04 mai 2010

Exposition COAL "Panorama", Palais de Tokyo

ricordeau.jpg6 Mai - 10 Mai - Salon 1.618, Palais de Tokyo
Avec : Pauline Bastard, Neil Beloufa, Julien Berthier, Andrea Blum, Collectif Hehe, Vincent Ganivet, Vincent Mauger, Georges-Pascal Ricordeau, Aurélie Slonina, Stéphane Vigny.
L'exposition Panorama, organisée par COAL (Commissariat : Lauranne Germond), la coalition pour l'art et le développement durable (www.projetcoal.fr), propose un tour d’horizon d’une génération d’artistes ayant en commun une démarche éthique et esthétique nourrie des enjeux du développement durable.
Panorama propose aux visiteurs de porter un regard à 360° degrés sur leur environnement immédiat à travers un diorama urbain fait de regards croisés sur l’habitat, les transports, le mobilier, les espaces verts. Les artistes présentés agissent dans le quotidien, infiltrent et perturbent les réseaux sociaux et économiques, ou court-circuitent les politiques d’aménagement urbain, recyclent des objets usuels, discréditent les stereotypes de l’escapade et de la mobilité au profit d’une vision poétique de l’errance et de la précarité, ou encore utilisent les stratégies marketing pour le compte d’enjeux non lucratifs. Loin du militantisme et de l’engagement proclamé, leur action individuelle, infime mais subtile, incisive et décalée, fait figure de grain de sable dans les rouages du système. Ils nous confrontent aux paradoxes de notre manière d’habiter la ville, entre tentative d’évasion et fuite en avant.
L’exposition Panorama est accompagnée d’un programme vidéo, diffusé pendant toute la durée de l’événement sur Souvenirs From Earth première chaîne de télévision Haute Définition entièrement consacrée à l’art vidéo : Pauline BASTARD L’homme du fond d’écran et Western, Neil BELOUFA 2007, April the second, Julien BERTHIER en collaboration avec Dorian GAUDIN Para Site, Collectif Hehe Tapis Volant, Vincent MAUGER sans titre et Stéphane VIGNY Perçeuse à sauter.
Dans le cadre du salon 1.618
www.1618-paris.com   
Visuel : JP Ricordeau, Masques                                                                        

24 octobre 2009

La FIAC 2009 vue sous l'angle de l'environnement

Il ne s'agit pas ici de juger si la FIAC trie ses déchets ou si les toiles sont sans dérivés petro-chimiques mais de s'attacher au propos des œuvres. Pour cet exercice, deux écueils sont inévitables, faute d’une connaissance minutieuse des œuvres, des galeries et des artistes (étant un amateur mais non un professionnel de l'art) : l'un, ne voir du « vert » qu’au travers de signes visibles, alors que celui-ci peut être plus large, caché, intégré dans la démarche de l’œuvre ou de la vie de l’artiste, et l'autre, se tromper sur l’œuvre dès lors qu’elle affiche justement des symboles rattachés à l’environnement (mais une photo de milliers de canettes ne veut pas forcement dire : thème du déchet).

Voici donc un exercice périlleux, en lien à des questions à l'origine de la création de l'association COAL (www.projetcoal.fr) : quelle place les enjeux environnementaux (réchauffement  climatique,  chute de la biodiversité, pollution mers et des océans...) liés à nos modes de vie et de consommation ont-ils dans la création actuelle ? Les rapports de l’homme à la nature exprimés dans l'art en sont-ils influencés ? L’art contemporain participe-t-il plutôt au déni ou à la prise de conscience ? Un mouvement artistique naîtra-t-il de l'impact grandissant des enjeux climatiques ou bien chimiques sur nos sociétés ? Jusqu'à quel point l'art contemporain, en prise directe avec l'économie neo-libérale le poussant à devenir chaque jour davantage un signe extérieur de richesse et un moyen de spéculation, peut-il s'en dégager pour créer un espace critique réellement autonome ?


