12 janvier 2012
Vive le Pessimisme
Voir le vert en noir, voilà une excellente eco-attitude pour l’année 2012. C’est le Commissariat général au développement durable qui nous le dit, les résultats du sondage d'Ipsos réalisé à sa demande à l'appui. Cette instance en charge de mettre en application la stratégie nationale du développement durable voulait savoir s'est-il préférable que les français soient optimistes ou d’être pessimistes afin qu'ils agissent en faveur de l’environnement. Vaut-il mieux voir la planète comme une grande catastrophe à l’aube de son effondrement dans un gouffre rempli de CO2 ou bien la voir comme un éternel paradis des
animaux trop nheureux trop mignons pour faire un minimum d'effort environnemental? La réponse est claire, exit les jolis nounours d’amour ! place au moisi sur le permafrost, la réponse est du côté du dark. Les personnes les plus engagées en matière d’environnement ont la nausée en voyant la planète terre. Les « pessimistes très engagés » représenteraient selon cette étude, un quart des français. Oui, on le savait, en France, on n’a pas le moral. Qui sont ces déprimés actifs ? Surtout des super diplômés plutôt aisés, urbains à tendance bobo (tiens, il me semble commencer à reconnaître quelqu’un). Des même-pas-peur des livres d’Hervé Kempf et Jean-marc Jancovici. Attention, dans la famille pessimistes, il y a aussi les pessimistes inactifs, près d’un tiers de la population. Eux, la planète ne leur dit pas merci. Et les autres ? Les « sceptiques » et les « non concernés » forment un tiers de la population. Pour eux, la planète n’est même pas un sujet. Heureusement, il reste les optimistes engagés (on notera bien la différence avec les pessimistes qui sont TRES engagés), moins nombreux, seulement un français sur cinq. Les membres de cette minorité positive sont bien utiles, surtout sur le plan social, car ils ne plombent pas le moral des autres dès le matin. Ils ne vous servent pas un Schopenhauer avec votre café tout en vous faisant remarquer que les températures d'hiver ne sont toujours pas au rendez-vous, de même que celles de l'automne ne se sont pas non plus pointées, ils vous disent seulement "fait beau, non?" avec un sourire...ça repose.
Le mot d'Alice, chronique publiée dans le magazine Néoplanète février 2012
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11 janvier 2012
Portrait : Daisy Tarrier
Durant son enfance, Daisy Tarrier parcourt l’Espagne et le Maroc avec son père, le célèbre entomologiste Michel Tarrier, allant de découvertes de carabes aux papillons. Mais les insectes et les zones arides ne la passionnent guère, son tempérament la pousse déjà à rêver des trépidantes et dangereuses forêts d’Amérique Latine. A 23 ans elle commence en France sa carrière dans une grande ONG environnementale, le WWF et 7 ans plus tard elle plaque tout pour suivre enfin son rêve, partir à la découverte de la forêt tropicale. Peu expérimentée et légèrement tête brulée, Daisy Terrier se retrouve, après deux jours de marche, perdue en forêt, sans nourriture et avec l’eau que les tapirs auront bien voulu lui laisser. Son retour en lieu sûr ne se fera pas sans angoisses et sans rencontres extraordinaires, comme un tête à tête avec un gigantesque Anaconda. Son courage est à nouveau éprouvé à son retour en France. Elle veut créer une ONG environnementale…mais comment ? En faisant comme les grandes ONG ! Avec une soirée de gala pour lever des fonds et de nombreux artistes venus la soutenir. Ainsi naît en 2011 Envol Vert, une association dont la philosophie de base est : « La forêt nous rend service, rendons-le lui ! », avec comme objectif premier la lutte contre la déforestation, mais en accordant une importance toute particulière au volet social des projets qu’elle soutient. Aujourd’hui plus de 1000 personnes la suivent. Envol Vert a d’ores et déjà de nombreuses campagnes en cours, notamment une qui tient particulièrement à cœur à Daisy et qu’elle mène dans la Sierra Nevada en collaboration avec le célèbre environnementaliste colombien Franz Kaston Flores et les indiens Koguis : la préservation du Tapir. « Cet animal moche et méconnu » selon ses mots et pourtant si utile à la forêt comme à l’homme a conquis son cœur. Pour qu’il devienne son prince, il faut des moyens, ce pourquoi il est important de la soutenir.
http://envol-vert.org/
Fondation Nativa (Franz Kaston Flores) : www.nativa.org
http://www.facebook.com/EnvolVert
Le portrait de Daisy Tarrier est publié dans le magazine Neoplanète N° février 2012
15:40 Publié dans Chroniques (Néoplanète), Interviews & Portraits | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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21 novembre 2011
Client sale
Quel est le point commun entre les dictateurs, les mafieux, les patrons de multinationales et les stars ? Possèder des objets de luxe. Oui mais ! la différence cruciale qui distingue les deux premiers des deux derniers, c’est l’origine des fonds qu’ils utilisent pour les acquérir. Entre de l’argent issu de la fraude, de la corruption, du vol ou de l’esclavage sexuel et l’argent gagné grâce à un salaire ou un contrat signé avec un producteur (quoi que ces business eux-mêmes peuvent parfois être un circuit de blanchiment !) il y a une différence ! L’argent sale sert aujourd'hui à acquérir ce qui est désormais nommé des « biens mal acquis » : voitures de luxe, appartements de prestige, bijoux somptueux, garde-robes haute-couture, etc. A chaque reportage sur un truand ou un dictateur déchu, les médias dévoilent l’ampleur des achats, une véritable avalanche de trésors acquis pour un grand nombre d'entre eux dans notre pays. L’expert Odilon Audouin*, directeur de la sécurité financière au Cabinet Deloitte et spécialisé dans les dispositifs de lutte anti-blanchiment, évoque, à l'instar de l'"argent sale", la notion de « client sale ».

Comment ces bandits de haut vol ont-ils acheté facilement tous ces biens dans notre pays ? La loi interdit pourtant tout paiement en liquide pour des sommes supérieures à 3000 euros. Mais elle est peu respectée. Tracfin, l’organisme officiel chargé de lutter contre le blanchiment d’argent, déplore la quasi absence de « déclarations de soupçon » de la part du secteur de la joaillerie et des antiquaires. Si le secteur du luxe semble peu coopératif, le joailler Adamence affirme, lui, appliquer la loi à la lettre et met un point d’honneur sur la transparence de ses transactions. Dans les autres cas, c'est "au cas par cas" qu'il s'agit de réagir. C’est simple, si l’on voit arriver dans sa boutique de luxe un russe de deux mètres de haut montrant un passeport norvégien, en compagnie de deux adolescentes bulgares et portant une valise de cash ou voulant payer des îles Cayman, on passe un petit coup de fil à Tracfin ! :-)
Le phénomène du client sale et des biens mal acquis, à l’heure où les abus des dictateurs sont jugés insupportables, reversera-t-il le piédestal du luxe ? Sans une lutte active contre cette dérive, les signes extérieurs de richesse deviendront-ils en partie des signes extérieurs de détresse…de ceux que l’on ne voit pas ?
