16 avril 2010

Agenda avril - juin

7 juin

Election de "Femmes en or"

Nommée dans les finalistes pour le thème "environnement"

(gagnante l'architecte MH Jourda)

http://www.femmesenor.fr/nommees2010.html

 

1-6  Juin

Jury

Festival International du Film d'Environnement

CINEMAMBIENTE ­ INTERNATIONAL ENVIRONMENTAL FILM FESTIVAL, Turin, Italie

www.cinemambiente.it

 

Friday, 4  June

Intervention

Rencontre autour de mon livre "Emilie, ecologista in carriera"

Museum of Natural Sciences, Turin, Italie

Animateur : Tessa Gelisio

http://www.cinemambiente.it/film_piemonte/113/1_Literary_Aperitifs.html

 

26 mai

Intervention

Rencontres Médias et Développement Durable,

organisé par l'UDECAM et offre Media

 

8 mai

Intervention

Conférence "Quand l’ Art s’engage". 14H30

Salon 1.618

Palais de Tokyo

www.1618-paris.com

  

22 avril

Intervention
International Journalism Festival, Perugia, Italie
www.journalismfestival.com 
Table ronde : Environmental Journalism : behind the scenes of Copenhaguen and Greenwashing.
Aux côtés de : Antonio Cianciullo La Repubblica, Marco Gisotti Modus Vivendi, Leo Hickman The Guardian, Fred Pearce New Scientist, Fabio Tamburini Channel 5 News.

 

21 avril

Signature Conférence

Lancement de mon livre "Ecolocash" en Italie sous le titre "Emilie, ecologista in carriera" (edizioni Ambiente)

http://www.edizioniambiente.it/eda/catalogo/libri/424/

Alice Audouin a Milano Milano, 21 aprile 2010, ora 18.30

 

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01 avril 2010

Le mot d'Alice : Développement Durable

"Le mot d'Alice" est une chronique publiée dans chaque numéro du magazine Neoplanète.
Pour la sortie du numéro de Néoplanète Avril/Mai en début de "semaine du développement durable", voici le mot "développement durable"

Que la personne qui trouve cette expression avenante se lève ! On le sait, dans la vie, il y a le fond et il y a la forme. Mais la forme compte de plus en plus. Du point de vue de la forme, si le développement durable devait être décrit comme une personne, ce serait plutôt un puceau boutonneux avec un prénom imprononçable et un diminutif pas plus glamour, dédé. C’est vrai, le pauvre ! Né il y a vingt-deux ans d’une maman norvégienne au nom de Brundtland dans une institution poussiéreuse, il récolte plus de tomates que de compliments. Il se fait traiter d’oxymore et se fait railler par les décroissants et les conducteurs de 4X4. Les uns disent qu’il est pipeau, surtout lorsqu’il se promène en entreprise, les autres qu’il est rétrograde et qu’il veut couper l’électricité et revenir à la préhistoire et dès que l’on parle de lui dans des dîners, la réaction la plus fréquente est « non ! non ! non ! c’est vraiment trop barbant comme sujet ! » ou encore, pour les plus énervés « ils nous emmerdent ces écolos ! » ‘Son cousin le climatologue est à l’hôpital et sa marraine NKM à la prospective …il a donc un gros chagrin, ce développement durable mal aimé. Il est temps de le consoler. De le mettre sur les genoux d’une tata câline. De le cajoler, le rassurer, lui donner du courage, lui dire « allez-vas-y, c’est pas parce que t’es moche que tu dois baisser les bras, n’aie pas peur des tomates, crois en toi, tu en ressortiras plus fort, tu vas gagner. » Il est grand temps d’apporter un peu de soutien et pas seulement pendant la semaine du développement durable pour ce terme qui est maintenant du côté des faibles et des humiliés. Le développement durable, si maladroit et mal accepté soit-il, est grandement utile. Mieux, il peut, malgré ses défauts et ses casseroles, nous aider à réparer nos erreurs et ouvrir la voie d’une vie meilleure. Allez zou, pour le début de la semaine du développement durable, on lui fait une haie d’honneur, un petit hymne, une ola, on le motive ! Tout le monde est bien en ligne façon chenille processionnaire ? Tout le monde a bien sa selle de vélo et son filtre à eau à brandir quand il passera ? Les cordes vocales sont prêtes pour atteindre les 150 décibels de la baleine bleue ? Vous êtes bien campés sur vos Veja ? Ca y est ! Il arrive ! C’est le moment ! Allez on lui chante en cœur : « You will survive ! »

31 mars 2010

Thierry Boutonnier lauréat du Prix COAL Art & environnement

Le Prix COAL Art & Environnement a récompensé hier le projet « Assolement » de Thierry Boutonnier. Il a été désigné parmi dix finalistes par un jury de personnalités du monde de l’art contemporain, de l’environnement et du développement durable. La remise de prix a eu lieu au Comptoir Général à Paris.

 Le projet lauréat
Le projet lauréat « Assolement » de l’artiste Thierry Boutonnier, intervient dans le cadre du « contrat urbain de cohésion sociale » (CUCS) accompagnant des quatre années de travaux de réhabilitation de l’Entrée Est du Grand Lyon. Thierry Boutonnier propose, dans une approche écologique et impliquant les habitants de cette zone sensible, des actions concrètes comme un lieu écologique de concertation, la création d’une pépinière urbaine, d’un pigeonnier, de ruches et même d’une bergerie. Le lauréat, âgé de vingt-neuf ans, résidant à Lyon et diplômé de l’école Nationale des Beaux Art de Lyon et de l’université de Concordia à Montréal, commente son projet : « C’est en cohabitant avec les espèces que je vis mon art. Je brasse la terre arable durant le chantier du quartier Mermoz Nord avec les habitants de façon à semer des formes qui les relient à ce territoire sensible. Ma volonté est de créer un geste citoyen qui soigne son environnement et qui en récolte les fruits.»