Un lien intime avec le Pôle Nord100_4765.JPG 
Difficile de rater dès l'entrée du Grand Palais le mur entier de la Galerie d'Emmanuel Perrotin consacré à l'œuvre "Pôle Nord" de Sophie Calle. Passagère de Cape Farewell, une expédition en bateau unique au monde destinée à faire constater à des artistes de renom le réchauffement climatique "in situ", Sophie Calle a pris le large vers le Pôle Nord pour une toute autre raison : la passion de sa défunte mère pour l'Arctique. Sophie Calle est rentrée tout aussi étrangère à la question du réchauffement climatique qu'elle n'est partie, mais satisfaite d'avoir réalisé un rituel, l'enterrement d'une photo, d'un collier et d'une bague de sa mère dans la glace. Les interrogations de Sophie sont gravées blanc sur blanc sur son œuvre : savoir si "les changements climatiques" (Sophie ne sait pas que cette expression s'emploie au singulier même après trois semaines de sensibilisation ) emmèneront les vestiges de sa mère "vers la mer, pour faire la route du pôle?" ou encore si la trouvaille lointaine des bijoux conduira les archéologues du futur à les attribuer au Inuits.

En restant hermétique au projet collectif du moyen de transport utilisé pour ses fins personnelles, Sophie confirme ses deux vérités: l'obsession ne s'écarte jamais de son chemin et l'intimité est le seul chemin vers la sensibilité.

Photo : Deux photographies faisant partie de "Pôle Nord". Il s'agit des photos prises du hublot, avec les bijoux de la mère de Sophie Calle posés sur le rebord du hublot. L'oeuvre, en 5 exemplaires, est de 75000 euros. 

Bestiaire100_4773.JPG
Les oeuvres sur les animaux témoignent avec intelligence de l’étendue des rapports actuels de l’homme à la nature, de l’exploitation au soin. Le photographe flamand Geert Goiris présente  à la galerie parisienne Art:concept la vue d'un territoire parfaitement aménagé d'un zoo laissant entrevoir un lion au second plan. G. Goiris interroge «  la vie sauvage comme idée culturelle », et démontre ici à quel point cette idée culturelle est éloignée des animaux eux-mêmes. Dans son travail, G.Goiris joue du contraste entre des éléments naturels extrêmes (la neige abondante, le grand gel, le grand froid) et les réalisations techniques humaines extrêmes, ainsi se met-il en scène comme explorateur ultra équipé en plein milieu de l’Antarctique. Pilar Albarracin, artiste andalou, a placé Tartera, un taureau de corrida emplaillé, en plein milieu de la galerie GP&N Vallois (photo). Le taureau a le genou à terre, signe de sa soumission lors d'un combat, mais garde les cornes en l'air, signe de son insubordination innnée. Ici encore, c'est le résultat d’un combat, où la nature qui a cédé à l'homme contre son gré. La finoise Pertti Kekarainens ritualise la mort des animaux tués sur les routes. Elle les moule et en fait des statues de bronze, avant de les incinérer. Enfin, le jeune suisse Jeremie Gindre amateur de randonnées en nature offre une œuvre « Présence des oiseaux » qui révèle par le moyen utilisé (des planches) le pourquoi de leur disparition : la déforestation

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Rien dans la poubelle
Les artistes russes sont déroutants, ils sont très pamphlétaires sur la politique mais lorsque l’on arrive à la consommation, ils deviennent joueurs. Ainsi l'œuvre "Container " de l'artiste  "Recycle" (en fait l'union de deux artistes Blokhin & Kuznetsov) sorte de poubelle yogi ou de SDF fondu avec l'un de ses moyens de subsistance (photo), n'est pas l'œuvre de deux écolos accros de recyclage, mais deux jeunes de 25 ans aimant jouer avec les codes de la société actuelle.

