne sait aujourd’hui, ne parle pas autrement qu’aujourd’hui. Où est le travail d’imagination ? Doit-on se résigner à la seule réflexion néo-philosophique post cataclysme du sage dans sa tour de Norvège : l’homme ne s’est pas sauvé parce qu’il ne méritait pas d’être sauvé? Si c’est ça l'enseignement d'un sage en 2055, c’est que comme le réchauffement climatique, la pensée se sera aggravée.

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19 novembre 2009
Cadeaux de Noël
Article publié dans Neoplanète numéro Nov/Déc 2009
Le mot d'Alice : Cadeaux
Noël approche, c’est le retour des angoisses récurrentes. « Comment cela va-t-il se passer avec la famille ? » Il suffit de penser à la phrase de Lacan « on a la famille que l’on mérite » pour filer directement la deuxième question « Vais-je trop manger ? », ici la simple décision de ne plus manger de viande rouge dès le premier janvier 2010 permet d’en venir à la question centrale : « Que vais-je faire des cadeaux que je n’aime pas ? » Avec la diminution des surfaces habitables, stocker un coussin-moutarde-brodé-de-mini-éléphants, un porte-savon-grenouille ou un mini-kit-à-tartiflette va en effet poser problème. On peut essayer l’option transformation du cadeau, l’intérieur du coussin rembourre un vieux fauteuil et les mini éléphants se transforment en collier, le porte-savon devient porte-clés, et le kit à tartiflette sert à une ratatouille, mais ce n’est pas toujours gagné.
Le développement durable offre une autre option : s’en séparer. Car si quelqu’un devait acheter ce cadeau, il faudrait à nouveau le produire et donc ponctionner des ressources, le transporter, l’emballer, …c’est tout l’avantage du « second hand », éviter de produire plus. Comment procéder ? Si l’on a besoin d’un autre objet au même moment, le troc est une très bonne solution. Ca fait deux objets de moins à produire. Le plus simple est de le faire en ligne. Le pull trop grand …contre un petit tabouret. Et en plus, on peut se faire des amis. Un nouveau site de troc très sympa entre particuliers, www.myrecyclestuff.com est utile. Il y a aussi la revente. En ligne, par exemple avec www.priceminister.com, chez qui la vente est gratuite et qui offre un bon standard de sécurité ou tout simplement en bas de chez soi, au prochain vide-greniers. Il y a enfin et surtout le don, dans un principe de solidarité, via Emmaüs, le Secours Populaire, Action sans Frontière…
Mais l’idéal est d’agir à la source du problème : A l’heure du « consommer mieux et moins », il est temps que cela concerne Noël où chaque Français achète en moyenne 11 cadeaux*. « Mieux », c’est en privilégiant des produits durables, en se tournant vers des fournisseurs responsables et certifiés, comme l’excellent site d’achat en ligne neomansland.fr. « Moins » c’est tout simplement en fixant des règles de nombre de cadeaux ou de nombre de contributeurs pour un même cadeau. Aller vers une sobriété heureuse et être plus solidaire dans un pays riche comme le nôtre, c’est profiter de Noël pour fêter la naissance d’une société plus durable.
*source : Deloitte
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06 novembre 2009
"Mieux qu'une psychothérapie"?
Voici la nouvelle publicité en affichage de la voiture "Mini". Le slogan est : "Mieux qu'une psychothérapie". Le plus fou n'est pas ce slogan mais l'absence de débat qu'il suscite (sauf sur unpsy.com, très drôle). Les psys devraient attaquer. Si la psy est moins efficace qu'une bagnole alors que ça coute aussi cher, pas cool ! :-) Cette pub non seulement insulte les psys, dévalorise le travail sur soi, nargue les personnes dans cette démarche, dissuade ceux en chemin vers cette démarche (c'est tellement plus simple d'acheter que de se poser des questions) mais surtout nous met une fois de plus sous le nez que le rapport aux choses vaut mieux que le rapport aux autres, l'objet mieux que le sujet, l'avoir mieux que l'être, le geste mieux que la parole ... Je dis : NON, une bagnole n'est pas mieux qu'une psychothérapie.
Si l'on veut vraiment faire de la psy de comptoir, que vaut la proposition "BE MINI", ça dit quoi? "sois petit, sois ne cherche pas à grandir, reste un gosse", c'est très cohérent avec l'autre slogan (la psy aidant à devenir adulte) et avec le titre du pamphlet du très érudit Eric Dussert aux éditions Anabet : L'âge pédophile du capitalisme (il y a aussi le plus connu Comment le capitalisme nous infantilise de B. Barber). Une bonne thérapie pour de-graver ce message publicitaire est la lecture du livre de François Flahaut Le crépuscule de Prométhée (voir note sur ce livre le 18 mars 2009).
On peut penser : où est le problème tant que c'est drôle? Je suis bien d'accord. Le problème c'est bien que ce slogan n'est pas drôle donc qu'il véhicule principalement un message au premier degré.

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