20 juin 2010
Le mot d'Alice : Mariage
Le mot d’Alice : Mariage
Dieu Ecolo donne sa bénédiction : mariez-vous ! Ca tombe bien, c’est la saison. Tous les petits bouts de châteaux à la ronde sont tous réservés jusqu’à fin septembre. Monsieur Météo répond à 15 000 appels par jour. Le grand moment va arriver. En version laïque ou religieuse. Pour le bonheur des mariés et …de l’environnement. Avant, tout était divisé en deux, deux célibataires, deux appartements, deux lits, deux réfrigérateurs, deux salles de bain, deux machines à laver…après tout devient un : un couple, un appartement, un lit, un chauffage, une salle
de bain, une machine à laver. C’est bingo pour la planète ! Seul hic à passer côté environnement pour atteindre ce graal de réduction carbone : le mariage lui-même et le voyage de noces, dont l’impact environnemental peut plomber tous les bénéfices à venir. Pour l’éviter, quelques petits secrets de green-wedding-planner : faires parts par Internet, tandems à disposition des invités, traiteur local et végétarien, alliance d’or éthique « Oro Verde », tenues de soirée louées, robe de mariée composable, voyage de noces dans un Ashram accessible en train, etc.
Avec un tel plus pour la planète, le mariage mériterait bien une modification du code civil! L’article 215 pourrait, tiens, y intégrer une dimension environnementale « Les époux s’obligent mutuellement à une communauté de vie et à faire émission carbone commune ». Et pourquoi pas une prime au mariage, un bonus écologique ? En indexant la prime à la longévité du mariage ! Oui, mais alors il faudrait alors aussi en toute logique mettre un malus au divorce. Au moment de divorcer, les émissions carbone additionnelles des futurs célibataires seraient calculées et bing ! obligé de payer le surplus ! à moins de choisir une solution de co-habitation, par exemple avec d'autres divorcés. Et la prime à la casse ? En cas de remariage, elle pourrait aussi fonctionner...
Chronique pour le magazine Neoplanète, numéro 14, juin-juillet 2010
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01 avril 2010
Le mot d'Alice : Développement Durable
"Le mot d'Alice" est une chronique publiée dans chaque numéro du magazine Neoplanète.
Pour la sortie du numéro de Néoplanète Avril/Mai en début de "semaine du développement durable", voici le mot "développement durable"
Que la personne qui trouve cette expression avenante se lève ! On le sait, dans la vie, il y a le fond et il y a la forme. Mais la forme compte de plus en plus. Du point de vue de la forme, si le développement durable devait être décrit comme une personne, ce serait plutôt un puceau boutonneux avec un prénom imprononçable et un diminutif pas plus glamour, dédé. C’est vrai, le pauvre ! Né il y a vingt-deux ans d’une maman norvégienne au nom de Brundtland dans une institution poussiéreuse, il récolte plus de tomates que de compliments. Il se fait traiter d’oxymore et se fait railler par les décroissants et les conducteurs de 4X4. Les uns disent qu’il est pipeau, surtout lorsqu’il se promène en entreprise, les autres qu’il est rétrograde et qu’il veut couper l’électricité et revenir à la préhistoire et dès que l’on parle de lui dans des dîners, la réaction la plus fréquente est « non ! non ! non ! c’est vraiment trop barbant comme sujet ! » ou encore, pour les plus énervés « ils nous emmerdent ces écolos ! » ‘Son cousin le climatologue est à l’hôpital et sa marraine NKM à la prospective …il a donc un gros chagrin, ce développement durable mal aimé. Il est temps de le consoler. De le mettre sur les genoux d’une tata câline. De le cajoler, le rassurer, lui donner du courage, lui dire « allez-vas-y, c’est pas parce que t’es moche que tu dois baisser les bras, n’aie pas peur des tomates, crois en toi, tu en ressortiras plus fort, tu vas gagner. » Il est grand temps d’apporter un peu de soutien et pas seulement pendant la semaine du développement durable pour ce terme qui est maintenant du côté des faibles et des humiliés. Le développement durable, si maladroit et mal accepté soit-il, est grandement utile. Mieux, il peut, malgré ses défauts et ses casseroles, nous aider à réparer nos erreurs et ouvrir la voie d’une vie meilleure. Allez zou, pour le début de la semaine du développement durable, on lui fait une haie d’honneur, un petit hymne, une ola, on le motive ! Tout le monde est bien en ligne façon chenille processionnaire ? Tout le monde a bien sa selle de vélo et son filtre à eau à brandir quand il passera ? Les cordes vocales sont prêtes pour atteindre les 150 décibels de la baleine bleue ? Vous êtes bien campés sur vos Veja ? Ca y est ! Il arrive ! C’est le moment ! Allez on lui chante en cœur : « You will survive ! »
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19 mars 2010
Gary Hirshberg : Bio loves Walmart
Article publié dans Neoplanète numéro Avril/Mai 2010.