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 Le jury
Paul Ardenne, critique d’art ; Nathalie Blanc, géographe ; Ari Brodach, directeur du développement durable de la Ville de Lille ; Anne-Marie Charbonneaux, présidente du Centre National des Arts Plastiques ; Denis Couvet, écologue, MNHN et école Polytechnique ; Lorenzo Fiaschi, directeur, Galleria Continua ; Fabrice Hyber, artiste ; Jean-Pierre Sicard, directeur général délégué de CDC Climat ; Guy Tortosa, inspecteur général en charge de la commande publique à la Délégation aux Arts Plastiques.
Anne-Marie Charbonneaux, Présidente du Jury du Prix COAL et déclare à l’issue de l’événement : « Le Prix COAL Art & Environnement est une initiative essentielle. Tous les dossiers sont d’excellente qualité et donc la sélection très difficile. Finalement, le choix du jury s’est porté vers un projet complexe, proche d’une utopie, engageant la population d’une zone sensible, difficile à mettre en oeuvre. Le prix COAL, par le soutien et la légitimité qu’il apporte, va aider le projet à surmonter les épreuves qui l’attentent au moment de sa concrétisation. »

Les neuf autres projets finalistes
Art Orienté Objet, L’alalie ; Pascal Bircher, The door to hell ; Collectif Héhé, Nuage vert ; Valère Costes, Résidence en forêt tropicale Guyanaise ; Magali Daniaux & Cédric Pigot, Final melt ; Olivier Leroi, Un drapeau pour l’Antarctique ; Frédéric Pradeau, Purificateur d’eau de mer; Momoko Seto, Planet Z ; Philippe Terrier Hermann, The world.

Le prix COAL, créé et organisé par l’association COAL, en partenariat avec le Centre National des Arts Plastiques, récompensera annuellement le projet d’un artiste contemporain sur le thème de l’environnement. 2010 est sa première édition. COAL, la «coalition pour l’art et le développement durable», association créée en 2008 par des professionnels de l’art et du développement durable, est une nouvelle plateforme d’échanges et de projets créant un pont entre ces deux univers. Les activités de COAL comprennent des commissariats d’exposition (commissariat : Lauranne Germond), des publications, des débats, des appels à projets, etc.
www.projetcoal.fr / contact@projetcoal.fr

19 mars 2010

Gary Hirshberg : Bio loves Walmart

Article publié dans Neoplanète numéro Avril/Mai 2010.
Interview réalisé le 5 février à Paris.

 

Gary est américain, (vieux) beau, riche, célèbre, père de famille exemplaire, directeur général. Bref, Gary est une success story américaine. gary-(sfjean)-a.jpgWhat else ? Son entreprise enregistre depuis environ 20 ans une croissance moyenne de 20 % par an. Il est dans le pétrole ? Pas du tout. Il est dans le yaourt Bio.
Il vient de loin… de l’époque où le Bio concernait seulement les babas et non les bobos, où le développement durable n’était pas encore né et où les consommacteurs représentaient 0,0001 % de la population américaine. Se lancer dans le lait Bio avec neuf vaches a été la première pierre de son entreprise Stonyfield, au début des années 80. Mettant toutes ses ressources à créer un circuit de production coûteux (ressources durablement gérées, fournisseurs éparpillés, main d’œuvre mieux rémunérée…) et ne pouvant donc compter sur la publicité, épuisé de distribuer lui-même des échantillons dans les supermarchés, il décide alors de proposer aux consommateurs d’adopter une vache en échange d’une lettre de la vache deux fois par an. Des milliers de personnes trouvent cette idée amusante (ils reçoivent aujourd’hui quatre e-mails par an de leur vache) et Stonyfield réussit à passer à une dimension supérieure. Comme ses amis pionniers de l'époque (Ben & Jerry's, Body Shop...) sauf Patagonia, il revend vingt ans plus tard son entreprise à une multinationale (Danone). Ses produits trônent désormais sur les linéaires des supermarchés, y compris en France sous l’appellation Les deux vaches (faut vraiment qu’il ne parle français pour avoir laissé passer un nom comme ça !). Pour lui le passage de la petite entreprise Bio à la multinationale va dans le bon sens, car la seule solution pour que le Bio entre dans les usages de consommation, c’est d’en baisser le coût, donc d’en vendre plus. Plus on vend, plus il y a de fournisseurs de lait bio, plus il est facile d’organiser la production et ainsi de suite. Gary défend cet argument dans le documentaire Food Inc. qui décrit l'industrie alimentaire américaine et qui obtient actuellement un grand écho aux Etats-Unis. Et quant à savoir si le Bio répond à des préoccupations d’ordre individuel ou collectif, Gary reste pragmatique « Les gens se mettent au bio à trois occasions : lorsqu’ils ont le projet d’avoir un enfant, à l’occasion d’un problème de santé, et au travers de l’influence de quelqu’un d’autre. Ils mangent bio avant tout pour eux, pas pour la planète, mais ce qui est bon pour eux est bon pour la planète.» Aux Etats-Unis, les yaourts Stonyfield font actuellement la promo du livre « Anti cancer » de David Servan-Schreiber, avec le slogan « La super arme dans la guerre contre le cancer : Votre nourriture » démontrant ainsi le poids de l’argument santé. Il reste plus efficace de miser sur l’intérêt individuel pour gagner de grands marchés.

