28 janvier 2014

Mon blog déménage sur www.aliceaudouin.com

CHANGEMENT DE SITE INTERNET

VEUILLEZ DESORMAIS VOUS RENDRE SUR 

www.aliceaudouin.com

Merci, 

Alice Audouin

Tout le blog a déménagé vers le nouveau site, à l'exception d'une dizaine d'articles trop dépassés :-( ainsi que : 

- les numéros de 2050: j'ai cependant choisi certains articles de 2050 et les ai postés à la date du numéro correspondant

- les commentaires : je perds donc près de 200 participations intelligentes, chaleureuses et parfois polémiques qui ont fait ma joie et des débats, et j'en profite pour vous remercier d'avoir participé ! :-)

Voilà donc une page de 9 années qui se ferme pour s'ouvrir ailleurs. 

Je vous invite à prolonger l'aventure du blog sur www.aliceaudouin.com

Nous continuerons à débattre sur Facebook, j'y poste régulièrement les liens vers mes articles. 

Mais au fait, que devient "Alice in Warmingland" ? 
Un cadeau à la communauté ! :-) je donne ce nom et son logo à qui souhaite utiliser cette marque ... pour la bonne cause ! :-)
Il ne faut rien jeter, il faut tout recylcler ! :-)

13 janvier 2014

La confrérie

la confrérie

Les confréries sont généralement des communautés destinées à favoriser une entraide fraternelle ou à perpétuer une tradition mais certaines sont aussi des avant-gardes. En art, les peintres Hunt, Millais et Rossetti fondèrent au milieu XIXe la Confrérie Pré-Raphaélite (Pre-Raphaelite Brotherhood) qui a introduit en peinture une sensibilité inédite à la nature et aux droits humains et illustré les premières conséquences sociales et environnementales négatives de la société industrielle. Le mouvement Arts & Crafts en fut une suite fructueuse. 

Formalisée fin 2013, "la confrérie" est un réseau d'échange et de collaboration, qui rassemble des confrères et consoeurs qui sont tous des pionniers du développement durable et qui se connaissent et interagissent ensemble depuis de nombreuses années. 
 
Entre la franc-maçonnerie de l'anthropocène, le comité d'experts sur de nouveaux projets, la cellule de crise anti réchauffement climatique et le club des amis du bio sans gluten, "la confrérie" a un mode de fonctionnement informel, amical et "off line".
 
Les confrères et consœurs collaborent également ensemble sur des missions de conseil.
 
Les confrères et consoeurs, au nombre de onze, réunissent de nombreuses expertises et initiatives dns le développement durable, aussi bien entrepreneuriales, associatives ou intellectuelles.
 
Alice Audouin. 13 ans d'expérience dans le développement durable. Consultante indépendante spécialisée en RSE créative et communication responsable, présidente co-fondatrice de Coal, auteur, enseignante.

Jérôme Auriac, 13 ans d'expérience dans le développement durable. Directeur fondateur de Be-Linked, spécialiste des relations entre les organisations et la société civile et la maîtrise du risque sociétal.

Delphine Eyraud, 10 ans d'expérience dans le développement durable, dans le privé et le public. Négociatrice sur le changement climatique au Ministère de l'Ecologie ; précédemment chez Climate Change Capital à Londres. MBA Harvard Business School et ESSEC. 

Loïc Fel. 10 ans d'expérience dans le développement durable. Secrétaire général l'association Coal, philosophe, directeur du développement durable de BETC. Docteur en philosophie, spécialiste de "l'esthétique verte".

Cécile Lochard, 15 ans d'expérience dans le développement durable. Consultante spécialisée sur  le développement durable dans le luxe et la finance philanthropique. Dirigeante fondatrice de Citizen Luxury.
 
Raphaël Ménard, 10 ans d'expérience dans le développement durable. Directeur d'Elioth, groupe Egis. Enseigne l'architecte post-carbone. Architecte DPLG,  Ingénieur X-Ponts.

Karine Niego, 10 ans d'expérience dans le développement durable. Ancienne réalisatrice et journaliste. Directrice fondatrice de Green Raid.
 
Philippe Schiesser, 15 ans d'expérience dans le développement durable. Directeur d'écoeff, Président de l'APEDEC, animateur du FAB LAB de Mozinor, l'écodesign lab.
 
Jean-Michel Valantin, 7 ans d'expérience dans le développement durable. Chercheur en stratégie sur l'environnement, auteur. Docteur en études stratégiques et sociologie de la Défense.
 
et un confrère qui préfère rester anonyme. 

19 décembre 2013

Enlève tes tiags, Al !

Al Gore, « Le futur, six logiciels pour changer le monde », éditions de La Martinière, 2013, traduit de l’américain.

Comme s’il  s’adressait d’emblée à un vieil ami, Al Gore évoque dès les premières pages de son livre, sa défunte mère et ses états d’âmes d’auteur. Mais au lieu de continuer sur son chien Shiloh adoré, il change brutalement de registre et se transforme en bête de scène d’un un TED ecolo-politico-economico-technico-scientifique intensif. Réchauffement climatique, imprimantes 3D, Big data, probiotiques, éducation des filles,  épigénétique, printemps arabe, transhumanisme, OGM, démographie, extension urbaine, ADN poubelle, pollution chimique, Chine, bioélectronique, chaque thème est abordé par des chiffres et illustré par d’innombrables sources, plus de 1 500 ! Sans crainte des détails ! Par exemple, pour démontrer la suprématie des probiotiques sur les antibiotiques « une équipe de l’Université de l’Alberta a examiné 124 cas de transplantations fécales et constaté dans 83 % des cas une amélioration immédiate une fois la flore microbienne restaurée. »  Cet inventaire express a son lot de scoops. « En 2010, pour la première fois dans l’histoire, les investissements dans les énergies renouvelables ont dépassé les investissements dans les énergies fossiles. » Al  aurait-il pris trop de probiotiques ? Le livre indique comme source un article de Bloomberg News, pas vraiment le MIT.

Al Gore: Fix the filibuster, talk about climate change, ensure privacy onlineEnlarge
(Credit: AP/Danny Moloshok)


Après 300 pages de cours de classe préparatoire donnant directement accès à Polytechnique Bio, on cherche pourtant toujours les « six logiciels pour changer le monde » annoncés en couverture. On tombe enfin  sur « de vraies alternatives ». Quoi ? Les énergies renouvelables. C’est une surprise, on ne s’y attendait pas. C’est d’ailleurs le moment pour la France de prendre sa claque. Notre nucléaire ? Poubelle. Note leadership sur le captage et le stockage de CO2 ? Mauvaise idée. La France n’a pas la moyenne avec le prof Al Gore. On perd même Carnot, ratissé par Prigogine, exit notre thermodynamique française, vive l’auto-détermination belge ! Noooon !
 Une fois la secousse sismique du TED intensif passée, Al quitte heureusement la scène pour son salon et là, l’intimité du début du livre reprend, à haute dose. Al pose ses tiags sur sa table basse et se confie sur son « voyage personnel », ses affres face à la question qui le hante « Qui sommes nous ? » et cite presque Héraclite « le changement est comme un fleuve ». Mais au moment de venger la France et de lui coller un zéro en philo, Al prend soudainement un virage politique et s’envole dans une ode à l’impérialisme américain. Le voilà, drapeau à la main, faire un appel à ses concitoyens pour nettoyer et verdir le Sénat américain, réveiller les consciences et devenir le leader contre le réchauffement climatique  « pour la fierté que les Américains doivent ressentir pour ce que les Etats-Unis ont représenté pour l’humanité pendant deux siècles ». Trop fort.

Al Gore s’impose une fois de plus  un super héros post carbone, un vrai shérif de la planète, sa synthèse est un superobjet fascinant et propulsant quelques vérités qui dérangent (titre du documentaire de 2006 fondé sur ses conférences sur le changement climatique). « Si nous ne commençons pas très rapidement à réduire nos émissions de pollution, les effets seront si dévastateurs que de nombreuses zones géographiques du monde ne seront même plus en capacité de s’adapter. » Plus loin, les « puissants lobbys d’entreprises ont pour unique souci de repousser toutes les tentatives un peu sérieuses de réduire le réchauffement. » Mais cela s’arrête là sur ce deuxième point, il n’y a aucune proposition vraiment contraignante concernant les entreprises dans son programme.

Hélas, Al Gore ne connait pas le syncrétisme, bien qu'il se place en prophète sur un enjeu planétaire. Il ne quitte pas le point de vue américain et il semble ne vouloir s’adresser qu’à ses compatriotes. Hors de son pays, il n’est pas bien placé pour proposer une culture « monde » pourtant indispensable à la solution. Dans le salon, ou voudrait lui dire, « enlève tes tiags, Al », pour le voir enfin pieds nus.

Alice Audouin

Article publié dans le hors-série de Stratégies "Transitions", décembre 2013

09 décembre 2013

Jugaad : vers un jugaadwashing ?

Lorsque Jane Birkin racontait avec tout son naturel comment, se rendant compte qu’elle n’avait pas ses boules Quies dans un train de nuit très bruyant, elle en avait elle-même créé en deux minutes à partir d’un tampon et d’une bougie, elle faisait sans le savoir une magnifique publicité à l’innovation Jugaad, ce terme indien qui signifie la « capacité ingénieuse d’improviser une solution efficace dans des conditions adverses en utilisant des ressources limitées ».

L’innovation Jugaad, redevons ingénieux ! de Navi Radjou, Jaideep Prabhu et Simone Ahuja,  est une ode à l’intuition et à l’intelligence en période de crise.
Jugaad existe, comme le rappelle le livre, dans toutes les sociétés,  du « Système D « en France (le fameux vieil adage « en France on n’a pas de pétrole mais on a des idées »)  au Do it Yourself aux Etats-Unis en passant par Gambiarra au Brésil. Si le Juggad est aussi avancé en Inde, c’est, entre autres, parce que le quart de la population vit avec moins de 2 dollars par jour, « presque tous les indiens pratiquent le Jugaad au quotidien» rappelle Navi Radiou.

Avec la crise, le bon-sens revient
Jugaad a six principes : rechercher les opportunités dans l’adversité, faire plus avec moins, penser et agir de manière flexible, viser la simplicité, intégrer les exclus, suivre son cœur. Les exemples des pays émergeants livrés dans le livre sont très convaincants. A peu de frais et avec une belle ingéniosité, il est possible de téléphoner, d’utiliser un ordinateur, de sauver un bébé prématuré et de rendre d’immenses aux populations à faibles revenus.
« L’innovation Jugaad arrive dans les pays riches » nous annonce le livre qui décrypte bien la paupérisation croissante. Oui, 24% de la population européenne, soit près d'un quart de celle-ci, vit ou risque de vivre sous le seuil de pauvreté et en situation d'exclusion sociale. Or face à ce fléau, les entreprises occidentales continuent à dépenser des milliards d’euros pour des inventions rarement disruptives ou des « plus produits » de plus en plus minces et ratent ainsi la réponse Jugaad, nous avertissent les auteurs. C'est donc une aubaine pour les solutions garage. En France, entre le succès du concours Lépine, des Fab Labs et de l'innovation sociale, le nombre de geeks et d'enfants qui bâtissent une navette spatiale en Lego dès 2 mois, on est plutôt bien lotis sur le segment "on a pas de pétrole mais on a des idées", on est prêts !

