11 janvier 2012
Portrait : Daisy Tarrier
Durant son enfance, Daisy Tarrier parcourt l’Espagne et le Maroc avec son père, le célèbre entomologiste Michel Tarrier, allant de découvertes de carabes aux papillons. Mais les insectes et les zones arides ne la passionnent guère, son tempérament la pousse déjà à rêver des trépidantes et dangereuses forêts d’Amérique Latine. A 23 ans elle commence en France sa carrière dans une grande ONG environnementale, le WWF et 7 ans plus tard elle plaque tout pour suivre enfin son rêve, partir à la découverte de la forêt tropicale. Peu expérimentée et légèrement tête brulée, Daisy Terrier se retrouve, après deux jours de marche, perdue en forêt, sans nourriture et avec l’eau que les tapirs auront bien voulu lui laisser. Son retour en lieu sûr ne se fera pas sans angoisses et sans rencontres extraordinaires, comme un tête à tête avec un gigantesque Anaconda. Son courage est à nouveau éprouvé à son retour en France. Elle veut créer une ONG environnementale…mais comment ? En faisant comme les grandes ONG ! Avec une soirée de gala pour lever des fonds et de nombreux artistes venus la soutenir. Ainsi naît en 2011 Envol Vert, une association dont la philosophie de base est : « La forêt nous rend service, rendons-le lui ! », avec comme objectif premier la lutte contre la déforestation, mais en accordant une importance toute particulière au volet social des projets qu’elle soutient. Aujourd’hui plus de 1000 personnes la suivent. Envol Vert a d’ores et déjà de nombreuses campagnes en cours, notamment une qui tient particulièrement à cœur à Daisy et qu’elle mène dans la Sierra Nevada en collaboration avec le célèbre environnementaliste colombien Franz Kaston Flores et les indiens Koguis : la préservation du Tapir. « Cet animal moche et méconnu » selon ses mots et pourtant si utile à la forêt comme à l’homme a conquis son cœur. Pour qu’il devienne son prince, il faut des moyens, ce pourquoi il est important de la soutenir.
http://envol-vert.org/
Fondation Nativa (Franz Kaston Flores) : www.nativa.org
http://www.facebook.com/EnvolVert
Le portrait de Daisy Tarrier est publié dans le magazine Neoplanète N° février 2012
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18 novembre 2011
Portrait : Alexandre Murat
Alexandre Murat, héritier du goût et des manières de son ancêtre le Prince Joachim Murat, diplômé d’HEC et ancien collaborateur de la Princesse de Polignac, décide le plus naturellement du monde il y a cinq ans, à
l’âge de trente-deux ans, de créer une joaillerie Place Vendôme. N’ayant en revanche pas hérité de moyens financiers autant que de lignage, il contourne l’obstacle en créant la première joaillerie en ligne spécialisée dans le diamant, Adamence. Avec cette innovation, il ne sait pas alors qu’il bouleverse la transparence commerciale du secteur, car non seulement il dévoile en ligne les secrets des critères qui font la valeur d’un diamant, mais il rend impossibles les paiements en espèces du fait de la vente en ligne. Dans la foulée de son intérêt pour le développement durable, il intègre dans son catalogue les créations JEM en or éthique, l’acteur de référence français. 
Désireux de faire avancer son secteur qu’il sait peu engagé en matière sociale et environnementale, Alexandre Murat tente alors son deuxième pari : lui expliquer tout simplement pourquoi il doit changer. C’est avec Cécile Lochard, engagée depuis dix années sur la thématique du luxe éthique et de la finance philanthropique qu’il relève le défi, en publiant en septembre dernier le premier livre sur le sujet, « Luxe et développement durable, la nouvelle alliance » aux Editions Eyrolles, reconnu immédiatement comme référence.
Pour se reposer de sa vie de chef d’entreprise, Alexandre se rend tous les week-ends dans son domaine en Picardie, où il enseigne à ses trois enfants la valeur de ce qui ne brille pas.
Ce portrait a été publié dans le magzine neoplanète - N° décembre 2011
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25 octobre 2011
Portrait : Jérôme Auriac
Jérôme Auriac, Fondateur et Directeur de Be-Linked.
On cherche partout la croissance verte, celle qui montre que le développement durable crée des emplois, attire des entrepreneurs, crée de nouveaux métiers. La voici. Jérôme Auriac a créé un nouveau métier lié au développement durable, le conseil spécialisé dans les relations entre les entreprises et la société civile. Pour faire simple, il s’agit pour les organisations, et notamment les entreprises, de comprendre mais surtout d’agir avec la société civile, que ce soient des ONG, des riverains, des citoyens engagés, des entrepreneurs sociaux, des communautés locales, etc. Entendons-nous, il y a toujours eu des relations entre les entreprises et les organisations représentant des intérêts de la société, mais elles étaient longtemps réduites à deux schémas dominants : la confrontation ou le mécénat. L’innovation de Jérôme Auriac est de sortir cette relation des directions de la communication pour la mettre au cœur de la stratégie et de créer des liens radicalement nouveaux entre ces deux univers, allant jusqu'au co-développement.

Depuis la création de sa société il y a trois ans, Jérôme Auriac et son équipe travaillent pour de grandes entreprises et des ONG et s’offrent le luxe de choisir leurs clients. Conscient de créer un nouveau champ de management, Jérôme a à cœur d’enseigner, que ce soit à la Chaire de Social HEC Chaire Social Business Entreprise et Pauvreté ou au Master Développement Durable de l’ ESSEC. Il a également pris le temps, pendant une année off, de bâtir une association au Brésil avec son épouse brésilienne, offrant ainsi à ses deux fils leur première formation de terrain. Ambitieux, généreux et pionnier, « le Jé », comme ses proches l’appellent dans le milieu du développement durable, teste invente et met en place les nouveaux modèles économiques de demain fondés sur la co-création, l’équité et l’environnement. Rien de moins.
cet article est également paru dans Néoplanète numéro du mois de Novembre 2011. www.neo-planete.com
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07 octobre 2011
Les éclaireurs de la crise globale
Jean-Michel Valantin, chercheur en stratégie spécialisé sur les questions d’environnement, auteur de plusieurs ouvrages, se consacre à saisir et à prévenir la crise globale qui arrive. Une crise sans précédent, qui n’a pas la place qu’elle mérite dans les réflexions et les actions des décideurs et intellectuels actuels, à l’exception d’une poignée d’éclaireurs. Jean-Michel Valantin présente ces éclaireurs, dont une grande majorité est d'origine anglo-saxonne, lors d'un entretien inédit avec Alice in Warmingland.
Alice in Warmingland : Les éclaireurs de la crise globale sont-ils des intellectuels comme les autres ?
Non, leur rareté indique leur différence. A l’heure d’une hyper spécialisation de la pensée, ils savent réfléchir à une échelle globale et sont donc bien placés pour analyser la crise à venir qui est de nature globale, car multifactorielle. Ils réfléchissent en amont, à partir de plusieurs variables, comme l’économie, le climat, les ressources naturelles, la finance, l’agriculture, la santé, la sécurité en comprennent les croisements et les effets domino en cours. Ils ont bien sûr souvent une spécialisation au départ, comme la défense, la géopolitique, la philosophie, la sociologie, l’urbanisme ou l’histoire, mais ils les éclairent avec d’autres champs. Par ce jeu d’interactions entre différentes disciplines, ils aboutissent tous au même cocktail explosif, une crise globale sans précédent à l’échelle de la planète. Ils diffèrent en revanche sur les capacités de réaction et de résilience des hommes face à cette crise. Deux camps se dessinent, les optimistes et les pessimistes.
Alice in Warmingland : Nous comprenons que la crise globale résulte d’une tragique combinaison de facteurs. Qui sont aujourd’hui les penseurs qui perçoivent le mieux ces interdépendances?
Deux auteurs me semblent incontournables. Michael Klare est un grand analyste des questions stratégiques et militaires américaines depuis 10 ans. Il est l’un des meilleurs analystes sur le lien entre les conflits liés à la compétition pour les matières premières, le pétrole et les ressources géologiques. Il permet de comprendre le lien entre la sécurité et l’environnement. C’est déjà très important.
J. Howard Kunstler, urbaniste, spécialisé sur les grandes banlieues américaines qu’il considère comme "le plus grand gaspillage de ressources de l’histoire humaine", part d’un angle plus atypique. Il décrypte les interactions entre environnement, société et sécurité à l’échelle planétaire. Il appelle notre XXIème "le siècle de la longue urgence", dans lequel les problèmes de changement climatique, de crise des hydrocarbures, de pénurie d’eau et de nouvelles pandémies, vont entrer en synergie, ce qui aboutira à une grande fragilisation des sociétés. Cela posera selon lui inévitablement des questions de sécurité et de défense, car il faudra assurer l’accès à la nourriture et gérer les conflits.
Alice in Warmingland : Une fois la crise planétaire arrivée, comment les sociétés réagiront-elles ? Y aura-t-il forcément des conflits?