13 mars 2010

Agenda janvier-mars

30 mars : Remise du Prix COAL Art & Environnement, Paris www.projetcoal.fr Organisation / Animation

 

25 mars / matin: Rencontres communication et développemetn durable, Cap'com, Angers. Intervention "La communication responsable, mythe et réalité dans le privé comme dans le public."

25 mars / après-midi : Salon Planète Durable, Paris,
www.planete-durable.com Animation de la Conférence : C’est quoi un produit écéolo aujourd’hui ?

 

22 mars : Jury, Rencontres parisiennes Eau et cinéma, Pavillon de l’eau (18 au 25 mars 2010) www.eaudeparis.fr

 

16 mars : Intervention. Seminaire de recherche "Innovation responsable", ESSEC (Séminaire Xavier Pavie

25 février : Interview sur la question "humour et dévaleoppeemnt durable" dans le magazine Stratégies. 022510-stratégies-ce nest pas parce quun sujet est grave quil faut etre serieux.pdf

 

18 février & 23 mars : Comité de Sélection du salon 1.618

 

1er février : Délibération du comité de sélection COAL 

 

28 janvier : Collectif AdWiser, www.blog-adwiser.com, Atelier sur Humour et développement durable

20 février 2010

Le Conflit. L’ intello et l’écolo.

 

Elisabeth Badinter émet une opinion négative sur l’écologie dans son dernier livre Le conflit. La femme et la mère. et dans les médias. Que cette opinion soit inoffensive ou dangereuse, juste ou erronée…c’est au débat démocratique d’en découdre. Etonnement, il ne démarre pas du côté des intellectuels, qui restent silencieux. Sont-ils d’accord ? Ou bien ne s’intéressent-ils pas à ce sujet-là ? Pour le débat, on doit se contenter pour le moment de la réaction des accusés, les écolos. Des personnalités, essentiellement féminines (cf. NKM, blogs, groupes sur facebook, pétition « vertes de rage »…), démontrent à l’auteur, avec un sens du respect très inégal, son erreur d'appréciation dans le fait que le féminisme puisse régresser avec l’écologie et que l’écologie soit un mouvement lié à un retour au « naturel ». Ces femmes écologistes réagissent fort à propos aux juxtapositions de stéréotypes proposées par E. Badinter comme : féminisme = liberté, écologie = atteinte à la liberté donc écologie = anti féminisme ou encore écologie = retour à la nature, émancipation de la femme = détachement vis-à-vis de la nature, donc écologie = anti féminisme.

L’attitude d’E. Badinter est dans le fond parfaitement banale, dupliquant à l’identique l’attitude de rejet de l’écologie par une bonne partie des intellectuels et journalistes médiatisés français. La liste de leurs critiques ne cesse de grandir. Les vagues de froid de cet hiver ont été immédiatement récupérées comme contre-épreuve du réchauffement climatique (voir la Tribune acerbe de Pascal Bruckner dans Le Monde du13 janvier intitulée «le Réchauffement qui refroidit») Les climatologues et leurs e-mails, Nicolas Hulot et son film, la taxe carbone, le Sommet de Copenhague, Greenpeace à l’Assemblée Nationale, José Bové, ont alimenté de façon régulière leur moquerie. Les 68ards disant « ils nous emmerdent » au sujet des écolos, ont gagné du terrain. Les mises en scène ridicules et caricaturales d’écolos, y compris people, plantés avec grandes bottes dans la boue (car c’est bien connu, boue=nature=ecologie) ou mieux, nus (car c’est bien connu, nu= jardin d’éden=nature=écologie) n’ont jamais autant été diffusées. Claude Allègre, le spécialiste du procès d'intention envers ses concurrents, à été plébiscité comme un grand résistant face à une panique inutilement lancée.

Le silence et plus grave encore, le rire des intellectuels, face à l‘humiliation de la science, les font choir du côté de ceux qu’ils ont sans cesse dénoncés, combattus et cherché à éclairer : ceux qui confondent les croyances et le savoir, le dogme et la science. « La superstition est à la religion ce que l’astrologie est à l’astronomie, la fille très folle d’une mère très sage », la clairvoyance intellectuelle qui a permis de séparer fanatisme et religion au XVIIIème est en chute libre : en matière d’écologie, le dogme vaut pour science. La confusion est à son comble. Comment l’élite en est-elle arrivée à parler de l’écologie qui est une science, une spécialisation de la biologie créée au XIX ème siècle, avec des adjectifs aussi inadaptés que :« dictature », « machos », « ayatollahs», « rétrogrades », "retour à la préhistoire" ? Comment les intellectuels médiatisés sont-ils tombés dans une telle soupe de confusions?

Comment expliquer les pas des intellectuels vers l’obscurantisme alors qu’ils prétendent justement lutter contre l’obscurantisme « vert » ? Plusieurs raisons peuvent aider à comprendre ce chemin vers l’impasse :

-La science, les partis politiques, le militantisme des ONG et le mouvement modéré pour la protection de l’environnement portent tous le même nom, et les plus médiatisés en influencent l'image globale. La sémantique n’opère pas assez une séparation entre la science et le dogme, et le développement durable n’a pas réussi à prendre le relais et sortir l'écologie de ses confusions.
Dans ce grand mélange, les personnalités de l'écologie militante occupent une grande place en termes d'image. La science du même nom est comparativement quasi inconnue (qui peut citer trois noms d'écologues?) Ces acteurs militants, souvent pris par un sentiment d'urgence et par la volonté de trouver des solutions rapides aux problèmes établis, renvoient parfois une image autoritaire, alarmiste ou infantilisante, qui influence ainsi la perception des autres qui sont pourtant bien plus nombreux et représentatifs.