Steve Jobs, vraiment ?
Le livre devient moins convaincant lorsqu’il veut montrer que l’innovation Jugaad est à l’œuvre dans les multinationales occidentales. Le cas de Renault, qui a su fabriquer des voitures moins chères, est très parlant car une vraie prouesse. D’autre cas sont plus douteux. La magie Jugaad aurait permis à Garnier Color Naturals de passer de 2% à 20 % de parts de marché en Inde sur le marché de teinture des cheveux à domicile. Comment ? L’Oréal a modifié son produit,  baissé ses prix, réduit les doses et le packaging et avec une partie réutilisable conformément à la culture anti-gaspi indienne.  Cela ne s’appelle-t-il pas tout simplement du marketing ? (Et quid de la chimie déversée par cette nouvelle pratique de masse dans les eaux, dans des régions qui n'ont pas de système d’assainissement ?) Plus loin, “Comment Facebook domine la révolution low-tech”  grâce, selon le livre, à son interface utilisateur hyper simplifiée,prête à sourire lorsque l’on sait que Facebook a au moins 30 000 serveurs et une utilisation sophistiquée des données personnelles. Quant à Steve Jobs, il présenté comme « celui qui a le plus efficacement recouru au principe Jugaad consistant à suivre son cœur ». Oui, Steve Jobes était génialement intuitif, passionné, courageux et à l’écoute des utilisateurs, mais est-ce suivre son cœur de ne pas se soucier des conditions de travail des sous-traitants et de la pollution, quand on a des milliards de dollars de bénéfice ?

Un risque de jugaadwashing
En occident, le cœur de ce mélange entre l’intelligence, l’ingéniosité et la générosité, n’est pas dans les multinationales comme Lafarge, L’Oréal, Air Liquide ou Siemens, très présentes dans le livre, mais chez des pure players issus de l’économie sociale et solidaire et du développement durable. Certains d’entre eux sont heureusement cités, comme le service de paiement Compte-Nickel, cet accès aux services bancaires dans les bureaux de tabac qui tient du génie Jugaad. Oui, on voudrait que Hughes Le Bret et Ryad Boulanouar, les fondateurs de cette initiative, si elle marche, aient le prochain Prix Nobel Jugaad.  Bien d’autres auraient pu y figurer : TerraCycle, Goedzac, Le Chênelet, etc.  Ce sont eux qui vont réussir la révolution Jugaad,  si le Jugaadwashing, après le greenwashinge et le fairwashing, ne l’emporte pas.

 

Alice Audouin

Article publié dans le hors-série du magazine Stratégies consacré à la Transition (décembre 2013), premier volet : l'économie collaborative.

04 décembre 2013

Revue de Presse

Sélection d'articles de presse, de 2007 à 2013.

BOOKPRESSE13.pdf

Interview de Jacques Attali : pour une modernité de l'altruisme

Interview publiée dans le Hors-série du magazine Stratégies consacré à la Transition, décembre 2013 (réservé aux abonnés ou achetable en ligne sur www.strategies.fr)


Alice Audouin : Vous vous engagez pour une économie positive. De quoi s’agit-il exactement ?

Jacques Attali. L’économie positive, c’est l’ensemble des activités dont le critère de décision est l’intérêt des générations suivantes. Elle réconcilie la démocratie, le marché et le long terme, c’est-à-dire le partage entre générations, l’accès et l’empathie entre acteurs.  L’entrepreneuriat social, le microcrédit, l’économie inclusive, les entreprises intégrant le long terme comme Patagonia, sont les précurseurs de cette économie positive.

A.A. Quelle est la place de l’économie collaborative dans l’économie positive ?
J.A. Une économie collaborative c’est une économie altruiste, au sens d’une collaboration au sein d’une même génération. L’économie positive suppose une économie collaborative avec les générations suivantes. C’est donc une partie, mais non le tout.

A.A. L’économie positive vise-t-elle le changement de l’économie ou plus généralement de la société ?
J.A. De la société, bien sûr. Nous pourrions parler de société positive, ce serait sans doute plus juste.

A.A. Pourquoi parler d’économie positive et non de développement durable dont la définition est pourtant si proche ?
J.A. Le mot durable ne me convient pas car il ne suffit pas. Pourquoi voudrait-on faire durer quelque chose qui est insupportable ? Il s’agit d’améliorer plus que de durer. Le développement durable, tel qu’on l’entend aujourd’hui, est avant tout un développement écologiquement durable, c’est trop restreint.

A.A. Quel est votre plan d’attaque pour mettre en œuvre ce projet de société ?
J.A. L’économie positive repose sur plusieurs éléments. D’une part, un groupe de travail international que je préside, qui regroupe des scientifiques, des politiques, des économistes, des militants et des chefs d’entreprises. Il a remis un rapport au Président de la République avec 45 propositions concrètes, et c’est aujourd’hui un livre. D’autre part, un événement international, le LH Forum qui s’est déroulé pour la deuxième année en septembre au Havre. Nous voulons et devons aller plus loin. Nous avons la bénédiction du pouvoir politique pour faire avancer. Notre groupe de travail va se réunir plus souvent. Nous allons accélérer nos échanges et nos propositions, ainsi que notre communication..

A.A. Dans ce rapport remis au Président de la République, vous prônez une action par l’Etat, la règlementation et la fiscalité. Indispensable pour faire changer l’entreprise ?
J. A. Oui, car sans règlementation, les actions du secteur privé ne suffiront pas. Pour que cette contrainte fonctionne, il faut que la règlementation soit internationale. Si elle ne l’est pas, il ne se passera rien. Cela suppose donc une gouvernance mondiale.

A.A. Quand cette gouvernance mondiale existera-t-elle ?
J. A. Dans 1000 ans. Changer de civilisation prend forcément du temps, non ?

A.A. Le Président de la République a demandé cet été un travail de prospective à ses équipes. Est-ce un signe d’une culture de la transition ?
J.A. Le Président de la République a fait une initiative très importance, de demander que l’on réfléchisse à 2025. Mais cela ne sert à rien de réfléchir  sur 2025 si on ne place pas l’action d’aujourd’hui dans cette perspective, si  l’on ne raccroche pas chaque action à l’objectif, par exemple, en quoi la taxe de taxe de 75 % sur les  joueurs du foot décidée aujourd’hui sert 2025 ? Le ministre de l’économie Pierre Moscovici a justement fait cet exercice au LH Forum en septembre dernier, il a expliqué en quoi le budget de 2014 servait les objectifs de 2025. C’est comme nous, chacune de nos journées doit être lue à l’aune de nos objectifs, de ce que l’on souhaite faire de notre vie, non ?

A.A. Et vous, comment envisagez-vous le futur ?
J.A. Dans mon livre « Brève histoire de l’avenir », je décris l’avenir de l’humanité en cinq étapes. Première étape, le déclin de l’empire américain. Deuxième étape, un système polycentrique avec aucune puissance dominante. Troisième étape, la  domination par le marché que j’appelle hyperempire et qui englobe les nations. La quatrième concerne l’hyperconflit et la cinquième, l’hyperdémocratie. Les quatre premières sont certaines, la cinquième ne l’est pas. Les quatre premières sont déjà engagées. Je souhaite que nous parvenions au plus vite à la dernière étape.

A.A. Dans votre dernier ouvrage « Histoire de la modernité », vous démontrez que le futur est influencé par l’idée que l’on s’en fait. Comment notre époque actuelle voit-elle son futur et comment cela pourrait-il l’influencer ?
J.A. Sept visions d’avenirs sont aujourd’hui en lice pour devenir la réalité de demain. La première est l’hypermodernité, qui se mesure par son degré d’artificialisation, c’est l’extension du marché, lui-même irrigué par un rythme accéléré d’inventions techniques. La seconde est l’amodernité, c’est le fait tout simplement de ne pas penser l’avenir, être saisi par la tyrannie du court terme, ce qui conduit à  l’hypermodernité. La troisième est la rétromodernité, une tendance plus réactionnaire, qui consiste tout simplement à vouloir comme avenir le passé. La quatrième est l’ethnomodernité, c’est l’apogée des communautarismes et des logiques identitaires qui peut conduire, si elle s’allie avec la rétromodernité, à une cinquième, la théomodernité, de loin la moins souhaitable. La sixième est l’écomodernité, ayant pour valeurs centrales la frugalité et la sobriété carbone. Cette sixième voie est porteuse de sens, mais si la société met réellement en œuvre les changements nécessaires pour stabiliser le climat, c’est-à-dire un mode de vie consommant 90% d’énergie en moins, elle ne peut prétendre y arriver que par une dictature, ce qui n’est pas non plus souhaitable. Il reste heureusement une dernière vision. C’est l’altermodernité ou la modernité de l’altruisme. C’est à mon sens la seule modernité viable à long terme, celle qui fait du bonheur de l’autre la condition du sien. Si cette nouvelle modernité s’impose, il ne sera bientôt plus moderne d’être individualiste.

A.A. Dans cet ouvrage sur la modernité, vous accordez de l’importance aux artistes, comme étant l’avant-garde de la modernité, qui sont les artistes d’avant-garde pour vous ?
J.A. Oui, l’art a toujours défini la modernité, dès le Moyen-âge les artistes ont annoncé l’individualisme bourgeois par les premiers portraits. Aujourd’hui, les artistes de l’avant-garde sont  ceux qui considèrent que leur fonction est de faire naitre le désir d’altruisme chez les spectateurs, de lier le beau et l’altruisme. C’est un art difficile, qui balbutie encore. Plusieurs artistes agissent déjà à l’échelle de l’empathie, comme Marina Abramovic qui dans sa performance au MoMA, regardait avec grande humanité toutes les personnes qui s’asseyaient à sa table pour quelques instants. C’est de l’empathie, c’est pouvoir se mettre à la place de l’autre, mais ce n’est pas encore de l’altruisme, c’est-à-dire avoir plaisir à se mettre à la place de l’autre. Il y a très peu d’artistes au stade de l’altruisme. Je pense à l’artiste Naziha Mestaoui, qui a fait une installation au LH Forum, One Man One Tree, qui proposait aux spectateurs de créer virtuellement un arbre par ailleurs réellement planté, à partir d’un capteur de leurs battements de cœur. Aujourd’hui, l’avant-garde artistique annonce la fin de l’individualisme.



Naziha Mestaoui, One man One tree, LH Forum 2013

A.A. L’économie positive permet-elle efficacement de se prémunir contre un futur fâcheux ?
J.A. Oui bien sûr, le futur mais aussi le présent. Le fait que l’économie ne soit pas positive explique très largement la crise actuelle. L’économie est trop précaire, prend des décisions sur des critères de court terme et obéit à la tyrannie de l’instant et provoque ainsi la précarité des contrats de travail ou la domination de l’économie financière, au cœur de la crise actuelle. Le basculement vers une économie positive, qui remplacerait la tyrannie de l’instant par la priorité des générations suivantes contribue à régler le problème d’aujourd’hui.