Je reformule la question, les questions environnementales vont-elles entrainer la guerre ou la paix ? Malheureusement la plupart de ces visionnaires penchent pour la guerre. Jacques Blamont, ancien directeur du CNES et responsable du programme Ariane, montre bien le risque de convergence entre les évolutions environnementales et les nouvelles évolutions technologiques stratégiques, comme le problème de la prolifération des armes nucléaires. Le risque, c’est que les inégalités augmentent. Les territoires du Nord, selon lui mieux préparés, seront une valeur refuge, un lieu probable de résilience, tandis que ceux du Sud subiront de plein fouet la crise. Tout cela risque de générer une montée des agressions asymétriques, le Sud se retournant alors contre le Nord. On risquerait ainsi d’aboutir à deux mondes totalement séparés, l’un préservé, comprenant l’Amérique du Nord et l’Europe de l’Ouest, et l’autre, c’est-à-dire le reste du monde, durement touché, sous tension. Pour continuer à se préserver, des stratégies de plus en plus dures seraient mises en place par les pays du Nord. Et les tensions idéologiques ne pourront que se renforcer.
Alice in Warmingland : Et la vision optimiste ?
Herald Welzer a posé une excellente question qui est le titre de l’un des ses ouvrages, « Pourquoi on tue au XXI è siècle ? » Il y analyse les facteurs de mortalité induits par le réchauffement climatique et les facteurs de tension sociale, ainsi que les risques de radicalités idéologiques. Il redoute la mort de populations entières en Afrique, du fait de la sécheresse. L’Afrique, selon son analyse, combine tous les grands facteurs de vulnérabilité, politiques, environnementaux et économiques. Il appelle un réveil éthique, se bat pour une solution solidaire, consistant tout simplement à ne pas laisser mourir le continent africain.
André Lebeau, ancien directeur du CNES, analyse lui aussi le rapport entre l’humanité et son
environnement sous l’angle de la crise des ressources. Pour lui, l’impasse impose impérativement de raisonner en termes de partage, les conditions d’existence sur la planète ne pouvant être l’apanage d’un sous-groupe ou d’une zone géographique. Lui aussi se bat pour une solution plus positive, pour une culture du partage.
Enfin, Jeremy Rifkin, en proposant une lecture de l’humanité sous l’angle de l’empathie, ouvre également une voie d’espérance. Il est convaincu que l’empathie est une donnée constituante de l’homme qui pourra le sauver de la catastrophe ou en tout cas lui permettre d’agir avec plus de solidarité au moment de la catastrophe. Bien sur, Edgar Morin, en appelant lui aussi à une réaction éthique, participe de ce mouvement.
Alice in Warmingland : A l’exception d’Edgar Morin, aucun auteur dans cette liste n’est connu du grand public, c’est inquiétant. N’y a-t-il donc pas aujourd’hui parmi les intellectuels médiatisés, de visionnaires aptes à prévenir de ce qui arrive ?
Les intellectuels les plus audacieux, les plus lucides et les plus tournés vers les temps présents à venir sont ceux qui sont les mieux outillés pour penser la crise. Ce ne sont donc pas ceux, très nombreux, qui se consacrent à revisiter encore et encore l’histoire de la philosophie. Parmi les intellectuels médiatisés, Peter Sloterdijk et Slavoj Zizek sont selon moi les plus pertinents. Ils ont une approche à la fois extrêmement lucide et multifactorielle. Des penseurs renommés comme Christopher Lash, Karl Polany, Norbert Elias, ou aujourd’hui dans un autre registre, par exemple Jared Diamond, avec son fameux ouvrage "Effondrement", dans lequel il analyse l'extinction de certaines civilisations du fait de la raréfaction des ressources conjuguée à des décisions politiques inadaptées, offrent tous une approche consciente de la fragilité de l’édifice sur lequel nous avons bâti nos sociétés.
Alice in Warmingland : Peu de ces auteurs sont connus du grand public ! Alors comment peut-il être prévenu de ce qui arrive ? Comment la société dans son ensemble peut-être savoir ?
La crise à venir est également très bien sentie pas les artistes, qui sont depuis toujours des capteurs de signaux faibles, elle est palpable là où sont mis en scène la peur et les mauvais pressentiments, au cinéma, la télévision, les romans de science-fiction, et cela peut être des succès commerciaux mondiaux. Franck Herbert, dans le livre de science-fiction « Dune » qui a donné le film du même nom, montre parfaitement le lien entre la maitrise des ressources vitales et l’exercice de la puissance. « Le Seigneur des Anneaux » met également en scène le danger à rompre les grands équilibres. Plus récemment, le dernier James Bond « Quantum of Solace » fait comprendre la question de l’eau comme enjeu stratégique, ou encore « Survivors », étonnante série de la BBC, qui pose la question de la survie après une épidémie mondiale. Depuis la naissance du cinéma, «King-Kong» ne cesse de revenir avec de multiples versions, mettant en scène l’incessante leçon sur l’importance de notre lien à l’environnement et sur la crainte d’un effet boomerang suite à notre trop grande prédation. Même la télévision fait appel à cet imaginaire, la série MI5 place l’environnement et la crise des ressources au centre de nombreux épisodes des saisons 4, 5, et 6 ! Et même les enfants peuvent comprendre, « 20 000 lieues sur les mers » de Jules Verne aborde déjà des questions contemporaines essentielles ! L’accès à la prise de conscience est possible, à la fois par la raison et par la sensibilité
Alice in Warmingland : Une fois au courant des scenarii tragiques, que faire ?
Sublimer l’angoisse qu’ils génèrent et la transformer en action. Il faut tout faire pour que les pires scénarii n’arrivent pas, et pour cela nous devons nous en croire capables, même si une augmentation de la température moyenne de +2° est aujourd’hui une très forte possibilité. Nous devons avancer parallèlement sur deux fronts, l’adaptation à la crise et la lutte contre les facteurs aggravant les changements d’ores et déjà engagés. Nous devons réagir vite et bien à tous les niveaux, à une échelle personnelle, communale, départementale, régionale, nationale et internationale. La bonne nouvelle, c'est que cette dynamique est enclenchée.
Les livres-éclaireurs de la crise globale
"The Race for What's Left: The Global Scramble for the World's Last Resources", Michael T Klare, 2011
"Something New Under the Sun: An Environmental History of the Twentieth-Century World", John Mc Neil, Penguin Books, 2000
"Future History of the Artic", Charles Emmerson, The Bodley Head, 2010
"Introduction au siècle des menaces", Jacques Blamont Odile Jacob, 2004
"Oilopoly", Marshal Goldman, Onworld Publication, 2010
"Climate Wars", Gwynne Dyer, Oneworld Publications (2010)
"The Long Emergency: Surviving the Converging Catastrophes of the Twenty-First Century", James Howard Kunstler, Atlantic Books, 2005.
"Resource wars, The New Landscape of Global Conflict", Micheal T Klare A Metropolitan/Holt Paperbacks Book, March 2002
"Rising Powers, Shrinking Planet", The New Geopolitics of Energy, Michael T Klare, Holt Paperbacks, March 2009
"Les horizons terrestres ; réflexions sur la survie de l’humanité", André Lebeau, Editions Gallimard, collection « Le débat », Paris, 2011
Ouvrages de Jean-michel Valantin
"Hollywood, Le Pentagone et Washington", Editions Autrement, 2003, 2010
"Ecologie et Gouvernance Mondiale", Editions Autrement, 2007
"Menaces climatiques sur l'ordre mondial", Lignes De Repères Editions, 2005
Cet article a également été publié sur le site de Terra Eco
http://www.terraeco.net/Les-penseurs-visionnaires,40263.h...
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21 septembre 2011
Le portrait d'Alice : Michèle Rivasi
Le "Portrait d'Alice" est publié dans chaque numéro du magazine Néoplanète. www.neo-planete.com
Numéro octobre 2011.
Députée européenne Europe Écologie, Michèle Rivasi, ne se déplace jamais pour rien à Bruxelles. Ses combatssont nombreux et courageux : gaz de schiste, OGM, nucléaire, grippe A, Mediator…Michèle Rivasi se bat jusqu’au bout. Ses principales armes sont ses convictions, sa solide formation scientifique (elle est une ancienne élève de l’École normale supérieure de Fontenay-aux-Roses) et son expérience politique (ancienne députée de la Drôme).
Déjà rentrée dans l'histoire? Ses initiatives militantes historiques sont nombreuses. Elle fonde en 1986,suite à la catastrophe de Tchernobyl, la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD), puis, face à la montée des OGM, l’Observatoire de vigilance et d’alerte écologique (Ovale), aux côtés de Corinne Lepage. Plus tard, quand naît la polémique sur les émissions d’ondes, elle lance le Centre de recherche et d’information indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques (Criirem). Celle qui a le sens du slogan – « Ni dupes ni soumis », c’est elle – propose actuellement à l’Unesco de créer un « Patrimoine radioactif de l’humanité » sur les territoires contaminés par Tchernobyl.
Cette image pugnace et militante masque parfois une autre Michèle, l’esthète, la femme sensuelle et belle, ayant raflé tous les prix de Miss Antinucléaire, qui cultive l’art de vivre dans sa magnifique demeure de la Drôme, qu’elle embellit depuis trente ans. Une maison où chaque pierre et chaque plante participent spontanément à une frappante harmonie. Aujourd’hui remariée avec un homme attaché au terroir, elle est une femme à la fois apaisée et engagée qui, pas à pas, marque l’histoire et gagne la notoriété qu’elle mérite.