Interview réalisé le 5 février à Paris.
Gary est américain, (vieux) beau, riche, célèbre, père de famille exemplaire, directeur général. Bref, Gary est une success story américaine.
What else ? Son entreprise enregistre depuis environ 20 ans une croissance moyenne de 20 % par an. Il est dans le pétrole ? Pas du tout. Il est dans le yaourt Bio.
Il vient de loin… de l’époque où le Bio concernait seulement les babas et non les bobos, où le développement durable n’était pas encore né et où les consommacteurs représentaient 0,0001 % de la population américaine. Se lancer dans le lait Bio avec neuf vaches a été la première pierre de son entreprise Stonyfield, au début des années 80. Mettant toutes ses ressources à créer un circuit de production coûteux (ressources durablement gérées, fournisseurs éparpillés, main d’œuvre mieux rémunérée…) et ne pouvant donc compter sur la publicité, épuisé de distribuer lui-même des échantillons dans les supermarchés, il décide alors de proposer aux consommateurs d’adopter une vache en échange d’une lettre de la vache deux fois par an. Des milliers de personnes trouvent cette idée amusante (ils reçoivent aujourd’hui quatre e-mails par an de leur vache) et Stonyfield réussit à passer à une dimension supérieure. Comme ses amis pionniers de l'époque (Ben & Jerry's, Body Shop...) sauf Patagonia, il revend vingt ans plus tard son entreprise à une multinationale (Danone). Ses produits trônent désormais sur les linéaires des supermarchés, y compris en France sous l’appellation Les deux vaches (faut vraiment qu’il ne parle français pour avoir laissé passer un nom comme ça !). Pour lui le passage de la petite entreprise Bio à la multinationale va dans le bon sens, car la seule solution pour que le Bio entre dans les usages de consommation, c’est d’en baisser le coût, donc d’en vendre plus. Plus on vend, plus il y a de fournisseurs de lait bio, plus il est facile d’organiser la production et ainsi de suite. Gary défend cet argument dans le documentaire Food Inc. qui décrit l'industrie alimentaire américaine et qui obtient actuellement un grand écho aux Etats-Unis. Et quant à savoir si le Bio répond à des préoccupations d’ordre individuel ou collectif, Gary reste pragmatique « Les gens se mettent au bio à trois occasions : lorsqu’ils ont le projet d’avoir un enfant, à l’occasion d’un problème de santé, et au travers de l’influence de quelqu’un d’autre. Ils mangent bio avant tout pour eux, pas pour la planète, mais ce qui est bon pour eux est bon pour la planète.» Aux Etats-Unis, les yaourts Stonyfield font actuellement la promo du livre « Anti cancer » de David Servan-Schreiber, avec le slogan « La super arme dans la guerre contre le cancer : Votre nourriture » démontrant ainsi le poids de l’argument santé. Il reste plus efficace de miser sur l’intérêt individuel pour gagner de grands marchés.
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01 février 2010
Le mot d'Alice : Europe
L’Union européenne agit-elle pour ou contre le réchauffement climatique? On se le demande après sa grande discrétion au Sommet Copenhague qui a échoué à fixer des objectifs de réduction pour éviter un réchauffement climatique de plus de 2°C à horizon 2100. Pour répondre, analysons les trois piliers de l’Europe, la législation, les fonds structurels et le grand marché.
Prenons d’abord la législation. Si l’Europe a d’excellentes initiatives « vertes », comme par exemple REACH (règlementation chimique européenne), concernant l’harmonisation de la fiscalité, ce n’est pas génial côté CO2. Dans les années 90, l’harmonisation sur l’automobile a conduit à la suppression de taux majorés et des taxes spécifiques de pays comme la Grèce ou le Danemark qui avaient jusque là des politiques restrictives (et donc peu de voitures et de routes) et a provoqué l’arrivée de millions de véhicules et donc de millions de bouchons !
