23 septembre 2010

Nouvelle édition de "La Communication responsable"

Audouin_c1.jpgLa première édition de « La communication responsable » s’est imposée en 2009 comme la référence sur le développement durable pour les acteurs de la communication. Cette nouvelle édition élargit son expertise et intègre les dernières initiatives et réflexions en matière de communication responsable.

 

Meilleur contrôle du greenwashing, émergence de la question de l’image de l’homme dans la publicité, augmentation des campagnes militantes contre les marques, mobilisation du secteur de la production audiovisuelle, nomination de responsables du développement durable dans les agences de création, autant de tendances récentes exposées par Alice AUDOUIN et Agnès RAMBAUD-PAQUIN, les deux auteurs de cette nouvelle édition. Elles proposent également des zooms sur les actions des agences de communication les plus engagées, un panorama exhaustif des initiatives sectorielles et de nombreux exemples de bonnes pratiques.

Au delà de sa dimension actuelle, « La communication responsable » est un livre de fond qui interroge le secteur de la communication à l’aune de ses impacts sociaux, environnementaux et sociétaux, détaille les attentes des parties prenantes, questionne le niveau d’engagement des acteurs, et défend une véritable démarche d’intégration du développement durable.  

 

La Communication Responsable

éditions Eyrolles

Alice Audouin, Anne Courtois, Agnès Rambaud-Paquin

240 pages – 24 €

16 septembre 2010

Agenda hiver 2010

Janvier 2011 Publication de "L'Atlas du développement durable" (Eyrolles)
Sous la direction de Gilles Pennequin
J'ai le plaisir de piloter le chapître consacré à la culture. Pour cela j'ai sollicité  :
Lauranne Germond, commissaire d'exposition, COAL, sur l'art contemporain
Jean-Michel Valantin, Chercheur en études stratégiques, pour le cinéma
Loïc fel, Philosophe, auteur de "L'esthétique Verte" pour la philosophie

9 octobre 2010 Invitée Emission Coup de pouce pour la Planète
TV5 Monde
http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/Revoir-nos-emis...

Septembre
Publication de la nouvelle version de "La Communication Responsable", éd. Eyrolles
Suite au succès des deux premiers tirages du livre, une nouvelle édition s'imposait.
Je l'ai réalisée avec Agnès Rambaud.
En librairie le 30 septembre 2010

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Septembre Publication de la revue Poli Numéro 3
J'ai eu le plaisir de participer à ce numero.
Intitulé "le spectacle de l'écologie", le troisième numéro de Poli cartographie l'empreinte des discours et représentations écologiques sur les produits culturels actuels : il s'intéresse aux modifications profondes que le moment écologique semble aujourd'hui opérer sur les industries culturelles et créatives. POLI_03_couvcerne.jpg

 

 

 

 

 

 

13 septembre 2010

Hip Hip Hip Banquise !

Le roman de Philippe Vasset "Journal intime d'une prédatrice" se lit d’un trait comme un verre de vodka, fil rouge du  livre. La vodka a deux versants, le froid, sa température gelée, et le chaud, l’effet qu’elle génère dans le corps.  Une belle métaphore pour la banquise. Glacée, sa promesse de retour sur investissement est en revanche très bouillante. Surtout pour ceux qui ont décidé d’y investir maintenant.  C’est le cas d’ICECAP, un fonds d’investissement spécialisé sur les bénéfices mirobolants de la fonte des glaces  et persuadé que « l’Arctique est la terre promise d’un capitalisme exsangue ». Les perspectives de profits sont immenses : tourisme de masse, activités portuaires, construction de bateaux brises glaces, usines d’armement fonctionnant à -40°, exploitation des immenses gisements de pétrole, gaz, diamants, vente d’eau pure, etc. Pour être le premier à occuper le terrain, le fonds d’investissement ICECAP convainc des particuliers richissimes de le suivre. ICECAP offre bien sûr l’anonymat à ses actionnaires, afin de ne pas leur créer une réputation de pollueurs. Pour vernir son image, ICECAP joue sur la communication et le mécénat, affiche un positionnement citoyen admirable. Le fonds separade en ami des Inuits qu’il incite à prendre leur part de gâteau « les occidentaux déclenchent le réchauffement climatique et voudraient vous empêcher d’en profiter ! », crée une fondation d’art visant à « favoriser l’émergence de pratiques artistiques présentant le réchauffement climatique sous un jour positif ou tout du moins esthétique », finance des projets en faveur du statut de la femme dans les régions polaires, etc. Mais un fonds concurrent surgit, créé par une ex-associée d’ICECAP suite à un conflit. Contrairement à ICECAP, le nouveau fonds THINICE est dédié à la lutte contre le réchauffement climatique et aux investissements dans les énergies renouvelables, et persuade lui aussi les mêmes investisseurs de le suivre…la concurrence entre le pro-chaud et le pro-froid finit mal !

Le livre de P. Vasset offre une grande lucidité sur la finance, une bonne connaissance des enjeux économiques liés à la fonte des glaces et décrit le problème de fond : les intérêts provoqués par le réchauffement climatique sont contraires, car fondés deux visions différentes de l’homme : l’une où l’homme voit le danger avant le profit et lutte contre ce qui le menace, l’autre où l’homme voit le profit avant le danger et exploite la situation à court terme et donc l’aggrave. Cette divergence de fond ne soucie nullement les financiers qui spéculent déjà depuis longtemps indifféremment aussi bien à la hausse qu’à la baisse et qui parient d'ores et déjà à la fois sur les deux options. Si « le monde va là ou va l’argent » comme dit le dicton, cela va créer une sacré confusion si l’argent va dans deux sens opposés…

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Au final, c’est la schizophrénie qui nous attend qui est décrite et à laquelle les consommateurs participent déjà. Ils (nous!) seront les premiers à profiter de la baisse des prix gagnée par le raccourcissement des trajets maritimes du fait de la possibilité offerte par le réchauffement climatique d’emprunter le passage du Nord-Ouest. Ils seront les premiers à acheter un diamant moins cher, à partir dans une station touristique pour jouer avec les phoques et les ours blancs rendus inoffensifs. Que faire pour éviter le pire? Faudra-t-il créer des étiquettes sur les produits « profite de la fonte des glaces » comme « nuit à la santé » » pour alerter les consommateurs ? Cette information aura-t-elle du poids ? Les questions déclenchées dans la tête du lecteur sont nombreuses.
Le style branché, incisif et non moraliste du livre mobilise le lecteur et lui fait oublier la faiblesse de la trame et l'inaboutissement de la fin.

L'auteur ne tient pas à tout expliquer, tout englober, tout relier, comme c’est trop souvent le cas des livres voulant s’attaquer aux enjeux globaux, à la question du climat (ce qui se termine le plus souvent par un échec). Il se contente d'une parcelle, d'une partie, d'un enjeu, d'une question. Mais d'une excellente question. Au lecteur de trouver sa réponse. Elle est forcément plus large que la question. Voilà qui participe au principe de responsabilité. Un bon livre, donc.