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26 juillet 2011
L'inséparabilité du social et de l'écologie
François Flahault, philosophe, et Eloi Laurent, économiste, abordent le social et l'environnement comme un tout, démontrent leur inséparabilité et luttent contre l'arbitrage entre les deux. Leur chemin vers cette vision commune est pourtant différent, il part d'une réflexion sur le bien commun pour le philosophe, et d'une étude des liens entre les inégalités sociales et les crises écologiques pour l'économiste. Ne s'étant jamais rencontrés auparavant, ils croisent pour la première fois leur point de vue, dans les Jardins du Palais-Royal, à l'initiative d'Alice in Warmingland
Derniers ouvrages parus :
-François Flahault, "Où est passé le bien commun" (Mille et une nuits, janvier 2011), "Le crépuscule de Prométhée" (Mille et une nuits, novembre 2008)
-Eloi Laurent, économiste, auteur de "Social-Ecologie" (Flammarion, mars 2011), "Une Union sans cesse moins carbonée ? Vers une meilleure fiscalité européenne contre le changement climatique", avec Jacques Le Cacheux (Notre Europe, 2009)
Alice Audouin : L’écologie et le social font partie du bien commun, une notion malheureusement aujourd'hui peu investie.
François Flahault : Il est évident que notre environnement physique et biologique constitue un bien commun ou bien collectif. Mais notre environnement social et relationnel constitue lui aussi notre milieu de vie et, à ce titre, un bien commun. L’écologie ne concerne pas seulement notre existence matérielle, mais aussi notre existence sociale et notre existence psychique. Chacun de nous vit dans un écosystème complexe fait de ses relations directes ou indirectes avec les autres, de tout ce qui structure ces relations, mœurs, institutions, lois, entreprises, État, de tout ce qui les nourrit, culture, activités de toute sorte, goûts que l'on partage, biens matériels et immatériels, et bien sûr, de ressources naturelles. Quand cet écosystème se disloque, l'être humain se désagrège avec lui. Les dépressions liées au chômage, marquant la perte de lien social, en sont une preuve. Derrière la dégradation du lien social, du travail, de l'environnement, des institutions et la montée des inégalités sociales, ce sont les conditions d'existence et d'épanouissement de l'humain qui sont en jeu et qui sont menacées. Nous agissons comme si la vie sociale allait de soi, nous regardons la société comme une donnée, comme une route où l'on conduirait ensuite à sa guise son propre véhicule, mais il s'agit au contraire d'un terreau fragile, qui peut facilement se dégrader et qui doit donc sans cesse être entretenu et jardiné. Pour cela, le bien commun doit être réinvesti, c'est une notion bien plus bien plus riche que celle d'intérêt général qui a une origine économique et politique, définie comme la somme des intérêts particuliers. La somme des intérêts individuels n'équivaut pas forcément au bien commun, surtout dans une société où ces intérêts sont plus que jamais de court terme.
Eloi Laurent : En économie, l'approche théorique standard consiste à penser que les mécanismes de coopération sont optimaux, qu’ils n’ont pas besoin d’être entretenus ou corrigés. Or les crises écologiques et les inégalités sociales sont la preuve que les mécanismes de coopération existants, économiques et politiques, ne sont pas optimaux et doivent être corrigés. La "tragédie des communs" de Garrett Hardin nous démontre depuis 1968 que pour atteindre un optimum social et écologique, la poursuite de l’intérêt individuel ne suffit pas. Si chacun ne pense qu’à son propre territoire, il finit à long terme par le détruire. Le duel de notre époque, c’est donc la "main invisible" d'Adam Smith contre "la tragédie des communs" de Garrett Hardin, avec Elinor Ostrom, et ses bonnes institutions de gouvernance écologique, comme juge de paix !
Alice Audouin : Peu d'ouvrages de philosophie s'attachent à ce point de départ de l'être humain, aux conditions préalables et nécessaires à sa viabilité et à sa pérennité.
François Flahault : Cette approche est malheureusement marginale, car elle introduit les dernières découvertes la primatologie, la paléoanthropologie et de la pédopsychiatrie, qui démontrent le besoin qu’a l’être humain, non seulement enfant mais aussi adulte, d’un environnement propice pour développer et maintenir une bonne vie physique et psychique. Ces disciplines sont éloignées de la pratique philosophique actuelle essentiellement tournée vers le passé et l’étude de l’histoire de la philosophie. Les philosophes ont tendance à rattacher l’écologie à un rêve d’harmonie, une poétique, un nouvel altruisme, donc loin des concepts qu'ils investissent le plus. L’idée de dire que la vie sociale précède l'être humain, le façonne, parait tellement de bon sens que l’on s’arrête là, cela paraît être une banalité. Pourtant, lorsque ce qui soutient l’existence s’effrite, il faut s’en occuper.
Alice Audouin : Comment la notion de bien commun a-t-elle laissé la place à celle d'intérêt, à l'origine de l'individualisme contemporain?
François Flahault : La notion de bien commun nous vient de l'antiquité. Elle est encore présente chez Thomas D'Aquin qui pense, comme Aristote, que la vie en société est l'état naturel des humains. Cependant, dès le XIVe siècle, les Franciscains ont commencé à penser que l'homme ayant été créé par Dieu, n'a pas eu besoin de la société, des institutions et de la culture pour être pleinement humain, et que ce sont les hommes qui ont délibérément créé la société pour pallier leurs déficiences. Portée par le christianisme, cette idée s'est développée: le rôle de la religion est de répondre à nos besoins spirituels, le rôle de la société est de pourvoir à nos besoins matériels. La sociétécommence à être vue comme une organisation utilitaire. L'idée, présente dans la plupart des sociétés dites païennes, selon laquelle la vie sociale et les cultures humaines sont nécessaires pour soutenir notre existence psychique, cette idée a progressivement perdu sa valeur: contrairement à notre corps, notre âme est une substance incorruptible directement créée par Dieu. Et notre âme, c'est ce qui fait de nous une personne. Il a suffit de remplacer Dieu par la Nature pour laïciser cette croyance et la détacher de son origine religieuse. Ainsi, étant assuré de son existence en tant que personne, chacun est libre d'employer sa raison pour servir ses intérêts en ce monde. Il est même souhaitable qu'il cultive cette passion rationnelle qu'est l'intérêt plutôt que des passions destructrices comme l'amour propre et la guerre. Ainsi naît l'homo oeconomicus, corrélat d'une société conçue comme utilitaire, le tout baignant dans le rêve d'une Providence à l'œuvre dans la nature - rêve cher au XVIIIe siècle, et d'où nous vient, avec la fameuse main invisible, l'idée d'une autorégulation desmarchés. Ainsi, l'individu apparaît à lui-même comme ayant une substance propre, une forme de puissance, de potentiel à exploiter, la société étant une donnée extérieure à lui, un terrain où il va exercer ses qualités propres. Comme si l'homme était d'une autre nature que la société et que la planète où il vit. Un colon, en quelque sorte. Cela ouvre l'imaginaire des destins individuels, où chacun devient le héros de sa propre vie. L'individu compose avec la société, mais ne doit son succès qu'à lui-même et à ses qualités personnelles. C'est le self made man, celui qui se fait tout seul et réussit tout seul, et amasse dans certains cas des millions. Les crises écologiques viennent aujourd'hui briser nos rêves prométhéens, elles nous rappellent que nous sommes faits de la même étoffe que la planète dont nous sommes nés.
Alice Audouin : La croissance apparaît alors comme une locomotive qui traîne des wagons d'externalités négatives aussi bien économiques que sociales. Et ces wagons sont de plus en plus lourds à tirer.
Eloi Laurent : Selon moi, sur le plan historique, tout part de la révolution industrielle. Outre sa dimension technique, avec une rupture nette entre les rythmes naturels et le rythme des machines, elle est tout autant une révolution des institutions, à travers la généralisation des droits de propriété, des contrats et de la mondialisation. Cette révolution institutionnelle autant qu'industrielle aboutit, au plan mondial, à la situation décrite par la formule « The West and the rest » (l’ouest et le reste) et marque le début d’un déséquilibre. La Chine, aussi prospère que les pays occidentaux jusqu’à la fin du XVIIème, décroche, et à l’inverse un minuscule pays, l’Angleterre, devient le Royaume-Uni avec un empire économique gigantesque. Tous les rapports précédents entre les pays sont dynamités. Avec la révolution industrielle, trois phénomènes se juxtaposent, premièrement, la prospérité économique dans un cadre de croissance démographique, ce qui donne tort à Malthus qui a pourtant raison pour les 18 siècles qui l'ont précédés ; deuxièmement, le début des dérèglements globaux environnementaux, les crises écologiques démarrent dès le début du 19ème ; et troisièmement, l’apparition de nouvelles inégalités sociales, le creusement de l?écart entre les plus riches et les plus pauvres, non seulement entre les pays mais également dans les pays. 1950 marque ensuite une autre accélération, encore plus vertigineuse : on passe de la révolution industrielle à la croissance industrielle. Puis arrivent les années 90 avec l’ultime étape, la mondialisation de cette croissance industrielle. Et tous les effets positifs et négatifs se démultiplient alors. La prospérité, les crises environnementales et les nouvelles inégalités sociales se diffusent à une échelle mondiale.