A.A. Peut-on basculer d’une logique individualiste à un réveil altruiste ?
J.A. Oui, c’est en train de se faire, mais avec une courbe de vitesse qui n’est pas du tout gagnée, je pense que l’on peut y arriver, mais cela suppose quand même une révolte, qui est loin d’être probable. En attendant, l’éducation à l’altruisme est le meilleur moyen d’accélérer ce changement. Grâce aux neurosciences, nous connaissons aussi l’efficacité d’autres méthodes, certaines très anciennes, comme pratiques méditatives orientées vers l’altruisme qu’enseigne Matthieu Ricard, membre du groupe de travail. Nous sommes à l’aube de moyens nouveaux et immenses pour mettre en œuvre l’altruisme comme valeur centrale de notre société. Tout nous invite à penser que l’altruisme est la seule voie possible dès lors que toutes les autres nous mènent au chaos, c’est-à-dire à l’extinction des libertés individuelles.

A.A. Le secteur de la communication peut-il être un allié de l’altruisme ?
J.A. Allié, je ne sais pas, mais un promoteur, très certainement. Ce secteur est par nature cannibale, il doit manger pour créer les conditions de sa propre survie, il doit essayer d’avaler les valeurs qui lui sont contraires pour se renforcer, c’est une sorte de dé-tourneur, il utilise les valeurs les plus subversives pour en faire des éléments de consommation, il les canalise vers la consommation matérielle, le monde marchand. Donc on aura des publicités altruistes comme on a des publicités vertes. Beaucoup  d’entreprises utilisent déjà la RSE comme substitut à la publicité, cela coute beaucoup moins de faire un événement de  RSE, de s’adjoindre un Prix Nobel  ou un spécialiste du vert pour faire un événement que de financer une campagne de publicité et c’est tout aussi rentable.

A.A. Dans vos ouvrages, vous attaquez la publicité en tant qu’impulsion initiale d’une fuite en avant de la société, une course vers le neuf que vous considérez comme éminemment destructrice.
J.A. La tyrannie du nouveau fonctionne à la fois comme poison et remède, l’un suivant l’autre dans une parfaite logique, qui s’accélère. L’acquisition crée une déception qui est immédiatement comblée par le désir d’une nouvelle acquisition. Autrement dit,  le renouvellement des envies anesthésie les frustrations. C’est la même chose pour les médias, les spectateurs des médias cherchent, eux aussi, sans cesse du neuf, ce que leur promettent les journalistes. La tyrannie du neuf que la publicité impose au client s’insinue chez le lecteur, et l’électeur, ce qui est plus grave encore. Le résultat conduit les citoyens à détruire les idoles du passé pour en consommer de nouvelles. 

A.A. L’une de vos propositions consiste à « rendre obligatoire l’affichage de l’impact social et environnemental des produits ». Est-ce un moyen réellement efficace de faire évoluer la consommation ?
J.A. Le changement de comportement est une question très compliquée. La solution dépend très largement d’une prise de conscience de l’opinion publique. Je suis avec grand intérêt la réaction de l’opinion à ce qui s’est passé au Bangladesh. Normalement il devrait y avoir une décision qui est de ne plus acheter des produits venant de ce pays. Elle a eu lieu au début, mais je ne sais pas si elle continue. Le boycott est un indicateur de l’avancée de cette prise de conscience.

A.A. La solitude est-elle le carburant de la société de consommation ?
J.A. Nos sociétés produisent de la solitude pour compenser la solitude par la consommation et la solitude est une machine à produire de la demande. La demande est une réponse à la dépression, que génère la solitude.  Il existe bien sûr une solitude bénéfique,  que l’on retrouve dans la culture américaine, avec le Walden de Thoreau, la revendication de l’homme isolé dans les bois, ou le droit d’être débranché. La solitude est une façon de découvrir ce qu’on est et cela n’a de sens que si cela débouche que sur le renforcement de sa dynamique altruiste.

A.A. Pour expliquer l’altruisme, vous citez la Bible et son principe d’aimer son prochain comme soi-même. Freud s‘est insurgé contre cette citation et a proposé en échange « aime ton prochain comme il t’aime. »
Dans l’altruisme, le prochain est la génération future, elle ne peut donc pas m’aimer au moment où je l’aime, la proposition de Freud ne peut donc pas fonctionner. L’altruisme, c’est donner avant d’avoir reçu, donner en sachant que l’on ne sera peut être plus là au moment du retour. Je ne crois pas à la psychanalyse, car elle n’est pas applicable à grande échelle, c’est une pratique individuelle. Nous devons résoudre un problème collectif, l’éducation est pour moi la bonne échelle pour aller vers une société altruiste.

08 novembre 2013

Les bouleversements de la planète à la Biennale de Venise

La réputation de «grand cru» de la Biennale de Venise 2013 est largement méritée. Audacieux et érudit, son commissaire d’exposition Massimilinao Gioni ose d’emblée un parcours initiatique sur la connaissance, « Le Palais Encyclopédique ». L'immatériel, l'irrationnel et l'imaginaire occupent la première place dans ce chemin vers le savoir. Extases cosmologiques, secrets cryptés, combinaisons mythologiques et introspections tantriques bousculent les frontières de la connaissance et créent une spirale vers le cœur de la création.
 
Venice Biennale 2013

Il n'y a rien de politique dans la démarche de cette biennale, affirme le commissaire d'exposition. Mais son parti pris de choisir des artistes "outsiders" conduit forcément ce "musée provisoire" selon ses termes, à apporter un regard alternatif sur le monde.
La conscience sociale et environnementale, le souci des populations fragiles et menacées ainsi que le regard critique sur la "marchandisation" du monde, sont au rendez-vous, tant dans l'exposition centrale que dans les pavillons.

Dans les pavillons et des événements collatéraux

Grèce (pavillon)
Faut-il ne plus avoir d’argent pour découvrir la solidarité ? L’artiste Tsivopoulos plaide pour une approche alternative du futur. History Zero dévoile le potentiel du troc, du microcrédit et des monnaies alternatives. L'artiste signe un film magistral (image), montrant une femme très fortunée qui perd un peu la mémoire et qui crée des bouquets de fleurs à partir de billets de banque de 100 euros, puis les jette comme s'ils étaient fanés. Ces billets font ensuite la fortune d’un homme sans abri, ayant fouillé cette poubelle-trésor.

IMG_4479.JPG

Maldives (pavillon)
Ici, chacun est invité à dire où il habite et à préciser s’il accepte de recueillir un prochain réfugié climatique (photos, détails). Les Maldives font partie des premières victimes de l’élévation du niveau des mers et ses habitants devront trouver un endroit où se réfugier, mais lequel ? L’exposition rassemble de nombreux artistes internationaux désireux d'alerter et de porter un « Romantisme environnemental » permettant de mesurer l’importance du lien à la nature et de réveiller une conscience politique vis-à-vis des inégalités face au réchauffement climatique. Pour l’ouverture de la Biennale, l’artiste Stefano Cagol a rapatrié un monolithe de glace des Alpes. The Ice Monolith est une interrogation directe sur la fonte accélérée de la banquise polaire.

IMG_4418.JPG

Andorre (pavillon)
L’installation de Javier Balmaseda Fixed in Contemporaneity, composée de dix chevaux amputés et enchâssés sur des outils mécaniques est un choc visuel. Pour l'artiste d’origine cubaine, c'est la métaphore de la déshumanisation de la société.

IMG_4545.JPG

Russie (pavillon)
Consacrée au mythe de Danaé, déesse conquise par une pluie d'or, l’exposition est comme un balancier vis-à-vis du pouvoir de l’argent, un pas vers la punition, un pas vers l’obsession. Le mythe de Danaé devient ici une réalité : des pièces tombent réellement sur le sol et des femmes (protégées par des parapluies) se les arrachent sous le regard des hommes, interdits de participer à ce remake mythologique. L’artiste Kakharov écrit qu’ « il est temps de confesser notre rusticité, luxure, narcissisme, démagogie, fausseté, banalité, avidité, cynisme, spoliation, spéculation, gaspillage, gloutonnerie, séduction, envie et stupidité. » Le spectacle des jeunes filles obsédées par les pièces tombées du ciel, semble démontrer que l'installation favorise davantage le jeu que la prise de conscience.

 IMG_4465.JPGIMG_4462.JPG

Belgique (pavillon)
Pour Berlinde de Bruychere l'arbre est un corps malade, alité, pansé, à l'ombre de la mort, devenant ainsi martyr et saint, tel Saint Sebastien qui protégeait les Vénitiens de la peste. Creepinwood pose aussi la question de la souffrance de la nature, abattue, brisée, saccagée, sans personne pour la sauver.

IMG_4490.JPG

Angola (pavillon)
Le pavillon lauréat de la Biennale propose un entremêlement entre des objets du quotidien d'Angola et les visiteurs du Palais Cini, créant ainsi un échange Nord-Sud fructueux. L’artiste Sonia Lukene expose sa vision du futur, entre tornades et sècheresses, deux phénomènes accélérés dans son pays par le réchauffement climatique.

IMG_4553.JPG

Bahamas (pavillon)
Dans son installation Polar Eclipse, Tavares Strachan raconte une expédition au Pôle Nord de 1909 et pose la question de l’adaptation aux modes de vie extrêmes ainsi que de la perte des modes de vie traditionnels. La menace que la fonte de la banquise fait peser sur les Inuits est aussi celle sur rapport profond de l'homme à la nature.

 IMG_4405.JPGIMG_4407.JPG

Chine (évènements collatéraux Voice of the unseen, Ink-Bruch-Heart – Xishuzngbanna)
L’événement collatéral Voice of the Unseen présente sur quatre halls un art chinois engagé, généreux, grave et libre. Dès l'entrée de l'exposition, le visiteur est invité à écouter le cœur des artistes chinois.

IMG_4525.JPG
La sculpture Black Gold de Zhang Jianhua dénonce les conditions de travail des mines de charbon, plusieurs mineurs sont présentés morts, leurs femme et enfants à leurs chevets.
La peinture Black Sun (photo du bas) de Li Zhengtian, donne l’impression d’un lever de soleil sur la mer, mais en se reprochant, on constate qu’il s’agit de la lampe frontale qui se réverbère sur le haut du casque d’un mineur au visage noirci.
Your News you know de Li Qiang  compile des journaux, au milieu de panneaux « Beijing’s water you know », démontrant le décalage entre le déni et la réalité, ainsi que la censure des médias.
Mao Ding dans Exchange of interests, rebâtit à l'identique deux chambres de jeunes femmes (peut-être ouvrières) ainsi qu’un banc devant leur entrée avec des produits d’hygiène beauté qu'elles partagent.
Private lives series (photo de gauche) est composé de plusieurs dizaines de céramiques au logo d’Apple, chacune de couleur différente, avec toujours la même constante : des mains. Doigts coupés, main sectionnée, main tendue, main disparue...on pense immédiatement aux conditions de travail chez les sous-traitants d'Apple en Chine, ainsi que l'espionnage informatique des dissidents chinois.
Quitness of Control (la tranquillité du contrôle) illustre sans doute la dictature chinoise, des rats sont comme congelés dans un petit bassin.
Un autre événement collatéral, au conservatoire de musique et organisé par le Musée d’art contemporain de Shanghai, présente Ink-Bruch-Heart – Xishuzngbanna (photo de droite) de Simon Ma, un artiste fortement inspiré par la forêt primaire de Xishangbanna de la province du Yunnan (sud-ouest de la Chine). De grandes sculptures métalliques en forme de gouttes d’eau sont disposées dans la cour intérieure du conservatoire, entourées de centaines de ballons eux aussi en formes de gouttes d’eau, de six différentes couleurs. Simon Ma pose la question : pourquoi les couleurs de la nature restent-elles vives tandis que celles de nos vies urbaines tendent toujours vers le gris ? Et faisant cela, il alerte sur la nécessaire protection des couleurs dans notre environnement, donc la protection de la nature.