Cet article a été publié dans le magazine Neoplanète spécial Luxe numéro de décembre
Pour aller plus loin, lire "Luxe et développement durable" (Eyrolles, 2011) et consulter les expertises de Sherpa, de Transparency, de Legambiente et du CCFD
* : parenté avec l'auteur de l'article
18:14 Publié dans Chroniques (Néoplanète) | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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18 novembre 2011
Portrait : Alexandre Murat
Alexandre Murat, héritier du goût et des manières de son ancêtre le Prince Joachim Murat, diplômé d’HEC et ancien collaborateur de la Princesse de Polignac, décide le plus naturellement du monde il y a cinq ans, à
l’âge de trente-deux ans, de créer une joaillerie Place Vendôme. N’ayant en revanche pas hérité de moyens financiers autant que de lignage, il contourne l’obstacle en créant la première joaillerie en ligne spécialisée dans le diamant, Adamence. Avec cette innovation, il ne sait pas alors qu’il bouleverse la transparence commerciale du secteur, car non seulement il dévoile en ligne les secrets des critères qui font la valeur d’un diamant, mais il rend impossibles les paiements en espèces du fait de la vente en ligne. Dans la foulée de son intérêt pour le développement durable, il intègre dans son catalogue les créations JEM en or éthique, l’acteur de référence français. 
Désireux de faire avancer son secteur qu’il sait peu engagé en matière sociale et environnementale, Alexandre Murat tente alors son deuxième pari : lui expliquer tout simplement pourquoi il doit changer. C’est avec Cécile Lochard, engagée depuis dix années sur la thématique du luxe éthique et de la finance philanthropique qu’il relève le défi, en publiant en septembre dernier le premier livre sur le sujet, « Luxe et développement durable, la nouvelle alliance » aux Editions Eyrolles, reconnu immédiatement comme référence.
Pour se reposer de sa vie de chef d’entreprise, Alexandre se rend tous les week-ends dans son domaine en Picardie, où il enseigne à ses trois enfants la valeur de ce qui ne brille pas.
Ce portrait a été publié dans le magzine neoplanète - N° décembre 2011
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25 octobre 2011
Anti-écolo
Dans la famille des anti-écolos, il y a Claude Allègre, notre climato-sceptique national qui, tel un Borgia dans les couloirs de l’Académie des Sciences, agite ses bagues à poison contre les climatologues. Ou Elisabeth Badinter, qui annonce la couche lavable comme le nouvel ennemi des femmes et nous ouvre les yeux sur une réalité préoccupante : entre femme écolo et femelle bonobo, la distance se resserre. Et voici qu’arrive l’anti-écolo dernier cri, l’écrivain et essayiste Pascal Bruckner, le séducteur aux yeux bleus avec lequel on aurait préféré danser un slow. Il envoie son obus en pleine soupe de légumes d’AMAP ! Selon lui, les écolos transpirent le pétainisme, le masochisme et le sectarisme, c’est dire si on sent bon :-)
Stoooooop ! Flèche après flèche, mépris après mépris, raillerie après raillerie, il est temps de contre-attaquer ! Allez, on s’arme de nos graines germées et on y va ! C’est à nous d’attaquer les anti-écolos médiatisés ! A nous de leur envoyer des tartes à la chantilly de lait d’ânesse. Qu’ils se rassurent, nous n’utilisons pas l’arme nucléaire.
A nous de les traiter de manipulateurs : ils présentent leur attaque contre l’écologie comme un combat pour la liberté mais ils décident de voir l’écologie uniquement sous un aspect extrémiste. Ils refusent d’avoir un regard modéré au nom de la défense de la modération...
A nous de les traiter de narcissiques : ils cherchent à se distinguer sur un nouveau créneau pour rajeunir leur image. Leurs lunettes ne sont plus adaptées pour voir la réalité et les faits concrets. Ils ne veulent voir que des dogmes, la chasse aux idéologies est leur moyen de se promouvoir comme héros pourfendeurs.
A nous de les traiter d’irresponsables : leur action contribue au rejet croissant de l’écologie, quatre français sur dix sont désormais dans le déni de la situation environnementale selon le dernier sondage Ethicity / ADEME. 
« Après moi, le solaire ! » voici la nouvelle attitude décrite par le philosophe Peter Sloterdijk qui s'inquiète de ce nouvel égoïsme, renforcé chaque jour par les prêcheurs anti-écolos.
Pour des intellectuels, ils ont réussi à valoriser la peur et l’ignorance, bravo.
Malheureusement, comme dit Gandhi, « Oeil pour œil et dent pour dent, cela ne fait que créer un monde d’aveugles et d’édentés », il va donc falloir trouver une autre solution que la baston. Et si on ouvrait le dialogue ?

Est-ce l'écolo qui a inventé l'anti-écolo ou l'inverse ?
Cet article est également publié dans ma chronique "Le mot d'Alice" dans Néoplanète, numéro de novembre 2011 www.neo-planete.com
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Portrait : Jérôme Auriac
Jérôme Auriac, Fondateur et Directeur de Be-Linked.
On cherche partout la croissance verte, celle qui montre que le développement durable crée des emplois, attire des entrepreneurs, crée de nouveaux métiers. La voici. Jérôme Auriac a créé un nouveau métier lié au développement durable, le conseil spécialisé dans les relations entre les entreprises et la société civile. Pour faire simple, il s’agit pour les organisations, et notamment les entreprises, de comprendre mais surtout d’agir avec la société civile, que ce soient des ONG, des riverains, des citoyens engagés, des entrepreneurs sociaux, des communautés locales, etc. Entendons-nous, il y a toujours eu des relations entre les entreprises et les organisations représentant des intérêts de la société, mais elles étaient longtemps réduites à deux schémas dominants : la confrontation ou le mécénat. L’innovation de Jérôme Auriac est de sortir cette relation des directions de la communication pour la mettre au cœur de la stratégie et de créer des liens radicalement nouveaux entre ces deux univers, allant jusqu'au co-développement.

Depuis la création de sa société il y a trois ans, Jérôme Auriac et son équipe travaillent pour de grandes entreprises et des ONG et s’offrent le luxe de choisir leurs clients. Conscient de créer un nouveau champ de management, Jérôme a à cœur d’enseigner, que ce soit à la Chaire de Social HEC Chaire Social Business Entreprise et Pauvreté ou au Master Développement Durable de l’ ESSEC. Il a également pris le temps, pendant une année off, de bâtir une association au Brésil avec son épouse brésilienne, offrant ainsi à ses deux fils leur première formation de terrain. Ambitieux, généreux et pionnier, « le Jé », comme ses proches l’appellent dans le milieu du développement durable, teste invente et met en place les nouveaux modèles économiques de demain fondés sur la co-création, l’équité et l’environnement. Rien de moins.
cet article est également paru dans Néoplanète numéro du mois de Novembre 2011. www.neo-planete.com
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21 septembre 2011
Le portrait d'Alice : Michèle Rivasi
Le "Portrait d'Alice" est publié dans chaque numéro du magazine Néoplanète. www.neo-planete.com
Numéro octobre 2011.
Députée européenne Europe Écologie, Michèle Rivasi, ne se déplace jamais pour rien à Bruxelles. Ses combatssont nombreux et courageux : gaz de schiste, OGM, nucléaire, grippe A, Mediator…Michèle Rivasi se bat jusqu’au bout. Ses principales armes sont ses convictions, sa solide formation scientifique (elle est une ancienne élève de l’École normale supérieure de Fontenay-aux-Roses) et son expérience politique (ancienne députée de la Drôme).