François Flahault : Les choses empirent à l'Ouest depuis la chute du bloc de l'Est. Avant sa dislocation, il servait de contre pouvoir, y compris en termes de droits sociaux. Les standards étaient élevés chez nous, car le système communiste, concurrent du système capitaliste, se déclarait champion sur ce volet-là, il s'agissait donc de ne pas se montrer trop inférieur, afin de ne pas faire basculer les électeurs de l'autre côté. Syndicats, droits sociaux, acquis sociaux jouaient un rôle politique, dans le cadre de cette concurrence avec l’Est. Une fois le bloc de l’Est dissous, il n’y a plus de scrupules ou de précaution à avoir, et l'on se retrouve avec une seule croyance, une seule idéologie, qui se répand sur la planète, sans adversaire. Le "moi je" triomphe, fondé sur cette fausse idée d'un "je" parfaitement autonome. Il est intéressant d'analyser les discussions autour de la charte de la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948. Dans cette déclaration, il y a un noyau universel, une règle d'or fondamentale, de nature morale, cette idée de ne pas faire aux autres ce que l’on ne voudrait pas qu’ils nous fassent, c’est très bien, mais on reste dans une approche juridique fondée sur une liberté individuelle conçue comme indépendante de la vie sociale. On prend la société comme une donnée, sans se préoccuper de ce qui la rend bonne ou mauvaise, de ce qui va justement lui permette d’être ou non garante des droits des individus. C'est insuffisant. Certains ont pourtant soulevé la question, au moment de sa rédaction, d'y adjoindre la notion de devoir, dans une vision plus systémique de réciprocité entre l'individu et le tissu social. Définir le bien commun et ses modalités de préservation, ce que serait une société "bonne" et les modalités pour qu'elle le reste, est le travail en amont qui n'a malheureusement jamais été fait, aboutissant à une société très individualiste, où chacun a des exigences vis-à-vis de la société devenue une sorte de comptoir de réclamations. Les droits de l'homme ne sont pas la condition mais le résultat du bien commun, qui lui, n'est malheureusement pas investi. Dans mon livre j’essaie de démontrer que les droits de l'homme ont besoin du bien commun, pour ne pas rester boiteux.
Alice Audouin : Comment justement combiner l’environnement et le social pour aboutir à une société durable?
Eloi Laurent : Il faut cesser d’arbitrer entre le social et l’environnement. Comprenons que la notion même d’arbitrage entre les deux est un non sens. Aujourd’hui, telles que les choses sont présentées et souvent pensées, la question sociale est brandie comme étendard contre la protection de l’environnement. On a su créer un lien positif entre économie et écologie à travers l'économie verte, il est temps que le même couplage se fasse entre social et écologie. Il faut concevoir en amont le lien entre les deux, comme le font déjà la Suède ou l’Allemagne. La taxe carbone se passe très bien en Suède, car ce pays a pensé en amont les impacts sociaux négatifs et les a compensés. Les politiques écologiques ne peuvent exister autrement qu'encastrées dans les politiques sociales. Si un segment de population subit un effet néfaste sur le plan social en raison d'une mesure environnementale, comme dans l’exemple de la taxe carbone qui pénalise en effet en théorie les plus modestes, ce n’est pas la mesurequ’il faut retirer, mais une mesure supplémentaire qu’il faut instaurer pour la population en question, c’est pourtant du bon sens!
Alice Audouin : Si les inégalités sociales sont en amont et aval des crises écologiques, quelles seraient les mesures prioritaires à mettre en place pour lutter contre elles?
Eloi Laurent : A l’échelle de la France, la réduction des inégalités sociales passe par de nombreuses mesures, dont l’augmentation du taux d’imposition pour les plus riches. Il faut réarmer socialement l’impôt. Les Etats-Unis, sous Roosevelt, ont taxé les plus riches à 90 %. Les fortunes taxées n’ont pas quitté les Etats-Unis pour autant. La menace de la concurrence fiscale est dans une certaine mesure un prétexte, surtout pour un pays comme la France, où l'on souhaite vivre et résider. Dans leur articulation directe avec l’environnement, les inégalités sociales doivent être comprises selon la perspective des inégalités environnementales, et en leur sein, la précarité énergétique, qui touche déjà 13 % de ménages et va exploser avec la hausse du prix de l’énergie fossile, est une priorité. En la connectant aux grands projets de rénovation thermique et à une politique de transition énergétique, on peut associer les plus modestes et les classes moyennes, car on peut à la fois réduire la pauvreté et créer des emplois. Il faut plus généralement lutter contre les inégalités environnementales, en intégrant le degré de vulnérabilité de certaines populations. On a tous le souvenir de la canicule de 2003 qui avait majoritairement touché les personnes âgées isolées. Les niveaux de risque, d’exposition, ne sont pas les mêmes selon les populations, en fonction de l'âge, du statut social. Cette justice environnementale est aussi et peut-être surtout à mettre en oeuvre à l’échelle globale. Prenons la question du dérèglement climatique, Les pays riches, non seulement responsables des trois quart des émissions depuis le 19ème, ont aussi davantage de capacités d?’daptation, là encore l'inégalité est au coeur de la crise écologique.
Alice Audouin : La conscience s'accélère, les propositions sont prêtes, et pourtant l'action semble paralysée, n'êtes vous pas découragés ?
Eloi Laurent : Tout s'accélère en matière d’environnement, mais malheureusement la crise avance plus vite encore que la prise de conscience. Les derniers chiffres sur les émissions de gaz à effet de serre annoncent des avenirs encore plus sombres que prévus. Je crains une désynchronisation, un temps de retard de la réaction humaine, si rapide soit-elle. C’est un peu Achille et la tortue. Mais je crois au progrès des politiques publiques porté par la soif de justice, je crois au découplage absolu entre développement humain et impact environnemental et à la redéfinition de la richesse et du bien-être.
François Flahault : La notion de progrès a eu le vent en poupe tant qu'on a pu croire qu'il se réaliserait de lui-même, en vertu de la main invisible ou bien des lois de l'Histoire. Mais comme il est de plus en plus évident que tout progrès repose sur des efforts humains et qu'il n'y a pas de providence naturelle qui le garantisse, la tendance, aujourd'hui, est à la baisse des ambitions, sauf bien sûr en termes de richesse matérielle. Je suis frappé par cette atmosphère de renoncement. Même les partis de gauche semblent avoir perdu cette volonté de progrès qui se traduit par une lutte contre l'injustice sociale. On baisse les bras, et cela alors que la qualité de vie sociale et l'environnement sont menacés et que les ressources qui permettraient d'y faire face n'ont jamais été aussi abondantes. Alors, c'est le moment de repenser à un exemple encourageant: au cours des années 1780, une poignée de gens ont entrepris d'abolir la traite et l'esclavage alors que ceux-ci n'avaient jamais été aussi profitables. Ils n'ont pas baissé les bras et leur ténacité a fini par porter des fruits.
Alice Audouin 25 juillet 2011
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21 juin 2010
Portrait : Michket Krifa
« Mon image c’est moi qui la donne » : c’est le principe éthique que l’organisatrice d’expositions Michket Krifa, commissaire d'exposition, applique dans tout ce qu’elle entreprend en Afrique et Moyen-Orient. Mettre l’image de l’Afrique aux mains des africains, mettre l’image des femmes musulmanes aux mains des femmes musulmanes, voilà une démarche qui parait naturelle et qui est pourtant rare dans la vie culturelle, encore très centrée sur l’occident et son regard sur le monde. Cette image « de l’intérieur » a pour vertu de faire tomber les aprioris de ceux qui s’étaient construit une image erronée. La représentation du rapport Nord Sud s’en trouve réajustée.
« En Afrique, les injustices du passé ne sont pas seulement dans la terre, mais dans les semences. L’art consiste à dégager des terres neuves et réparer les anciennes. » Restituer l’image de soi, créer la représentation de soi, c'est le principe des expositions qu’elle organise sur le Moyen-Orient (Regards Persans, Printemps Palestinien, Women by Women…). Ses expositions sur les femmes musulmanes sont des espaces d’expression, non de dénonciation, qui font tomber les stéréotypes orientalisants et les visions instrumentales des pouvoirs arabes. Ce principe a fait des merveilles aux dernières rencontres de Bamako, la biennale africaine de la photographie dont Michket est la directrice artistique, qui ont offert une image nouvelle de l’Afrique, dans la nuance, la subtilité, l’altérité, l’échange. Pour la prochaine édition en 2011, Michket ne dérogera pas à ses principes.
Très concernée par l’environnement, Michket rappelle que le lien à la terre et à l’environnement joue un rôle central pour les artistes africains « les conditions de vie et climatiques ne sont pas toujours faciles, les problèmes liés à la vie sont concrets et entrent naturellement dans le champ de la créativité ». Et au final, c’est l’image que l’Afrique renvoie de l’occident qui devient riche d’enseignement. "Je renvoie aux
Occidentaux ce qui leur appartient, c'est à dire les rebuts de la société de consommation qui nous envahissent tous les jours", dit l’artiste béninois Romuald Hazoumé, qui construit ses œuvres à partir de déchets, tout comme le grand artiste ghanéen El Anatsui (photo ci-contre).
Née en Tunisie, musulmane non pratiquante, Michket Krifa fut d’abord actrice, mais le marché du cinéma tunisien ne lui permettait pas de faire carrière. Venue en France, elle refusa les rôles « d’arabe de service » selon son expression et amorça des études sur le lien entre cinéma et histoire. Pour elle, le culturel, le social et le politique doivent être étudiés ensemble.