La nature à son apogée
La hollandaise Ellen Kooi, star de cette FIAC 2009, offre le trio gagnant : une nature intacte ( par exemple une forêt ancienne) + une mise en scène sophistiquée + une légère artificialisation des couleurs. Le résultat impeccable s’appuie sur un réel attachement à la terre, une solide expérience du théâtre et une touche magique de la photographie.100_4783.JPG

Ellen Kooi
Broselle - rode jurk, 2007

Icônes consommables
Quelques perles ironiques sur la société de consommation. Martin Kippenberger présente "Gescheutzen palmen im langweiligen frankfurt", un jeu d’autocollants « I love… » aussi stupides les uns que les autres : j’aime le collagène, j’aime Gala... (détail, photo 100_4775.JPGde gauche) Mathieu Mercier présente trois sculptures réalisées avec des boites de produits de consommation, dont le dentifrice Signal Intégral, au logo révélateur à la DSCF0016.JPGgalerie Triple V. Le plus drôle revient à Alexandre Perigot, avec « Blondasse » (détail, photo de droite), une série de photos de grandes meules de foin recoiffées à la Sharon Stone et Britney Spears, accompagnées d’un documentaire de J.-Y. Jouannais en français prononcé avec un fort accent américain. A. Perigot vient de terminer la série « Fighting asshole », un guide de combat contre des cyclones (le « trou du cul » étant l’œil du cyclone, le cyclone devenant un ennemi du fait de l’amplification de sa vigueur due au réchauffement climatique). Le non accès à la consommation est lui mis en valeur par Adi Nes à la Sommer Contemporary Art de Tel Aviv, avec une très belle  photographie de deux glaneuses après un marché.

La place de l’artiste…dans le marchéDSCF0015.JPG
Philippe Terrier-Hermann
présente à la galerie la Blanchisserie une carte de géographie « The world of contemporary artist » réalisée en 2009 qui comptabilise le nombre d’artistes exposés par pays et permet de constater que ce nombre d’artistes est proportionnel au PIB. Le même artiste y présente également « « Top 10 » (photo), la transposition des logos des marques commerciales les plus connues aux noms d’artistes les plus côtés...la suite parfaite de l’oeuvre « L’Audit », de Martin Le Chevallier présentée l’année dernière  axée sur le « SWOT » (méthode marketing visant à optimiser la réussite sur le marché) de son travail. Au final l’artiste tend à ressembler à celui qui l’achète : le consommateur, l'actionnaire ou le citoyen ?

Pas de CO2 à l'horizon
Force est de constater que le réchauffement climatique, même à un mois et demi du sommet de Copenhague, n’est pas encore entré à la FIAC. Et d’autres thématiques sociétales pourtant présentes en 2008 semblent avoir reculé, comme les conditions de travail dans les fabriques des pays en développement, la critique de la finance, etc. Les sujets pas glamour du tout comme la guerre (à la Chelooche Gallery de Tel Aviv), la religion (l’infatigable et irremplaçable Mounir Fatmi à la galerie Hussenot), le handicap (la toile d’Axel Pahlavi cachée le long d’un mur à la galerie Eva Hober) la Françafrique (une oeuvre forte de Sergej Jensen), le passé nazi (sculpture choc de Jonathan Meese), la bombe atomique (Study for Priscilla de Robert Longo sur le mur d'en face de la bien plus hype éjaculation faciale de « Cumshot in Blue » des artistes branchés Ida Tursic & Wilfried Mille, qui s'y reflète comme pour dire "je ne suis pas sure que ce champignon soit super cool " - voir photo ci-dessous), sont rares et restent, comme les autres "problèmes de société" sociaux et environnementaux, à une place discrète en comparaison à leur réalité sociale.

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Une galeriste porteuse d'avenir
La Galerie Aline Vidal convie à l’optimisme, le parti pris artistique et la conscience environnementale s’y côtoient de façon joyeuse et pertinente. Avec les Holy Days d' Herman de Vries en passant par la sorte de billard alpin (sans titre) de Stéphane Thidet, les photos de Lucien Pelen ou encore les œuvres poétiques d' Olivier Leroi, la FIAC a pourtant les moyens de montrer que l’environnement peut être un sujet passionnant, positif, non anxiogène, désirable…difficile à croire à l’heure où les médias pilonnent les cerveaux d'annonces d’apocalypse…mais le rôle de l’art n’est-il pas de prendre le pouvoir et de détourner les chemins ?