-L’écologie et ses enjeux (réchauffement climatique, chute de la biodiversité…) sont quasi absents des productions artistiques, culturelles et intellectuelles médiatisées, que ce soit les films de fiction, la littérature, l’art contemporain, le théâtre, les essais politiques, philosophiques ou sociologiques, les spectacles comiques, etc. ce qui en empêche la connaissance sensible (la conséquence est ici cause première).

-Le traitement par les médias de l’écologie et ses enjeux se fait par la caricature, l’accentuation de visions alarmistes, le goût du scandale incarné par les « climato-sceptiques », la vedettisation de people verts superficiels, ce qui empêche d’en avoir une image réelle.

-L’écologie et ses enjeux représentent une vexation pour l’homme, le constat de sa capacité de destruction à une échelle non seulement globale mais « après lui », auprès des générations futures, ce qui est une raison anthropologique majeure de rejet.

-Les intellectuels français précis et clairvoyants sur le sujet ne sont pas médiatisés : François Flahaut, Stéphane Lavignotte, Catherine Larrère, etc.

-La climatologie intègre une dimension prédictive, forcément soumise à des aléas liés à des variables non prévisibles (la quantité de steak que vous mangerez dans 20 ans, vous la connaissez ?) ce qui l’affaiblit face à un désir à la fois de certitudes et de suspicion.

-La prédominance culturelle et intellectuelle de l'idée de plaisir et de liberté à un niveau individuel et non collectif et l'histoire tragique d'initiatives "collectivistes" créent une méfiance vis-à-vis d' enjeux communs pouvant impliquer une résolution commune.

-La difficulté pour chacun à dépasser le sentiment d'acquis (matériels et immatériels) et le réflexe de vouloir les défendre, freine la prise en mains de nouveaux enjeux. Comme si aller vers de nouveaux acquis, de nouvelles réponses, était une menace, consistait laisser la proie pour l'ombre. Comme si faire un pas vers l'inconnu était se diriger vers le danger.

 

Ces raisons doivent être analysée et prises en mains pour éviter l’issue qui s’annonce : la haine réciproque. Il est grand temps pour les intellectuels, de se rendre que compte que de l’individu qu’ils jugent, ils ne voient que le flanc, et pour les écolos, de montre l’autre flanc.

 

01 février 2010

Le mot d'Alice : Europe

L’Union européenne agit-elle pour ou contre le réchauffement climatique? On se le demande après sa grande discrétion au Sommet Copenhague qui a échoué à fixer des objectifs de réduction pour éviter un réchauffement climatique de plus de 2°C à horizon 2100. Pour répondre, analysons les trois piliers de l’Europe, la législation, les fonds structurels et le grand marché.

Prenons d’abord la législation. Si l’Europe a d’excellentes initiatives « vertes », comme par exemple REACH (règlementation chimique européenne), concernant l’harmonisation de la fiscalité, ce n’est pas génial côté CO2. Dans les années 90, l’harmonisation sur l’automobile a conduit à la suppression de taux majorés et des taxes spécifiques de pays comme la Grèce ou le Danemark qui avaient jusque là des politiques restrictives (et donc peu de voitures et de routes) et a provoqué l’arrivée de millions de véhicules et donc de millions de bouchons !

Regardons maintenant les fonds structurels qui servent à financer la cohésion et la mise à niveau des nouveaux pays membres. Là encore, de très bonnes choses ont été mise en œuvre, les stations d’épuration, les traitements des ordures, les modernisations de chemins de fer, mais aussi le plan autoroutier !

Arrivons au point clé, le grand marché et sa monnaie unique (qui a ruiné toutes celles et ceux qui ne savaient pas multiplier par 6,5). Son fonctionnement repose, on l’aura compris, sur le transport routier (et non fluvial ou ferroviaire) des marchandises. Les camions représentent 20% de l’ensemble des émissions de CO2. Pour entrer dans le grand marché, la Grèce, l’Espagne le Portugal et l’Irlande, aujourd’hui tous en souffrance économique et sociale, ont bénéficié de dérogations pour pouvoir augmenter rapidement leurs émissions de gaz à effet de serre, condition nécessaire selon l’Europe à leur développement économique. Cette accélération, véritable manne pour les spéculateurs, a par exemple conduit l’Espagne à construire 600 000 logements en un an ! Retour de bâton environnemental et financier garanti !

Pour résumer, l’Europe suit deux voies différentes, d’une part celle du développement économique fondé sur les énergies fossiles, la consommation et la croissance, et d’autre part celle de la protection de l’environnement. Ces deux voies lui couteront, tant qu’elles resteront séparées, de plus en plus cher. Il est temps qu’elles fusionnent.chabason.jpg

Donnons le mot de la fin à Lucien Chabason, notre papa de la loi Littoral et notre énarque écolo préféré, directeur délégué de l’IDDRI (Institut du Développement Durable et des Relations Internationales) : « En dépit des traités qui ont suivi sa création en 1957, Europe reste d’abord et avant tout le marché unique qui vise des objectifs économiques. Tant que les autres objectifs, sociaux et environnementaux, ne seront pas considérés au même niveau, le développement durable restera à la périphérie. » Petits et petites Jean Monnet, réveillons-nous !