Déjà rentrée dans l'histoire? Ses initiatives militantes historiques sont nombreuses. Elle fonde en 1986,suite à la catastrophe de Tchernobyl, la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD), puis, face à la montée des OGM, l’Observatoire de vigilance et d’alerte écologique (Ovale), aux côtés de Corinne Lepage. Plus tard, quand naît la polémique sur les émissions d’ondes, elle lance le Centre de recherche et d’information indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques (Criirem). Celle qui a le sens du slogan – « Ni dupes ni soumis », c’est elle – propose actuellement à l’Unesco de créer un « Patrimoine radioactif de l’humanité » sur les territoires contaminés par Tchernobyl.
Cette image pugnace et militante masque parfois une autre Michèle, l’esthète, la femme sensuelle et belle, ayant raflé tous les prix de Miss Antinucléaire, qui cultive l’art de vivre dans sa magnifique demeure de la Drôme, qu’elle embellit depuis trente ans. Une maison où chaque pierre et chaque plante participent spontanément à une frappante harmonie. Aujourd’hui remariée avec un homme attaché au terroir, elle est une femme à la fois apaisée et engagée qui, pas à pas, marque l’histoire et gagne la notoriété qu’elle mérite.
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05 septembre 2011
Le mot d’Alice : Découplage
Le mot d'Alice est le nom de ma chronique dans le magazine Néoplanète. www.neo-planete.com
Numéro septembre 2011.
Cela ne concerne ni la mécanique ni le divorce. Ce mot est la star actuelle de très nombreux débats rassemblant les économistes et les acteurs du développement durable. De quoi parle-ton ? De l’idée simple qui consiste à désolidariser la croissance économique de son impact environnemental. Si l’on croit en cette idée de découplage, alors il est possible de continuer à créer encore plus de richesses économiques en dégradant moins voire plus du tout les écosystèmes et le climat.

(source : UNEP)
La question de fond est de savoir si le découplage peut être relatif ou absolu. Il est relatif si la dégradation environnementale est moins rapide que la croissance économique (les deux avancent plutôt selon des parallèles). Il est absolu si cette dégradation diminue quand la croissance augmente (là, c'est l'effet ciseau, chacun avance dans un sens différent). Le découplage relatif parait insuffisant aux yeux de certains car si l’impact environnement augmente moins vite, il croît quand même ! Les débats les plus houleux portent principalement sur le découplage absolu, qui serait la solution moins dérengeante au problème. Un nouveau modèle économique, entièrement circulaire et décarboné permettrait de le réaliser selon certains. Le célèbre économiste Tim Jackson, dans son ouvrage « Prospérité sans croissance » le croit lui, impossible. Si le découplage absolu n’est pas atteignable, alors il n’y a plus qu’une solution pour préserver l’environnement et le climat : une forme de décroissance, une baisse volontaire du pouvoir d’achat. Dans tous les cas, croissance ou pas, il s’agit faire évoluer notre modèle économique.
Voir aussi : http://www.unep.org/resourcepanel/Publications/Decoupling...
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18 juillet 2011
Le mot d'Alice : Fast Fashion
Le mot d'Alice est le nom de ma chronique dans le magazine Néoplanète. www.neo-planete.com
Numéro avril 2011.
La fast fashion regroupe les grandes marques mondiales de la mode bon marché capables de renouveler leurs collections en un temps record, cinq semaines environ. Si elles ont acquis le pouvoir économique depuis environ quinze ans, elles restent sous infl uence du luxe en matière de création. Les stylistes haute couture, alliés aux premiers rangs des défi lés constitués de rédactrices en chef de magazines de luxe et de directrices de bureaux de tendances, donnent le la de la fast fashion.
Exemple : la fourrure. Celle des défi lés de l’hiver 2010- 2011 pose le problème des conditions d’élevage et d’abattage des animaux, et a été immédiatementtransformée par la fast fashion en fourrure« accessible » composée de lapin,de chien… et parfois de chat, ainsi que, pour le moyen haut de gamme, de coyote.

Cette vague de démocratisation concernerait des millions de pièces. Ici, les conditions d’élevage et d’abattage sont bien plus opaques et font l’objet de campagnes de plusieurs associations de protection des animaux, dont Peta. La haute couture intègre-t-elle son infl uence lorsqu’elle décide de telles matières ayant des enjeux sociaux ou environnementaux, s’amplifiant de manière colossale avec leur démocratisation ? La situation est proche concernant le pashmina ou le cachemire, dont les conditions environnementales de production sont optimales, uniquement pour de petites quantités, et dont la production en masse soulève de nombreux problèmes. La responsabilité des créateurs n’est-elle pas, comme pour les scientifiques, de penser aux conséquences de leurs inventions ?
Alice Audouin
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31 décembre 2010
Comment bien se composter
Le mot d'Alice : Toilettes Sèches
Les toilettes consomment entre 5 et 20 litres d’eau à chaque utilisation et 1500 litres d’eau potable par personne par mois. Il est temps de l’économiser et de ne plus la polluer. Les Suédois mettent déjà massivement en place la solution alternative, les toilettes sèches, c’est-à-dire sans eau. Là-bas dans certaines régions, elles sont la condition sine qua non d’obtention d’un permis de construire. Comment cela marche, s’il n’y a pas d’eau ? Avec du bois. Cela fonctionne comme nos toilettes, même confort, mais au lieu d’une chasse d’eau il y a à la place un sac de sciure et on en met deux louches après son passage. Le papier c’est comme la sciure, c’est du bois, cela marche avec, et les deux existent en FSC. C’est une sorte de litière, mais bio-maitrisée. Non, nous ne sommes pas devenus des chats! Nous nous compostons pour mieux rendre à la nature ce qu’elle nous a donné. Dans sa version campagne, un seau sous les toilettes permettra de faire un bon engrais pour le jardin. Dans sa version urbaine et la plus sophistiquée (donc électrique) la cuvette des toilettes est reliée par un tuyau à une unité de compostage, qui peut être dans un sous-sol d’immeuble, comme une sorte de poubelle qui est ramassée (par des messieurs de la propreté très spécialisés) pour faire de l’énergie ou de l’engrais. Il existe également des petits modèles design pour les jeunes urbains et des modèles avancés séparant le solide du liquide pour optimiser leur traitement. Nature is back in town !
Les bénéfices environnementaux sont énormes, moins d’eau, moins de pollution des eaux et donc plus de biodiversité. Et plus de santé : fini le retour de la chimie à l’envoyeur par le robinet, les stations d’épuration ne filtrant pas à 100 % les détergents, les médicaments, etc.
Mais oublions la planète, pensons à nous, à ce moment d’intimité où nous utilisons les toilettes. Là, bonne nouvelle, la sciure recouvre toutes les traces et odeurs et amortit tous les bruits. Finie l’appréhension d’un « pssit » ou d’un « floc » pouvant être entendus à 50 mètres même à travers une porte bien fermée. Finie la montée d’angoisse après avoir tiré dix fois la chasse d’eau sans résultat. Là, c’est zen. On peut enfin être à son aise ailleurs que chez soi. Première invitation ne rime plus avec constipation.
Allez on-y va, on oublie les totems et les tabous, on opte pour la formule la plus basique à vider près de chez soi. Une fois réussie l’épreuve de verser son petit compost personnel pour fertiliser le jardin partagé du quartier, l’écologie conviviale est sûre de triompher!