Regardons maintenant les fonds structurels qui servent à financer la cohésion et la mise à niveau des nouveaux pays membres. Là encore, de très bonnes choses ont été mise en œuvre, les stations d’épuration, les traitements des ordures, les modernisations de chemins de fer, mais aussi le plan autoroutier !
Arrivons au point clé, le grand marché et sa monnaie unique (qui a ruiné toutes celles et ceux qui ne savaient pas multiplier par 6,5). Son fonctionnement repose, on l’aura compris, sur le transport routier (et non fluvial ou ferroviaire) des marchandises. Les camions représentent 20% de l’ensemble des émissions de CO2. Pour entrer dans le grand marché, la Grèce, l’Espagne le Portugal et l’Irlande, aujourd’hui tous en souffrance économique et sociale, ont bénéficié de dérogations pour pouvoir augmenter rapidement leurs émissions de gaz à effet de serre, condition nécessaire selon l’Europe à leur développement économique. Cette accélération, véritable manne pour les spéculateurs, a par exemple conduit l’Espagne à construire 600 000 logements en un an ! Retour de bâton environnemental et financier garanti !
Pour résumer, l’Europe suit deux voies différentes, d’une part celle du développement économique fondé sur les énergies fossiles, la consommation et la croissance, et d’autre part celle de la protection de l’environnement. Ces deux voies lui couteront, tant qu’elles resteront séparées, de plus en plus cher. Il est temps qu’elles fusionnent.
Donnons le mot de la fin à Lucien Chabason, notre papa de la loi Littoral et notre énarque écolo préféré, directeur délégué de l’IDDRI (Institut du Développement Durable et des Relations Internationales) : « En dépit des traités qui ont suivi sa création en 1957, Europe reste d’abord et avant tout le marché unique qui vise des objectifs économiques. Tant que les autres objectifs, sociaux et environnementaux, ne seront pas considérés au même niveau, le développement durable restera à la périphérie. » Petits et petites Jean Monnet, réveillons-nous !
Article publié dans Neoplanete, Numéro février/mars 2010
Merci à Lucien Chabason de son éclairage pour la rédaction de cet article
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29 janvier 2010
Portrait de Jean Michel Valantin
Portrait publié dans Neoplanète, Numéro Fevrier/Mars - dans le magazine, le texte est légèrement différent... du fait de l'intervention armée du SR sans doute inspiré par le thème de l'article :-) ... avec des dommages collateraux sur le sens de certaines phrases et l'exactitude de l'info :-)
Jean-Michel Valantin voit le réchauffement climatique avec les yeux Sun Tzu et non ceux de Joan Baez : comme une guerre. Historien, docteur et chercheur indépendant en études stratégiques, il est l’un des tout premiers spécialistes mondiaux de la question des effets politiques du réchauffement global qu’il nomme la « sécurité climatique ». Pour lui, la géopolitique va être bouleversée par l’ensemble des conséquences du désordre climatique : montée des eaux, désertification, crise alimentaire, etc. Et nous ferions bien d’avoir déjà les plans de sauvetage et d’action d’urgence et de les avoir répétés, parce que l’on n’aura pas une deuxième chance de lutter contre l’ennemi. Imaginons le réchauffement climatique comme une invasion spatiale qui viserait tous les pays en même temps, c’est sûr qu’il faudrait être organisés.
Si aujourd’hui, des réseaux de solidarité ainsi que de nombreuses solutions locales sont mis en place pour prévenir ou contrecarrer les effets du réchauffement climatique, il manque une « gouvernance mondiale » pour gérer le phénomène à une échelle planétaire.
Selon Jean-Michel Valantin, c’est l’alliance avec les guerriers et non les baba cool qui peut nous sauver. Un Rambo qui donnerait sa vie pour un ours blanc… ce ne serait pas un peu le héro d’Avatar justement ? Hollywood a tout compris et intègre déjà les enjeux de la sécurité climatique, selon ce spécialiste des relations entre cinéma américain et Défense. Les conflits autour des ressources, la biodiversité, la réduction de l’espace vital, la gouvernance violente ou non violente de la ville, sont les nouveaux thèmes des méga productions Hollywoodiennes et le choix du héros d’Avatar, un guerrier qui abandonne l’instinct de conquête pour celui de préservation, n’est pas anodin !