IMG_4542.JPGsimon ma.jpeg

IMG_4528.JPG

Grande-Bretagne
Lorsque la contestation se fait avec une grâce enthousiaste, elle devient une haute expression de la vie. William Morris, qui voulait un accès à la culture pour tous et par tous, serait aujourd’hui bien en colère en constatant les inégalités sociales du tourisme à Venise. Le vivifiant Jeremy Deller le ressuscite et voilà notre cher ancêtre en train de se défouler et de jeter le bateau du milliardaire et oligarque russe Roman Abramovich, qui avait amarré son gigantesque yacht à Venise en Juin 2011, obstruant la vue et compliquant la vie de la cité par son arsenal sécuraitaire. L’esprit de William Morris est un sérieux allié pour réagir joyeusement et fermement dans notre société, le pavillon le rappelle à fort juste titre. A la sortie, un bulletin d’adhésion à la William Morris Society est distribué.

IMG_4452[1].JPG

Lettonie (pavillon)
North by Northeast est un magnifique travail de deux artistes lettons, Kaspars Podnieks et Kriss Salmanis. Ils se concentrent sur la vie rurale lettone, mettant en scène des producteurs de lait en suspension (réellement suspendus par une astuce mécanique invisible) et un arbre fouettant le sol à cadence régulière, métaphore des forêts lettones décimées ainsi que les populations.

IMG_4401.JPG

Dans l'exposition  "Il palazzo Enciclopedico"

La nature sauvage, invitant à un contact direct avec elle, a une place de choix dans ce labyrinthe des origines.
L’artiste belge Patrick Van Caeckenbergh, ayant expérimenté une vie en immersion dans la nature tel Thoreau avant lui, propose une série de dessins minutieux de très vieux arbres, que l'on prend pour des photographies anciennes d'arbres bizarres, trop larges pour être vrais.
Stefan Bertalan oriente depuis soixante ans son travail sur le lien entre la géométrie présente dans la nature et le savoir scientifique. Dans son œuvre I lived for 130 days with a sunflower plant de 1979, l’artiste a suivi et étudié le cycle complet de la plante. Le démon de Maxwell (photo), sculpture de 1967, dévoile avec avant-gardisme un enjeu que l'on retrouve aujourd'hui au cœur des préoccupations énergétiques à l'heure du réchauffement climatique. Le démon de Maxwell est un pied de nez imaginé fin 19ème par J. Maxwell contre la seconde loi de la thermodynamique. Il a proposé un processus permettant de retrouver des différences de chaleur, sans dépenser d'énergie, ce qui est en principe impossible selon la seconde loi de la thermodynamique.

IMG_4394.JPG

Thierry Decordier peint une mer ombrageuse et ténébreuse, d’une force indomptable et insurmontable par l’homme. La Manche déchainée tue les couleurs et une hiérarchie s’impose : seule la montagne rivalise avec la mer. L'humilité de l'homme face à la nature est également dans l’œuvre de Lin Xue. Il dessine volontairement avec du bambou qui, ne retenant pas l’encre, oblige à dessiner très rapidement. Des formes organiques émergent, transmettant en temps réel, la vitalité de la nature.
Christopher Williams quant à lui, explore le lien entre le colonialisme et la botanique, avec son œuvre Angola to Vietnam. La nature sauvage, avec ses animaux et ses nuages, telle qu'elle fut saisie encore intacte, est présentée par deux photographes, décédés il y a vingt et quatre-vingt ans, Eliot Porter et Edouard Spelterini. Enfin, le film Grosse Fatigue de l’artiste française Camille Henriot assemble différents récits de l’univers, en particulier des récits amérindiens, sensibilisant au devenir du vivant.


Les rendez-vous manqués

Parmi les rendez-vous manqués ou décevants, citons les pavillons de Nouvelle-Zélande, Espagne, France et Canada. Le Pavillon de Nouvelle Zélande expose Front Door out back de Bill Culbert qui passé l’amusement fugitif d’un néon traversant des bidons de lait, fait pâle figure si l’on vient de sortir de l’exposition Pedro Cabrita Reis au Palais Falier (événement collatéral) qui y montre magistralement ce que néon peut dire. Le pavillon espagnol ne soutient pas non plus la comparaison avec le pavillon grec, autre pays dans la déconfiture économique. Lara Almarcegui, pourtant une artiste généralement passionnante, se noie dans un gaspillage de gravas qui donne une impression qu’un "déjà vu". Le pavillon français confié à Anri Sala est posé et pesant, avec une installation imaginée à partir d'une simple fantaisie d'un compositeur. Là encore, on ne peut s’empêcher de comparer, si Maurice Ravel était ressuscité comme William Morris, le pavillon français aurait été bien plus inspirant. Le pavillon du Canada quant à lui, a donné une carte blanche à Shary Boyle qui semble se perdre dans une démonstration de l'hystérie.

La Biennale de Venise 2013 a fait le pari d'un large périmètre d'exploration et d'une démarche de conscience au-delà des miroirs. Ce n'est donc pas un hasard si les thématiques liées au développement durable y ont une place de choix. Cette Biennale est un moment fort et empathique, à voir avant sa fermeture, à la fin du mois de novembre.

 

Article publié dans www.ressource0.com, le média dédié aux arts et écologies

http://www.ressource0.com/la-biennale-de-venise-revele-les-bouleversements-de-la-planete-par-alice-audouin/

06 novembre 2013

COAL, la coalition art et développement durable

Dans le cadre du parcours d’œuvres que la FIAC organise en collaboration avec le Muséum national d’Histoire naturelle, un cycle de trois tables rondes autour du thème “Engagement: quand la culture passe à l’action” aura lieu du jeudi 24 octobre au samedi 26 octobre, à l’Auditorium de la Grande Galerie de l’Evolution au Muséum national d’Histoire naturelle en collaboration avec COAL (Coalition pour l’Art et le Développement Durable).

Chaque table ronde propose un dialogue entre un artiste, un scientifique et un théoricien autour des interactions possibles entre l’art et la science.

CYCLE DE 3 TABLES RONDES POUR EXPLORER L’ENGAGEMENT :

Jeudi 24 octobre 2013, 18h-20h

I/ VERS LA CONSCIENCE PLANETAIRE ?

Face à la crise écologique, les prises de consciences issues des alertes des scientifiques, leur expression sensible par les artistes, et la conception de leurs implications par les philosophes changent notre rapport au monde. Chacun d’entre nous développera-t-il une conscience écologique à l’aune de laquelle nos actions quotidiennes seront arbitrées ?

Camille Henrot, artiste, représentée par kamel mennour, Paris. 

Pierre-Henri Gouyon, scientifique, Professeur au Muséum National d’Histoire Naturelle, l’AgroParisTech, Sciences Po (Paris) et à l’ENS Paris.

Jean-Michel Valantin, chercheur en études stratégiques, spécialiste de géostratégie environnementale, auteur de "Guerre et Nature", Editions Prisma. 

Vendredi 25 octobre 2013, 18h-20h, animation Alice Audouin, COAL

II/ LUTTER CONTRE LA CRISE ECOLOGIQUE

Un sentiment d’urgence et de vertige nous gagne face aux questions écologiques, en raison de leur dimension globale et de leur rapidité, au point qu’il ne s’agit pas seulement d’agir, mais déjà de lutter. Il ne s’agit pas seulement de prévenir la crise à venir, mais aussi de s’adapter à celle qui est déjà en cours. Quelles sont les modalités d’action recommandées par les philosophes, les scientifiques et les artistes ?

Julia Rometti et Victor Costales, artistes, représentés par Jousse Entreprise, Paris. 

Elise Demeulenaere, ethnobiologue, Chargée de recherche au CNRS affectée à l’unité mixte de recherche CNRS-MNHN Eco-anthropologie et Ethnobiologie.

Catherine Larrere, philosophe, Professeur émérite à l'Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne, présidente de la Fondation de l'Ecologie Politique.

Samedi 26 octobre 2013, 18h-20h, animation Loic Fel, COAL

III/ CREER UNE SOCIETE PLUS ECOLOGIQUE

Des artistes, des scientifiques et des philosophes sortent de leurs milieux respectifs pour confronter leurs convictions au réel, quitte à renouer avec l’histoire de l’utopie. Acteurs du changement, ces différents acteurs interviennent là où on ne les attendaient plus. Quelle légitimité ont-ils ? Arrivent-ils encore à fédérer les énergies autour d’eux ? Sont-ils encore entendus par un public qui a perdu l’habitude de la figure de l’engagement ?

Michelangelo Pistoletto, artiste, représenté par Galleria Continua, San Gimignano/Beijing/Le Moulin.

Robert Barbault, écologue, professeur à l’Université Pierre et Marie Curie, directeur du département Écologie et gestion de la biodiversité au Muséum national d’histoire naturelle.

Virginie Maris, philosophe, Chargée de recherche CNRS au Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive de Montpellier.

COAL Coalition art et développement durable - www.projetcoal.fr


En savoir plus sur http://www.fiac.com/fr/conferences-museum-2013.html#Jk2xy...

Dans le cadre du parcours d’œuvres que la FIAC organise en collaboration avec le Muséum national d’Histoire naturelle, un cycle de trois tables rondes autour du thème “Engagement: quand la culture passe à l’action” aura lieu du jeudi 24 octobre au samedi 26 octobre, à l’Auditorium de la Grande Galerie de l’Evolution au Muséum national d’Histoire naturelle en collaboration avec COAL (Coalition pour l’Art et le Développement Durable).

Chaque table ronde propose un dialogue entre un artiste, un scientifique et un théoricien autour des interactions possibles entre l’art et la science.

CYCLE DE 3 TABLES RONDES POUR EXPLORER L’ENGAGEMENT :

Jeudi 24 octobre 2013, 18h-20h

I/ VERS LA CONSCIENCE PLANETAIRE ?

Face à la crise écologique, les prises de consciences issues des alertes des scientifiques, leur expression sensible par les artistes, et la conception de leurs implications par les philosophes changent notre rapport au monde. Chacun d’entre nous développera-t-il une conscience écologique à l’aune de laquelle nos actions quotidiennes seront arbitrées ?

Camille Henrot, artiste, représentée par kamel mennour, Paris. 

Pierre-Henri Gouyon, scientifique, Professeur au Muséum National d’Histoire Naturelle, l’AgroParisTech, Sciences Po (Paris) et à l’ENS Paris.

Jean-Michel Valantin, chercheur en études stratégiques, spécialiste de géostratégie environnementale, auteur de "Guerre et Nature", Editions Prisma. 