Philippe Vasset
Journal intime d’une prédatrice
Fayard Roman
Parution : août 2010

NB: Merci à Laurence Remila de Technikart d'avoir su détecter ce livre avant les autres et de m'avoir permis de le découvrir

Cet article a également été publié sur Terraeco.net

11 septembre 2010

Quand l'helium 3 se réveillera

Le siècle bleu, de Jean-Pierre Goux, siecle.jpg
JBz&Cie (avril 2010)

L’histoire du roman "Le siècle bleu" de Jean-Pïerre Goux part d’une excellente intention : faire comprendre l’importance géopolitique des enjeux énergétiques actuels. La  démonstration se fait par les grands moyens : le récit des prémices d’une guerre mondiale.
L’histoire se déroule aux Etats-Unis, dans un avenir proche. Le héros du livre, Abel, possède  le quotient intellectuel d’ Einstein, le quotient de séduction de George Clooney  et le quotient chamanique de Raoni, lui permettant  d’être en contact direct avec  Ké, l’esprit de la terre.  Abel dirige officiellement un prestigieux bureau d’études spécialisé sur l’impact du réchauffement climatique et pilote en secret une cellule d’eco-terrorisme, Gaïa, qu’il finance en subtilisant cent millions de dollars à un site mafieux  (qui ne pourront donc pas porter plainte).  Le principe fondateur de Gaïa est de sauver la planète en ne blessant personne.  Au moment où Gaïa mène des actions musclées contre la pollution, la surpêche, les boucliers anti-missiles, les Etats-Unis sont en train de doubler la Chine dans la conquête spatiale. Ils  viennent d’envoyer sur la lune une navette avec quatre astronautes afin de démarrer  l’extraction de l’hélium 3 nécessaire à la fission nucléaire et également y déposer en toute discrétion une arme secrète qui permettra  de détruire la navette chinoise devant y atterrir trois semaines plus tard. Sur les quatre astronautes de la navette, un seul d’entre eux est dans le secret de cette mission de sabotage. Par ailleurs, un des quatre astronautes a été choisi par le peuple américain via un concours télévisé, il s’agit de Paul, le meilleur ami d’Abel. Paul tient depuis la lune un blog suivi avec adoration par plusieurs milliards de terriens. Mais une mauvaise manipulation de l’arme secrète sur la lune fait exploser  la navette américaine.  Le Président des Etats-Unis se voit alors habilement suggérer de reporter cette erreur sur Gaïa, alors très médiatisée pour ses actions d’eco-terrorisme ayant déjà eu pour cible la Défense américaine.  Abel, traqué, se refugie dans un centre scientifique qui permet de capter les signaux de l’espace, et intercepte un message crypté de Paul, seul survivant de l’explosion, qu'il réussit à décrypter grâce à des astuces inattendues. L’issue du premier volet de cette épopée prévue en plusieurs tomes s’achève ainsi  : Abel  fait découvrir au monde entier le message de Paul révélant le sabotage prévu de la navette chinoise à l’origine de l’explosion de la navette américaine,  le président des Etats-Unis tombe dans le coma, les Chinois sont furieux et préparent une offensive, Abel devient un héros national , le message de Gaïa est entendu par le plus grand nombre. Pendant ce temps là, Paul agonise lentement dans une niche pour chien conçue pour un séjour lunaire …

L’auteur a de solides connaissances scientifiques, une vision des enjeux à venir, la capacité à créer du rythme dans le récit,  et pourtant  le lecteur décroche et finit par rire de cette histoire si alambiquée. En dépit de l’intérêt du thème, l’éventualité d’une révolution énergétique fondée sur la conquête spatiale, l’invraisemblance des situations décrites et la profusion de stéréotypes donnent un caractère à la fois abracadabrantesque et sans surprise au récit.

Entre l’hyper rationalité scientifique et l’hyper « irrationalité » chamanique, il n’y a aucune voie médiane et accessible qui permette de saisir véritablement la thématique. Au final ces deux extrêmes révèlent les défauts de la culture écologique, écartée entre deux opposés, un espoir  de bond technologique d’une part et d’un  retour à la terre inspirée d’une relation spirituelle d’autre part. Le livre joue ainsi un rôle de miroir sans humour de notre société qui n’arrive pas à envisager ses défis environnementaux avec un simple bon sens, mesure et pragmatisme, et qui en attend une nouvelle épopée avec tout l'imaginaire correspondant.

09 août 2010

Culture et développement durable

Si le développement durable  ne devient pas une nouvelle culture, une nouvelle manière de voir et d’agir, en tenant compte des limites de ressources, des équilibres humains et des écosystèmes, cela signifie qu’il ne sera pas intégré, qu’il ne pourra se concrétiser dans le quotidien et les habitudes de chacun, et qu’il sera condamné. Pour une intégration culturelle réussie du développement durable, le secteur de la culture, des arts visuels en passant par la musique ou la littérature, doit jouer un rôle prioritaire. C’est loin d’être le cas aujourd’hui.


Le développement durable est non seulement un terme, mais un concept, une nouvelle vision du monde et une nouvelle façon de vivre. Une nouvelle civilisation est possiblement en germe. Son enjeu culturel est l’acceptation libre par chacun des limites de son environnement et l’utilisation de ces limites pour définir un nouveau cadre d’épanouissement. C’est en entrant, petit à petit, dans nos représentations, nos valeurs, nos jugements esthétiques, nos aspirations, nos envies, et enfin et surtout, dans nos habitudes, que le développement durable deviendra une réalité, une valeur fondatrice La culture prise « dans son sens le plus large […] peut aujourd'hui être considérée comme l'ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social. Elle englobe, outre les arts, les lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux de l’être humain, les systèmes de valeur, les traditions et les croyances. » (définition Unesco)

Une culture du développement durable atomisée

Comment se crée actuellement la culture du développement durable ? Par la diffusion de connaissances, la mise en œuvre d’actions et de gestes, la valorisation de certaines valeurs, le bouche à oreille, etc.
Les émetteurs de cette culture sont divers et nombreux :

-L’Etat, via l’enseignement du développement durable dans les établissements scolaires, les campagnes de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), les Grenelle ;

-Les « people », au travers de leurs engagements médiatisés ; alerte-climatique.jpg

-Les ONG, par la diffusion de leurs campagnes d’alerte ;

-Les politiques engagés, via leurs prises de parole ;

-Les scientifiques, au moyen de rapports, d'expertises médiatisées ;

-Les médias, via les sujets d'information, la diffusion de documentaires ;

-Les grandes entreprises que la loi oblige, dans leurs rapports annuels, à décrire leurs avancées « durables », et qui investissent dans la publicité « verte » ;

-Les citoyens engagés, enfin, qui s’expriment par leurs actions collectives, leurs blogs ;

-Les intellectuels et artistes, qui produisent des oeuvres, des analyses et une pensée sur la thématique ;

-Etc. TF1BP.jpg
Toutes ces informations et actions participent à créer une culture du développement durable. Cette culture n’est malheureusement aujourd’hui ni riche ni solide. Dispersée, quelquefois instrumentalisée, elle est même parfois agressive vis-à-vis de son sujet, aboutissant à l’émergence d’une contre-culture « anti-écolo ». Force est de constater que le développement durable, après 23 ans d’existence, n’a de succès qu’auprès d’un petit cercle d’initiés.