Photo : "NATURUM est une toilette sèche haut de gamme. Elle peut être installée en appartement aussi bien qu'en maison individuelle. Elle fonctionne sans eau, sans électricité et sans produits chimiques." (les toilettes sèches, c'est un miracle qui arrive là où on ne l'attendait pas)
"Le mot d'Alice" est une chronique régulière pour le magazine Néoplanète.
Cet article est publié dans le numéro janvier/février 2011, entièrement consacré au thème de la forêt et ses avantages.
Précision : l'auteur n'a reçu ni cadeau ni récompense de la part de producteurs ou de promoteurs de toilettes sèches. Elle s'y est mise toute seule.
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27 septembre 2010
Le mot d'Alice : 1896
Que s'est-il passé en 1896 ? Grâce à Internet, on a vite la réponse : les premiers Jeux Olympiques de l'ère moderne, la création du Dow Jones, la mort de Paul Verlaine... Oui mais encore ? La découverte du réchauffement climatique. En 1896, un scientifique très renommé de l’époque, Svante Arrhenius, démontre que développement industriel fondé sur les énergies fossiles aboutira à un doublement de la teneur en gaz carbonique dans l’atmosphère, le fameux CO2, et que cela se traduira par un réchauffement
de l’ordre de 5 à 6 ◦C. Exactement la prévision du dernier rapport du groupe d'experts intergouvernmental sur l'évolution du climat mondial des climatologues, le GIEC ! Ca fait donc 110 ans que l’on est au courant. Mais alors pourquoi si on le sait depuis si longtemps, a-t-on l’impression qu’on vient juste de le découvrir ? Et surtout, pourquoi si on le sait depuis si longtemps, n’a-t-on pas profité de ce temps là pour chercher une solution ? En fait à l’époque, cette découverte est passée inaperçue, elle a fait un vol direct aux registres des oubliettes. Pourquoi ? Parce que le bonhomme était suédois. Quand il a annoncé sa découverte, dans son pays, ses pairs ont applaudi, trop contents d’apprendre qu’il ferait moins froid chez eux. Ils se sont dit « Voilà une bonne nouvelle ! » et ils sont passés à autre chose, sans se soucier des conséquences ailleurs. Mais imaginez une seconde que ce scientifique eut été indien, je rappelle les 45° à l’ombre en été en Inde … C’est sur qu’il aurait été entendu. Ils auraient dit « Voilà une très mauvaise nouvelle ! » et se seraient pressés de chercher une solution !
NB : : Pour ceux qui voudraient aller plus loin, connaître par exemple le rôle de Jacques-Joseph Ebelmen (tiens, le nom d'une héroïne d'un roman appelé Ecolocash) qui quelques années avant ce suèdois a une intuition comparable en France, celui d'autres scientifiques de l'époque et d'alpinistes éclairés ayant largement contribué à la climatologie, il faut se reporter aux livres et articles lumineux d'Edouard Bard, directeur de la Chaire Evolution du climat et de l'océan du Collège de France, qui raconte cette épopée scientifique avec une érudition passionnante, on insistera jamais assez sur la valeur de cet immense climatologue pour éclairer les sentiers parfois sombres du débat climatique.
"Le mot d'Alice" est une chronique dans le Magazine Neoplanète www.neoplanete.fr
Numéro septembre/octobre 2010
14:31 Publié dans Chroniques (Néoplanète) | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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21 juin 2010
Portrait : Michket Krifa
« Mon image c’est moi qui la donne » : c’est le principe éthique que l’organisatrice d’expositions Michket Krifa, commissaire d'exposition, applique dans tout ce qu’elle entreprend en Afrique et Moyen-Orient. Mettre l’image de l’Afrique aux mains des africains, mettre l’image des femmes musulmanes aux mains des femmes musulmanes, voilà une démarche qui parait naturelle et qui est pourtant rare dans la vie culturelle, encore très centrée sur l’occident et son regard sur le monde. Cette image « de l’intérieur » a pour vertu de faire tomber les aprioris de ceux qui s’étaient construit une image erronée. La représentation du rapport Nord Sud s’en trouve réajustée.
« En Afrique, les injustices du passé ne sont pas seulement dans la terre, mais dans les semences. L’art consiste à dégager des terres neuves et réparer les anciennes. » Restituer l’image de soi, créer la représentation de soi, c'est le principe des expositions qu’elle organise sur le Moyen-Orient (Regards Persans, Printemps Palestinien, Women by Women…). Ses expositions sur les femmes musulmanes sont des espaces d’expression, non de dénonciation, qui font tomber les stéréotypes orientalisants et les visions instrumentales des pouvoirs arabes. Ce principe a fait des merveilles aux dernières rencontres de Bamako, la biennale africaine de la photographie dont Michket est la directrice artistique, qui ont offert une image nouvelle de l’Afrique, dans la nuance, la subtilité, l’altérité, l’échange. Pour la prochaine édition en 2011, Michket ne dérogera pas à ses principes.
Très concernée par l’environnement, Michket rappelle que le lien à la terre et à l’environnement joue un rôle central pour les artistes africains « les conditions de vie et climatiques ne sont pas toujours faciles, les problèmes liés à la vie sont concrets et entrent naturellement dans le champ de la créativité ». Et au final, c’est l’image que l’Afrique renvoie de l’occident qui devient riche d’enseignement. "Je renvoie aux
Occidentaux ce qui leur appartient, c'est à dire les rebuts de la société de consommation qui nous envahissent tous les jours", dit l’artiste béninois Romuald Hazoumé, qui construit ses œuvres à partir de déchets, tout comme le grand artiste ghanéen El Anatsui (photo ci-contre).
Née en Tunisie, musulmane non pratiquante, Michket Krifa fut d’abord actrice, mais le marché du cinéma tunisien ne lui permettait pas de faire carrière. Venue en France, elle refusa les rôles « d’arabe de service » selon son expression et amorça des études sur le lien entre cinéma et histoire. Pour elle, le culturel, le social et le politique doivent être étudiés ensemble.
Ses gestes écologiques au quotidien sont dictés par son fils « super écolo ». Michket, aussi belle à 50 ans qu’à ses débuts, met le curseur sur l’être et non l’avoir. « Le temps, la distance, la rêverie sont devenus un luxe dans nos vies. » Elle tente d’extraire ces moments de grâce dans un agenda rempli jusqu’en 2015.
Portrait publié (dans sa version courte) dans Neoplanète, numéro 14
14:47 Publié dans Chroniques (Néoplanète), Interviews & Portraits | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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20 juin 2010
Le mot d'Alice : Mariage
Le mot d’Alice : Mariage
Dieu Ecolo donne sa bénédiction : mariez-vous ! Ca tombe bien, c’est la saison. Tous les petits bouts de châteaux à la ronde sont tous réservés jusqu’à fin septembre. Monsieur Météo répond à 15 000 appels par jour. Le grand moment va arriver. En version laïque ou religieuse. Pour le bonheur des mariés et …de l’environnement. Avant, tout était divisé en deux, deux célibataires, deux appartements, deux lits, deux réfrigérateurs, deux salles de bain, deux machines à laver…après tout devient un : un couple, un appartement, un lit, un chauffage, une salle
de bain, une machine à laver. C’est bingo pour la planète ! Seul hic à passer côté environnement pour atteindre ce graal de réduction carbone : le mariage lui-même et le voyage de noces, dont l’impact environnemental peut plomber tous les bénéfices à venir. Pour l’éviter, quelques petits secrets de green-wedding-planner : faires parts par Internet, tandems à disposition des invités, traiteur local et végétarien, alliance d’or éthique « Oro Verde », tenues de soirée louées, robe de mariée composable, voyage de noces dans un Ashram accessible en train, etc.