Article publié dans Neoplanete, Numéro février/mars 2010

Merci à Lucien Chabason de son éclairage pour la rédaction de cet article

29 janvier 2010

Portrait de Jean Michel Valantin

Portrait publié dans Neoplanète, Numéro Fevrier/Mars - dans le magazine, le texte est légèrement différent... du fait de l'intervention armée du SR sans doute inspiré par le thème de l'article :-) ... avec des dommages collateraux sur le sens de certaines phrases et l'exactitude de l'info :-)

Jean-Michel Valantin voit le réchauffement climatique avec les yeux Sun Tzu et non ceux de Joan Baez : comme une guerre. Historien, docteur et chercheur indépendant en études stratégiques, il est l’un des tout premiers spécialistes mondiaux de la question des effets politiques du réchauffement global qu’il nomme la « sécurité climatique ». Pour lui, la géopolitique va être bouleversée par l’ensemble des conséquences du désordre climatique : montée des eaux, désertification, crise alimentaire, etc. Et nous ferions bien d’avoir déjà les plans de sauvetage et d’action d’urgence et de les avoir répétés, parce que l’on n’aura pas une deuxième chance de lutter contre l’ennemi. Imaginons le réchauffement climatique comme une invasion spatiale qui viserait tous les pays en même temps, c’est sûr qu’il faudrait être organisés.JMV.JPG
Si aujourd’hui, des réseaux de solidarité ainsi que de nombreuses solutions locales sont mis en place pour prévenir ou contrecarrer les effets du réchauffement climatique, il manque une « gouvernance mondiale » pour gérer le phénomène à une échelle planétaire. 
Selon Jean-Michel Valantin, c’est l’alliance avec les guerriers et non les baba cool qui peut nous sauver. Un Rambo qui donnerait sa vie pour un ours blanc… ce ne serait pas un peu le héro d’Avatar justement ? Hollywood a tout compris et intègre déjà les enjeux de la sécurité climatique, selon ce spécialiste des relations entre cinéma américain et Défense. Les conflits autour des ressources, la biodiversité, la réduction de l’espace vital, la gouvernance violente ou non violente de la ville, sont les nouveaux thèmes des méga productions Hollywoodiennes et le choix du héros d’Avatar, un guerrier qui abandonne l’instinct de conquête pour celui de préservation, n’est pas anodin !
En attendant, le Général Jean-Michel Bio-Murat prépare ses troupes : toute la jeunesse française scolarisée ! En tant que haut fonctionnaire au développement durable à la direction générale de l’enseignement scolaire du Ministère de l’Education nationale, sa mission est que tous les élèves soient éduqués au développement durable. A quand les exercices d’entrainement ? Et une deux ! une deux ! ... Parez ? Protégez !

Lire  Jean-Michel Valantin : Écologie et gouvernance mondiale, Autrement, 2007 Menaces climatiques sur l'ordre mondial, Lignes de repères, 2005, Hollywood Washington Le Pentagone, Autrement, 2003 (réédition en 2010, avec l'analyse d'Avatar of course)

14 janvier 2010

Avatar en débat

Si Radio Vatican se met à donner son avis sur le film-phénomène Avatar, c'est qu'il fait débat. Quel débat ? Plusieurs.
1° celui de la représentation de la nature et du choix de son esthétique (couleurs, formes, animaux, dangers, protections...)
2° celui de l'importance de la nature pour une communauté et de la valeur accordée à son caractère "intact"
3° celui de finalité de la force : détruire ou protéger, comme deux alternatives bien distinctes, deux finalités opposées
4° celui de la représentation des être vivants qui vivent dans et par la nature (culture orale, "chamanique", organisée en castes, devotion, pas d'outils ni armes sophistiqués, couples avec sentiments...)
5° celui de la représentation de la richesse "occidentale" : liée à la consommation de ressources naturelles rares et énergétiquement "hyperpuissantes"avatar.jpg
6° celui de la représentation de la force militaro-industrielle et de ceux qui en ont les commandes
7° celui du message du film, avec plusieurs niveaux, ecologiste (il faut arrêter d'exploiter la nature et de commencer à la protéger), philosophique (la force est un moyen, seule la finalité compte), culturel (une civilisation moins développée vaut mieux que la nôtre dès lors qu'elle a quelque chose à préserver et perpétuer), etc.

Faut-il y voir, comme le suggère le chercheur Jean-michel Valantin, l'acte d'adoption de la culture amerindienne (chamanique) par les américains ? Autrement dit la preuve que les américains ont compris que la position de l'indien serait la meilleure face au peak oil et aux désastres environnementaux et climatiques actuels ?

Faut-il y voir, comme certains cinéphiles, l'enterrement de la 3D "qui ne fait pas mieux que Fantasia?"

Faut-il y voir, comme certains écologistes, l'acte d'entrée de la nature dans la prise de conscience occidentale?

En espérant ouvrir le débat.