Vendredi 25 octobre 2013, 18h-20h, animation Alice Audouin, COAL

II/ LUTTER CONTRE LA CRISE ECOLOGIQUE

Un sentiment d’urgence et de vertige nous gagne face aux questions écologiques, en raison de leur dimension globale et de leur rapidité, au point qu’il ne s’agit pas seulement d’agir, mais déjà de lutter. Il ne s’agit pas seulement de prévenir la crise à venir, mais aussi de s’adapter à celle qui est déjà en cours. Quelles sont les modalités d’action recommandées par les philosophes, les scientifiques et les artistes ?

Julia Rometti et Victor Costales, artistes, représentés par Jousse Entreprise, Paris. 

Elise Demeulenaere, ethnobiologue, Chargée de recherche au CNRS affectée à l’unité mixte de recherche CNRS-MNHN Eco-anthropologie et Ethnobiologie.

Catherine Larrere, philosophe, Professeur émérite à l'Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne, présidente de la Fondation de l'Ecologie Politique.

Samedi 26 octobre 2013, 18h-20h, animation Loic Fel, COAL

III/ CREER UNE SOCIETE PLUS ECOLOGIQUE

Des artistes, des scientifiques et des philosophes sortent de leurs milieux respectifs pour confronter leurs convictions au réel, quitte à renouer avec l’histoire de l’utopie. Acteurs du changement, ces différents acteurs interviennent là où on ne les attendaient plus. Quelle légitimité ont-ils ? Arrivent-ils encore à fédérer les énergies autour d’eux ? Sont-ils encore entendus par un public qui a perdu l’habitude de la figure de l’engagement ?

Michelangelo Pistoletto, artiste, représenté par Galleria Continua, San Gimignano/Beijing/Le Moulin.

Robert Barbault, écologue, professeur à l’Université Pierre et Marie Curie, directeur du département Écologie et gestion de la biodiversité au Muséum national d’histoire naturelle.

Virginie Maris, philosophe, Chargée de recherche CNRS au Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive de Montpellier.

COAL Coalition art et développement durable - www.projetcoal.fr


En savoir plus sur http://www.fiac.com/fr/conferences-museum-2013.html#Jk2xy...

Alice Audouin est présidente co-fondatrice de COAL, la coalition art & développement durable.
COAL est la première association française sur le lien entre culture et écologie.

Au sein de l'association Alice Audouin pilote avec Loïc Fel les services aux entreprises et collabore à l'ensemble des activités de l'association.

Historique

Quatre années après avoir organisé et animé colloque international "L'artiste comme partie prenante" ("The artist as as stakeholder" ) à l'Unesco en 2004, autour d'une dizaine d'artistes internationaux impliqués sur les enjeux du développement durable, Alice Audouin a co-fondé Coal (la coalition art et développement durable) en 2008, avec des acteurs de l'art et du développement durable.
Parmi les autres cofondateurs de Coal figure Loic Fel, autre pionnier de la thématique qui, dès 2004 lui aussi, développait à la Sorbonne un séminaire de recherche consacré à l'art et l'écologie. Docteur en philosophie, il est l'auteur de "L'esthétique verte", le premier ouvrage de philosophie français dédié à la thématique.

Un acteur central en France, reconnu à l'international

Coal est aujourd'hui l'acteur de référence en France sur le lien entre l'art contemporain et le développement durable. Dans un esprit pluridisciplinaire et innovant, Coal mobilise les artistes et les acteurs culturels sur les enjeux sociétaux et environnementaux en collaboration avec des institutions, des ONG, des scientifiques et des entreprises et soutient le rôle incontournable de la création et de la culture dans les prises de conscience et les mises en œuvre de solutions concrètes. Coal, conçoit et organise des expositions d’art contemporain et des événements culturels sur les enjeux du développement durable, remet chaque année le Prix Coal Art et Environnement, participe à la connaissance et à la diffusion de la thématique via des prises de paroles, des publications, un fil de veille sur l’actualité internationale de l’art en lien avec le développement durable. Ces rapprochements entre culture, art, écologie et développement durable font aujourd’hui l’objet d’une véritable dynamique internationale à laquelle Coal participe en tant que principal acteur français. Coal est soutenu par le Ministère de l'écologie.

Le Prix Coal Art & Environnement

Le Prix COAL Art et Environnement, créé en 2010, récompense et accompagne le projet d’un artiste
contemporain sur le thème de l’environnement.
D’une valeur de 10 000 euros, le Prix COAL est décerné dans le cadre d’un appel à projets international. Depuis 2010, COAL a reçu près de 1 000 candidatures d’artistes provenant de plus de 40 pays. Les principaux artistes renommés et pionniers de l’art en lien avec l’écologie y participent. Le lauréat est désigné parmi dix finalistes par un jury de personnalités du monde de l’art contemporain, de la recherche, de l’écologie et du développement durable. Chaque année un thème est mis à l’honneur en fonction de l'actualité, en 2012 « ruralité » et en 2013 « adaptation ». Le thème de l’édition 2014 portera sur « Paris », et l’édition 2015 sera consacrée au « réchauffement climatique ».

La cérémonie du Prix COAL Art et Environnement se déroule à Paris, dans un lieu reflétant ses valeurs
(le Laboratoire, centre d’art privé dédié à la recherche art et science, a accueilli les trois dernières éditions). Elle réunit les principaux acteurs du développement durable et de l’art. Elle bénéficie de partenariats privés et du soutien du ministère de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie, du ministère de la Culture et de la Communication et du Centre National des Arts Plastiques.


Gaëlle Rocher, Alice Audouin, Laurent Tixador et Lauranne Germond, Prix Coal 2013

Le jury du Prix Coal rassemble des personnalités de l'art et de l'environnement. Pour exemple, furent membres du Jury : Paul Ardenne, critique d’art, Nathalie Blanc, géographe, CNRS, Bernard Blistène, directeur du Mnam, Judith Benhamou, critique d’art et commissaire d’exposition, Fabrice Bousteau, rédacteur en chef de Beaux-Arts Magazine, David Buckland, fondateur et directeur de Cape Farewell (GB), Anne-Marie Charbonneaux, présidente du Magasin de Grenoble, Gilles Clément, paysagiste, écrivain, Claude d’Anthenaise, conservateur en chef du Musée de la Chasse et de la Nature, David Edwards, fondateur du Laboratoire, Jennifer Flay, directrice artistique de la FIAC, Thomas Grenon, directeur général du Muséum National d’Histoire Naturelle Fabrice Hyber, artiste, Chiara Parisi, directrice des programmes culturels de la Monnaie de Paris et commissaire Nuit Blanche 2013, Jacques Rocher, président de la Fondation Yves Rocher, Gilles Tiberghien, philosophe...


Jury 2010, sur la photo, Guy Tortosa, denis Vouvert, Fabrice Hyber, Anne-Marie Charbonneau, Lorenzo Fiaschi, Nathalie Blanc

Commissariats d'exposition

Coal assure le commissariat d’expositions d’art contemporain de premier plan autour des questions environnementales dans des centres d’art, des parcs ou des espaces publics en collaboration avec des ONG, des institutions, des collectivités ainsi que pour des entreprises et des salons professionnels.

Depuis 2011, Coal intervient au Domaine départemental de Chamarande en tant que commissaire d’exposition. La mission de Coal est de faire de Chamarande le lieu de référence dédié à l’art, à l’écologie et au développement durable. Coal apporte non seulement sa connaissance des artistes engagés sur cette thématique, mais également son expertise RSE permettant d’intégrer le développement durable dans la production artistique.

Coal a déjà sollicité plus d’une cinquantaine artistes engagés et de renommée internationale, dans le cadre des résidences et des expositions au Domaine de Chamarande (plus de 30 nouvelles
productions). Ont notamment participé Lucy+Jorge Orta, Mark Dion, Cartsen Holler, herman de vries (Spécimens, 2012-2013), Brandon Ballengée, Liliana Motta, Olivier Darné (Milieux, 2013), Ackroyd et Harvey, Superflex, Didier Faustino et Stefan Shankland (Salons, 2012, Vues, 2013), Guilaume Bresson (Vues, 2013), Etienne de France (Vues, 2013)...

Le media de référence sur l'art et l'écologie : www.ressource0.com

Conçu, produit et animé par Coal, Ressource0 est le premier média et centre de ressources français
réunissant les univers des arts et des écologies. Ressource0 relaie l’actualité française et internationale consacrée à l’art et à l’écologie, diffuse les outils et bonnes pratiques, centralise l’ensemble des références intellectuelles sur la thématique et recense les acteurs clés. Ressource0 dispose de 3 moteurs de recherche multicritères qui permettent de naviguer dans les 8 rubriques et les 25 sous-rubriques que propose le site. Ressource0 s’organise autour d’un comité international de 25 contributeurs qui veille sur l’actualité et nourrit la plateforme de ses projets, points de vue et publications. Il comprend des dossiers, des articles, des interviews, des vidéos et des collaborations.
S'y trouvent, entre autres, plus de 500 actualités françaises et internationales relayées et 150 fiches d'acteurs impliqués.

Organisation de conférences

Coal anime la thématique transversale « Art et Développement durable » en France et favorise la mise en relation des artistes avec les autres parties prenantes à travers l’organisation de rencontres et de nombreuses interventions publiques.

Depuis 2012, Coal collabore avec la FIAC et organise un cycle de conférences sur le thème « Art et écologie » dans le cadre du programme de la FIAC hors les murs au Muséum national d’Histoire naturelle. Chaque table ronde réunit un artiste et un scientifique et propose un dialogue
autour des interactions possibles entre l’art et la science. Thématique 2012 : « Une question de goût ou de science? » Thématique 2013 : « Engagement : quand la culture passe à l’action » Les conférences, filmées, sont relayées sur les sites de chaque institution partenaire.

Recherche et études

Centre de ressource et d’échanges sur les thèmes de l’art et de l’écologie, Coal contribue à
promouvoir la France sur l’ensemble des réseaux européens et internationaux, et propose des études sur les acteurs les plus impliqués, aussi bien au niveau français, européen qu’international.
En 2011, Coal a publié État des lieux international des initiatives art, écologie et développement durable, une étude qui établit un panorama exhaustif assorti d’une étude analytique des pratiques internationales et nationales alliant « Art, écologie & développement durable ». Coal a également publié le Book des 50 artistes les plus engagés.
En 2013, Coal a réalisé le Répertoire des acteurs culturels une étude sur les acteurs culturels pour le Groupe « Cultures et Biodiversités » du Comité de Massif pyrénéen.

Services aux entreprises 

COAL conseille et accompagne des entreprises, des collectivités, des institutions dans leurs actions en faveur du développement durable par le moyen de l’art : création d’une collection d’art contemporain thématique sur l’écologie, conseil sur la thématique culture et développement durable, expositions thématiques, montage et accompagnement de partenariats, de mécénat, de Prix, recherche d’artistes, événementiel, etc.