La perception du terme « développement durable » est loin d’être unanimement positive dans le grand public. Le développement durable est encore souvent perçu comme un oxymore insoluble, un « fourre-tout », un « eco-centrisme » dangereux, ou encore une esthétique « anti-confort ». Les projections sont nombreuses. Elles révèlent la diversité des réactions humaines face à la « mauvaise nouvelle » : la découverte des limites réelles d’un monde que nous souhaiterions illimité. Ces réactions, qu’elles prennent le visage du déni, du rejet, de la prise de conscience ou de l’enthousiasme, doivent être prises en compte dans une approche culturelle, c’est-à-dire intégrant une dimension anthropologique. Et comprises comme des étapes d’un long processus menant à l’acceptation. Le chemin qu’il reste à parcourir pour une intégration culturelle heureuse du développement durable est forcément long. Le développement durable ne pourra se diffuser qu’en tant que proposition ouverte, tolérante et conviviale.

Le dynamisme « viral » des citoyens les plus concernés, qui s’organisent en réseau sur Internet, créent des blogs spécialisés, soutiennent des initiatives, participent à des campagnes de sensibilisation, intègrent des critères de développement durable dans leurs achats, leurs projets immobiliers et d’épargne, est le levier central de la diffusion culturelle du développement durable. Il s’agit bien ici d’un nouveau mode de vie, d’une nouvelle culture, minoritaire certes, mais dotée d’une forte dimension participative. Chaque citoyen impliqué diffuse autour de lui à la fois de la connaissance et des modalités d’action.

Le rôle du secteur culturelAOO.jpg

Le secteur culturel investit le plus souvent peu ou mal le développement durable. Prenons la télévision, qui joue un rôle culturel central. Le développement durable y est généralement cantonné à des sujets dans les journaux télévisés ou à des documentaires, ce qui en augmente malheureusement la perception « anxiogène ». Il est globalement absent des séries à large audience, des fictions, des émissions de divertissement, des émissions de débat (exception faite de la controverse pro-Giec anti-Giec…). Or ces contenus sont pourtant ceux où se créent les représentations, la culture. Insérer une dimension de développement durable dans une fiction peut se faire de façon subtile, sans même toucher à l’histoire ou au dialogue. Des gestes comme éteindre la lumière en quittant un appartement, arrêter le moteur de la voiture pendant une discussion avec un piéton, jeter un déchet par terre ou dans une poubelle, ne sont pas précisés dans les scénari, la marge de manœuvre est grande. L’erreur de perspective reste toujours la même : considérer le développement durable comme une thématique de niche et non comme une façon de vivre, une donnée de la société.
Regardons maintenant du côté des romans. S’il y a une belle production sur les dégâts sociaux des entreprises et de nos modes de vie, combien de romans abordent-ils les enjeux environnementaux actuels ? Presqu’aucun. Seules de petites maisons d’éditions spécialisées (mais qui les connaît les éditions Gallmeister ?) s’intéressent véritablement au sujet du point de vue du roman. Il existe bien sûr des exceptions et des auteurs de valeur, mais pas dans le Top 50 de la rentrée littéraire. La logique est certes schématique, mais implacable, pas de roman, pas de fiction au cinéma, pas de discussion du Grand Journal sur le sujet du film, pas de discussion à la cafétéria le lendemain, et ainsi de suite.

 

Une intelligentsia critique

Nous pouvons remonter plus loin encore, auprès des intellectuels médiatisés. On ne peut que constater les postures prises par certains vis-à-vis du développement durable : le désintérêt, la critique ou la suspicion. ferryallègre.jpgPlusieurs intellectuels médiatiques occupent désormais une position accusatoire vis-à-vis de l’écologie. Comment une contre-culture écologique s’est-elle mise en place dans cette élite ? Parmi les explications : la crainte que des enjeux communs puissent créer des solutions communes de type autoritaire, une idée du plaisir et de la liberté individuelle comme acquis ne pouvant supporter aucune contrainte, fût-ce pour les pérenniser à long terme, la défiance vis-à-vis des personnalités de l’écologie, la confiance sur le  modèle économique actuel, etc. Au final, la surreprésentation médiatique des intellectuels sans expertise sur le sujet et la sous-représentation médiatique des intellectuels pertinents sur le même sujet (qui connaît le philosophe François Flahaut ?) freinent l’avancée culturelle du développement durable.

NaturelBrut_Article_Deyrolle-90a57.jpgSi la situation générale semble difficile, fort heureusement des signaux positifs viennent donner espoir. Les forces en présence sont nombreuses pour une avancée culturelle du développement durable. Parmi ces forces, entre autres, citons :
-Le grand vivier d’intellectuels prolifiques et pertinents sur la thématique, qu’ils soient philosophes, anthropologues, psychanalystes, éthologues, économistes, etc. Toutes les forces en présence sont là pour créer une nouvelle pensée conviviale et un débat ouvert sur le développement durable. Il ne reste qu’à les médiatiser davantage.
-
L’action grandissante des artistes contemporains sur des thématiques d’enjeux sociaux et environnementaux actuels relatifs au développement durable, et l’augmentation des lieux de visibilité de leur travail. Cette visibilité correspond aussi à la plus grande ouverture du marché de l’art aux artistes du Sud et à la thématique environnementale.
-
Le démarrage d’un débat scientifique, fût-il né douloureusement par la critique, qui saura, s’il est intelligemment mené, placer les données scientifiques au cœur du processus de connaissances, créer un consensus sur des données objectives, ôter l’excès de passion et d’idéologie et créer une nouvelle doxa.


Illustrations :

Alerte Climatique : action de Greenpeace

BP au JT de TF1

Charlotte, Sex and the City

Claude Allègre et Luc Ferry

Oeuvre La peau de Chagrin, Art Orienté Objet, Le Magasin, Grenoble, jusqu'au 5 septembre 2010, http://www.magasin-cnac.org/

Poster de l'exposition Naturel Brut (jusqu'au 31 octobre 2010), commissariat d'exposition Lauranne Germond de COAL, voir www.projetcoal.fr

 

Article écrit pour "L'Atlas du développement Durable", sous la direction de Gilles Pennequin, éd. Eyrolles (parution automne 2010)

21 juin 2010

Rencontre avec Michket Krifa, directrice artistique des rencontres de Bamako

« Mon image c’est moi qui la donne » : c’est le principe éthique que l’organisatrice d’expositions Michket Krifa, commissaire d'exposition, applique dans tout ce qu’elle entreprend en Afrique et Moyen-Orient. Mettre l’image de l’Afrique aux mains des africains, mettre l’image des femmes musulmanes aux mains des femmes musulmanes, voilà une démarche qui parait naturelle et qui est pourtant rare dans la vie culturelle, encore très centrée sur l’occident et son regard sur le monde. Cette image « de l’intérieur » a pour vertu de faire tomber les aprioris de ceux qui s’étaient construit une image erronée. La représentation du rapport Nord Sud s’en trouve réajustée.michket.jpg

« En Afrique, les injustices du passé ne sont pas seulement dans la terre, mais dans les semences. L’art consiste à dégager des terres neuves et réparer les anciennes. » Restituer l’image de soi, créer la représentation de soi, c'est le principe des expositions qu’elle organise sur le Moyen-Orient (Regards Persans, Printemps Palestinien, Women by Women…). Ses expositions sur les femmes musulmanes sont des espaces d’expression, non de dénonciation, qui font tomber les stéréotypes orientalisants et les visions instrumentales des pouvoirs arabes. Ce principe a fait des merveilles aux dernières rencontres de Bamako, la biennale africaine de la photographie dont Michket est la directrice artistique, qui ont offert une image nouvelle de l’Afrique, dans la nuance, la subtilité, l’altérité, l’échange. Pour la prochaine édition en 2011, Michket ne dérogera pas à ses principes.