 

02 janvier 2010

Reaction sur la publicité de l'Observatoire international des prisons

La publicité de l’Observatoire international des prisons que l’on voit actuellement dans la presse est, au-delà l’importance incontournable de cette organisation, comme beaucoup de publicité qui cherchent à provoquer, dans une confusion de significations. Le slogan de cette publicité visant à collecter des dons pour l’OIP est : « Si ça peut vous aider à donner, dites vous que cet homme est un chien »

Comme Gunther Anders qui souhaitait que la puissance technique s’accompagne toujours d’une imagination sur ses conséquences possibles, l’utilisation de mots devrait également être accompagnée d’une imagination sur ses différentes interprétations possibles, surtout lorsque que ces mots ne sont pas anodins, pour ne pas dire d’une violence inouïe. « Dites-vous que cet homme est un chien » est une pensée terrible, le « prêt-à-penser » de la maltraitance et des grandes tragédies de l’histoire. Aux Etats-Unis la pire insulte à quelqu’un reste « underdog » (moins qu’un chien). Une telle faille de l’Homme (penser dans certaines circonstances, que l’homme vaut moins que son humanité) peut-elle être utilisée pour provoquer ? Son historique de destruction ne prescrit-il pas un usage avec précaution ? Une publicité peut-elle l’utiliser ?

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« Si ça peut vous aider à donner, dites vous que cet homme est un chien » Ce slogan peut être compris de trois manières si l’on s’en tient aux mots. La première part d’une bonne intention métaphorique sur laquelle les publicitaires ont parié  : Comprenez que cet homme est traité comme un chien. Traiter quelqu’un comme un chien, vous savez que c’est de la maltraitance, c’est scandaleux, y compris en prison. Alors donnez pour arrêter ça. La deuxième signification est moins probable mais possible: Vous donnez pour les chiens ? Vous ne donnez-pas pour les gens en prison ? Hé ! bien dites-vous qu’un homme en prison est un chien et vous donnerez. Vous voyez bien, comme le chien, il est en cage et a l’air gentil. La troisième signification est plus improbable encore mais possible: Voyez, cet homme est un chien. Certains hommes, comme celui-ci en prison, sont des chiens, des bêtes méchantes. Donnez pour les prisons (l’OIP est peu connu et son nom est neutre cela peut prêter à confusion). Bien évidemment la première interprétation, la plus saine, domine, mais les deux autres possibilités posent question.

 

Pensons maintenant aux chiens, qui sont eux-mêmes si souvent « traités comme des chiens », abandonnés, encagés, battus et qui font l’objet de campagnes d’ONG pour être traités dignement. Que pensent de cette publicité les défenseurs d’animaux qui souhaiteraient que les associations rependues entre la maltraitance et certaines espèces (comme les chiens) s’arrêtent dans la tête des gens ? De plus, utiliser dans un jeu de métaphore une espèce « maltraitée » permet-il de désigner clairement la maltraitance ?

 

Pour aller encore plus loin dans les évocations de ce slogan, « Si ça peut vous aider à donner, dites-vous que cet homme est un chien », n’est-ce pas finalement, dans une lecture une fois encore au premier degré, le portrait hyper-cinglant de notre fonctionnement ? Avons-nous une haute opinion de celui auquel nous sommes reliés par notre pouvoir de l’argent ? Notre pouvoir d’achat ici est, pour de nombreux produits comme les vêtements bon marché, lié à de mauvaises conditions de travail ailleurs (des personnes qui « travaillent comme des chiens », l’autre métaphore entre l’homme et le chien). Notre enrichissement ne s’accompagne-t-il pas d’une mise à distance de ceux qui s’appauvrissent ? Lorsque nous donnons pour une cause humanitaire, quelle image avons-nous de celui qui reçoit ? La condescendance et l’égoïsme sont-ils les ennemis de la philanthropie ? Dans notre vie quotidienne nous avons tendance à oublier la dignité de tous ceux avec lesquels nous sommes reliés. En prison ou en liberté.

Cette publicité, qui parle forcément aussi de la publicité, mérite débat.

07 décembre 2009

Agenda novembre - décembre 2009

9 décembre

Inauguration du nouveau Lina’s rue Pierre Charron, que j’ai conseillé en termes d’axes de progrès développement durable.

 

3 décembre

Conference : The involvement of young people in the European sustainable development agenda

Lieu : Université Paris Dauphine

Organisation : Dauphine Durable et Soi et des hommes

Animation

Intervenants :

Lucien Chabason (Delegate President of the IDDRI think tank)
Petko Tzvetkov (Natura2000 coordinator Bulgaria)
Tony Venables (Director of ECAS, the European Citizen Action Service)

 

23 novembre

Conférence de presse et signature "des femmes pour la planète", UNESCO

De nombreuses autres femmes sont venues signer dont M. Pappalardo, H Valade, C Puiseux, A Cayrol...

 

10 novembre

Signature "des femmes pour la planète"

Je suis bien contente de faire partie des premières femmes de cette aventure qui n'est pas partie du gouvernement comme la photo pourrait le laisser penser, mais de l'estime mutuelle de femmes dont le développement durable est le métier et de l'envie d'agir "autrement" d'Isabelle Juppé, Genevieve Ferone, Yolaine de la Bigne...

 

L’APPEL : COPENHAGUE, ET APRÈS ?

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4683BD©G_Le_Guyader[1].JPGCopyright : Géraldine Le Guyader / Néoplanète

telecharger la photo : 4683BD©G_Le_Guyader[1].JPG

De gauche à droite :

Rang du fond : Catherine Chabaud, Yolaine de La Bigne, Maud Fontenoy, Evelyne Dhéliat, Claudie Haigneré, Sandrine Segovia-Kueny, Isabelle Juppé, Geneviève Férone

1er rang : Véronique Morali , Fanny Picard, Cécile Ostria, Corinne Lepage, Chantal Jouanno, Nathalie Kosciusko-Morizet, Alice Audouin, Bettina Laville

L Tubiana, M Rivasi et E Laville n'ont malheureusement pu venir à la photo.

