Bienvenue dans un monde de vieux !

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D’après le Figaro, Kaufman & Broad va livrer ses deux premières résidences services seniors dans le Finistère, les premiers d’une longue série puisque le groupe souhaite en construire dix par an.

Cogedim va copier la formule avec un premier projet en banlieue parisienne et la promesse d’en développer dix par an ensuite… même les petits opérateurs deviennent challengers sur le sujet comme Acapace, qui a déjà cinq résidences pour seniors et en promet 20 d’ici 2013.

Ces logements ne sont pas des maisons de retraites et ne sont pas médicalisés, mais adaptés aux personnes âgées, escaliers adaptés, volets roulants électriques ou d’une douche à l’accès aménagé, avec conciergerie, distribution du courrier, espace de détente, pressing, séances de kiné etc…

Une image du monde changée

Et oui, les baby-boomers deviennent papy-boomers. La cible centrale du marketing de masse n’a pas changée, elle a simplement vieillît ! Du coup exit le jeunisme, les média et les pub se tourneront de plus en plus vers cette part majeure la population au fort pouvoir d’achat : les séniors.

Seulement quelles sont les aspirations pour l’avenir de cette génération ? Vont ils bruler jusqu’à la lie le pétrole qui reste pour profiter jusqu’au bout du modèle de vie qu’ils ont toujours connus ? Sous prétexte de promesse de santé les séniors sont les meilleurs acheteurs de bio, mais ce n’est pas pour des raisons environnementales, agés ils se déplacent un peu moins et achete une voiture neuve moins polluante en partant à la retraire, mais concernant le logement par exemple, quel modèle ? Le confort va primer (clim et chauffage) ? Et quand on arrive à la dernière partie de sa vie est ce qu’on a envie d’investir dans des équipement rentable à plus long terme (éolien, solaire, puits canadiens etc…) sans garanti d’en profiter ? J’en doute.

Une génération définitivement tout bénef

Soyons jaloux 5 min et imaginons naitre en 1950. Avec 20 ans en 1970 on arrive sur le marché du travail en pleine trente glorieuses, serein, l’immobilier est accessible, tout semble nouveau, moderne, mieux qu’avant, plus de confort, plus de consommation et sans aucune culpabilité pour l’environnement. Les gens se mariaient et faisaient des enfants plus tôt qu’à la fin du XIXe siècle, le VIH n’est pas encore là, la liberté est partout à l’Ouest. Ensuite la vie s’écoule et malgré les chocs pétroliers des années 70 et la stagflation des années 80, finalement on fait une belle carrière, on amasse de l’argent, de l’immobilier, des enfants, on change de chien tous les 10 ans et de frigo tous les 5 ans… finalement arrive la retraite, plus jeune, à meilleur taux et mieux payée que ceux qui suivront. Reste plus qu’à en profiter.

Et ceux qui viennent après ? Ben ça ne va pas être la même histoire !

Ne leur en voulons pas, à nos séniors, mais s’il y a un public et un seul sur lequel se concentrer en Europe pour pousser vers un développement durable c’est bien les séniors ! Sus au séniors !

Avec un peu de chance on dispose de deux armes absolues pour les faire adhérer à la cause :

1.     la nostalgie

Inestimable, avec l’age et la patine du temps l’enfance ressurgit, embellie, et la sobriété des consommateurs que furent nos arrières grands-parents, qui gâchaient moins, polluaient moins et investissaient à plus long terme pourrait être une force à fair revivre.

2.     la responsabilité

ben oui, nos séniors ont été complice toute leur vie de l’émergence de ce monde, et responsable mais pas coupable n’exempte pas d’effort pour compenser ! Demandons à nos grands parents le monde qu’ils ont envie de nous laisser et ce qu’il peuvent faire pour cela. (Tiens, ça mériterait une opération spéciale pour la fête des grands-mères !).