 

Très concernée par l’environnement, Michket rappelle que le lien à la terre et à l’environnement joue un rôle central pour les artistes africains « les conditions de vie et climatiques ne sont pas toujours faciles, les problèmes liés à la vie sont concrets et entrent naturellement dans le champ de la créativité ». Et au final, c’est l’image que l’Afrique renvoie de l’occident qui devient riche d’enseignement. "Je renvoie aux anatsui.jpgOccidentaux ce qui leur appartient, c'est à dire les rebuts de la société de consommation qui nous envahissent tous les jours", dit l’artiste béninois Romuald Hazoumé, qui construit ses œuvres à partir de déchets, tout comme le grand artiste ghanéen El Anatsui (photo ci-contre).

Née en Tunisie, musulmane non pratiquante, Michket Krifa fut d’abord actrice, mais le marché du cinéma tunisien ne lui permettait pas de faire carrière. Venue en France, elle refusa les rôles « d’arabe de service » selon son expression et amorça des études sur le lien entre cinéma et histoire. Pour elle, le culturel, le social et le politique doivent être étudiés ensemble.

Ses gestes écologiques au quotidien sont dictés par son fils « super écolo ». Michket, aussi belle à 50 ans qu’à ses débuts, met le curseur sur l’être et non l’avoir. « Le temps, la distance, la rêverie sont devenus un luxe dans nos vies. » Elle tente d’extraire ces moments de grâce dans un agenda rempli jusqu’en 2015.

 

Publié dans Neoplanète, numéro 14

 

20 juin 2010

Le mariage est écologique !

Dieu Ecolo donne sa bénédiction : mariez-vous ! Ca tombe bien, c’est la saison. Tous les petits bouts de châteaux à la ronde sont tous réservés jusqu’à fin septembre. Monsieur Météo répond à 15 000 appels par jour. Le grand moment va arriver. En version laïque ou religieuse. Pour le bonheur des mariés et …de l’environnement. Avant, tout était divisé en deux, deux célibataires, deux appartements, deux lits, deux réfrigérateurs, deux salles de bain, deux machines à laver…après tout devient un : un couple, un appartement, un lit, un chauffage, une salle alliance-jaune-.jpgde bain, une machine à laver. C’est bingo pour la planète ! Seul hic à passer côté environnement pour atteindre ce graal de réduction carbone : le mariage lui-même et le voyage de noces, dont l’impact environnemental peut plomber tous les bénéfices à venir. Pour l’éviter, quelques petits secrets de green-wedding-planner : faires parts par Internet, tandems à disposition des invités, traiteur local et végétarien, alliance d’or éthique « Oro Verde », tenues de soirée louées, robe de mariée composable, voyage de noces dans un Ashram accessible en train, etc.
Avec un tel plus pour la planète, le mariage mériterait bien une modification du code civil! L’article 215 pourrait, tiens, y intégrer une dimension environnementale « Les époux s’obligent mutuellement à une communauté de vie et à faire émission carbone commune ». Et pourquoi pas une prime au mariage, un bonus écologique ? En indexant la prime à la longévité du mariage ! Oui, mais alors il faudrait alors aussi en toute logique mettre un malus au divorce. Au moment de divorcer, les émissions carbone additionnelles des futurs célibataires seraient calculées et bing ! obligé de payer le surplus ! à moins de choisir une solution de co-habitation, par exemple avec d'autres divorcés. Et la prime à la casse ? En cas de remariage, elle pourrait aussi fonctionner...

Chronique pour le magazine Neoplanète, numéro 14, juin-juillet 2010

www.neo-planete.com

07 juin 2010

Les meilleurs documentaires sur l’environnement au Festival International Cinemambiente de Turin

Le Festival International du film d’environnement Cinemambiente de Turin dirigé par Geatano Capizzi prouve une fois de plus pour sa treizième année d’existence la qualité exceptionnelle de sa programmation sur le thème de l’environnement. Les douze films de la sélection CinemAmbiente_Immagine[1].JPGpour le prix international démontrent une maturité inédite, un investissement du réel sans idéologie et un équilibre abouti entre l’expertise, l’identification de solutions et l’ancrage émotionnel. Le festival se clôture le 6 juin au soir avec la remise du Prix international du meilleur documentaire à Life for Sale de Yorgos Avgeropoulos sur le thème de l’eau au Chili, ainsi qu’une mention d’honneur pour Snake Man (L’Homme aux Serpents) d’Eric Flandin, consacré au héros environnementaliste Colombien Franz Kaston Flores.

 

  • Une grande expertise sur les enjeux globaux

Parmi les douze films finalistes, quatre sont dédiés à des enjeux globaux. Très aboutis, ils provoquent de véritables chocs. L’impact de The End of the Line tient de l’électrocution. Consacré au thème de la surpêche, il diagnostique avec précision de l’effondrement des stocks de poisson et de end_of_the_line.jpgla biodiversité marine, chiffres, scientifiques et experts à l’appui. Nos  ressources halieutiques seront totalement anéanties en 2048 et la spéculation financière sur cet effondrement est déjà en place, avec la congélation de dizaines de milliers de tonnes de poissons à forte valeur marchande. Un autre grand enjeu global lié au précédent, le plastique, fait l’objet du très rigoureux et esthétique documentaire Plastic Planet de Werner Boote. Il se démarque des autres films d’ores et déjà nombreux sur le sujet, par son expertise sur la chimie du plastique et son enquête inédite sur les achats des entreprises auprès de fournisseurs de produits en plastique, démontrant qu’à l’heure actuelle, aucune entreprise n’a le détail de la composition du plastique qu’elle achète. Un test au hasard d’un ballon en plastique fabriqué en Chine et acheté par une entreprise européenne prouve la présence de mercure, une substance totalement interdite. L’enjeu de l’énergie « verte » est porté avec détermination et humanité par The 4th Revolution de Carl-A Fechner, qui démontre la possibilité d’une transition vers les énergies renouvelables et analyse les raisons du refus actuel de ce passage, avec en première ligne la crainte d'une décentralisation du pouvoir. Enfin la toxicité domestique est abordée dans Chemerical – Redefining Clean for a New Generation d'Andrew Nisker, sous un angle original et convaincant, au travers du challenge d’une famille qui doit cesser pendant trois mois d’utiliser des produits d’hygiène et cosmétiques chimiques et doit composer elle-même tous ses produits à partir d’ingrédients naturels.