Pour signer l'appel (women only):

<http://www.neoplanete.fr> www.neoplanete.fr et <http://www.terrafemina.com> www.terrafemina.com

et sur Facebook, groupe : "Des femmes pour la planète"

26 novembre 2009

Cécile Ducrot-Lochard, la Philanthropie VIP

Article publié dans Neoplanète, numéro Nov / Déc 2009

Cécile est sans doute la seule salariée d’ONG à devoir porter des diadèmes de diamants pour son boulot ! Experte en « finance philanthropique », qui signifie en gros : « donner un peu de ce que l’on possède beaucoup », Cécile a pour profession de convaincre des personnes fortunées d’aider des grandes causes. Exemple de mission : persuader son voisin de table lors d’un diner de gala de sauver le thon rouge qu’il est entrain de manger. Cécile est à la finance philanthropique ce que Hugh Grant est à l’accent anglais : elle est née avec. Son papa, fondateur d’Apogé, compte parmi les pionniers en France de « l’ISR » (Investissement Socialement Responsable). Elle collabore avec lui dès son diplôme d’école de commerce en poche et apprend son métier : convaincre les grands fortunes de placer leur argent de façon 100_4508.JPG« responsable » Elle devient ensuite directrice des « grands donateurs » du WWF. Quand Cécile s’occupe de trouver des fonds pour une grande cause, c’est un peu comme quand Sharon Stone anime les enchères pour le sida à Cannes : plus efficace et plus glamour que mamie Liz Taylor. La belle aux diamants (gracieusement prêtés par Adamence) manie le Bottin Mondain pour la bonne cause et collectionne les paires de chaussures pour promouvoir la sobriété heureuse. Paradoxe diront certains, modernité diront d’autres, dans tous les cas, Cécile vit parfaitement cette position d’intermédiaire entre deux mondes opposés. Passionnée par le microcrédit, Cécile se lance un nouveau défi, convaincre les dirigeants des grandes entreprises de nouer un partenariat avec Microworld, la nouvelle activité de Planète Finance. Elle n’a pas encore choisi sa tenue…

www.neo-planete.com

22 novembre 2009

Paul Watson et Franz Kaston Florez, deux héros exceptionnels de documentaires

Le Festival du Film de l’environnement (18-24 novembre) présente cette année deux documentaires sur deux défenseurs de l’environnement exceptionnels et très complémentaires : le canadien Paul Watson ("Pirate for the Sea") et le colombien Franz Kaston Florez ("L’Homme aux Serpents") Ils montrent deux façons de se battre avec un courage inouï pour la biodiversité, l’une marine l’autre sylvestre. Paul Watson joue l’offensive, Franz Florez la défensive, Paul Watson défonce les barrières, Franz Flores passe entre les barrières, Paul Watson harangue, Franz Flores discute, Paul Watson est craint, Franz Florez est un inconnu, Paul Watson a un gros bateau, Franz Flores a quelques serpents, Paul Watson a une équipe complète, Franz Florez a un stagiaire de 14 ans.

Pirate for the Sea est le portrait de Paul Watson, l’ancien militant de Greenpeace, fondateur de Sea Shephered. Un documentaire malheureusement sans ambition cinématographique, mais qui met très bien en valeur les actions, la personnalité et le courage inouï de Paul Watson, le « berger de la mer », défenseur musclé des baleines et des phoques. P Waston est porteur de détermination, d’enseignement, d’humour…une saveur qui donne au militantisme ce qui lui faut en plus pour devenir de Pirate_for_the_sea_1024_72_large.jpgl’héroïsme. Le sien et celui de son équipage. Au départ d’une expédition un jeune bénévole annonce tous les risques de mourir…avec un magnifique sourire. Au retour d’une expédition, une scène montre le slam saisissant et musclé d’un membre de l’équipage sur le militantisme en mer, une bombe pour Eminem. Le film mobilise fortement, à la sortie du film, on veut immédiatement soutenir Sea Shephred et l’image du bénévole (déjà 3500 depuis la création de l’ONG) en haute mer dans des creux de 8 mètres, sans chauffage faute de carburant et assaillant un baleinier japonais est parée de tous les attraits.

L’Homme aux serpents : Mais Paul Watson parait vite « ancienne école » face à l’autre héros, à la fois très nu et très stratège : Franz Kaston Florez. Exit l’art de l’affrontement, bienvenu dans l’art de la négociation. En face ce ne sont pas non plus des gentils : il s’agit des guérilleros colombiens. Ici l’ambition cinématographique est présente, dans les mains du réalisateur Eric Flandin. Le film joue sur une forme légère, colorée, burlesque et entrainante pour faire passer tous les messages de fond. Toute l’efficacité du film tient sur un moyen très simple : un homme qui n’a comme moyens que des serpents. Des serpents dangereux. Et c’est là que le grand stratège, d’une intelligence extrêmement fine, apparait : dans sa capacité à se servir d’eux. Et cela suffit à tout dire. La forêt colombienne, restée intacte par la présence de la guérilla, est l’un des derniers lieux à pouvoir poser les questions avant l’arrivée des multinationales. Le message devient universel quand il est réellement généreux. C’est franz.JPGtoute la force de ce film. Et sa capacité de mobilisation est immense : on a qu’une envie à la sortie, c’est de donner ses économies à la Fondation Nativa fondée par Franz et y chercher un programme de bénévole.