Avec un tel plus pour la planète, le mariage mériterait bien une modification du code civil! L’article 215 pourrait, tiens, y intégrer une dimension environnementale « Les époux s’obligent mutuellement à une communauté de vie et à faire émission carbone commune ». Et pourquoi pas une prime au mariage, un bonus écologique ? En indexant la prime à la longévité du mariage ! Oui, mais alors il faudrait alors aussi en toute logique mettre un malus au divorce. Au moment de divorcer, les émissions carbone additionnelles des futurs célibataires seraient calculées et bing ! obligé de payer le surplus ! à moins de choisir une solution de co-habitation, par exemple avec d'autres divorcés. Et la prime à la casse ? En cas de remariage, elle pourrait aussi fonctionner...
Chronique pour le magazine Neoplanète, numéro 14, juin-juillet 2010
17:42 Publié dans Chroniques (Néoplanète) | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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01 avril 2010
Le mot d'Alice : Développement Durable
"Le mot d'Alice" est une chronique publiée dans chaque numéro du magazine Neoplanète.
Pour la sortie du numéro de Néoplanète Avril/Mai en début de "semaine du développement durable", voici le mot "développement durable"
Que la personne qui trouve cette expression avenante se lève ! On le sait, dans la vie, il y a le fond et il y a la forme. Mais la forme compte de plus en plus. Du point de vue de la forme, si le développement durable devait être décrit comme une personne, ce serait plutôt un puceau boutonneux avec un prénom imprononçable et un diminutif pas plus glamour, dédé. C’est vrai, le pauvre ! Né il y a vingt-deux ans d’une maman norvégienne au nom de Brundtland dans une institution poussiéreuse, il récolte plus de tomates que de compliments. Il se fait traiter d’oxymore et se fait railler par les décroissants et les conducteurs de 4X4. Les uns disent qu’il est pipeau, surtout lorsqu’il se promène en entreprise, les autres qu’il est rétrograde et qu’il veut couper l’électricité et revenir à la préhistoire et dès que l’on parle de lui dans des dîners, la réaction la plus fréquente est « non ! non ! non ! c’est vraiment trop barbant comme sujet ! » ou encore, pour les plus énervés « ils nous emmerdent ces écolos ! » ‘Son cousin le climatologue est à l’hôpital et sa marraine NKM à la prospective …il a donc un gros chagrin, ce développement durable mal aimé. Il est temps de le consoler. De le mettre sur les genoux d’une tata câline. De le cajoler, le rassurer, lui donner du courage, lui dire « allez-vas-y, c’est pas parce que t’es moche que tu dois baisser les bras, n’aie pas peur des tomates, crois en toi, tu en ressortiras plus fort, tu vas gagner. » Il est grand temps d’apporter un peu de soutien et pas seulement pendant la semaine du développement durable pour ce terme qui est maintenant du côté des faibles et des humiliés. Le développement durable, si maladroit et mal accepté soit-il, est grandement utile. Mieux, il peut, malgré ses défauts et ses casseroles, nous aider à réparer nos erreurs et ouvrir la voie d’une vie meilleure. Allez zou, pour le début de la semaine du développement durable, on lui fait une haie d’honneur, un petit hymne, une ola, on le motive ! Tout le monde est bien en ligne façon chenille processionnaire ? Tout le monde a bien sa selle de vélo et son filtre à eau à brandir quand il passera ? Les cordes vocales sont prêtes pour atteindre les 150 décibels de la baleine bleue ? Vous êtes bien campés sur vos Veja ? Ca y est ! Il arrive ! C’est le moment ! Allez on lui chante en cœur : « You will survive ! »
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19 mars 2010
Gary Hirshberg : Bio loves Walmart
Article publié dans Neoplanète numéro Avril/Mai 2010.
Interview réalisé le 5 février à Paris.
Gary est américain, (vieux) beau, riche, célèbre, père de famille exemplaire, directeur général. Bref, Gary est une success story américaine.
What else ? Son entreprise enregistre depuis environ 20 ans une croissance moyenne de 20 % par an. Il est dans le pétrole ? Pas du tout. Il est dans le yaourt Bio.
Il vient de loin… de l’époque où le Bio concernait seulement les babas et non les bobos, où le développement durable n’était pas encore né et où les consommacteurs représentaient 0,0001 % de la population américaine. Se lancer dans le lait Bio avec neuf vaches a été la première pierre de son entreprise Stonyfield, au début des années 80. Mettant toutes ses ressources à créer un circuit de production coûteux (ressources durablement gérées, fournisseurs éparpillés, main d’œuvre mieux rémunérée…) et ne pouvant donc compter sur la publicité, épuisé de distribuer lui-même des échantillons dans les supermarchés, il décide alors de proposer aux consommateurs d’adopter une vache en échange d’une lettre de la vache deux fois par an. Des milliers de personnes trouvent cette idée amusante (ils reçoivent aujourd’hui quatre e-mails par an de leur vache) et Stonyfield réussit à passer à une dimension supérieure. Comme ses amis pionniers de l'époque (Ben & Jerry's, Body Shop...) sauf Patagonia, il revend vingt ans plus tard son entreprise à une multinationale (Danone). Ses produits trônent désormais sur les linéaires des supermarchés, y compris en France sous l’appellation Les deux vaches (faut vraiment qu’il ne parle français pour avoir laissé passer un nom comme ça !). Pour lui le passage de la petite entreprise Bio à la multinationale va dans le bon sens, car la seule solution pour que le Bio entre dans les usages de consommation, c’est d’en baisser le coût, donc d’en vendre plus. Plus on vend, plus il y a de fournisseurs de lait bio, plus il est facile d’organiser la production et ainsi de suite. Gary défend cet argument dans le documentaire Food Inc. qui décrit l'industrie alimentaire américaine et qui obtient actuellement un grand écho aux Etats-Unis. Et quant à savoir si le Bio répond à des préoccupations d’ordre individuel ou collectif, Gary reste pragmatique « Les gens se mettent au bio à trois occasions : lorsqu’ils ont le projet d’avoir un enfant, à l’occasion d’un problème de santé, et au travers de l’influence de quelqu’un d’autre. Ils mangent bio avant tout pour eux, pas pour la planète, mais ce qui est bon pour eux est bon pour la planète.» Aux Etats-Unis, les yaourts Stonyfield font actuellement la promo du livre « Anti cancer » de David Servan-Schreiber, avec le slogan « La super arme dans la guerre contre le cancer : Votre nourriture » démontrant ainsi le poids de l’argument santé. Il reste plus efficace de miser sur l’intérêt individuel pour gagner de grands marchés.
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01 février 2010
Le mot d'Alice : Europe
L’Union européenne agit-elle pour ou contre le réchauffement climatique? On se le demande après sa grande discrétion au Sommet Copenhague qui a échoué à fixer des objectifs de réduction pour éviter un réchauffement climatique de plus de 2°C à horizon 2100. Pour répondre, analysons les trois piliers de l’Europe, la législation, les fonds structurels et le grand marché.