Ses gestes écologiques au quotidien sont dictés par son fils « super écolo ». Michket, aussi belle à 50 ans qu’à ses débuts, met le curseur sur l’être et non l’avoir. « Le temps, la distance, la rêverie sont devenus un luxe dans nos vies. » Elle tente d’extraire ces moments de grâce dans un agenda rempli jusqu’en 2015.
Portrait publié (dans sa version courte) dans Neoplanète, numéro 14
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19 mars 2010
Gary Hirshberg : Bio loves Walmart
Article publié dans Neoplanète numéro Avril/Mai 2010.
Interview réalisé le 5 février à Paris.
Gary est américain, (vieux) beau, riche, célèbre, père de famille exemplaire, directeur général. Bref, Gary est une success story américaine.
What else ? Son entreprise enregistre depuis environ 20 ans une croissance moyenne de 20 % par an. Il est dans le pétrole ? Pas du tout. Il est dans le yaourt Bio.
Il vient de loin… de l’époque où le Bio concernait seulement les babas et non les bobos, où le développement durable n’était pas encore né et où les consommacteurs représentaient 0,0001 % de la population américaine. Se lancer dans le lait Bio avec neuf vaches a été la première pierre de son entreprise Stonyfield, au début des années 80. Mettant toutes ses ressources à créer un circuit de production coûteux (ressources durablement gérées, fournisseurs éparpillés, main d’œuvre mieux rémunérée…) et ne pouvant donc compter sur la publicité, épuisé de distribuer lui-même des échantillons dans les supermarchés, il décide alors de proposer aux consommateurs d’adopter une vache en échange d’une lettre de la vache deux fois par an. Des milliers de personnes trouvent cette idée amusante (ils reçoivent aujourd’hui quatre e-mails par an de leur vache) et Stonyfield réussit à passer à une dimension supérieure. Comme ses amis pionniers de l'époque (Ben & Jerry's, Body Shop...) sauf Patagonia, il revend vingt ans plus tard son entreprise à une multinationale (Danone). Ses produits trônent désormais sur les linéaires des supermarchés, y compris en France sous l’appellation Les deux vaches (faut vraiment qu’il ne parle français pour avoir laissé passer un nom comme ça !). Pour lui le passage de la petite entreprise Bio à la multinationale va dans le bon sens, car la seule solution pour que le Bio entre dans les usages de consommation, c’est d’en baisser le coût, donc d’en vendre plus. Plus on vend, plus il y a de fournisseurs de lait bio, plus il est facile d’organiser la production et ainsi de suite. Gary défend cet argument dans le documentaire Food Inc. qui décrit l'industrie alimentaire américaine et qui obtient actuellement un grand écho aux Etats-Unis. Et quant à savoir si le Bio répond à des préoccupations d’ordre individuel ou collectif, Gary reste pragmatique « Les gens se mettent au bio à trois occasions : lorsqu’ils ont le projet d’avoir un enfant, à l’occasion d’un problème de santé, et au travers de l’influence de quelqu’un d’autre. Ils mangent bio avant tout pour eux, pas pour la planète, mais ce qui est bon pour eux est bon pour la planète.» Aux Etats-Unis, les yaourts Stonyfield font actuellement la promo du livre « Anti cancer » de David Servan-Schreiber, avec le slogan « La super arme dans la guerre contre le cancer : Votre nourriture » démontrant ainsi le poids de l’argument santé. Il reste plus efficace de miser sur l’intérêt individuel pour gagner de grands marchés.
10:29 Publié dans Chroniques (Néoplanète), Interviews & Portraits | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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29 janvier 2010
Portrait de Jean Michel Valantin
Portrait publié dans Neoplanète, Numéro Fevrier/Mars - dans le magazine, le texte est légèrement différent... du fait de l'intervention armée du SR sans doute inspiré par le thème de l'article :-) ... avec des dommages collateraux sur le sens de certaines phrases et l'exactitude de l'info :-)
Jean-Michel Valantin voit le réchauffement climatique avec les yeux Sun Tzu et non ceux de Joan Baez : comme une guerre. Historien, docteur et chercheur indépendant en études stratégiques, il est l’un des tout premiers spécialistes mondiaux de la question des effets politiques du réchauffement global qu’il nomme la « sécurité climatique ». Pour lui, la géopolitique va être bouleversée par l’ensemble des conséquences du désordre climatique : montée des eaux, désertification, crise alimentaire, etc. Et nous ferions bien d’avoir déjà les plans de sauvetage et d’action d’urgence et de les avoir répétés, parce que l’on n’aura pas une deuxième chance de lutter contre l’ennemi. Imaginons le réchauffement climatique comme une invasion spatiale qui viserait tous les pays en même temps, c’est sûr qu’il faudrait être organisés.
Si aujourd’hui, des réseaux de solidarité ainsi que de nombreuses solutions locales sont mis en place pour prévenir ou contrecarrer les effets du réchauffement climatique, il manque une « gouvernance mondiale » pour gérer le phénomène à une échelle planétaire.
Selon Jean-Michel Valantin, c’est l’alliance avec les guerriers et non les baba cool qui peut nous sauver. Un Rambo qui donnerait sa vie pour un ours blanc… ce ne serait pas un peu le héro d’Avatar justement ? Hollywood a tout compris et intègre déjà les enjeux de la sécurité climatique, selon ce spécialiste des relations entre cinéma américain et Défense. Les conflits autour des ressources, la biodiversité, la réduction de l’espace vital, la gouvernance violente ou non violente de la ville, sont les nouveaux thèmes des méga productions Hollywoodiennes et le choix du héros d’Avatar, un guerrier qui abandonne l’instinct de conquête pour celui de préservation, n’est pas anodin !
En attendant, le Général Jean-Michel Bio-Murat prépare ses troupes : toute la jeunesse française scolarisée ! En tant que haut fonctionnaire au développement durable à la direction générale de l’enseignement scolaire du Ministère de l’Education nationale, sa mission est que tous les élèves soient éduqués au développement durable. A quand les exercices d’entrainement ? Et une deux ! une deux ! ... Parez ? Protégez !
Lire Jean-Michel Valantin : Écologie et gouvernance mondiale, Autrement, 2007 Menaces climatiques sur l'ordre mondial, Lignes de repères, 2005, Hollywood Washington Le Pentagone, Autrement, 2003 (réédition en 2010, avec l'analyse d'Avatar of course)
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26 novembre 2009
Cécile Ducrot-Lochard, la Philanthropie VIP
Article publié dans Neoplanète, numéro Nov / Déc 2009
Cécile est sans doute la seule salariée d’ONG à devoir porter des diadèmes de diamants pour son boulot ! Experte en « finance philanthropique », qui signifie en gros : « donner un peu de ce que l’on possède beaucoup », Cécile a pour profession de convaincre des personnes fortunées d’aider des grandes causes. Exemple de mission : persuader son voisin de table lors d’un diner de gala de sauver le thon rouge qu’il est entrain de manger. Cécile est à la finance philanthropique ce que Hugh Grant est à l’accent anglais : elle est née avec. Son papa, fondateur d’Apogé, compte parmi les pionniers en France de « l’ISR » (Investissement Socialement Responsable). Elle collabore avec lui dès son diplôme d’école de commerce en poche et apprend son métier : convaincre les grands fortunes de placer leur argent de façon « responsable » Elle devient ensuite directrice des « grands donateurs » du WWF. Quand Cécile s’occupe de trouver des fonds pour une grande cause, c’est un peu comme quand Sharon Stone anime les enchères pour le sida à Cannes : plus efficace et plus glamour que mamie Liz Taylor. La belle aux diamants (gracieusement prêtés par Adamence) manie le Bottin Mondain pour la bonne cause et collectionne les paires de chaussures pour promouvoir la sobriété heureuse. Paradoxe diront certains, modernité diront d’autres, dans tous les cas, Cécile vit parfaitement cette position d’intermédiaire entre deux mondes opposés. Passionnée par le microcrédit, Cécile se lance un nouveau défi, convaincre les dirigeants des grandes entreprises de nouer un partenariat avec Microworld, la nouvelle activité de Planète Finance. Elle n’a pas encore choisi sa tenue…
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16 septembre 2009
Erwan Le Louer, eco-entrepreneur
Article publié dans Néoplanète numéro 10 Septembre/octobre 2009

Erwan Le Louer compte parmi les jeunes éco-entrepreneurs à suivre. Son originalité ? Introduire l’éthique et le développement durable dans un secteur jusqu’ici peu engagé sur ces problématiques : le bijou en or. Avec un père chef d’entreprise et une mère danseuse à l’Opéra de Paris, Erwan a toujours côtoyé l’univers du luxe et s’est lancé un défi : rendre les bijoux éthiques. C’était il a deux ans, il avait…23 ans ! Il consacre alors deux années, dont une parallèle de son année de master de l’ESDI (Ecole supérieur de design industriel) à la recherche des meilleurs partenaires. Sa famille et ses amis sont ses premiers « business angels ». JEL (« Jewellery Ethical Luxury) est créée en septembre 2008. Aussi à l’aise avec la clientèle haut de gamme que sur le terrain, avec des ONG en Amazonie, Erwan met au point une fabrication de bijoux exemplaire, fondée sur une chaîne de traçabilité transparente, garantie sans cyanure ni mercure. Mais c’est surtout en matière de service que JEL innove : elle est en effet la première à proposer du recyclage de bijoux. Réduire, réutiliser, recycler, les « 3R » sont enfin entrés dans le monde de la parure. www.j-e-l.fr
Téléchargert l'article : erwanlelouer.doc
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| Tags : jel, jewellery ethical luxury, erwan le louer |
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15 juin 2009
Bettina Laville : No Show
Ce article a été publié dans Neoplanète numéro Juin/Juillet
Bettina Laville : No Show
Escarpins vernis, veste couture, rangs de perles au cou, jupe longue, carré blond impeccable, Bettina Laville affiche d’emblée un style indémodable donc durable. Pas de spectacle non plus du côté de ses interventions orales, suivant un plan en neuf parties détaillé en préambule, ponctuées de citations philosophiques allemandes ou d’hommes politiques du gouvernement précédent et agrémentées d’un humour perceptible au clignement de sa paupière gauche. Bettina Laville parle et se montre à son niveau : l’élite sans esbroufe. Lorsqu’elle fait avancer l’environnement, c’est à grande échelle, mais en restant discrète. Commençons par les diplômes. Bettina aligne l’ENA, major de Sciences Po et un doctorat de lettres modernes. La jeune Bettina entre ensuite au gouvernement pour y faire avancer sa vocation, l’environnement, et rien de
moins qu’au Ministère de l’environnement, à Matignon et à l’Elysée. Bettina décide ensuite de s’occuper de plus près du citoyen consommateur. Elle fonde Vraiment Durable, mouvement autour de la consommation durable, agit en tant qu’élue locale puis chargée de la consultation du public du Grenelle de l’environnement. Aujourd’hui, Bettina relève encore un nouveau défi : faire avancer les entreprises. A son habitude, elle crée elle-même le grand chemin pour y arriver. Elle monte actuellement le département juridique développement durable du prestigieux cabinet PwC. Toujours discrète, mais avec des moyens de taille. Et demain, où Bettina lancera-t-elle ses nouveaux chemins ? Dans des livres. Dores et déjà co-auteur du Manifeste pour l'environnement au XXIème siècle (1996), Bettina travaille à l’écriture de deux romans, où l’environnement aura sa place habituelle. L'action de Bettina la rend malgré elle de plus en plus visible, mais respectons là : no flash.