  • Des situations locales analysées avec un point de vue global et humain

Dans cette sélection internationale, trois films excellent par leur capacité à investiguer une situation environnementale locale dans ses différentes dimensions, notamment humaines. Le film lauréat Life for Sale (à ne pas confondre avec le lifeforsale.jpgdocumentaire du même nom sur le système de santé américain) donne un point de vue sphérique de son sujet, la privatisation de l’eau au Chili. Là-bas, n’importe quel particulier ou entreprise peut acquérir une quantité d’eau (litres / secondes) de source,  rivière, lac, etc. et en faire l’usage de son choix, y compris spéculatif. Les conséquences sont tragiques pour les villages et la biodiversité de la région d’Atacama où il ne pleut jamais et où le rapport à la terre reste sacré, car l’eau y est possédée à 50 % par les compagnies minières (le Chili produit 10% du cuivre du monde) qui non seulement l’utilisent mais la rejettent empoisonnée. Garbage Dreams de Mai Iskander, montre, au travers du parcours de trois adolescents attachants, les conséquences sociales et environnementales de l'arrivée des compagnies étrangères dans le marché du traitement des déchets au Caire, jusqu’ici l’affaire d’une communauté entière, les Zebaleen, qui se rémunère grâce au recyclage minutieux de tous les déchets ramassés. Enfin, Cowboys in India de Simon Chambers enquête sur la réalité de la communication sur le développement durable de Vedanta Aluminium Limited, filiale de Vedanta Ressources, un groupe minier anglais de 7 milliards de dollars de revenus annuel, et en particulier sur ses engagements sociaux et environnementaux annoncés haut et fort dans le cadre de sa cowboys_original.jpgprésence dans une région parmi les plus pauvres d’Inde, l’Orissa. Le parcours accablant et laborieux de la recherche de preuves concrètes aboutit ici à un homme broyé par une machine, là à une femme écrasée par un camion (300 à 500 camions parcourent chaque jour les routes construites par Vedanta, sans aucun passage piéton dans les villages), ici encore un bâtiment entièrement vide avec une fraîche pancarte Hôpital… autant d’événements isolés qui se retrouvent mystérieusement effacés dès le passage du journaliste. Flairant de plus en plus le parfum de la corruption, l’enquête doit finalement s’arrêter du fait d’intimidations physiques. Rappelons qu’Amnesty International a publié un rapport accablant sur Vedanta en Orissa et que la fameuse tribu Dongria Kondh qui a alerté James Cameron sur sa situation comparable à celle Avatar, est déplacée par Vedanta. Dans le rapport développement durable de Vedenta se trouvent  décrites pêle-mêle ses actions de philanthropie, le plus souvent à venir, ses prévisions de production d’aluminium qui sont multipliées par cinq entre 2009 et 2011 et ses démarches pour être exonérée d’impôts sur ses lieux d’implantation. L’aboutissement du Veda n’est pas pour demain.

  • Portraits de héros

Enfin, cinq documentaires proposent le portrait de personnalités exceptionnelles, deux Colombiens, deux Américains et un Slovène.

Antanas Mockus, ancien maire de Bogota actuellement en cours pour la Présidence de Colombie est le héros de Bogota Change/ Cities on mokus.jpgspeed de Andreas Mol Dalsgaard. Stupéfiant et jubilatoire, le film démontre le résultat, ici la transformation complète de la ville de Bogota, auquel un homme peut aboutir lorsqu’il puise sa force dans ses principes, sa créativité, son courage, son honnêteté et la mise à distance des conventions. Même sensation d’une force risquée, saine et inaltérable, dans le film Snake Man (L’Homme aux Serpents) d’Eric Flandin, consacré à la personnalité et l’action exceptionnelles de Franz Kaston Flores, vétérinaire, aventurier et fondateur de la Fondation Nativa en Colombie, qui mène un combat pour la préservation de la biodiversité dans son pays. A Road Not Taken de Christina Hernauer et Roman Keller offre l’angle très original d’une enquête historique sur l’installation de panneaux photovoltaïques sur le toit de la Maison Blanche par Jimmy Carter, qui seront ensuite enlevés par Ronald Reagan, permettant se découvrir le haut niveau de conscience de l’ancien Président américain sur les enjeux énergétiques et sa volonté au final contrariée de développer les énergies renouvelables. Big River Mande John Maringouin présente le Slovène Martin Strel, un homme à l’enfance brisée qui parcourt les fleuves du monde à la nage pour sensibiliser à leur pollution, mais son héroïsme a du mal à dépasser celui de sa prouesse physique. Enfin, Collapse, de Chris Smith donne la parole à Michael Ruppert, un visionnaire à la fois passionnant et effrayant, prophète des tragédies mondiales à venir et chef commando d'un plan de survie fondé, entre autres, sur l'acquisition de semences. Il est malheureusement desservi par une mise en scène sinistre et inquisitrice, bloquant sa force de persuasion.

 

  • Un film sur l’environnement, un film pour l’environnement ?

Contrairement au documentaire sorti l’année dernière Age of Stupid qui a rendu transparent son bilan environnemental, les films de la sélection internationale de Turin n’ont pas mené cette démarche. Aucun des douze films évoqués n’a communiqué d’informations relatives à l’impact environnemental ou social du tournage. Certains films, comme Plastic Planet, démontrent pourtant une utilisation très abondante de l’avion.

Par ailleurs, la question de la destination des sommes reçues par les documentaires lors d'obtention de prix (à Turin, 5000 euros) n’est pas non plus abordée. Ces recettes vont-elles, et si oui dans quelle proportion, à la cause du film ? Quand on sait que les recettes de l'extraordinaire documentaire The Cove sur les dauphins reviennent à Ocean Conservancy qui n’a pas de campagne spécifique sur la protection des dauphins, et que Franz Kaston Flores, sur qui a été entièrement bâti le documentaire L'homme aux serpents (Snake Man), témoigne n’avoir jamais reçu, ni lui, ni sa fondation, un seul euro des 5000 euros du prix du meilleur documentaire reçu au Festival du Filme d'Environnement de Paris, il faudrait aussi aborder ces questions dans le cadre des festivals.

