Haïssons nos voisins !

Rien de pire que les voisins. Non ? Il est parfois difficile de cohabiter avec des gens dont on ne partage pas les valeurs dès lors que cette confrontation s’incarne dans des objets tels que arbres, jardins ou animaux, des êtres vivants hélas considérés comme des objets dans le droit français. Il serait temps de reconsidérer ces droits, en particulier dans le cadre de la tyrannie appelée « copropriété » qui fleur bon la rémanence d’un système censitaire et la discrimination sur la propriété. En effet, le droit français étouffe la défense de la nature dans les habitations.

Et ce n’est pas une exception. Un exemple récent n’a pas manqué de mettre en évidence l’opposition entre l’esprit étriqué d’un architecte et des notions d’esthétique contre les principes de locavore et de défense de la vie : « Julie Bass, une américaine d’Oak Park, dans l’Illinois, risque de payer une amende et est même menacée de prison pour avoir fait pousser des légumes dans son jardin » rapporte ABCnews.  Tout ça parce qu’elle a créée un jardin potager devant sa maison et que l’architecte urbaniste de la ville considère que ce jardin viole le règlement qui impose une pelouse.

Autres aberrations, en France par exemple, un voisin a le droit d’exiger l’arrachage d’un arbre mitoyen (art. 670 code civil), les terrains privés sont par défaut réputés disponibles pour les chasseurs et il faut faire une demande spéciale et baliser son terrain pour que ce ne soit plus le cas…

C’est là l’opposition entre une esthétique passéiste et normative, qui s’immisce dans la vie des autres, qui uniformise sous diktat humain et considère le monde en objet. Cette esthétique s’oppose à une vision systémique et dynamique apte à intégrer la diversité et à ériger la vie comme intrinsèquement différente de la chose inanimée et une valeur en soi.

Que dire enfin des questions d’amélioration des performances énergétiques du parc historique ! Il est temps d’équiper Versailles de double vitrage PVC et de procéder à l’isolation par l’extérieur des passoirs énergétiques telles que Beaubourg…

Je sais combien les puristes hurlent à l’hérésie dès lors qu’on souhaite toucher ou modifier des bâtisses à valeur patrimoniale mais voilà, qui se rappelle des cris d’effraie lorsqu’il a fallut électrifier tous ces bâtiments ? Les lustres de Versailles ? Les fils électriques qui cheminent le long des fresques du XVIIIème siècle ? La fée électricité et le chauffage central ont trouvé leur place au moment de la révolution industrielle dont ils sont les symboles. A l’heure de la révolution du développement durable c’est au tour des éoliennes de petite taille de coiffer le Sacré-Cœur et des panneaux solaires sur la pyramide du Louvres !