En attendant, le Général Jean-Michel Bio-Murat prépare ses troupes : toute la jeunesse française scolarisée ! En tant que haut fonctionnaire au développement durable à la direction générale de l’enseignement scolaire du Ministère de l’Education nationale, sa mission est que tous les élèves soient éduqués au développement durable. A quand les exercices d’entrainement ? Et une deux ! une deux ! ... Parez ? Protégez !
Lire Jean-Michel Valantin : Écologie et gouvernance mondiale, Autrement, 2007 Menaces climatiques sur l'ordre mondial, Lignes de repères, 2005, Hollywood Washington Le Pentagone, Autrement, 2003 (réédition en 2010, avec l'analyse d'Avatar of course)
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26 novembre 2009
Cécile Ducrot-Lochard, la Philanthropie VIP
Article publié dans Neoplanète, numéro Nov / Déc 2009
Cécile est sans doute la seule salariée d’ONG à devoir porter des diadèmes de diamants pour son boulot ! Experte en « finance philanthropique », qui signifie en gros : « donner un peu de ce que l’on possède beaucoup », Cécile a pour profession de convaincre des personnes fortunées d’aider des grandes causes. Exemple de mission : persuader son voisin de table lors d’un diner de gala de sauver le thon rouge qu’il est entrain de manger. Cécile est à la finance philanthropique ce que Hugh Grant est à l’accent anglais : elle est née avec. Son papa, fondateur d’Apogé, compte parmi les pionniers en France de « l’ISR » (Investissement Socialement Responsable). Elle collabore avec lui dès son diplôme d’école de commerce en poche et apprend son métier : convaincre les grands fortunes de placer leur argent de façon « responsable » Elle devient ensuite directrice des « grands donateurs » du WWF. Quand Cécile s’occupe de trouver des fonds pour une grande cause, c’est un peu comme quand Sharon Stone anime les enchères pour le sida à Cannes : plus efficace et plus glamour que mamie Liz Taylor. La belle aux diamants (gracieusement prêtés par Adamence) manie le Bottin Mondain pour la bonne cause et collectionne les paires de chaussures pour promouvoir la sobriété heureuse. Paradoxe diront certains, modernité diront d’autres, dans tous les cas, Cécile vit parfaitement cette position d’intermédiaire entre deux mondes opposés. Passionnée par le microcrédit, Cécile se lance un nouveau défi, convaincre les dirigeants des grandes entreprises de nouer un partenariat avec Microworld, la nouvelle activité de Planète Finance. Elle n’a pas encore choisi sa tenue…
www.neo-planete.com
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19 novembre 2009
Le mot d'Alice : Cadeaux de Noël
Noël approche, c’est le retour des angoisses récurrentes. « Comment cela va-t-il se passer avec la famille ? » Il suffit de penser à la phrase de Lacan « on a la famille que l’on mérite » pour filer directement la deuxième question « Vais-je trop manger ? », ici la simple décision de ne plus manger de viande rouge dès le premier janvier 2010 permet d’en venir à la question centrale : « Que vais-je faire des cadeaux que je n’aime pas ? » Avec la diminution des surfaces habitables, stocker un coussin-moutarde-brodé-de-mini-éléphants, un porte-savon-grenouille ou un mini-kit-à-tartiflette va en effet poser problème. On peut essayer l’option transformation du cadeau, l’intérieur du coussin rembourre un vieux fauteuil et les mini éléphants se transforment en collier, le porte-savon devient porte-clés, et le kit à tartiflette sert à une ratatouille, mais ce n’est pas toujours gagné.