Alice in Warmingland 

02 mars 2007

Edouard Bard (Collège de France) retrouve ses héros dans Ecolocash

Les noms des personnages d'Ecolocash ne sont pas beaux : Ebelmen, Pouillet, Arrhenius, Geer, Geikie...c'est qu'ils ont leur raison. C'est le vénérable Edouard Bard qui est à l'origine des noms du livre...puisés ....dans ses travaux de recherche historiques. Et c'est bien pour cela qu'il méritait bien en remerciement de ce magnifique travail...le nom d'un personnage ! Joseph Bard, directeur des risques de Chemical Dream !
Edouard Bard, titulaire de la chaire d’évolution du climat et de l’océan au Collège de France, directeur de l’équipe de géochimie organique du CEREGE (Centre européen de Recherche et d’Enseignement des Géosciences de l’Environnement) à Aix-en-Provence livre sa réaction :
"Pour le scientifique que je suis, ce roman prend une saveur particulière car l'histoire inventée par Alice Audouin met en scène toute une série de personnages bien modernes, mais dont les noms sont ceux des plus grands héros de la climatologie (mis à part un certain Joseph Bard plutôt surpris de rencontrer ses grands Maîtres). On y retrouve donc les physiciens découvreurs de l'effet de serre (de Saussure, Fourier, Ebelmen, Pouillet, Tyndall, Stefan, Arrhenius), les naturalistes qui ont mis en évidence les changements climatiques (Agassiz, Charpentier, Venetz, Perraudin, Lyell, Geikie, de Geer) ou bien encore quelques pionniers intéressés par les glaces polaires (Dumont d'Urville, Adhémar). Ces héros de la science seraient d'ailleurs bien étonnés de se voir mêlés à un tel conflit entre écologistes intégristes et industriels manipulateurs!
Les lecteurs intéressés par les contributions de ces scientifiques du 19ème siècle pourront lire un petit article (bilingue) disponible au téléchargement sur le site web suivant:
http://www.college-de-france.fr/media/evo_cli/UPL48180_Ba...

21 février 2007

Sortie de mon livre "Ecolocash, une écologie de circonstance"

« Ecolocash, Une écologie de circonstance », Editions Anabet, arrive en librairie!

Quatrième de couverture : Le développement durable est une formidable opportunité de carrière. L’environnement, un nouvel eldorado. Emilie, jeune consultante en stratégie, en est persuadée. Elle n’est pas la seule. Lorsqu’une importante entreprise lui demande de conduire une mission sur la mise en place d’un nouveau marché carbone, Emilie est loin de se
douter de l’aventure qui se profile. À force de ne vouloir jouer que des coups gagnants, on finit par se
retrouver en première ligne, et pris au piège. Le monde du développement
durable n’est pas forcément ce que l’on croit : « la réponse aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures ».

« Ecolocash » fait le pari de l’humour pour montrer les difficultés d’intégration du développement durable dans l’entreprise et dans la vie quotidienne. Il cherche à rendre accessible à tous un niveau d’expertise et de connaissance des enjeux aujourd’hui l’exclusivité d’un petit monde de spécialistes.

« Ecolocash » ne donne pas d’avis mais cherche à ce que le lecteur se fasse son propre avis. Trop de livres sur le développement durable sont, selon moi, un simple « coup de gueule » (pamphlet d’indignation) ou « coup de cœur » (apologie de l’entrepreneur écolo) de l’auteur. Ce livre cherche une place à part : ne pas porter de jugement, parier sur l’humour pour favoriser la prise de conscience, placer les enjeux dans une histoire à « hauteur d’homme », au travers des aventures d’Emilie, l’héroïne.

Le texte mêle deux types de textes, le « roman » et les « fausses sources documentaires ». Ces dernières, parsemées ici et là servent à ouvrir des pistes de réflexion en écho au texte et pour certaines, sont des clins d’œil à des penseurs comme : A. Hirschmann, G. Anders, B. Charbonneau, Y. Illitch…

Extrait : Le verdict tombe : « Ennemi de la nature ». Heureusement il reste encore la catégorie « Assassin de
la nature ». Emilie lit la condamnation de son train de vie, tout ce qu’elle doit changer ou abandonner
pour devenir le parfait cobaye de la Banque des Banques.

« Ecolocash, Une écologie de circonstance ».
Editions Anabet.
En librairie à partir du 21 février.