Prenons d’abord la législation. Si l’Europe a d’excellentes initiatives « vertes », comme par exemple REACH (règlementation chimique européenne), concernant l’harmonisation de la fiscalité, ce n’est pas génial côté CO2. Dans les années 90, l’harmonisation sur l’automobile a conduit à la suppression de taux majorés et des taxes spécifiques de pays comme la Grèce ou le Danemark qui avaient jusque là des politiques restrictives (et donc peu de voitures et de routes) et a provoqué l’arrivée de millions de véhicules et donc de millions de bouchons !
Regardons maintenant les fonds structurels qui servent à financer la cohésion et la mise à niveau des nouveaux pays membres. Là encore, de très bonnes choses ont été mise en œuvre, les stations d’épuration, les traitements des ordures, les modernisations de chemins de fer, mais aussi le plan autoroutier !
Arrivons au point clé, le grand marché et sa monnaie unique (qui a ruiné toutes celles et ceux qui ne savaient pas multiplier par 6,5). Son fonctionnement repose, on l’aura compris, sur le transport routier (et non fluvial ou ferroviaire) des marchandises. Les camions représentent 20% de l’ensemble des émissions de CO2. Pour entrer dans le grand marché, la Grèce, l’Espagne le Portugal et l’Irlande, aujourd’hui tous en souffrance économique et sociale, ont bénéficié de dérogations pour pouvoir augmenter rapidement leurs émissions de gaz à effet de serre, condition nécessaire selon l’Europe à leur développement économique. Cette accélération, véritable manne pour les spéculateurs, a par exemple conduit l’Espagne à construire 600 000 logements en un an ! Retour de bâton environnemental et financier garanti !
Pour résumer, l’Europe suit deux voies différentes, d’une part celle du développement économique fondé sur les énergies fossiles, la consommation et la croissance, et d’autre part celle de la protection de l’environnement. Ces deux voies lui couteront, tant qu’elles resteront séparées, de plus en plus cher. Il est temps qu’elles fusionnent.
Donnons le mot de la fin à Lucien Chabason, notre papa de la loi Littoral et notre énarque écolo préféré, directeur délégué de l’IDDRI (Institut du Développement Durable et des Relations Internationales) : « En dépit des traités qui ont suivi sa création en 1957, Europe reste d’abord et avant tout le marché unique qui vise des objectifs économiques. Tant que les autres objectifs, sociaux et environnementaux, ne seront pas considérés au même niveau, le développement durable restera à la périphérie. » Petits et petites Jean Monnet, réveillons-nous !
Article publié dans Neoplanete, Numéro février/mars 2010
Merci à Lucien Chabason de son éclairage pour la rédaction de cet article
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29 janvier 2010
Portrait de Jean Michel Valantin
Portrait publié dans Neoplanète, Numéro Fevrier/Mars - dans le magazine, le texte est légèrement différent... du fait de l'intervention armée du SR sans doute inspiré par le thème de l'article :-) ... avec des dommages collateraux sur le sens de certaines phrases et l'exactitude de l'info :-)
Jean-Michel Valantin voit le réchauffement climatique avec les yeux Sun Tzu et non ceux de Joan Baez : comme une guerre. Historien, docteur et chercheur indépendant en études stratégiques, il est l’un des tout premiers spécialistes mondiaux de la question des effets politiques du réchauffement global qu’il nomme la « sécurité climatique ». Pour lui, la géopolitique va être bouleversée par l’ensemble des conséquences du désordre climatique : montée des eaux, désertification, crise alimentaire, etc. Et nous ferions bien d’avoir déjà les plans de sauvetage et d’action d’urgence et de les avoir répétés, parce que l’on n’aura pas une deuxième chance de lutter contre l’ennemi. Imaginons le réchauffement climatique comme une invasion spatiale qui viserait tous les pays en même temps, c’est sûr qu’il faudrait être organisés.
Si aujourd’hui, des réseaux de solidarité ainsi que de nombreuses solutions locales sont mis en place pour prévenir ou contrecarrer les effets du réchauffement climatique, il manque une « gouvernance mondiale » pour gérer le phénomène à une échelle planétaire.
Selon Jean-Michel Valantin, c’est l’alliance avec les guerriers et non les baba cool qui peut nous sauver. Un Rambo qui donnerait sa vie pour un ours blanc… ce ne serait pas un peu le héro d’Avatar justement ? Hollywood a tout compris et intègre déjà les enjeux de la sécurité climatique, selon ce spécialiste des relations entre cinéma américain et Défense. Les conflits autour des ressources, la biodiversité, la réduction de l’espace vital, la gouvernance violente ou non violente de la ville, sont les nouveaux thèmes des méga productions Hollywoodiennes et le choix du héros d’Avatar, un guerrier qui abandonne l’instinct de conquête pour celui de préservation, n’est pas anodin !
En attendant, le Général Jean-Michel Bio-Murat prépare ses troupes : toute la jeunesse française scolarisée ! En tant que haut fonctionnaire au développement durable à la direction générale de l’enseignement scolaire du Ministère de l’Education nationale, sa mission est que tous les élèves soient éduqués au développement durable. A quand les exercices d’entrainement ? Et une deux ! une deux ! ... Parez ? Protégez !
Lire Jean-Michel Valantin : Écologie et gouvernance mondiale, Autrement, 2007 Menaces climatiques sur l'ordre mondial, Lignes de repères, 2005, Hollywood Washington Le Pentagone, Autrement, 2003 (réédition en 2010, avec l'analyse d'Avatar of course)
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26 novembre 2009
Cécile Ducrot-Lochard, la Philanthropie VIP
Article publié dans Neoplanète, numéro Nov / Déc 2009
Cécile est sans doute la seule salariée d’ONG à devoir porter des diadèmes de diamants pour son boulot ! Experte en « finance philanthropique », qui signifie en gros : « donner un peu de ce que l’on possède beaucoup », Cécile a pour profession de convaincre des personnes fortunées d’aider des grandes causes. Exemple de mission : persuader son voisin de table lors d’un diner de gala de sauver le thon rouge qu’il est entrain de manger. Cécile est à la finance philanthropique ce que Hugh Grant est à l’accent anglais : elle est née avec. Son papa, fondateur d’Apogé, compte parmi les pionniers en France de « l’ISR » (Investissement Socialement Responsable). Elle collabore avec lui dès son diplôme d’école de commerce en poche et apprend son métier : convaincre les grands fortunes de placer leur argent de façon « responsable » Elle devient ensuite directrice des « grands donateurs » du WWF. Quand Cécile s’occupe de trouver des fonds pour une grande cause, c’est un peu comme quand Sharon Stone anime les enchères pour le sida à Cannes : plus efficace et plus glamour que mamie Liz Taylor. La belle aux diamants (gracieusement prêtés par Adamence) manie le Bottin Mondain pour la bonne cause et collectionne les paires de chaussures pour promouvoir la sobriété heureuse. Paradoxe diront certains, modernité diront d’autres, dans tous les cas, Cécile vit parfaitement cette position d’intermédiaire entre deux mondes opposés. Passionnée par le microcrédit, Cécile se lance un nouveau défi, convaincre les dirigeants des grandes entreprises de nouer un partenariat avec Microworld, la nouvelle activité de Planète Finance. Elle n’a pas encore choisi sa tenue…
www.neo-planete.com
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19 novembre 2009
Le mot d'Alice : Cadeaux de Noël
Noël approche, c’est le retour des angoisses récurrentes. « Comment cela va-t-il se passer avec la famille ? » Il suffit de penser à la phrase de Lacan « on a la famille que l’on mérite » pour filer directement la deuxième question « Vais-je trop manger ? », ici la simple décision de ne plus manger de viande rouge dès le premier janvier 2010 permet d’en venir à la question centrale : « Que vais-je faire des cadeaux que je n’aime pas ? » Avec la diminution des surfaces habitables, stocker un coussin-moutarde-brodé-de-mini-éléphants, un porte-savon-grenouille ou un mini-kit-à-tartiflette va en effet poser problème. On peut essayer l’option transformation du cadeau, l’intérieur du coussin rembourre un vieux fauteuil et les mini éléphants se transforment en collier, le porte-savon devient porte-clés, et le kit à tartiflette sert à une ratatouille, mais ce n’est pas toujours gagné.