Le développement durable offre une autre option : s’en séparer. Car si quelqu’un devait acheter ce cadeau, il faudrait à nouveau le produire et donc ponctionner des ressources, le transporter, l’emballer, …c’est tout l’avantage du « second hand », éviter de produire plus. Comment procéder ? Si l’on a besoin d’un autre objet au même moment, le troc est une très bonne solution. Ca fait deux objets de moins à produire. Le plus simple est de le faire en ligne. Le pull trop grand …contre un petit tabouret. Et en plus, on peut se faire des amis. Un nouveau site de troc très sympa entre particuliers, www.myrecyclestuff.com est utile. Il y a aussi la revente. En ligne, par exemple avec www.priceminister.com, chez qui la vente est gratuite et qui offre un bon standard de sécurité ou tout simplement en bas de chez soi, au prochain vide-greniers. Il y a enfin et surtout le don, dans un principe de solidarité, via Emmaüs, le Secours Populaire, Action sans Frontière…
Mais l’idéal est d’agir à la source du problème : A l’heure du « consommer mieux et moins », il est temps que cela concerne Noël où chaque Français achète en moyenne 11 cadeaux*. « Mieux », c’est en privilégiant des produits durables, en se tournant vers des fournisseurs responsables et certifiés, comme l’excellent site d’achat en ligne neomansland.fr. « Moins » c’est tout simplement en fixant des règles de nombre de cadeaux ou de nombre de contributeurs pour un même cadeau. Aller vers une sobriété heureuse et être plus solidaire dans un pays riche comme le nôtre, c’est profiter de Noël pour fêter la naissance d’une société plus durable.
*source : Deloitte
Chronique publiée dans Neoplanète numéro Nov/Déc 2009
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16 septembre 2009
Erwan Le Louer, eco-entrepreneur
Article publié dans Néoplanète numéro 10 Septembre/octobre 2009

Erwan Le Louer compte parmi les jeunes éco-entrepreneurs à suivre. Son originalité ? Introduire l’éthique et le développement durable dans un secteur jusqu’ici peu engagé sur ces problématiques : le bijou en or. Avec un père chef d’entreprise et une mère danseuse à l’Opéra de Paris, Erwan a toujours côtoyé l’univers du luxe et s’est lancé un défi : rendre les bijoux éthiques. C’était il a deux ans, il avait…23 ans ! Il consacre alors deux années, dont une parallèle de son année de master de l’ESDI (Ecole supérieur de design industriel) à la recherche des meilleurs partenaires. Sa famille et ses amis sont ses premiers « business angels ». JEL (« Jewellery Ethical Luxury) est créée en septembre 2008. Aussi à l’aise avec la clientèle haut de gamme que sur le terrain, avec des ONG en Amazonie, Erwan met au point une fabrication de bijoux exemplaire, fondée sur une chaîne de traçabilité transparente, garantie sans cyanure ni mercure. Mais c’est surtout en matière de service que JEL innove : elle est en effet la première à proposer du recyclage de bijoux. Réduire, réutiliser, recycler, les « 3R » sont enfin entrés dans le monde de la parure. www.j-e-l.fr
Téléchargert l'article : erwanlelouer.doc
Télécharger le numéro : www.neo-planete.com
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| Tags : jel, jewellery ethical luxury, erwan le louer |
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15 septembre 2009
Le mot d'Alice : Vacances
Quand on rentre de vacances, on en parle ! Voici Antoine et Hélène qui se retrouvent au mois de septembre à la cafeteria.
Hélène – Salut Antoine, c’était bien les vacances ?
Antoine – Génial ! Avec un pote on est partis en covoiturage dans le Gers dans un gîte à énergie positive, on a visité la région à vélo en couch surfing* puis on a aidé dans une ferme bio. Des vacances très wwoof.
Hélène - C’est ouf !
Antoine - Pas ouf, WWOOF! Willing Workers in Organic Farms ! Travailleurs volontaires dans les fermes Bio !
Hélène – Tant que tu ne devais pas manger les tomates pourries de ton potager… Moi je suis partie à Cap Town une semaine, puis à Hawaï où on a fait un super un raid en jet ski avec Charlie et 18 potes, puis j’ai rejoint Svetlana sur son méga Yacht pour un délire en Sardaigne, et Andrew m’a ramenée en jet privé, trop classe non?
Antoine - C’est pas CO2Free !
Hélène - Hé! Je suis déjà SugarFree, FatFree, AlcoholFree, CaloriesFree….. !! C’est quoi CO2Free ? J'en ai marre des régimes !
Antoine - Le CO2Free, c’est une action sans CO2, donc sans effet sur le réchauffement climatique ! Tes vacances bling-bling coûtent dix tonnes de CO2 à la planète !
Hélène – Et toi tu as émis combien de CO2 pendant tes vacances?
Antoine - Six kilos.
Hélène - C’est sûr, ça fait une différence… Ben, le gouvernement n’avait qu’à faire une campagne de prévention, ce n’est pas de ma faute si je ne suis pas informée !