 

Exemples d'actions :

- Création de collections, montage d’exposition et développement de partenariat pour le groupe Greenflex Ethicity; (2013)
- Accompagnement de projet avec la DREAL Midi- Pyrénées et le groupe « Cultures et biodiversités » du Comité de Massif pyrénéen; (2013)
- Création d’une exposition sur l’éco-conception et organisation de débats avec le Réseau des entreprises créatives d’Ile de France; (2013)
- Conseil en politique culturelle environnementale avec les villes de Sainte-Marie, Plœmeur et Valence; (2010-2012)
- Organisation d’un Prix « Art et Nature » au château de la Bourdaisière (2009)
- Organisation d’une exposition et animation sur l’art et l’écologie au salon 1.618 (2009-2011) 

En savoir plus sur coal : www.projetcoal.fr

 

04 novembre 2013

Interventions, animations, jurys

INTERVENTIONS & ANIMATIONS 2014 (sélection)

16 avril, intervention "art, développement durable et éducation", Séminaire des Établissements du Développement Durable (Ministère de l'Education Nationale), Rouen

10 avril, animation de la cérémonie du Prix Coal, Musée de la Chasse et la Nature

5 mars, animation des conférences de l'UpCycling Day, Université de Cergy-Pontoise

22 janvier 2013, intervention "art et développement durable", séminaire de formation pour l'éducation au développement durable organise par l'Académie de Paris, avec Jean-Michel Valantin, haut fonctionnaire au développement durable au Ministère de l'éducation nationale

INTERVENTIONS & ANIMATIONS 2013 (sélection)

Conseil Général de la Somme, Amiens Intervention "La sensibilisation et la mobilisation des jeunes sur l'environnement avec l'art contemporain ?" au colloque "Art, Patrimoine, et Culture scientifique et technique" (décembre 2013)

FIAC-COAL-MNHN, Animation de la table ronde "Lutter contre la crise écologique" (octobre 2013)
Avec Julia Rometti et Victor Costales, artistes, Elise Demeulenaere, ethnobiologue,  Catherine Larrere, philosophe, Professeur émérite à l'Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne, présidente de la Fondation de l'Ecologie Politique. (octobre 2013)

LUTTER CONTRE LA CRISE ECOLOGIQUE

Un sentiment d’urgence et de vertige nous gagne face aux questions écologiques, en raison de leur dimension globale et de leur rapidité, au point qu’il ne s’agit pas seulement d’agir, mais déjà de lutter. Il ne s’agit pas seulement de prévenir la crise à venir, mais aussi de s’adapter à celle qui est déjà en cours. Quelles sont les modalités d’action recommandées par les philosophes, les scientifiques et les artistes ?

Julia Rometti et Victor Costales, artistes, représentés par Jousse Entreprise, Paris. 

Elise Demeulenaere, ethnobiologue, Chargée de recherche au CNRS affectée à l’unité mixte de recherche CNRS-MNHN Eco-anthropologie et Ethnobiologie.

Catherine Larrere, philosophe, Professeur émérite à l'Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne, présidente de la Fondation de l'Ecologie Politique.


En savoir plus sur http://www.fiac.com/fr/conferences-museum-2013.html#XhJ0HiQPmAz6sObG.99

Un sentiment d’urgence et de vertige nous gagne face aux questions écologiques, en raison de leur dimension globale et de leur rapidité, au point qu’il ne s’agit pas seulement d’agir, mais déjà de lutter. Il ne s’agit pas seulement de prévenir la crise à venir, mais aussi de s’adapter à celle qui est déjà en cours. Quelles sont les modalités d’action recommandées par les philosophes, les scientifiques et les artistes ?

Julia Rometti et Victor Costales, artistes, représentés par Jousse Entreprise, Paris. 

Elise Demeulenaere, ethnobiologue, Chargée de recherche au CNRS affectée à l’unité mixte de recherche CNRS-MNHN Eco-anthropologie et Ethnobiologie.

Catherine Larrere, philosophe, Professeur émérite à l'Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne, présidente de la Fondation de l'Ecologie Politique.


En savoir plus sur http://www.fiac.com/fr/conferences-museum-2013.html#XhJ0HiQPmAz6sObG.99

Un sentiment d’urgence et de vertige nous gagne face aux questions écologiques, en raison de leur dimension globale et de leur rapidité, au point qu’il ne s’agit pas seulement d’agir, mais déjà de lutter. Il ne s’agit pas seulement de prévenir la crise à venir, mais aussi de s’adapter à celle qui est déjà en cours. Quelles sont les modalités d’action recommandées par les philosophes, les scientifiques et les artistes ?

Julia Rometti et Victor Costales, artistes, représentés par Jousse Entreprise, Paris. 

Elise Demeulenaere, ethnobiologue, Chargée de recherche au CNRS affectée à l’unité mixte de recherche CNRS-MNHN Eco-anthropologie et Ethnobiologie.

Catherine Larrere, philosophe, Professeur émérite à l'Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne, présidente de la Fondation de l'Ecologie Politique.


En savoir plus sur http://www.fiac.com/fr/conferences-museum-2013.html#XhJ0HiQPmAz6sObG.99


De gauche à droite :
Catherine Larrere, Elise Demeulenaere,Victor Costales, Julia Rometti, Alice Audouin
Voir la conférence : http://vimeo.com/78920977

UP Conférence, avec Sébastien Ravut "La consommation locale et responsable" (septembre 2013) (septembre 2013)
http://www.groupe-sos.org/actus/2219/UP_Cafe_La_consommation_responsable_pres_de_chez_soi

Université de Cergy-Pontoise, Intervention sur "La consommation responsable", séminaire sur l'économie circulaire (septembre 2013)

Université d'été de la communication sur le développement durable à Bordeaux, intervention sur l'"Eco-conception de la communication" (août 2013)

Cérémonie du Prix COAL 2013, animation de la cérémonie du Prix COAL 2013 (avril 2013)

CELSA, intervention lors de la journée d'étude "médias, RSE et développement durable" dans le cadre de la semaine du Développement Durable (avril 2013)

Forum Libération Grenoble, "Engagement des jeunes et développement durable" (février 2013)

 


AUPARAVANT (sélection) :

UNESCO : Animation du colloque "The artist as a stakeholder" (2004)

Ministère de la culture
: conférence "Culture et développement durable" (2011)

Débat FNAC :
intervention "Le Greenwashing" (2007)

La Villette : intervention "Ecoconception et projets culturels"
(2012)

Sénat : intervention "La responsabilité particulière des médias dans un contexte d’urgence écologique
" (2009)

Forum d’Action Modernités : intervention, 'La révolution verte ?" (2008)


Jeudis du Mécénat
: intervention, "Art contemporain et développement durable" (2010)

Institut français de la mode : conférence "Création et développement durable"
(2012)

Université Paris Dauphine : animation de la conférence "The involvement of young people in the European sustainable development" (2008)

Université d'été de la communication pour le développement durable : interventions "Communication et développement durable" (2007, 2010)

Les Ateliers de la Terre : animation de table ronde Vers un rôle du « consommacteur » (2007)

Forum du Commerce Équitable : animation de la conférence de clôture (2007)

Alter Mundi Café : conférence "La communication responsable" (2010)

Tokyo Art Club : conférence "Art et développement durable" (2010)

Natural Beauty Summit : Conférence, Cosmétique et développement durable (2011)

MNMH - Ministère de l'écologie - COAL : Animation de l'Atelier européen "Art, écologie et développement durable" réunissant quarante acteurs européens et artistes engagés. (2011)


Atelier Européen art et écologie De gauche à droite : Alice Audouin, Thierry Boutonnier, Art Orienté Objet, Hé Hé, Lauranne Germond

Palais de la Découverte : intervention "Médiation et sensibilisation des publics face à la question du changement climatique" (2011)

Les Débats de l'AGRO : intervention La gestion de l'écologie dans la société actuelle" AgroTechParis (2012)

Festival International de Journalisme (festival del gionalimso Perugia) : conférence "media and sustainable development" (2008)

Prix COAL : animation de la cérémonie de remise du Prix COAL (2012, 2011, 2010)

Tendance Communication Stratégies : intervention "De l’entreprise citoyenne à l’entreprise socialement responsable : quelles sont les évolutions actuelles ?"

Les Echos & Chambre de Commerce Franco-britannique : intervention "Développement durable : une réalité partagée mondialement?" (2007)

Festival International de la publicité (Cannes) : conférence "Advertising and sustainability" (2006)

 


ENSEIGNEMENT
Alice Audouin intervient ponctuellement en Université et dans les grandes écoles, pour exemple : Majeure "Altermarketing" Reims Management School, Master « Environnement, développement durable et risques » Sciences-Po, Master de gestion de Dauphine, Master Marketing spécialité Marketing High Tech, Université de Sciences Sociales, IAE,Toulouse , Paris XIII Université Saint-Denis, UFR Eco-gestion, master Communication,  Sciences Com (Nantes), Master Développement durable et responsabilité des organisations, Paris-Dauphine, Institut catholique, Journée d'étude RSE, CELSA....

JURYS
-2010-2014 : Jury du prix Coal
-2012 : 7ème édition du concours Performance globale CJD
-2011 : Jury, Trophées du Business Vert (Expansion)
-2010 : Jury, CINEMAMBIENTE ­INTERNATIONAL ENVIRONMENTAL FILM FESTIVAL, Turin, Italie
-2008 : Jury, Festival international du film d'environnement, Paris
-2008, 2009 : Salon 1.618 (comité de sélection)

23 octobre 2013

Publications


L'écologie, c'est fini
Qu'en pensent les experts?
Collection "On entend dire que"
Editions : Eyrolles - Les Echos Editions 2013


En savoir plus, Voir "L'écologie c'est fini" dans cette  rubrique




La Communication Responsable


Eyrolles, 2009, 2010 (co-auteur). Un livre professionnel pour intégrer le développement durable dans les métiers de la communication.

ComResp.jpg

En savoir plus, Voir "La communication responsable" dans cette  rubrique


Ecolocash
Editions Anabet, 2007.
Roman humoristique et documenté sur le développement durable en entreprise. En cours d'adaptation au cinéma.

En savoir plus, Voir "Ecolocash" dans cette  rubrique

Traduit en Italien

Emilie, ecologista in carriera (2010, edizioni Ambiente)

Directrice de collection

Directrice de collection aux éditions Eyrolles

Luxe et développement durable, la nouvelle alliance, de Cécile Lochard et Alexandre Murat, 2011.

19 septembre 2013

L’approche culturelle du changement à la Conférence Environnementale appelle l’implication du secteur culturel

La Conférence environnementale (20 et 21 septembre 2013) a choisi parmi ses cinq thématiques l’éducation à l’environnement et au développement durable (EEDD). Ce choix implique une plus grande intégration du développement durable dans les programmes éducatifs et scolaires. Mais cette thématique va bien plus loin en se situant au cœur du champ social. Comme l’indique le gouvernement, ils s‘agit d’« accompagner le processus de transformation de notre société, ainsi que les évolutions des modes de vie et des comportements, de tous les publics, dans tous les lieux et temps de vie » et de « faciliter l’implication du plus grand nombre et de donner à chacun les moyens de s’informer, s’engager, et avoir la capacité d’agir positivement ». Nous ne sommes donc pas seulement « à l’école » mais dans le quotidien des Français, au cœur de leurs habitudes, de leurs représentations, de leurs actions, c’est-à-dire dans leur culture définie comme « l'ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social » (Unesco). Cette approche culturelle, impliquant un nouveau projet de société est la preuve d’une bonne compréhension de l’enjeu environnemental qui est un enjeu global.


Définir le projet de changement en termes culturels, afin qu’il soit collectivement validé et adopté, est une priorité.