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28 avril 2009
Barbara Coignet, créatrice du Salon 1.618
Cet article a été publié dans Neoplanète numéro Avril/mai
Barbara Coignet… alias Barbarella Poignet ! est une bombe (anti-)atomique avec une poigne de fer qui, lorsqu’elle se met au service du développement durable, devient très subtile. Belle trentenaire captivante à la chevelure botticellienne, Barbara suscite l’enthousiasme, même lorsqu’elle parle de son médicament pour le rhume. C’est une pro de la comm, mais aussi un entrepreneur hors pair qui créa BMCS, sa propre agence dédiée à la mode, pendant ses études à l’âge de 21 ans ! Sa vie, c’est la mode et dans la mode, son exigence, c’est l’esthétique. Il y a
un an, la moutarde lui monte au nez (mais sans l’enlaidir) en constatant que son goût pour le raffinement est mis à mal par la mode « green » qu’elle veut pourtant soutenir. Aider quelque chose qu’elle ne trouve pas beau… impossible ! Sacré dilemme ! Barbara Coignet se lance alors un nouveau challenge : démontrer que les atouts de la beauté que sont le mystère, l’harmonie, le style, peuvent être au rendez-vous d’une consommation plus responsable. Spécialisée sur les clients plutôt aisés, elle se met au défi de les faire consommer mieux et de respecter la planète sans renoncer à une grande qualité de vie. Du 15 au 17 mai, le résultat de sa détermination, le premier événement « éco-esthético-chic » fera l’actualité. Salon 1.618, Palais de Tokyo, Paris. www.1618-paris.com
Télécharger l'article : barbara.pdf Voir le magazine : www.neo-planete.com
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18 mars 2009
François Flahaut : le rapport de l’homme à la démesure
Le philosophe François Flahaut, auteur du livre Le Crépuscule de Prométhée (éd. Mille et une nuits), apporte un éclairage original sur les sources culturelles et mythologiques des crises économique, sociale et environnementale actuelles. Directeur de recherche au CNRS, il collabore avec l’EHESS et le Conseil de L’Europe sur les nouveaux indicateurs de richesse. Il prépare, avec Philippe Chapuis, un documentaire à partir de son livre.
François Flahaut est un philosophe atypique, qui se qualifie lui-même de post-prométhéen. « Ma recherche consiste à m’interroger sur les bases à partir desquelles le monde occidental a pensé. » Pour cela il s’appuie tout autant sur l’anthropologie sociale, la psychanalyse, l’économie, l’écologie, que la philosophie. Il n’entend pas être dans une lignée d’histoire de la philosophie, et pour lui, le concept né de la page blanche comme preuve du génie jaillissant, c’est du « prométhéisme » !
Pour François Flahaut, le mythe de Prométhée est une source culturelle fondamentale des enjeux du monde actuel car il amorce le rapport de l’homme à la démesure. Ce mythe est le signe annonciateur du triomphe de l’homme vis-à-vis de puissances qui lui sont supérieures (les dieux, la nature, etc.). Il inaugure le pouvoir de l’homme sur les choses (Prométhée vole le feu de Zeus). Les choses (l’énergie, mais ensuite la technique, l’économie, les territoires…) sont l’enjeu du pouvoir et dans la vision prométhéenne un homme seul peut prétendre y accéder, renvoyer en conséquence le rapport des hommes entre eux sur un second plan, comme si la volonté, la conquête, l’édification d’un seul homme pouvait être séparée de la société qui l’entoure, de sa lignée. L’héroïsme prométhéen naît ainsi de la détermination d’un être libre, affranchi. Platon se place dans cette vision de l’homme, en le dotant d’un esprit capable de triompher de tout. Le héros Prométhéen se singularise donc par son autonomie, capable de s’émanciper de la société pour avoir une trajectoire libre et personnelle fondée avant tout sur ses qualités, à l’image du créateur, de l’entrepreneur, de l’explorateur, du conquérant, du bâtisseur. A l’opposé, celui qui « a besoin » des autres est perçu dans la hiérarchie prométhéenne comme un « parasite », un être dépendant, qui est loin d’être perçu comme un héros.
François Flahaut donne dans son ouvrage des exemples concrets de héros prométhéens, notamment dans la littérature, où Jules Verne siège au-dessus des autres, décrivant des territoires à conquérir, défier, explorer, maîtriser….par des êtres d’exception.
Dans sa forme contemporaine, le mythe prométhéen se traduit selon François Flahaut, par la puissance technique et économique, l’idéal de progrès, le mouvement d’émancipation de l’individu, la légitimité que l’homme s’octroie d’imposer sa culture à d’autres peuples, etc. : un mélange de réalisations louables mais aussi d’abus et de destruction.
Montesquieu est selon François Flahaut, l’un des derniers philosophes non-prométhéens, qui fut conscient que le pouvoir conduisait intrinsèquement à la démesure. Plaidant pour la séparation des pouvoirs de l’exécutif et du législatif, Montesquieu proposait d’organiser le pouvoir des hommes en le divisant, de façon à ce que chaque pouvoir puisse s’arrêter aux portes d’un autre et ne puisse ainsi s’étendre démesurément. Selon lui, les dangers du désir pouvant devenir illimité et ceux du pouvoir pouvant devenir abusif, nécessitent un contrôle et une sanction organisés. Dans les tragédies grecques, le rôle joué par le Cœur était de dénoncer les abus de pouvoir, partant là aussi du principe qu’il doit d’être contrôlé et sanctionné dans ses abus, car sa nature le pousse à la démesure. Le but est l’équilibre : de la puissance… mais contrôlée. Le pouvoir est conscient de sa tendance à la démesure.
Le Siècle des Lumières marque le tournant décisif et fondateur du cycle prométhéen actuel. Par sa capacité de mobiliser la raison (donc la puissance de l’esprit) et sa lutte contre le fanatisme religieux, les grands penseurs cessent de se méfier de la démesure. Albert Hirschmann dans son livre Les passions et les Intérêts, décrit la mutation majeure du XVIII ème siècle, où une passion dite « mineure », l’intérêt, s’impose pour de bonnes raisons: la paix politique, l’essor économique, l’apaisement des mœurs. La montée en puissance de la notion d’intérêt particulier s’accompagne par une nouvelle vision du monde, qu’Adam Smith incarnera parfaitement : l’équation entre l’intérêt individuel et le bien commun. Cumuler les intérêts particuliers devient le meilleur chemin d’aboutir à l’intérêt collectif. Pas de souci à se faire sur la question de la démesure, l’économie et la finance peuvent se développer car elles sont favorables au bien commun et sont rationnelles car fondées sur l’intérêt ! L’orthodoxie de la pensée économique, peut se développer et ainsi se mondialiser au XXème siècle. Or cette orthodoxie économique repose sur les mêmes représentations que celles qui ont sous tendu sa naissance au XVIIIème siècle, une conception où utilitarisme et le bien commun font cause commune. La rationalité de l’individu devient la meilleure assurance contre ses dérives ! La propension à la démesure est ainsi refoulée, niée. Le désir est valorisé en tant qu’expression de l’émancipation individuelle et l’expression de sa liberté et cesse d’être une menace de par sa propension vers l’illimité.