Antoine – Ce n’est pas de l’information qu’il te faut, mais du bon sens! La mer n’est pas une autoroute où on fait de la moto, ce qu’on y fait c’est nager ! Et la France a deux tiers de côtes maritimes, accessibles en train !
Hélène - Mais dix tonnes ce n’est rien….
Antoine – La moitié des émissions de CO2 est faite par les particuliers ! Nous sommes tous dans le même bateau et il va bientôt couler ! Tu balances les canots de sauvetage à la mer avec ce que tu fais ! Tes vacances plombent tout le bénéfice environnemental des miennes !
Hélène -Tu es le premier à ne pas être fasciné par mes vacances !
Antoine – Et toi tu es bien la énième à ne pas être fascinée par mes vacances…
Hélène – Désolée… euh…comment pourrais-je compenser le CO2 que j’ai gâché?
Antoine – ... je peux coach surfer chez toi ce soir ?
couch surfing* : « prêt de canapé » www.couchsurfing.org
eco-calculateur de transports : www2.ademe.fr/eco-deplacements/)
Publié dans le magazine Néoplanète, numéro septembre-octobre 2009.
14:50 Publié dans Chroniques (Néoplanète) | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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17 juin 2009
Le mot d'Alice : Paradis Fiscaux
Les paradis fiscaux ont subitement quitté leurs belles îles lointaines pour incarner la face sombre du capitalisme patrimonial dérégulé. Désignés comme responsables de la crise financière, ils sont devenus la cible de l’intervention de l’Etat. C’est tant mieux, non seulement pour la finance mais aussi pour l’environnement. Mais qu’ont à voir les paradis fiscaux avec l’écologie, vous demandez-vous ? C’est pourtant simple. Avec quoi un Etat finance-t-il une politique environnementale, nécessitant de lourds investissements, des infrastructures et de la recherche, donc non rentable à court terme ? Des moyens financiers. D’où viennent-t-ils ? Principalement de l’impôt. Or les paradis fiscaux servent à quoi ? A l’évasion fiscale des particuliers. C’est quoi l’astuce ? Camoufler ses revenus en les encaissant dans …les paradis fiscaux. Et voilà 50 milliards d’euros par an de recettes fiscales en moins ! …qui auraient pu être investies pour des projets de long terme, pour le développement durable ! Mais alors, que font les banques ? Ne font-elles pas un peu le gendarme ? Loin de là. Toutes nos plus grandes banques françaises ont des filiales dans les paradis fiscaux, l’une y a 57 filiales, l’autre 115, une autre encore 189 (selon Alternatives Economiques)! Ce qui se passe dans ces filiales, on se le demande….En attendant, aucune trace de ces filiales dans les rapports de développement durable des mêmes grandes banques françaises alors qu’elles y prônent la transparence et l’engagement en faveur de l’éthique et du développement durable. Le premier éco-geste ne serait-il finalement pas, quand les revenus le permettent, de payer ses impôts … et de bien choisir sa banque ?
Chronique publiée dans ma chronique sur Neoplanète numéro Juin/Juillet
Télécharger l'article, Neoplanète, N° Juin/Juillet 2009 (www.neo-planete.com)
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15 juin 2009
Bettina Laville : No Show
Ce article a été publié dans Neoplanète numéro Juin/Juillet
Bettina Laville : No Show
Escarpins vernis, veste couture, rangs de perles au cou, jupe longue, carré blond impeccable, Bettina Laville affiche d’emblée un style indémodable donc durable. Pas de spectacle non plus du côté de ses interventions orales, suivant un plan en neuf parties détaillé en préambule, ponctuées de citations philosophiques allemandes ou d’hommes politiques du gouvernement précédent et agrémentées d’un humour perceptible au clignement de sa paupière gauche. Bettina Laville parle et se montre à son niveau : l’élite sans esbroufe. Lorsqu’elle fait avancer l’environnement, c’est à grande échelle, mais en restant discrète. Commençons par les diplômes. Bettina aligne l’ENA, major de Sciences Po et un doctorat de lettres modernes. La jeune Bettina entre ensuite au gouvernement pour y faire avancer sa vocation, l’environnement, et rien de
moins qu’au Ministère de l’environnement, à Matignon et à l’Elysée. Bettina décide ensuite de s’occuper de plus près du citoyen consommateur. Elle fonde Vraiment Durable, mouvement autour de la consommation durable, agit en tant qu’élue locale puis chargée de la consultation du public du Grenelle de l’environnement. Aujourd’hui, Bettina relève encore un nouveau défi : faire avancer les entreprises. A son habitude, elle crée elle-même le grand chemin pour y arriver. Elle monte actuellement le département juridique développement durable du prestigieux cabinet PwC. Toujours discrète, mais avec des moyens de taille. Et demain, où Bettina lancera-t-elle ses nouveaux chemins ? Dans des livres. Dores et déjà co-auteur du Manifeste pour l'environnement au XXIème siècle (1996), Bettina travaille à l’écriture de deux romans, où l’environnement aura sa place habituelle. L'action de Bettina la rend malgré elle de plus en plus visible, mais respectons là : no flash.