Le projet de changement vers des modes de vie durables doit être bâti et justifié, car il ne va pas de soi. La volonté de changement ne concerne aujourd'hui qu’une minorité, en dépit des sondages dans lesquels l’opinion publique affirme que la préservation de la planète est indispensable à l'humanité. Depuis le rapport Meadows de 1972 consacré aux limites de la croissance, experts et militants ne cessent de sonner l’alarme sur les conséquences sociales et environnementales négatives de la société de consommation : réchauffement climatique, chute de la biodiversité, inégalités des richesses, chômage, dette, maladies dues à la chimie et à la pollution, conflits liés à l’accès aux ressources, en démontrant l’interdépendance de ces risques systémiques et globaux. Or ces connaissances sont insuffisantes pour déclencher une dynamique de changement de la part des Français. Les faits le montrent, au-delà du tri bien généralisé, ils n’ont pas changé leurs habitudes de consommation, ils ont même davantage consommé et émis 13 % de CO2 en plus entre 1990 et 2010 selon Carbone 4. Depuis les trente glorieuses, les citoyens, devenus des consommateurs satisfaits, s’éloignent de la contestation et de la volonté de changer la société qui a image est certes imparfaite, mais pas négative. Herbert Marcuse expliquait dès les années soixante comment la culture contemporaine était pénétrée par ce double jeu d’une satisfaction matérielle croissante des individus et d'un recul de leur contestation du à leur perte de distance vis-à-vis du réel. Et ce n'est pas en expliquant que ce confort acquis est menacé, chiffres à l'appui, si justes soient-ils, que le basculement aura lieu, car en dépit du chômage, la menace ne s'est pas assez visible. Il est utopique, au-delà d’un cercle d’intellectuels ou d’adeptes de l’écologie, de la décroissance ou du développement durable, de partir d’une critique de la croissance à l’heure où celle-ci est implorée pour relancer l’économie.
De façon radicalement plus positive, la culture émergente issue des initiatives et idées nouvelles telles que le crowdfunding, la consommation collaborative, l’efficacité énergétique, l’énergie libre, la justice climatique, l’empathie, la résilience, est un axe porteur. Mais là encore, ces nouveaux univers passionnent avant tout une minorité déjà acquise à l’innovation sociale et environnementale et aux dynamiques horizontales et non plus seulement verticales. La valorisation des innovations « allant dans le bon sens » est indispensable mais également insuffisante pour devenir le moteur de la transformation.
Le développement durable, avec son triple socle, social, économique et environnemental, est le pilier le plus solide sur lequel s'appuyer. Il offre d’emblée une approche positive, systémique et opérationnelle permettant de frayer un chemin au changement. Pour cela, l’image du développement durable, réduite voire malmenée par les médias, doit être restaurée.

Pour sortir de cette impasse qu’est l’ambivalence, il est nécessaire de bâtir un projet de changement de société qui ne s’appuie pas sur une dénonciation, une opposition ou un renoncement à notre société actuelle, au progrès, à la croissance ou à la consommation, mais qui se fonde sur une nouvelle interprétation de valeurs positives antérieures à la société de consommation. C'est là que la culture peut et doit jouer un rôle fondamental, en portant le sens de ce changement de monde.

Une envie collective d’avenir est possible, dans un déplacement du jeu de l’individuel vers le collectif, de la possession vers le partage (du temps de travail, de la consommation …) si elle s’ancre avant tout dans des valeurs symboliques fondatrices et mobilisatrices, comme la prospérité, l’exemplarité, l’universalité ou la solidarité. Il s'agit de créer une culture qui émerge de la conscience de ce que pourrait être un monde meilleur. Un travail de définition du changement nécessite d'identifier les leviers culturels les plus mobilisateurs et doit impliquer en amont des dimensions historique, anthropologique, artistique, psychologique, économique, juridique et philosophique.
Dans cette approche culturelle du changement, le rôle du secteur culturel est lui-même prioritaire. En tant que sources privilégiées de création, circulation et diffusion des approches symboliques, sensibles et des représentations du monde, l’art et la culture jouent un rôle central dans la transformation des modes de vie. Le film "Avatar" en 2010 a su massivement sensibiliser sur le rapport homme - nature, en dénonçant les conséquences environnementales des sociétés militaro-industrielles et en invitant à une nouvelle alliance. En France, le Prix COAL Art & Environnement a recueilli en quatre ans plus de mille propositions d'artistes contemporains et de designers, qui sont autant de solutions positives et pour certaines déjà en marche, comme les Urban Farm Unit de Damien Chivialle qui fleurissent aujourd'hui dans les capitales. Le roman récent Paradis ( avant liquidation) de Julien Blanc-Gras apporte un regard sur l'enjeu de la montée du niveau de la mer. Les exemples sont parlants mais restent peu nombreux, car le secteur culturel reste dans sa majorité frileux, voire critique en matière d'environnement.
Sa mobilisation est désormais nécessaire pour déclencher une dynamique impliquant l'ensemble de ses acteurs et publics. Il ne s'agit nullement d'orienter la créativité, mais de l'irriguer. Des actions incitatives, prix, subventions, aides à la création, festivals, enseignements, événements, débats, ateliers, doivent être développés dans le domaine de l'art, la littérature, le cinéma, le théâtre de rue, la télévision, etc. Scénaristes, artistes, écrivains, compositeurs, metteurs en scènes, animateurs, régisseurs ... l'ensemble des métiers du champ culturel est impliqué.
La dynamique lancée à la conférence environnementale doit annoncer l’étape d’après : l’implication du ministère de la culture et du secteur culturel dans son ensemble. C’est avec l’implication de la culture que le changement pourra efficacement démarrer.  Si le changement vers des modes de vie plus durables a réellement pour ambition de compter parmi les grandes mutations de l’histoire, il doit appliquer leur formule : elles ont toujours été pressenties, annoncées et accompagnées par l’art et la culture.

Alice Audouin
19 septembre 2013

04 août 2013

Parcours

Itinéraire détaillé dans le développement durable, 2001 -> 2014

2014

Lancement de l'activité de consultante indépendante RSE CREATIVE et du site www.aliceaudouin.com

2013

Publication de 'L'écologie, c'est fini. Qu'en pensent les experts?" Collection "On entend dire que"
Editions : Eyrolles - Les Echos Editions
http://www.amazon.fr/L%C3%A9cologie-cest-fini-pensent-experts/dp/2212555261

Quatrième édition du Prix COAL Art & Environnement, thème "Adaptation"
http://www.projetcoal.org/coal/category/prix-coal-2013/

Lancement du site www.ressource0.com

Création de "la confrérie"

2012 

Premier bilan carbone sectoriel de l'achat média en France

http://www.clubcom-mp.com/sites/default/files/upload/communique_udecam_bilan_carbone.pdf

2011

COAL nommé commissaire d'exposition associé au Domaine de Chamarande.

Nomination comme Présidente de la Commission développement Durable de l'UDECAM (Union des Entreprise de Conseil et d'Achat Media) Copilote du bilan carbone sectoriel de l'achat media.

Nomination comme maître de conférences associé à l'Université de Cergy-Pontoise. (Cours sur "Communication et environnement", Master 1 et 2 "Sciences de l'environnement")

2010

Première édition du prix COAL Art & Environnement.

2009

Publication de “La Communication responsable" (co-auteur), éditions Eyrolles. Réédité en 2010.

http://www.editions-eyrolles.com/Livre/9782212547986/la-communication-responsable

2008

Co-fondation et présidence de COAL, la Coalition Art & Développement durable. Depuis 2010, COAL organise le prix COAL Art & Environnement. Depuis 2011 COAL est commissaire d'exposition associé au Domaine de Chamarande.
=> www.projetcoal.fr

Réalisation du premier bilan carbone périmètre activité d'une agence media, avec Carbone 4 et du premier outil d'analyse de cycle de vie d'un plan media, avec l'ADEME, PwC et LVMH.

Co-fondation et présidence de COAL, la Coalition Art & Développement durable.
=> www.projetcoal.fr

2007

Co-fondation du Collège des directeurs du développement durable

=> www.cddd.fr

Publication d'Ecolocash, un roman humoristique sur la RSE ( Anabet éditions ) 

2006

Nommée responsable du développement durable d'Havas Media

Co-fondation d' Adwiser, l'association des professionnels de la communication pour une "communication responsable"
=> www.blog-adwiser.com

2005

Démarrage du blog Alice in Warmingland
=> www.aliceaudouin-blog.com (depuis janvier 2014, le blog est sur www.aliceaudouin.com)

Lancement de la lettre d'information en ligne 2050 (conception et rédaction, jusqu'en 2008)
=>http://www.aliceaudouin-blog.com/lettre_d_info_2050/

2004

Conception, organisation et animation du colloque international à l'Unesco “The artist as a stakeholder / l'artiste comme partie prenante”. Un échange entre 11 artistes internationaux et des entreprises, ONG, institutions, organismes de recherche, etc.

2003

Participation à l'organisation du G8 Environnement (confiée à Novethic par le gouvernement, 2003)

2001

Participation à la création de Novethic (CDC) en tant que Directeur marketing et communication
=> www.novethic.fr

 

Avant 2001, AliceAudouin a travaillé dans le domaine de la communication et du marketing, principalement pour des startups Internet et des agences de communication. Elle eatait spécialisée sur les nouvelles technologies et Internet. 

Formation
Alice Audouin possède deux Master 2 Recherche : 
-Master 2 Recherche (DEA) d'Anthropologie des techniques contemporaines (UFR de Philosophie), Université Sorbonne Paris I, mention TB, 
-Master 2 Recherche (DEA) d'Economie, Université Sorbonne Paris I
Elle possède également un diplôme de troisième cycle du CETEC, Université Paris-Dauphine
Ancienne étudiante en histoire de l'art, elle a aussi un certificat d'Art Contemporain et certificat d'Art Islamique, Licence d'Histoire de l'art, Université Sorbonne Paris IV

17 juillet 2013

Edouard Bard, Cassandre du climat malgré lui

L'éminent climatologue Edouard BARD, professeur au Collège de France (Chaire de l'évolution du climat et de l'océan), directeur adjoint du CEREGE (Aix-Marseille Univ, CNRS, IRD, CdF) et Académicien, spécialisé sur le réchauffement climatique et ses conséquences sur l'élévation du niveau des mers, fait le point avec Alice in Warmingland.

photo.JPG
Alice in Warmingland : Nous sommes dans un café, La Belle Hortense, à Paris, alors avant d’aborder les questions scientifiques, commençons par une discussion de comptoir, parlons de la pluie et du beau temps ! :-) Le temps pourri du mois de Mai a été utilisé dans les media pour minorer le réchauffement climatique, c’est triste, non ?
Edouard Bard : Oui et je le regrette, j’ai pu voir que certains médias ne s’étaient pas privés de ce raccourci. Mais c’est faire preuve d’une grande myopie. Pendant qu’en France la température était plus de 2°C sous les normales saisonnières, ce mois de mai 2013 était le 3ème mois de mai le plus chaud depuis plus d’un siècle à l’échelle mondiale! Il ne faut donc pas utiliser les chiffres d’une période aussi courte pour tirer des conclusions, car un mois est une goutte d’eau dans l’Océan du climat. Gardons-nous d’interpréter, dans un sens comme dans l’autre, une hausse ou une baisse locale et transitoire de la température. De nombreux facteurs météorologiques interviennent sur ces échelles de temps. Ce qui est important, c’est que les variations climatiques globales agissent à long terme. Le réchauffement climatique ne peut donc s’évaluer que sur des tendances de plusieurs décennies, c’est à dire de l’ordre d’une génération humaine. Notre mémoire personnelle est très imparfaite et ne permet pas de se rendre compte d’un tel phénomène. C’est pour cela que les scientifiques mesurent et archivent les paramètres climatiques de façon détaillée et sans parti pris.