Le développement durable offre une autre option : s’en séparer. Car si quelqu’un devait acheter ce cadeau, il faudrait à nouveau le produire et donc ponctionner des ressources, le transporter, l’emballer, …c’est tout l’avantage du « second hand », éviter de produire plus. Comment procéder ? Si l’on a besoin d’un autre objet au même moment, le troc est une très bonne solution. Ca fait deux objets de moins à produire. Le plus simple est de le faire en ligne. Le pull trop grand …contre un petit tabouret. Et en plus, on peut se faire des amis. Un nouveau site de troc très sympa entre particuliers, www.myrecyclestuff.com est utile. Il y a aussi la revente. En ligne, par exemple avec www.priceminister.com, chez qui la vente est gratuite et qui offre un bon standard de sécurité ou tout simplement en bas de chez soi, au prochain vide-greniers. Il y a enfin et surtout le don, dans un principe de solidarité, via Emmaüs, le Secours Populaire, Action sans Frontière…
Mais l’idéal est d’agir à la source du problème : A l’heure du « consommer mieux et moins », il est temps que cela concerne Noël où chaque Français achète en moyenne 11 cadeaux*. « Mieux », c’est en privilégiant des produits durables, en se tournant vers des fournisseurs responsables et certifiés, comme l’excellent site d’achat en ligne neomansland.fr. « Moins » c’est tout simplement en fixant des règles de nombre de cadeaux ou de nombre de contributeurs pour un même cadeau. Aller vers une sobriété heureuse et être plus solidaire dans un pays riche comme le nôtre, c’est profiter de Noël pour fêter la naissance d’une société plus durable.
*source : Deloitte
Chronique publiée dans Neoplanète numéro Nov/Déc 2009
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16 septembre 2009
Erwan Le Louer, eco-entrepreneur
Article publié dans Néoplanète numéro 10 Septembre/octobre 2009

Erwan Le Louer compte parmi les jeunes éco-entrepreneurs à suivre. Son originalité ? Introduire l’éthique et le développement durable dans un secteur jusqu’ici peu engagé sur ces problématiques : le bijou en or. Avec un père chef d’entreprise et une mère danseuse à l’Opéra de Paris, Erwan a toujours côtoyé l’univers du luxe et s’est lancé un défi : rendre les bijoux éthiques. C’était il a deux ans, il avait…23 ans ! Il consacre alors deux années, dont une parallèle de son année de master de l’ESDI (Ecole supérieur de design industriel) à la recherche des meilleurs partenaires. Sa famille et ses amis sont ses premiers « business angels ». JEL (« Jewellery Ethical Luxury) est créée en septembre 2008. Aussi à l’aise avec la clientèle haut de gamme que sur le terrain, avec des ONG en Amazonie, Erwan met au point une fabrication de bijoux exemplaire, fondée sur une chaîne de traçabilité transparente, garantie sans cyanure ni mercure. Mais c’est surtout en matière de service que JEL innove : elle est en effet la première à proposer du recyclage de bijoux. Réduire, réutiliser, recycler, les « 3R » sont enfin entrés dans le monde de la parure. www.j-e-l.fr
Téléchargert l'article : erwanlelouer.doc
Télécharger le numéro : www.neo-planete.com
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| Tags : jel, jewellery ethical luxury, erwan le louer |
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15 septembre 2009
Le mot d'Alice : Vacances
Quand on rentre de vacances, on en parle ! Voici Antoine et Hélène qui se retrouvent au mois de septembre à la cafeteria.
Hélène – Salut Antoine, c’était bien les vacances ?
Antoine – Génial ! Avec un pote on est partis en covoiturage dans le Gers dans un gîte à énergie positive, on a visité la région à vélo en couch surfing* puis on a aidé dans une ferme bio. Des vacances très wwoof.
Hélène - C’est ouf !
Antoine - Pas ouf, WWOOF! Willing Workers in Organic Farms ! Travailleurs volontaires dans les fermes Bio !
Hélène – Tant que tu ne devais pas manger les tomates pourries de ton potager… Moi je suis partie à Cap Town une semaine, puis à Hawaï où on a fait un super un raid en jet ski avec Charlie et 18 potes, puis j’ai rejoint Svetlana sur son méga Yacht pour un délire en Sardaigne, et Andrew m’a ramenée en jet privé, trop classe non?
Antoine - C’est pas CO2Free !
Hélène - Hé! Je suis déjà SugarFree, FatFree, AlcoholFree, CaloriesFree….. !! C’est quoi CO2Free ? J'en ai marre des régimes !
Antoine - Le CO2Free, c’est une action sans CO2, donc sans effet sur le réchauffement climatique ! Tes vacances bling-bling coûtent dix tonnes de CO2 à la planète !
Hélène – Et toi tu as émis combien de CO2 pendant tes vacances?
Antoine - Six kilos.
Hélène - C’est sûr, ça fait une différence… Ben, le gouvernement n’avait qu’à faire une campagne de prévention, ce n’est pas de ma faute si je ne suis pas informée !
Antoine – Ce n’est pas de l’information qu’il te faut, mais du bon sens! La mer n’est pas une autoroute où on fait de la moto, ce qu’on y fait c’est nager ! Et la France a deux tiers de côtes maritimes, accessibles en train !
Hélène - Mais dix tonnes ce n’est rien….
Antoine – La moitié des émissions de CO2 est faite par les particuliers ! Nous sommes tous dans le même bateau et il va bientôt couler ! Tu balances les canots de sauvetage à la mer avec ce que tu fais ! Tes vacances plombent tout le bénéfice environnemental des miennes !
Hélène -Tu es le premier à ne pas être fasciné par mes vacances !
Antoine – Et toi tu es bien la énième à ne pas être fascinée par mes vacances…
Hélène – Désolée… euh…comment pourrais-je compenser le CO2 que j’ai gâché?
Antoine – ... je peux coach surfer chez toi ce soir ?
couch surfing* : « prêt de canapé » www.couchsurfing.org
eco-calculateur de transports : www2.ademe.fr/eco-deplacements/)
Publié dans le magazine Néoplanète, numéro septembre-octobre 2009.