Si la démesure n’est accessible qu’à une minorité, elle finit, par son effet mimétique, par influencer l’ensemble de la société. Le désir d’argent, au-delà de ce qui est nécessaire pour couvrir ses besoins, est un désir mimétique. Ce mouvement, qu’Hervé Kempf évoque dans son ouvrage Comment les riches détruisent la planète, aboutit ainsi à une impasse que révèle l’écologie : la société scie la branche sur laquelle elle est assise. Alain Grandjean et Jean-Marc Jancovici expliquent cette impasse, au travers de la métaphore de l’Ile de Pâques dans leur dernier ouvrage C’est Maintenant, en montrant comment les ressources de l’île que sont le bois et le poisson finissent par être sacrifiées par les vues spéculatives sur les coquillages (la monnaie).
Nous voilà aujourd’hui. Le réchauffement climatique et ses conséquences de plus en plus alarmantes montrent le résultat de l’addition des intérêts individuels : pas vraiment le bien commun. La nature, définie comme le lieu « de ce que l’on prend et ce que l’on jette », n’a jamais été comptabilisée. Et l’effet boomerang des croyances est là : la finance, lieu de la rationalité présupposée, subit les conséquences d’une conduite abusive. La rationalité prend la tasse.
La crise est pour François Flahaut une occasion unique pour prendre tout d’abord conscience de la propension à la démesure comme structurelle à l’homme et de la vision restreinte de la société et de la nature par la pensée économique. Le réchauffement climatique, ayant la particularité d’être indivisible, de toucher tout le monde, est aussi le moyen de prendre conscience de l’interdépendance des êtres et des choses. Mais l’optimisme n’est pas vraiment de mise, car les intérêts à ce que les choses ne changent pas, profitant à certains, sont sans doute supérieurs à l’émergence des nouvelles idées et à un retour à la sagesse. Aujourd’hui, les crises financières, économiques, environnementales restent séparées et sont abordées avec des réponses spécifiques, qui parfois seulement, se recroisent.
Pour François Flahaut, il est urgent de repenser le pouvoir, de mettre des gardes fous à la propension à « aller trop loin ». Pour cela l’opinion publique a son rôle à jouer (l’équivalent du Cœur dans la tragédie grecque), un rôle de dénonciation, lutte et pression contre les dérives. Mais l’Etat aussi et surtout doit intervenir. A l’heure ou le pouvoir économique s’étend sans contrôle, le pouvoir politique doit être le mur qui limite le pouvoir économique. Le développement de la dimension non utilitariste de la vie sociale est également une piste pour sortir de l’impasse. Ainsi au Conseil de l’Europe, le travail sur les nouveaux indicateurs de richesse, en collaboration avec laCommission sur la Mesure de la Performance Économique et du Progrès Social est un bon point de départ. Mais pour François Flahaut, il est illusoire de développer des nouveaux indicateurs sans se poser la question de la conception du monde qui les porte. Sans nouvelle vision du monde, il n’est pas possible de le changer.
Définir « La vie bonne » dont parlait Aristote est plus que jamais d’actualité.
Entretien réalisé le 14 mars 2009
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29 septembre 2008
John Patrick Organic: figure de la mode éthique aux Etats-Unis
John Patrick, engagé dans le coton biologique depuis 2002 et fondateur d’Organic, est une icône de la mode éthique aux Etats-Unis.
Il figure dans la liste des heureux nominés du fameux CFDA/Vogue USA 2008, où il fait figure d'ovni : militant pro coton biologique (en anglais : « organic coton »), il ne mache pas ses mots sur le secteur de la mode.
Si son militantisme est le reflet de son ambition, a contrario ses vêtements ne portent aucun signe "écolo", ils misent sur un "processus responsable" qui n'a pas besoin de s'afficher, et offrent la part belle au style.
Présent quelques jours à Paris dans le cadre d’un show très privé, il a partagé sa vision personnelle et engagée avec "Alice in Warmingland". John Patrick Fleming possède un style qui ne passe pas inaperçu. Habillé dans un genre dandy fraîchement échappé de Sing Sing, il pousse des cris aigus façon Michel Serrault dans la Cage Aux Folles (avant transformation en mère modèle) mais contrairement aux gens de la mode les mots équitable, biologique, et ethique sont dans chaque phrase. Petit résumé de cette nouvelle vision de la mode.
Porte ce que tu cultives et je te dirai qui tu es
Selon JP, l'héritage agricole est la source de la mode. Le vêtement, l’alimentation et l’agriculture ne font qu’un. Les matières, les gestes, sont ceux d'une histoire commune. Un vêtement doit pourvoir dire d’où il vient, doit pouvoir raconter sa propre histoire. C’est l’opposé de la "fast fashion" en explosion actuellement et du mouvement actuel des marques qui s’uniformisent, se ressemblent, la tendance « the brands are become brand less ». La mode biologique peut redonner du sens aux marques.
Le modèle économique, c’est mère Teresa
Les créateurs ne sont pas là pour s’enrichir, mais enrichir les pauvres, selon la vision du fondateur d'Organic. Il s'agit de trouver davantage de sens à la mode et d'allèger sa dette vis-à-vis de la nature. C'est en replaçant la mode dans son histoire, celle des ressources, celles de la terre. John Patrick n’a pas de Dieu, pas de gourou, mais un seul guide : les paysans les plus pauvres « ce sont pour eux que j’agis ». Pour sauver les paysans indiens qui se suicident par milliers en buvant des pesticides.
Les défilés sont un gâchis
John Patrick ne fait pas de défilés mais des présentations. Les présentations sont des scénettes immobiles avec des mannequins et à forte évocation picturale. Elles permettent le dialogue, la compréhension de la démarche du créateur et de l'histoire du vêtement, ce qui est impossible avec les défilés. De la Slow Mode ! John Patrick a un impératif : il faut réinvestir d’urgence l'argent des défilés dans la formation des jeunes, le recyclage, et programmes agricoles !
C'est le Pérou
En 2002, John Patrick part à la recherche de son Graal : le coton originel, mythique, la fontaine de jouvence du coton, le coton organique, le VRAI coton. Il commence sa recherche par les Etats-Unis où il déplore les ravages de l’industrie cotonnière et la disparition du coton "ancien". Il décide alors de quitter les Etats-Unis et sa vie de créateur de mode « silly » mais admirée et très « upper class » …pour le Pérou ! où son flair lui dit que le coton pur s'y cache...miracle ! il le trouve grâce à l’aide d’un hippie archéologue très "wild", James Vreeland (le neveux de la fameuse Diana Vreeland de Vogue). Il y reste trois ans le temps de bâtir une coopérative.
Le développement durable n'est pas à la mode
Pire que dans le milieu de la pub ou des médias ? Oui, selon John Patrick : le secteur de la mode est majoritairement indifférent au développement durable, il n’a pas de management environnemental ni de directeurs du développement durable. Il est temps de s’y mettre!
Faire avec les moyens du bord
Pour John Patrick, l’esprit bio, c’est faire feu de tout bois. Tant que la filière biologique n’est pas organisée pour l'ensemble des vêtements, il faut improviser. Si un coton bio de qualité disponible est dans des draps, il faut s’en servir pour faire des chemises ! Contrairement à la mode actuelle qui voit la matière au service du créateur, dans la mode bio c’est l’inverse : c’est le créateur qui est au service de la matière. Et celle-ci a ses raretés, ses défaillances, et sa pureté…c’est au créateur de partir de là.
Tout part du tablier
Annmarie Gardner, journaliste du magazine, "Organic Style" a lancé John Patrick dans la mode biologique en lui demandant de créer un vêtement biologique pour son magazine : sa réponse fut un tablier. Ce tablier a été le point de départ d’Organic, la première pièce de sa maison. Aujourd’hui, ses collections font pâlir Ralph Lauren.
Il n’y a pas de concurrents
L’éthique, le bio, tout cela est un mouvement pour John Patrick, il n’y a pas de compétition mais des membres d’un même mouvement. Le but est de se serrer les coudes pour le faire grandir. L’urgence est la création de filières, d’une organisation, de méthodes et de managers qui permettent de diffuser ce qui aujourd’hui une pratique encore trop minoritaire. Organic contribue avec sa filière de coton équitable avec des coopératives au Pérou, qui intègrent également le modèle social du commerce équitable.
Les mannequins sont moins connes
Selon JP, les mannequins sont des alliées pour le mouvement éthique et biologique, elles sont plus saines et plus exigeantes qu’avant et sont à la recherche de marques qui aient du sens. Pour ses présentations, JP bénéficie des meilleures mannequins qui donnent de leur temps à budget écrasé car "elles y croient".
Le drame de la France, c’est le lin
JP ne pleure pas sur la tombe de Jim Morrison quand il est à Paris, mais sur le lin perdu. Le lin est l’histoire de la France et le coton biologique devrait être la première ressource de la mode française selon lui. Et la première priorité française devrait être d’en relancer la production biologique. Les magnifiques tissus de Siat & lang certifiés bio devraient donner l'exemple. Dans l’ensemble, les européens sont plutôt moteurs pour l’agriculture biologique. Mais la France devient un musée, comme le déplore JP, pourquoi oublie-t-elle son agriculture qui est à la source de son histoire ? Cela rend malade John Patrick !

Sur la photo, une présentation de la collection printemps été 2008
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19 décembre 2007
Sebastien Kopp, co-fondateur de Veja
Interview publié dans 2050, N° nov-dec 2007
En 2003, à l’âge de 25 ans, tu as créé Veja, raconte.