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28 avril 2009
Barbara Coignet, créatrice du Salon 1.618
Cet article a été publié dans Neoplanète numéro Avril/mai
Barbara Coignet… alias Barbarella Poignet ! est une bombe (anti-)atomique avec une poigne de fer qui, lorsqu’elle se met au service du développement durable, devient très subtile. Belle trentenaire captivante à la chevelure botticellienne, Barbara suscite l’enthousiasme, même lorsqu’elle parle de son médicament pour le rhume. C’est une pro de la comm, mais aussi un entrepreneur hors pair qui créa BMCS, sa propre agence dédiée à la mode, pendant ses études à l’âge de 21 ans ! Sa vie, c’est la mode et dans la mode, son exigence, c’est l’esthétique. Il y a
un an, la moutarde lui monte au nez (mais sans l’enlaidir) en constatant que son goût pour le raffinement est mis à mal par la mode « green » qu’elle veut pourtant soutenir. Aider quelque chose qu’elle ne trouve pas beau… impossible ! Sacré dilemme ! Barbara Coignet se lance alors un nouveau challenge : démontrer que les atouts de la beauté que sont le mystère, l’harmonie, le style, peuvent être au rendez-vous d’une consommation plus responsable. Spécialisée sur les clients plutôt aisés, elle se met au défi de les faire consommer mieux et de respecter la planète sans renoncer à une grande qualité de vie. Du 15 au 17 mai, le résultat de sa détermination, le premier événement « éco-esthético-chic » fera l’actualité. Salon 1.618, Palais de Tokyo, Paris. www.1618-paris.com
Télécharger l'article : barbara.pdf Voir le magazine : www.neo-planete.com
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23 avril 2009
Le mot d'Alice : Luxe
Je suis d’accord avec Voltaire : « Le superflu est chose très nécessaire ». Mais à l’heure de l’augmentation de la pollution, de la pénurie de ressources, des atteintes aux droits de l’homme, de l’essor de la mafia, de la déforestation, de l’extinction d’espèces, je me pose la question des impacts de ce « superflu ». Comment ne pas mettre en doute les produits de luxe réputés irréprochables qui m’entourent ? M’est-il encore possible de croire que la beauté soit une expression de la pureté ? J’ai soudain un vertige, le doute envahit mes joyaux, mes cadeaux, mes envies. Je les regarde subitement avec défiance. Une forêt ancienne a-t-elle été abattue pour fabriquer le magnifique carton d’emballage de mon parfum
préféré ? Un enfant a-t-il poli la pierre précieuse de ma bague ? Du chrome a–t-il pollué une rivière pour teindre mon beau sac à mains ? Une montagne a-t-elle été détruite pour extraire l’or que je porte à mon cou ? Une dictature a-t-elle été soutenue par l’achat des petits saphirs qui sont à mes oreilles ? Des ouvrières ont-elles été expulsées parce qu’elles s’étaient syndiquées dans l’usine qui a fabriqué mon foulard ? Et dans quelles conditions est mort ce vison qui orne ma manche ? Prise de panique, je lis les informations sur le développement durable de toutes mes marques préférées. Je découvre, et cela me soulage, que la marque de mon sac à mains est engagée dans le respect de l’environnement, que mon bijoutier lutte contre les diamants de guerre, qu’il existe des filières d’or équitable, mais je constate que les informations ne sont pas toutes complètes et chiffrées sur les questions que je me pose. À l’heure où je voudrais avoir le luxe de pouvoir faire confiance, d’avoir l’esprit tranquille, de me sentir harmonieuse et respectueuse du monde, si j’achète un produit de luxe, je voudrais une extension de la garantie !
19:55 Publié dans Chroniques (Néoplanète) | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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