 

Pour aller plus loin :

Festival Cinemambiente www.cinemambiente.it

A road ot taken www.roadnottaken.info

Big River Man www.bigriverman.com/

Chemerical www.chemicalnation.com

Cowyboys in India www.channel4.com/programmes/cowboys-in-india

Rapport développement durable de Vedanta www.vedantaresources.com

Garbage Dreams www.garbagedreams.com

Life for Sale www.smallplanet.gr

Plastic Planet www.plastic-planet.at

The End of the Line : www.endoftheline.com/film

The 4th Revolution www.energyautonomy.org

Fondation Nativa de Franz Kaston Flores (Snake Man) www.nativa.org

(voir sur Franz Flores l’article du 22 novembre 2009 du blog Alice in Warmingland « Paul Watson et Franz Kaston Florez, deux héros exceptionnels de documentaires » www.aliceaudouin-blog.com)

Le site de Micheal Ruppert (Collapse)  www.fromthewilderness.com

 

Précision : L'auteur de l'article, Alice Audouin, est membre du Jury International du Festival Cinambiente 

16 avril 2010

Agenda avril - juin

7 juin

Election de "Femmes en or"

Nommée dans les finalistes pour le thème "environnement"

(gagnante l'architecte MH Jourda)

http://www.femmesenor.fr/nommees2010.html

 

1-6  Juin

Jury

Festival International du Film d'Environnement

CINEMAMBIENTE ­ INTERNATIONAL ENVIRONMENTAL FILM FESTIVAL, Turin, Italie

www.cinemambiente.it

 

Friday, 4  June

Intervention

Rencontre autour de mon livre "Emilie, ecologista in carriera"

Museum of Natural Sciences, Turin, Italie

Animateur : Tessa Gelisio

http://www.cinemambiente.it/film_piemonte/113/1_Literary_Aperitifs.html

 

26 mai

Intervention

Rencontres Médias et Développement Durable,

organisé par l'UDECAM et offre Media

 

8 mai

Intervention

Conférence "Quand l’ Art s’engage". 14H30

Salon 1.618

Palais de Tokyo

www.1618-paris.com

  

22 avril

Intervention
International Journalism Festival, Perugia, Italie
www.journalismfestival.com 
Table ronde : Environmental Journalism : behind the scenes of Copenhaguen and Greenwashing.
Aux côtés de : Antonio Cianciullo La Repubblica, Marco Gisotti Modus Vivendi, Leo Hickman The Guardian, Fred Pearce New Scientist, Fabio Tamburini Channel 5 News.

 

21 avril

Signature Conférence

Lancement de mon livre "Ecolocash" en Italie sous le titre "Emilie, ecologista in carriera" (edizioni Ambiente)

http://www.edizioniambiente.it/eda/catalogo/libri/424/

Alice Audouin a Milano Milano, 21 aprile 2010, ora 18.30

 

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01 avril 2010

Le développement durable est-il condamné ?

Développement durable ! Que la personne qui trouve cette expression avenante se lève ! On le sait,dans la vie, il y a le fond et il y a la forme. Mais la forme compte de plus en plus. Du point de vue de la forme, si le développement durable devait être décrit comme une personne, ce serait plutôt un puceau boutonneux avec un prénom imprononçable et un diminutif pas plus glamour, dédé. C’est vrai, le pauvre ! Né il y a vingt-deux ans d’une maman norvégienne au nom de Brundtland dans une institution poussiéreuse, il récolte plus de tomates que de compliments. Il se fait traiter d’oxymore et se fait railler par les décroissants et les conducteurs de 4X4. Les uns disent qu’il est pipeau, surtout lorsqu’il se promène en entreprise, les autres qu’il est rétrograde et qu’il veut couper l’électricité et revenir à la préhistoire et dès que l’on parle de lui dans des dîners, la réaction la plus fréquente est « non ! non ! non ! c’est vraiment trop barbant comme sujet ! » ou encore, pour les plus énervés « ils nous emmerdent ces écolos ! » ‘Son cousin le climatologue est à l’hôpital et sa marraine NKM à la prospective …il a donc un gros chagrin, ce développement durable mal aimé. Il est temps de le consoler. De le mettre sur les genoux d’une tata câline. De le cajoler, le rassurer, lui donner du courage, lui dire « allez-vas-y, c’est pas parce que t’es moche que tu dois baisser les bras, n’aie pas peur des tomates, crois en toi, tu en ressortiras plus fort, tu vas gagner. » Il est grand temps d’apporter un peu de soutien et pas seulement pendant la semaine du développement durable pour ce terme qui est maintenant du côté des faibles et des humiliés. Le développement durable, si maladroit et mal accepté soit-il, est grandement utile. Mieux, il peut, malgré ses défauts et ses casseroles, nous aider à réparer nos erreurs et ouvrir la voie d’une vie meilleure. Allez, pour le début de la semaine du développement durable, on lui fait une haie d’honneur, un petit hymne, une ola, on le motive ! Tout le monde est bien en ligne façon chenille processionnaire ? Tout le monde a bien sa selle de vélo et son filtre à eau à brandir quand il passera ? Les cordes vocales sont prêtes pour atteindre les 150 décibels de la baleine bleue ? Vous êtes bien campés sur vos Veja ? Ca y est ! Il arrive ! C’est le moment ! Allez on lui chante en cœur : « You will survive ! »


publié dans le numéro de Néoplanète Avril/Mai 2010

19 mars 2010

Gary Hirshberg : Bio loves Walmart

Article publié dans Neoplanète numéro Avril/Mai 2010.
Interview réalisé le 5 février à Paris.

 

Gary est américain, (vieux) beau, riche, célèbre, père de famille exemplaire, directeur général. Bref, Gary est une success story américaine. gary-(sfjean)-a.jpgWhat else ? Son entreprise enregistre depuis environ 20 ans une croissance moyenne de 20 % par an. Il est dans le pétrole ? Pas du tout. Il est dans le yaourt Bio.
Il vient de loin… de l’époque où le Bio concernait seulement les babas et non les bobos, où le développement durable n’était pas encore né et où les consommacteurs représentaient 0,0001 % de la population américaine. Se lancer dans le lait Bio avec neuf vaches a été la première pierre de son entreprise Stonyfield, au début des années 80. Mettant toutes ses ressources à créer un circuit de production coûteux (ressources durablement gérées, fournisseurs éparpillés, main d’œuvre mieux rémunérée…) et ne pouvant donc compter sur la publicité, épuisé de distribuer lui-même des échantillons dans les supermarchés, il décide alors de proposer aux consommateurs d’adopter une vache en échange d’une lettre de la vache deux fois par an. Des milliers de personnes trouvent cette idée amusante (ils reçoivent aujourd’hui quatre e-mails par an de leur vache) et Stonyfield réussit à passer à une dimension supérieure. Comme ses amis pionniers de l'époque (Ben & Jerry's, Body Shop...) sauf Patagonia, il revend vingt ans plus tard son entreprise à une multinationale (Danone). Ses produits trônent désormais sur les linéaires des supermarchés, y compris en France sous l’appellation Les deux vaches (faut vraiment qu’il ne parle français pour avoir laissé passer un nom comme ça !). Pour lui le passage de la petite entreprise Bio à la multinationale va dans le bon sens, car la seule solution pour que le Bio entre dans les usages de consommation, c’est d’en baisser le coût, donc d’en vendre plus. Plus on vend, plus il y a de fournisseurs de lait bio, plus il est facile d’organiser la production et ainsi de suite. Gary défend cet argument dans le documentaire Food Inc. qui décrit l'industrie alimentaire américaine et qui obtient actuellement un grand écho aux Etats-Unis. Et quant à savoir si le Bio répond à des préoccupations d’ordre individuel ou collectif, Gary reste pragmatique « Les gens se mettent au bio à trois occasions : lorsqu’ils ont le projet d’avoir un enfant, à l’occasion d’un problème de santé, et au travers de l’influence de quelqu’un d’autre. Ils mangent bio avant tout pour eux, pas pour la planète, mais ce qui est bon pour eux est bon pour la planète.» Aux Etats-Unis, les yaourts Stonyfield font actuellement la promo du livre « Anti cancer » de David Servan-Schreiber, avec le slogan « La super arme dans la guerre contre le cancer : Votre nourriture » démontrant ainsi le poids de l’argument santé. Il reste plus efficace de miser sur l’intérêt individuel pour gagner de grands marchés.