Pendant nos études, nous étions avec mon associé Ghislain, fan de géopolitique et d’écologie. Nous cherchions la voie conciliant les deux, nous étions sûrs que cela était possible. J’ai fait un stage chez Morgan Stanley en liaison avec la Banque Mondiale à Washington, j’ai commencé à douter. Après nos études, nous avons fait un voyage autour du monde pour regarder sur place les engagements philanthropiques des grandes entreprises. Là, toutes nos illusions sont tombées. A notre retour, nous avons eu alors l’idée de créer un modèle à partir de zéro, fondé sur l’écologie, le social, le commerce juste, et nous donner la preuve que c’était possible. Nous avons mis toutes nos économies et la NEF nous a aidés. C’est parti comme ça.
Le juste prix de la rémunération des producteurs, comment le définis-tu ?
On part du prix de la production, ce qu’elle coûte au producteur, à partir de là on rajoute une marge. C’est important pour nous qu’ils puissent non seulement vivre correctement, mais aussi réinvestir. Il ne faut pas caler le prix en fonction du marché et dire qu’il est X% supérieur car le prix du marché ne veut rien dire compte tenu des subventions, en particulier pour le coton américain.
Pourquoi avoir choisi la basket ?
La part du marketing prend une très grande place dans le prix d’une chaussure conventionnelle, et celui de la production une toute petite, nous avons vu là notre chance, si nous augmentions les prix de production pour assurer une qualité sociale et environnementale et ne faisions pas de marketing nous pouvions obtenir des prix compétitifs. Notre chance a été de percer sans marketing, sans aucune publicité, avec seulement des relations presse faites en interne. On avance sur le web en ce moment.
La notoriété grimpe vite, les achats aussi, comment suivre avec les mêmes gages de qualité et comment gérer cette notoriété ?
Au départ nous avons produit 5 000 paires, nous sommes maintenant à 60 000 paires pour le monde. Nous avons 50 modèles, cela fait 1 000 paires par modèle, si l’on compte en plus les tailles, cela en fait 200 par pointure. Donc cela reste tout petit ! On grossit à notre vitesse pour garder la qualité, et les consommateurs attendent, cela ne nous pose pas de problème de conscience. Cette relative pénurie crée des comportements parfois fous, certains vont en Angleterre pour avoir un modèle spécifique ! On ne veut pas être un objet à la mode. Si une star internationale veut nos baskets, on lui dit de les acheter, on n’a jamais fourni une seule paire gratuitement, plus on garde la tête froide, plus ça marche… aujourd’hui la liste des stars qui portent nos baskets est hallucinante.
Comment vois-tu ton avenir ?
Croître de façon raisonnable, c’est notre cap. Nous avons eu des offres mirobolantes de rachat par les plus grandes enseignes, nous avons refusé catégoriquement. De même pour les circuits de distribution plus importants. Nous voulons maîtriser notre croissance. Si ça ne marche plus, nous ferons autre chose. Je crois que notre plus grande force est de toujours privilégier notre projet à l’argent.
Le développement durable, cela signifie quoi pour toi ?
Cela ne veut rien dire pour moi. Je vois ce mot là partout et pour moi c’est de la communication avant tout. J’ai un principe, il faut faire avant de parler. Trop d’entreprises font l’inverse. De plus, communiquer sur le développement durable devrait se faire différemment. J’aimerais voir des entreprises communiquer davantage sur leurs défauts, dire voilà, là je ne suis pas bon, mais je veux progresser, et vous pouvez peut-être m’aider. Si je devais un jour communiquer sur mon entreprise, ce serait par l’art, oui l’art au service de la société. Et il n’y aurait pas de logo à l’entrée de l’expo.
Toi David Nike Goliath ?
Nous avons déjà un point commun avec Nike, notre modèle est copié en Chine, c’est la rançon du succès, des junk Veja sont là ! Mais les copies chinoises ne sont pas en coton bio ! (rires)
22:40 Publié dans Interviews & Portraits | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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12 juin 2007
Edouard Bard, climatologue
Interview publié dans 2050, mai-juin 2007
Edouard Bard est l’un des plus grands climatologues, bardé dedistinctions et de médailles, valeureux dans la bataillecontre les sceptiques du réchauffementclimatique et excellent vulgarisateur,débat avec 2050.
• Titulaire de la Chaire de l’évolutiondu Climat et de l’océan du Collège deFrance
• Directeur adjoint du CEREGE :centre européen de recherche et d’enseignement en géosciences del’environnement (CNRS, Université Aix Marseille, IRD, Collège de France),
• Relecteur du rapport du GIEC
Si les scientifiques croient au réchauffement climatique, tout le monde devrait-il y croire ?
Cette question est liée au fait que certains pensent que le réchauffement climatique relève du domaine de la croyance. Le changement climatique mondial n’est ni une nouvelle religion, ni un parti politique, ni une idéologie, c’est simplement un fait scientifique que l’on observe à l’aide de nombreuses mesures de notre environnement et que l’on peut expliquer dans ses grandes lignes par les lois fondamentales de la physique, de la chimie et de la biologie.
Ta science subit de nombreuses critiques, au point que certains pensent que les prévisions sont fausses.
Le système climatique est probablement l’objet d’étude le plus compliqué qui soit. En plus de l’atmosphère, il comprend d’autres compartiments qui échangent avec lui de la matière et de l’énergie comme l’océan, la banquise, les glaces continentales, la végétation ... Le nombre de variables à prendre en compte est colossal, et ceci à toutes les échelles spatiales (locales, continentales, ou mondiale) et temporelles (de quelques heures à des centaines de millénaires). Cette complexité a comme conséquences des faiblesses indéniables. Ainsi, on n’arrive toujours pas à comprendre complètement certaines fluctuations qui ont eu lieu dans le passé. Par ailleurs, les prévisions climatiques ne dépendent pas seulement de la science climatique, mais aussi du futur de l’activité humaine et donc de variables qui relèvent des sciences de l’homme et de la société. On pourrait faire un parallèle avec la médecine. Afin d’établir un pronostic pour un patient atteint d’une maladie cardio-vasculaire ou d’un cancer, le médecin établit un diagnostic précis de l’état actuel du patient, mais, celui-ci aura encore une influence considérable au travers de son comportement, entre faire du sport ou continuer de fumer de manière excessive. C’est un peu la même chose pour l’influence de l’activité humaine sur le climat, qui va dépendre de la démographie, de l’économie et de la diplomatie au niveau mondial. Pour simplifier les choses et pouvoir comparer les prévisions climatiques, les scientifiques ont donc bâtis quelques scénarios différents, du plus pessimiste au plus vertueux en ce qui concerne la gouvernance climatique mondiale.
Vois-tu un danger dans les prises de position des « sceptiques » qui remettent totalement en cause la possibilité d’une action de l’homme sur le climat ?
Tout d’abord j’aimerais dire que je n’aime pas beaucoup ce qualificatif, car l’attitude normale du scientifique est de douter de tout avant de se forger une opinion et de garder l’esprit ouvert pour éventuellement en changer. Les scientifiques sont donc des sceptiques professionnels ! Pour simplifier on peut classer les « sceptiques » dont tu parles en deux types : d’une part, des scientifiques animés de bonnes intentions, mais qui pèchent par ignorance car leurs compétences techniques relèvent d’autres domaines que la climatologie, d’autre part, des personnalités sans compétence technique qui instrumentalisent le débat scientifique pour défendre leurs intérêts politiques, idéologiques, ou économiques, voire tout simplement leur ego personnel. Il arrive aussi que des « sceptiques » du premier type soient récupérés par les seconds afin de les utiliser à leurs fins.
Quels sont les garde-fous de ta science face à ces dangers ?
Le forum international des scientifiques et son cortège de publications techniques. Il n’est pas parfait, mais il est suffisamment varié et décentralisé pour que les nouvelles études scientifiques soient vérifiées ou invalidées, que les bonnes idées arrivent à émerger et que les idées fausses n’y restent pas trop longtemps. Le problème est que parfois, les nouvelles propositions sont diffusées dans les médias avant même que cette étape incontournable d’évaluation technique ne soit achevée. Ceci étant dit, il ne faut pas s’imaginer que les climatologues veulent construire une « science officielle » et que seuls les vrais scientifiques doutent et prennent en compte les incertitudes des connaissances, ainsi que la variabilité climatique naturelle à toutes les échelles de temps. En réalité, la communauté scientifique qui s’occupe de climatologie fonctionne avec la même rigueur et les mêmes critères que ceux des autres domaines scientifiques comme la physique, la chimie ou la biologie : publication détaillée des résultats, évaluation par les pairs, reproduction des mesures et des calculs par des groupes totalement indépendants, débats lors de colloques internationaux ouverts à tous les scientifiques.
Et le GIEC, dont l’écho des rapports est si important ?
Il compile et synthétise les informations scientifiques disponibles et fournit aux gouvernants, aux décideurs et aux médias des rapports succincts sur la réalité et les projections du changement climatique. Sa raison d’être et sa grande utilité sont justement d’être un effort complémentaire à la recherche scientifique sur le climat.
Lire Edouard Bard :
L’Homme et le climat, une liaison dangereuse, Découvertes Gallimard n°482, 128 pp (2005)
L’Homme face au climat. Odile Jacob, 448 pp (2006)
22:53 Publié dans Interviews & Portraits | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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