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21 novembre 2011
Client sale
Quel est le point commun entre les dictateurs, les mafieux, les patrons de multinationales et les stars ? Possèder des objets de luxe. Oui mais ! la différence cruciale qui distingue les deux premiers des deux derniers, c’est l’origine des fonds qu’ils utilisent pour les acquérir. Entre de l’argent issu de la fraude, de la corruption, du vol ou de l’esclavage sexuel et l’argent gagné grâce à un salaire ou un contrat signé avec un producteur (quoi que ces business eux-mêmes peuvent parfois être un circuit de blanchiment !) il y a une différence ! L’argent sale sert aujourd'hui à acquérir ce qui est désormais nommé des « biens mal acquis » : voitures de luxe, appartements de prestige, bijoux somptueux, garde-robes haute-couture, etc. A chaque reportage sur un truand ou un dictateur déchu, les médias dévoilent l’ampleur des achats, une véritable avalanche de trésors acquis pour un grand nombre d'entre eux dans notre pays. L’expert Odilon Audouin*, directeur de la sécurité financière au Cabinet Deloitte et spécialisé dans les dispositifs de lutte anti-blanchiment, évoque, à l'instar de l'"argent sale", la notion de « client sale ».

Comment ces bandits de haut vol ont-ils acheté facilement tous ces biens dans notre pays ? La loi interdit pourtant tout paiement en liquide pour des sommes supérieures à 3000 euros. Mais elle est peu respectée. Tracfin, l’organisme officiel chargé de lutter contre le blanchiment d’argent, déplore la quasi absence de « déclarations de soupçon » de la part du secteur de la joaillerie et des antiquaires. Si le secteur du luxe semble peu coopératif, le joailler Adamence affirme, lui, appliquer la loi à la lettre et met un point d’honneur sur la transparence de ses transactions. Dans les autres cas, c'est "au cas par cas" qu'il s'agit de réagir. C’est simple, si l’on voit arriver dans sa boutique de luxe un russe de deux mètres de haut montrant un passeport norvégien, en compagnie de deux adolescentes bulgares et portant une valise de cash ou voulant payer des îles Cayman, on passe un petit coup de fil à Tracfin ! :-)
Le phénomène du client sale et des biens mal acquis, à l’heure où les abus des dictateurs sont jugés insupportables, reversera-t-il le piédestal du luxe ? Sans une lutte active contre cette dérive, les signes extérieurs de richesse deviendront-ils en partie des signes extérieurs de détresse…de ceux que l’on ne voit pas ?
Cet article a été publié dans le magazine Neoplanète spécial Luxe numéro de décembre
Pour aller plus loin, lire "Luxe et développement durable" (Eyrolles, 2011) et consulter les expertises de Sherpa, de Transparency, de Legambiente et du CCFD
* : parenté avec l'auteur de l'article
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18 novembre 2011
Portrait : Alexandre Murat
Alexandre Murat, héritier du goût et des manières de son ancêtre le Prince Joachim Murat, diplômé d’HEC et ancien collaborateur de la Princesse de Polignac, décide le plus naturellement du monde il y a cinq ans, à
l’âge de trente-deux ans, de créer une joaillerie Place Vendôme. N’ayant en revanche pas hérité de moyens financiers autant que de lignage, il contourne l’obstacle en créant la première joaillerie en ligne spécialisée dans le diamant, Adamence. Avec cette innovation, il ne sait pas alors qu’il bouleverse la transparence commerciale du secteur, car non seulement il dévoile en ligne les secrets des critères qui font la valeur d’un diamant, mais il rend impossibles les paiements en espèces du fait de la vente en ligne. Dans la foulée de son intérêt pour le développement durable, il intègre dans son catalogue les créations JEM en or éthique, l’acteur de référence français. 
Désireux de faire avancer son secteur qu’il sait peu engagé en matière sociale et environnementale, Alexandre Murat tente alors son deuxième pari : lui expliquer tout simplement pourquoi il doit changer. C’est avec Cécile Lochard, engagée depuis dix années sur la thématique du luxe éthique et de la finance philanthropique qu’il relève le défi, en publiant en septembre dernier le premier livre sur le sujet, « Luxe et développement durable, la nouvelle alliance » aux Editions Eyrolles, reconnu immédiatement comme référence.
Pour se reposer de sa vie de chef d’entreprise, Alexandre se rend tous les week-ends dans son domaine en Picardie, où il enseigne à ses trois enfants la valeur de ce qui ne brille pas.
Ce portrait a été publié dans le magzine neoplanète - N° décembre 2011
18:17 Publié dans Chroniques (Néoplanète), Interviews & Portraits | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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