14:50 Publié dans Chroniques (Néoplanète) | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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17 juin 2009
Le mot d'Alice : Paradis Fiscaux
Les paradis fiscaux ont subitement quitté leurs belles îles lointaines pour incarner la face sombre du capitalisme patrimonial dérégulé. Désignés comme responsables de la crise financière, ils sont devenus la cible de l’intervention de l’Etat. C’est tant mieux, non seulement pour la finance mais aussi pour l’environnement. Mais qu’ont à voir les paradis fiscaux avec l’écologie, vous demandez-vous ? C’est pourtant simple. Avec quoi un Etat finance-t-il une politique environnementale, nécessitant de lourds investissements, des infrastructures et de la recherche, donc non rentable à court terme ? Des moyens financiers. D’où viennent-t-ils ? Principalement de l’impôt. Or les paradis fiscaux servent à quoi ? A l’évasion fiscale des particuliers. C’est quoi l’astuce ? Camoufler ses revenus en les encaissant dans …les paradis fiscaux. Et voilà 50 milliards d’euros par an de recettes fiscales en moins ! …qui auraient pu être investies pour des projets de long terme, pour le développement durable ! Mais alors, que font les banques ? Ne font-elles pas un peu le gendarme ? Loin de là. Toutes nos plus grandes banques françaises ont des filiales dans les paradis fiscaux, l’une y a 57 filiales, l’autre 115, une autre encore 189 (selon Alternatives Economiques)! Ce qui se passe dans ces filiales, on se le demande….En attendant, aucune trace de ces filiales dans les rapports de développement durable des mêmes grandes banques françaises alors qu’elles y prônent la transparence et l’engagement en faveur de l’éthique et du développement durable. Le premier éco-geste ne serait-il finalement pas, quand les revenus le permettent, de payer ses impôts … et de bien choisir sa banque ?
Chronique publiée dans ma chronique sur Neoplanète numéro Juin/Juillet
Télécharger l'article, Neoplanète, N° Juin/Juillet 2009 (www.neo-planete.com)
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15 juin 2009
Bettina Laville : No Show
Ce article a été publié dans Neoplanète numéro Juin/Juillet
Bettina Laville : No Show
Escarpins vernis, veste couture, rangs de perles au cou, jupe longue, carré blond impeccable, Bettina Laville affiche d’emblée un style indémodable donc durable. Pas de spectacle non plus du côté de ses interventions orales, suivant un plan en neuf parties détaillé en préambule, ponctuées de citations philosophiques allemandes ou d’hommes politiques du gouvernement précédent et agrémentées d’un humour perceptible au clignement de sa paupière gauche. Bettina Laville parle et se montre à son niveau : l’élite sans esbroufe. Lorsqu’elle fait avancer l’environnement, c’est à grande échelle, mais en restant discrète. Commençons par les diplômes. Bettina aligne l’ENA, major de Sciences Po et un doctorat de lettres modernes. La jeune Bettina entre ensuite au gouvernement pour y faire avancer sa vocation, l’environnement, et rien de
moins qu’au Ministère de l’environnement, à Matignon et à l’Elysée. Bettina décide ensuite de s’occuper de plus près du citoyen consommateur. Elle fonde Vraiment Durable, mouvement autour de la consommation durable, agit en tant qu’élue locale puis chargée de la consultation du public du Grenelle de l’environnement. Aujourd’hui, Bettina relève encore un nouveau défi : faire avancer les entreprises. A son habitude, elle crée elle-même le grand chemin pour y arriver. Elle monte actuellement le département juridique développement durable du prestigieux cabinet PwC. Toujours discrète, mais avec des moyens de taille. Et demain, où Bettina lancera-t-elle ses nouveaux chemins ? Dans des livres. Dores et déjà co-auteur du Manifeste pour l'environnement au XXIème siècle (1996), Bettina travaille à l’écriture de deux romans, où l’environnement aura sa place habituelle. L'action de Bettina la rend malgré elle de plus en plus visible, mais respectons là : no flash.
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28 avril 2009
Barbara Coignet, créatrice du Salon 1.618
Cet article a été publié dans Neoplanète numéro Avril/mai
Barbara Coignet… alias Barbarella Poignet ! est une bombe (anti-)atomique avec une poigne de fer qui, lorsqu’elle se met au service du développement durable, devient très subtile. Belle trentenaire captivante à la chevelure botticellienne, Barbara suscite l’enthousiasme, même lorsqu’elle parle de son médicament pour le rhume. C’est une pro de la comm, mais aussi un entrepreneur hors pair qui créa BMCS, sa propre agence dédiée à la mode, pendant ses études à l’âge de 21 ans ! Sa vie, c’est la mode et dans la mode, son exigence, c’est l’esthétique. Il y a
un an, la moutarde lui monte au nez (mais sans l’enlaidir) en constatant que son goût pour le raffinement est mis à mal par la mode « green » qu’elle veut pourtant soutenir. Aider quelque chose qu’elle ne trouve pas beau… impossible ! Sacré dilemme ! Barbara Coignet se lance alors un nouveau challenge : démontrer que les atouts de la beauté que sont le mystère, l’harmonie, le style, peuvent être au rendez-vous d’une consommation plus responsable. Spécialisée sur les clients plutôt aisés, elle se met au défi de les faire consommer mieux et de respecter la planète sans renoncer à une grande qualité de vie. Du 15 au 17 mai, le résultat de sa détermination, le premier événement « éco-esthético-chic » fera l’actualité. Salon 1.618, Palais de Tokyo, Paris. www.1618-paris.com
Télécharger l'article : barbara.pdf Voir le magazine : www.neo-planete.com
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23 avril 2009
Le mot d'Alice : Luxe
Je suis d’accord avec Voltaire : « Le superflu est chose très nécessaire ». Mais à l’heure de l’augmentation de la pollution, de la pénurie de ressources, des atteintes aux droits de l’homme, de l’essor de la mafia, de la déforestation, de l’extinction d’espèces, je me pose la question des impacts de ce « superflu ». Comment ne pas mettre en doute les produits de luxe réputés irréprochables qui m’entourent ? M’est-il encore possible de croire que la beauté soit une expression de la pureté ? J’ai soudain un vertige, le doute envahit mes joyaux, mes cadeaux, mes envies. Je les regarde subitement avec défiance. Une forêt ancienne a-t-elle été abattue pour fabriquer le magnifique carton d’emballage de mon parfum
préféré ? Un enfant a-t-il poli la pierre précieuse de ma bague ? Du chrome a–t-il pollué une rivière pour teindre mon beau sac à mains ? Une montagne a-t-elle été détruite pour extraire l’or que je porte à mon cou ? Une dictature a-t-elle été soutenue par l’achat des petits saphirs qui sont à mes oreilles ? Des ouvrières ont-elles été expulsées parce qu’elles s’étaient syndiquées dans l’usine qui a fabriqué mon foulard ? Et dans quelles conditions est mort ce vison qui orne ma manche ? Prise de panique, je lis les informations sur le développement durable de toutes mes marques préférées. Je découvre, et cela me soulage, que la marque de mon sac à mains est engagée dans le respect de l’environnement, que mon bijoutier lutte contre les diamants de guerre, qu’il existe des filières d’or équitable, mais je constate que les informations ne sont pas toutes complètes et chiffrées sur les questions que je me pose. À l’heure où je voudrais avoir le luxe de pouvoir faire confiance, d’avoir l’esprit tranquille, de me sentir harmonieuse et respectueuse du monde, si j’achète un produit de luxe, je voudrais une extension de la garantie !
19:55 Publié dans Chroniques (Néoplanète) | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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