13 mars 2010

Agenda janvier-mars

30 mars : Remise du Prix COAL Art & Environnement, Paris www.projetcoal.fr Organisation / Animation

 

25 mars / matin: Rencontres communication et développemetn durable, Cap'com, Angers. Intervention "La communication responsable, mythe et réalité dans le privé comme dans le public."

25 mars / après-midi : Salon Planète Durable, Paris,
www.planete-durable.com Animation de la Conférence : C’est quoi un produit écéolo aujourd’hui ?

 

22 mars : Jury, Rencontres parisiennes Eau et cinéma, Pavillon de l’eau (18 au 25 mars 2010) www.eaudeparis.fr

 

16 mars : Intervention. Seminaire de recherche "Innovation responsable", ESSEC (Séminaire Xavier Pavie

25 février : Interview sur la question "humour et dévaleoppeemnt durable" dans le magazine Stratégies. 022510-stratégies-ce nest pas parce quun sujet est grave quil faut etre serieux.pdf

 

18 février & 23 mars : Comité de Sélection du salon 1.618

 

1er février : Délibération du comité de sélection COAL 

 

28 janvier : Collectif AdWiser, www.blog-adwiser.com, Atelier sur Humour et développement durable

20 février 2010

Le Conflit. L’ intello et l’écolo.

Elisabeth Badinter émet une opinion négative sur l’écologie dans son dernier livre Le conflit. La femme et la mère. et dans les médias. Que cette opinion soit inoffensive ou dangereuse, juste ou erronée…c’est au débat démocratique d’en découdre. Etonnement, il ne démarre pas du côté des intellectuels, qui restent silencieux. Sont-ils d’accord ? Ou bien ne s’intéressent-ils pas à ce sujet-là ? Pour le débat, on doit se contenter pour le moment de la réaction des accusés, les écolos. Des personnalités, essentiellement féminines (cf. NKM, blogs, groupes sur facebook, pétition « vertes de rage »…), démontrent à l’auteur, avec un sens du respect très inégal, son erreur d'appréciation dans le fait que le féminisme puisse régresser avec l’écologie et que l’écologie soit un mouvement lié à un retour au « naturel ». Ces femmes écologistes réagissent fort à propos aux juxtapositions de stéréotypes proposées par E. Badinter comme : féminisme = liberté, écologie = atteinte à la liberté donc écologie = anti féminisme ou encore écologie = retour à la nature, émancipation de la femme = détachement vis-à-vis de la nature, donc écologie = anti féminisme.

L’attitude d’E. Badinter est dans le fond parfaitement banale, dupliquant à l’identique l’attitude de rejet de l’écologie par une bonne partie des intellectuels et journalistes médiatisés français. La liste de leurs critiques ne cesse de grandir. Les vagues de froid de cet hiver ont été immédiatement récupérées comme contre-épreuve du réchauffement climatique (voir la Tribune acerbe de Pascal Bruckner dans Le Monde du13 janvier intitulée «le Réchauffement qui refroidit») Les climatologues et leurs e-mails, Nicolas Hulot et son film, la taxe carbone, le Sommet de Copenhague, Greenpeace à l’Assemblée Nationale, José Bové, ont alimenté de façon régulière leur moquerie. Les 68ards disant « ils nous emmerdent » au sujet des écolos, ont gagné du terrain. Les mises en scène ridicules et caricaturales d’écolos, y compris people, plantés avec grandes bottes dans la boue (car c’est bien connu, boue=nature=ecologie) ou mieux, nus (car c’est bien connu, nu= jardin d’éden=nature=écologie) n’ont jamais autant été diffusées. Claude Allègre, le spécialiste du procès d'intention envers ses concurrents, à été plébiscité comme un grand résistant face à une panique inutilement lancée.

Le silence et plus grave encore, le rire des intellectuels, face à l‘humiliation de la science, les font choir du côté de ceux qu’ils ont sans cesse dénoncés, combattus et cherché à éclairer : ceux qui confondent les croyances et le savoir, le dogme et la science. « La superstition est à la religion ce que l’astrologie est à l’astronomie, la fille très folle d’une mère très sage », la clairvoyance intellectuelle qui a permis de séparer fanatisme et religion au XVIIIème est en chute libre : en matière d’écologie, le dogme vaut pour science. La confusion est à son comble. Comment l’élite en est-elle arrivée à parler de l’écologie qui est une science, une spécialisation de la biologie créée au XIX ème siècle, avec des adjectifs aussi inadaptés que :« dictature », « machos », « ayatollahs», « rétrogrades », "retour à la préhistoire" ? Comment les intellectuels médiatisés sont-ils tombés dans une telle soupe de confusions?

Comment expliquer les pas des intellectuels vers l’obscurantisme alors qu’ils prétendent justement lutter contre l’obscurantisme « vert » ? Plusieurs raisons peuvent aider à comprendre ce chemin vers l’impasse :

-La science, les partis politiques, le militantisme des ONG et le mouvement modéré pour la protection de l’environnement portent tous le même nom, et les plus médiatisés en influencent l'image globale. La sémantique n’opère pas assez une séparation entre la science et le dogme, et le développement durable n’a pas réussi à prendre le relais et sortir l'écologie de ses confusions.
Dans ce grand mélange, les personnalités de l'écologie militante occupent une grande place en termes d'image. La science du même nom est comparativement quasi inconnue (qui peut citer trois noms d'écologues?) Ces acteurs militants, souvent pris par un sentiment d'urgence et par la volonté de trouver des solutions rapides aux problèmes établis, renvoient parfois une image autoritaire, alarmiste ou infantilisante, qui influence ainsi la perception des autres qui sont pourtant bien plus nombreux et représentatifs.

-L’écologie et ses enjeux (réchauffement climatique, chute de la biodiversité…) sont quasi absents des productions artistiques, culturelles et intellectuelles médiatisées, que ce soit les films de fiction, la littérature, l’art contemporain, le théâtre, les essais politiques, philosophiques ou sociologiques, les spectacles comiques, etc. ce qui en empêche la connaissance sensible (la conséquence est ici cause première).

-Le traitement par les médias de l’écologie et ses enjeux se fait par la caricature, l’accentuation de visions alarmistes, le goût du scandale incarné par les « climato-sceptiques », la vedettisation de people verts superficiels, ce qui empêche d’en avoir une image réelle.

-L’écologie et ses enjeux représentent une vexation pour l’homme, le constat de sa capacité de destruction à une échelle non seulement globale mais « après lui », auprès des générations futures, ce qui est une raison anthropologique majeure de rejet.

-Les intellectuels français précis et clairvoyants sur le sujet ne sont pas médiatisés : François Flahaut, Stéphane Lavignotte, Catherine Larrère, etc.