Entre les baleiniers japonais et les anacondas géants…il faut choisir.

www.seashepherd.fr/

http://nativa.org

21 novembre 2009

« Age of Stupid » : l’âge où il faut être stupide pour trouver ça génial

Au festival du film d’environnement, le fameux film "Age of Stupid" était vivement attendu. Le petit phénomène anti réchauffement climatique anglais annonçait des merveilles. Le passé vu depuis 2055 s’annonçait intéressant. Deception et mini énervement sur le niveau des documentaires montés en épingle. Brouillon, confus, changeant d’axe, de traitement, il rate son objectif : faire passer un message clair. Il mélange deux films en un. Le premier : la prise de conscience du compte-à-rebours et des impacts grandissants à venir du réchauffement climatique, avec un simulacre d’actualités catastrophiques défilant jusqu’en 2055. L'idée est bonne et jusque là pourquoi pas, mais l’image du monde en 2055 est une pure science fiction avec une tour façon PK Dick au large de la Norvège conservant tous les savoirs les espèces et œuvres d’art du monde. Cette image non crédible de 2055 rend la prospective inefficace. Le deuxième : des portraits croisés d’individus d’aujourd’hui, un indien richissime ouvrant une compagnie d’avion low cost, un salarié d’entreprises d’éoliennes souhaitant en installer dans la campagne anglaise, un scientifique de la Nouvelle-Orléans ayant fait carrière dans le pétrole doté d’une nouvelle vision du monde depuis Katrina, Fernand Pareau, le doyen des guides en activité de la compagnie de Chamonix, une nigeriane exposée à l'exploitation pétrolière, deux enfants irakiens ayant fui leur pays... La variété de ces portraits est très pertinente car ils sont complémentaires mais trop nombreux pour être suivis au même niveau et pour participer une construction pertinente de points de vue. On finit par se demander face à ce grand éparpillement si cela n’aurait pas été plus efficace de se concentrer seulement sur les deux protagonistes les plus a même de générer une prise de conscience pour un occidental, l’éolien-man et le post-Katrina-type. Au final ces portraits ne sont pas articulés avec le jeu prospectif et vice-versa. On a donc deux films en un, sans propos construit, avec un plan fouillis. On se retrouve dans un melting pot avec un « sage post-catastrophe » qui finalement n’enseigne rien de plus qu’on ne sait aujourd’hui, ne parle pas autrement qu’aujourd’hui. Où est le travail d’imagination ? Doit-on se résigner à la seule réflexion néo-philosophique post cataclysme du sage dans sa tour de Norvège : l’homme ne s’est pas sauvé parce qu’il ne méritait pas d’être sauvé? Si c’est ça l'enseignement d'un sage en 2055, c’est que comme le réchauffement climatique, la pensée se sera aggravée.

The-Age-of-Stupid.jpg

19 novembre 2009

Le mot d'Alice : Cadeaux de Noël

Noël approche, c’est le retour des angoisses récurrentes. « Comment cela va-t-il se passer avec la famille ? » Il suffit de penser à la phrase de Lacan « on a la famille que l’on mérite » pour filer directement la deuxième question « Vais-je trop manger ? », ici la simple décision de ne plus manger de viande rouge dès le premier janvier 2010 permet d’en venir à la question centrale : « Que vais-je faire des cadeaux que je n’aime pas ? » Avec la diminution des surfaces habitables, stocker un coussin-moutarde-brodé-de-mini-éléphants, un porte-savon-grenouille ou un mini-kit-à-tartiflette va en effet poser problème. On peut essayer l’option transformation du cadeau, l’intérieur du coussin rembourre un vieux fauteuil et les mini éléphants se transforment en collier, le porte-savon devient porte-clés, et le kit à tartiflette sert à une ratatouille, mais ce n’est pas toujours gagné.
Le développement durable offre une autre option : s’en séparer. Car si quelqu’un devait acheter ce cadeau, il faudrait à nouveau le produire et donc ponctionner des ressources, le transporter, l’emballer, …c’est tout l’avantage du « second hand », éviter de produire plus. Comment procéder ? Si l’on a besoin d’un autre objet au même moment, le troc est une très bonne solution. Ca fait deux objets de moins à produire. Le plus simple est de le faire en ligne. Le pull trop grand …contre un petit tabouret. Et en plus, on peut se faire des amis. Un nouveau site de troc très sympa entre particuliers, www.myrecyclestuff.com est utile. Il y a aussi la revente. En ligne, par exemple avec www.priceminister.com, chez qui la vente est gratuite et qui offre un bon standard de sécurité ou tout simplement en bas de chez soi, au prochain vide-greniers. Il y a enfin et surtout le don, dans un principe de solidarité, via Emmaüs, le Secours Populaire, Action sans Frontière…idees-cadeaux.jpg

Mais l’idéal est d’agir à la source du problème : A l’heure du « consommer mieux et moins », il est temps que cela concerne Noël où chaque Français achète en moyenne 11 cadeaux*. « Mieux », c’est en privilégiant des produits durables, en se tournant vers des fournisseurs responsables et certifiés, comme l’excellent site d’achat en ligne neomansland.fr. « Moins » c’est tout simplement en fixant des règles de nombre de cadeaux ou de nombre de contributeurs pour un même cadeau. Aller vers une sobriété heureuse et être plus solidaire dans un pays riche comme le nôtre, c’est profiter de Noël pour fêter la naissance d’une société plus durable.
*source : Deloitte


Chronique publiée dans Neoplanète numéro Nov/Déc 2009

www.neo-planete.com