Imposons un code de déontologie à la météo !

Imposons un code de déontologie à la météo !
photo : Olivier Martin Delange

On a dit, à raison, à la publicité, que dans la mesure où elle représente des objets vus par des millions de personnes, son niveau d’influence entrainait un niveau de responsabilité important, pour reprendre ce qu’il convient aujourd’hui d’appeler le « théorème de Spiderman » !

La publicité a entamé des efforts significatifs depuis le Grenelle Environnement, a réformé ses codes de déontologies et ses instances régulatrices au sein des quelles les ONG sont aujourd’hui partie-prenantes. Les modifications des règles d’usage des arguments environnement et développement durable ont été même portés jusque dans le Code National de la Consommation. Ce travail d’autorégulation continue et doit maintenant continuer à changer au fil des évolutions du corps social d’une part et de celles des connaissances d’autre part.

Dans ce grand mouvement déontologique il me semble pourtant qu’on a oublié un acteur tout aussi puissant, visible et essentiel pour la mise en œuvre des principes de la stratégie nationale de développement durable et l’application de la règle selon laquelle il ne faut pas induire le public en erreur : le bulletin météo !

Il y a deux choses qui me gênent dans les expressions utilisées par les présentateurs ou journalistes météo.

1.     le langage courant induit en erreur

Je sais combien il serait difficile de modifier l’usage du langage courant, mais quand même, l’expression « le beau temps » sous entend que la pluie c’est le « moche temps », qu’on dit pourtant « mauvais  temps » sous entendant tendant que le « beau temps » est le « bon temps » apporte confusion entre esthétique et éthique et tout au moins introduit une hiérarchisation de valeur qui promeut le soleil contre la pluie. Pourtant la réalité écologique est qu’une alternance efficace et régulière est le seul « bon temps » à promouvoir.

Plus facile à modifier, la façon de valoriser par des marqueurs énonciatifs d’appréciation accompagnés de gestes et de sourire pour les « températures estivales », ou « grand soleil » vs « ciel triste » ou « grisaille » serait à challenger.

2.     l’instillation du doute permanent

Plus grave que la tyrannie de la valorisation du temps ensoleillé, les bulletins météo on instauré en véritable sport international l’idée que les événements climatiques annoncés ponctuellement (canicule, tempête, ouragan…) ne sont pas une preuve de changement climatique. A force de chercher la « neutralité » scientifique et souligner ce point au lieu de tout simplement ne pas évoquer le sujet on frise le négationnisme climatique !

Tout simplement parce que le travers de fond de la discipline dans les média est la tendance à la généralisation. En même temps que les présentateurs et articles cherchent à ne pas prendre part ou de ne pas donner l’impression d’apporter des preuves à la « théorie » du changement climatique, ils n’ont de cesse de faire des comparaisons tout aussi illégitimes en rapportant toujours les prévisions aux moyennes saisonnières. Par définition la comparaison d’une seule journée à une moyenne, surtout en météorologie soumise à une grande variabilité, n’a pas grand sens !

Alors amis du CSA et de la presse écrite, ou bien Météo France et fédérations inconnues, il serait temps de se mettre en bon ordre comme tout le monde et veiller à mesurer ses propos à l’aune de leur impact potentiel.