-La climatologie intègre une dimension prédictive, forcément soumise à des aléas liés à des variables non prévisibles (la quantité de steak que vous mangerez dans 20 ans, vous la connaissez ?) ce qui l’affaiblit face à un désir à la fois de certitudes et de suspicion.

-La prédominance culturelle et intellectuelle de l'idée de plaisir et de liberté à un niveau individuel et non collectif et l'histoire tragique d'initiatives "collectivistes" créent une méfiance vis-à-vis d' enjeux communs pouvant impliquer une résolution commune.

-La difficulté pour chacun à dépasser le sentiment d'acquis (matériels et immatériels) et le réflexe de vouloir les défendre, freine la prise en mains de nouveaux enjeux. Comme si aller vers de nouveaux acquis, de nouvelles réponses, était une menace, consistait laisser la proie pour l'ombre. Comme si faire un pas vers l'inconnu était se diriger vers le danger.

 

Ces raisons doivent être analysées et prises en mains pour éviter l’issue qui s’annonce : la haine réciproque. Il est grand temps pour les intellectuels, de se rendre que compte que de l’individu qu’ils jugent, ils ne voient qu'un leurre, et pour les écolos, de montrer leur multitude.

 

01 février 2010

Le mot d'Alice : Europe

L’Union européenne agit-elle pour ou contre le réchauffement climatique? On se le demande après sa grande discrétion au Sommet Copenhague qui a échoué à fixer des objectifs de réduction pour éviter un réchauffement climatique de plus de 2°C à horizon 2100. Pour répondre, analysons les trois piliers de l’Europe, la législation, les fonds structurels et le grand marché.

Prenons d’abord la législation. Si l’Europe a d’excellentes initiatives « vertes », comme par exemple REACH (règlementation chimique européenne), concernant l’harmonisation de la fiscalité, ce n’est pas génial côté CO2. Dans les années 90, l’harmonisation sur l’automobile a conduit à la suppression de taux majorés et des taxes spécifiques de pays comme la Grèce ou le Danemark qui avaient jusque là des politiques restrictives (et donc peu de voitures et de routes) et a provoqué l’arrivée de millions de véhicules et donc de millions de bouchons !

Regardons maintenant les fonds structurels qui servent à financer la cohésion et la mise à niveau des nouveaux pays membres. Là encore, de très bonnes choses ont été mise en œuvre, les stations d’épuration, les traitements des ordures, les modernisations de chemins de fer, mais aussi le plan autoroutier !

Arrivons au point clé, le grand marché et sa monnaie unique (qui a ruiné toutes celles et ceux qui ne savaient pas multiplier par 6,5). Son fonctionnement repose, on l’aura compris, sur le transport routier (et non fluvial ou ferroviaire) des marchandises. Les camions représentent 20% de l’ensemble des émissions de CO2. Pour entrer dans le grand marché, la Grèce, l’Espagne le Portugal et l’Irlande, aujourd’hui tous en souffrance économique et sociale, ont bénéficié de dérogations pour pouvoir augmenter rapidement leurs émissions de gaz à effet de serre, condition nécessaire selon l’Europe à leur développement économique. Cette accélération, véritable manne pour les spéculateurs, a par exemple conduit l’Espagne à construire 600 000 logements en un an ! Retour de bâton environnemental et financier garanti !

Pour résumer, l’Europe suit deux voies différentes, d’une part celle du développement économique fondé sur les énergies fossiles, la consommation et la croissance, et d’autre part celle de la protection de l’environnement. Ces deux voies lui couteront, tant qu’elles resteront séparées, de plus en plus cher. Il est temps qu’elles fusionnent.chabason.jpg

Donnons le mot de la fin à Lucien Chabason, notre papa de la loi Littoral et notre énarque écolo préféré, directeur délégué de l’IDDRI (Institut du Développement Durable et des Relations Internationales) : « En dépit des traités qui ont suivi sa création en 1957, Europe reste d’abord et avant tout le marché unique qui vise des objectifs économiques. Tant que les autres objectifs, sociaux et environnementaux, ne seront pas considérés au même niveau, le développement durable restera à la périphérie. » Petits et petites Jean Monnet, réveillons-nous !

 

Article publié dans Neoplanete, Numéro février/mars 2010

Merci à Lucien Chabason de son éclairage pour la rédaction de cet article

29 janvier 2010

Portrait de Jean Michel Valantin

Portrait publié dans Neoplanète, Numéro Fevrier/Mars - dans le magazine, le texte est légèrement différent... du fait de l'intervention armée du SR sans doute inspiré par le thème de l'article :-) ... avec des dommages collateraux sur le sens de certaines phrases et l'exactitude de l'info :-)

Jean-Michel Valantin voit le réchauffement climatique avec les yeux Sun Tzu et non ceux de Joan Baez : comme une guerre. Historien, docteur et chercheur indépendant en études stratégiques, il est l’un des tout premiers spécialistes mondiaux de la question des effets politiques du réchauffement global qu’il nomme la « sécurité climatique ». Pour lui, la géopolitique va être bouleversée par l’ensemble des conséquences du désordre climatique : montée des eaux, désertification, crise alimentaire, etc. Et nous ferions bien d’avoir déjà les plans de sauvetage et d’action d’urgence et de les avoir répétés, parce que l’on n’aura pas une deuxième chance de lutter contre l’ennemi. Imaginons le réchauffement climatique comme une invasion spatiale qui viserait tous les pays en même temps, c’est sûr qu’il faudrait être organisés.JMV.JPG
Si aujourd’hui, des réseaux de solidarité ainsi que de nombreuses solutions locales sont mis en place pour prévenir ou contrecarrer les effets du réchauffement climatique, il manque une « gouvernance mondiale » pour gérer le phénomène à une échelle planétaire. 
Selon Jean-Michel Valantin, c’est l’alliance avec les guerriers et non les baba cool qui peut nous sauver. Un Rambo qui donnerait sa vie pour un ours blanc… ce ne serait pas un peu le héro d’Avatar justement ? Hollywood a tout compris et intègre déjà les enjeux de la sécurité climatique, selon ce spécialiste des relations entre cinéma américain et Défense. Les conflits autour des ressources, la biodiversité, la réduction de l’espace vital, la gouvernance violente ou non violente de la ville, sont les nouveaux thèmes des méga productions Hollywoodiennes et le choix du héros d’Avatar, un guerrier qui abandonne l’instinct de conquête pour celui de préservation, n’est pas anodin !
En attendant, le Général Jean-Michel Bio-Murat prépare ses troupes : toute la jeunesse française scolarisée ! En tant que haut fonctionnaire au développement durable à la direction générale de l’enseignement scolaire du Ministère de l’Education nationale, sa mission est que tous les élèves soient éduqués au développement durable. A quand les exercices d’entrainement ? Et une deux ! une deux ! ... Parez ? Protégez !

Lire  Jean-Michel Valantin : Écologie et gouvernance mondiale, Autrement, 2007 Menaces climatiques sur l'ordre mondial, Lignes de repères, 2005, Hollywood Washington Le Pentagone, Autrement, 2003 (réédition en 2010, avec l'analyse d'Avatar of course)