Alice in Warmingland : Que faut-il attendre de nouveau dans le rapport du GIEC qui paraitra fin 2013 ? Peut-on s’attendre à ce qu’il soit encore attaqué par les climato-sceptiques ?
Edouard Bard : Les grandes lignes sur les températures, les pluies et le niveau marin, ne devraient pas beaucoup changer. Ce prochain rapport compile les avancées scientifiques de la dernière décennie qui se caractérise par une meilleure connaissance de la complexité du système climatique et de certaines composantes qui n’étaient pas encore prises en compte dans les simulations des modèles numériques. Au final, le message sera toujours un peu le même et les incertitudes sur la prévision à long terme restent importantes. Ces difficultés inhérentes à la marche de la science et à la complexité du système climatique, seront probablement exploitées par les climato-sceptiques, mais les climatologues doivent rester sur cette ligne scientifique, sans exagération ou simplification caricaturale, en ne masquant rien des incertitudes et du travail qui reste à réaliser.

Alice in Warmingland : Souhaitons donc les médias réagiront différemment que lors du dernier rapport et comptons sur des journalistes vigilants comme Sylvestre Huet ou Stéphane Foucart pour désamorcer la bombe éventuelle ! Rentrons maintenant dans le vif du sujet. Le réchauffement prévu est de 2 à 5 ° d'ici 2100 selon le Giec et entraine une élévation du niveau des mers. Où en est-on aujourd’hui en matière de prévision concernant cette élévation? Va-t-elle s'accélérer ?
Edouard Bard : Une élévation de 50 cm à 1 mètre est prévue d’ici 2100. Depuis un siècle nous observons une accélération de l’élévation du niveau de la mer. Par ailleurs, nous connaissons bien mieux les facteurs de cette élévation. Outre le réchauffement bien sûr, qui augmente la température de l’eau de mer en la dilatant, nous identifions mieux le rôle majeur de la fonte des glaciers et des calottes glaciaires. Cette fonte de glace a aussi un impact sur la salinité et les courants océaniques, ce qui aura d’autres conséquences sur le climat – on parle de rétroactions.  Lorsque ces conséquences amplifient la perturbation de départ on parle de rétroaction positive, même si c’est plutôt négatif sur la planète. En bon Français, on parlerait de cercle vicieux…  Il y a en a d’autres dans le système climatique, par exemple ceux qui concernent le piégeage du gaz carbonique par l’océan, qu’il est le premier puits de carbone au monde. On sait aujourd’hui que des rétroactions physico-chimiques et biologiques diminueront son efficacité. Or si la captation océanique décline, le CO2 devrait s’accroitre considérablement dans l’atmosphère. Ce qui accélérera le réchauffement climatique. Pas vraiment de bonnes nouvelles, donc !

Alice in Warmingland : Les océans jouent donc à la fois un rôle de retardateur, mais apparemment à terme, d’accélérateur du réchauffement climatique, comment expliquer cela ?
Edouard Bard : Il va falloir faire un peu de science ! :-) Pas de panique, c’est très simple !  L’eau liquide a des propriétés très particulières, notamment une grande cohésion à cause des liaisons entre les différentes molécules d’eau. Pour la chauffer il faut beaucoup plus d’énergie que pour chauffer la même masse d’air, de glace ou d’autres solides (10 fois plus que le fer ou le cuivre!). Pour mieux comprendre le réchauffement actuel et le rôle de l’océan, il est important de distinguer les notions de température et de stockage de la chaleur. La température de l’océan a augmenté de quelques dixièmes de degrés en un siècle, mais la chaleur stockée pour arriver à cela est bien plus grande que celle qui, pendant le même temps, a réchauffé l’atmosphère de 1°C. Cette énergie qui réchauffe l’océan est même tellement importante qu’elle représente 90 % du stockage énergétique lié au réchauffement climatique! Plus la combustion de carbones fossiles avance, plus le feu sous la « casserole océanique » augmente !

Alice in Warmingland : Comment définissez-vous votre mission en tant que chercheur en climatologie ? Est-ce que le fait de travailler sur le réchauffement climatique vous conduit à un mode de vie plus écologique en tant qu’homme ?
Edouard Bard : Comprendre les changements climatiques. Evaluer les différentes causes qui le font varier, pour aboutir à une juste évaluation des causes naturelles. Ceci doit permettre de distinguer celles dues à l’activité humaine. En tant que scientifique, je ne peux être ni optimiste, ni pessimiste. Ce sont les faits qui me forcent à être réaliste. Les changements majeurs sont en route. A mon niveau de citoyen et non de chercheur, j’essaie, oui bien sûr, d’avoir un mode de vie plus écologique.

Alice in Warmingland : Quels sont vos chantiers actuels ?
Edouard Bard : Ils sont nombreux. Je développe mon laboratoire à Aix-en-Provence avec plusieurs appareils de très haute technicité : des spectromètres de masse complexes, lourds et malheureusement très chers. Ils sont indispensables pour faire avancer les recherches que je conduis avec mon équipe.
Tout d’abord, ils serviront à dater des archives climatiques comme des sédiments lacustres et océaniques, comme des coraux qui nous permettent de suivre l’évolution du niveau de la mer. Par ailleurs, nous pouvons suivre la dissémination du gaz carbonique anthropique en mesurant la teneur en carbone 14 du CO2. Les combustibles fossiles ne contenant pas de carbone 14, ces mesures permettent de mesurer le mélange du carbone naturel avec le carbone anthropique.  Le carbone 14 nous procure, en quelque sorte, une photo en négatif de la contamination du CO2. C’est d’ailleurs comme cela que l’invasion du carbone fossile a été mesurée la première fois dans les années 1950 par le professeur Hans Suess, des années avant la mise en évidence de l’augmentation du CO2 atmosphérique à l’Observatoire de Mauna Loa  par son collègue Dave Keeling.
Avec mon équipe, nous cherchons aussi à reconstituer la variabilité de l’activité solaire pour pouvoir étudier son impact sur le climat au cours du dernier millénaire. Cette période est connue pour avoir eu de fortes variations,  à la fois l’Optimum médiéval, ce réchauffement  (entre 950 et 1250) pendant lequel les Viking s’étaient installés au Groenland, ainsi que le Petit âge glaciaire (entre 1400 et 1800) lui aussi bien marqué en Europe. Or nous savons que ce Petit âge glaciaire a été influencé par l’activité solaire. Notre but est de mieux évaluer le rôle du soleil dans le climat passé et à venir.

Alice in Warmingland : Passons à l'espoir qui fait survivre au réchauffement climatique. Peut-on imaginer un évènement qui sauverait la situation ? Une éruption volcanique, une géo-ingénierie bien pensée ?
Edouard Bard : On sait qu’il y a une grosse éruption volcanique, assez forte pour affecter le climat, environ tous les 20 ans. La dernière a eu lieu en 1991, mais nous ne savons pas quand aura lieu la prochaine. Néanmoins, ne nous leurrons pas, si le souffre des volcans peut aider en refroidissant temporairement l’atmosphère, ce n’est qu’une rustine, qu’une solution d’appoint. La géo-ingénierie part de ce principe, l’idée la plus en vogue consistant justement à vouloir injecter de l’oxyde de soufre dans la stratosphère qui se transformerait ensuite en fines poussières de sulfates. Mais l’effet refroidissant ne durerait que de un à trois ans, et ne devrait pas faire baisser la température de plus de 0,5°C. Or il y a déjà un degré de trop et quelques autres degrés supplémentaires qui vont arriver d’ici 2100. L’injection de soufre serait donc largement insuffisante et poserait des problèmes scientifiques et diplomatiques insurmontables.

Alice in Warmingland : Et pourtant, alors que nous sommes au café, vous ne noyez pas votre désespoir, un seul verre de vin vous suffit et votre sourire persiste malgré ces mauvaises nouvelles ! Merci pour ces éclairages experts qui doivent nous conduire à agir ! Une dernière question plus personnelle, vous avez corrigé les trois quart des informations scientifiques de cet interview, il faut dire que l'avais compris à l'envers cette histoire de rétroactions et que si je ne pars pas de l'image d'une casserole sur le feu, je ne comprends rien à l'énergie, du coup je me demande si je n'ai pas écrit trop de bêtises sur le plan scientifique dans mon chapitre sur le climat dans mon livre "On entend dire que l'écologie c'est fini" ? :-(
Edouard Bard : Non Alice, je l'ai lu, c'est OK ! :-)
Alice in Warmingland : Champagne ! :-)

Lire le dernier article d'Edouard Bard dans le magazine La Recherche :

Bard13LaRecherche.pdf


Pour en savoir plus :

08 juillet 2013

QUIZZ : Etes-vous eco-consciente?

IMG_3121.JPGPublié dans "Madame Figaro" spécial Green du 5 juillet.

Un test que j'ai volontairement conçu dans l'esprit de ... Madame Figaro ! :-)

Pour faire le quizz en-ligne :

http://madame.lefigaro.fr/societe/etes-vous-ecoconsciente-060713-433018

 

IMG_3118[1].JPG
Quizz "Etes-vous eco-consciente?"
(les réponses en bas)

1 - 5 heures sur Internet pour trouver une location cet été ! Cette recherche a émis combien de CO2 (envion) ?
A - Zero   
B - 50 grammes    
C - 500 grammes 

2 - Le chef étoilé de votre choix
A - Alain Passart, pour ses potagers en permaculture 
B – Christian Sinicropi, pour sa recette aux ailerons de requin
C - Yannick Alléno et son Terroir parisien

3-Que se passe-t-il à Paris en 2015 ?
A - La 21 ème Conférences des Parties sur le Climat (COP 21)
B - Jane Fonda publie son Kamasutra          
C - Christophe de Margerie (Total) renonce au pétrole pour le solaire

4 - Lorsque vous  achetez une paire de chaussures, vous pouvez  contribuer indirectement à :
A - La déforestation de la forêt Amazonienne
B - La création d’emploi en France
C - L’enrichissement de votre banque avec vos agios

5 - Quelles sont les marques les plus engagées dans le développement durable ?
A - Valentino et Ermegildo Zegna
B - Ekyoet Stella McCartney
C - Dolce & Gabbana et Balmain

6 - Prendre le train à la place de la voiture, c’est
A - 10 fois mois                    
B - 100 fois moins de CO2        
C - pareil   

7 - Le Prince Haakon de Norvège fait un speech en plein air à- 25°C habillé :
A - en manteau de fourrure d’ours blanc    
B - dans une bulle chauffée            
C - en vêtements techniques contre le froid    

8 - L’impact carbone de l’ or vierge (extrait d’une mine) par rapport à  l’or recyclé (extrait d’un ancien bijou)
A - 50 fois inférieur 
B - 100 fois supérieur       
C - le même                 

9 - Quel produit écologique vient de lancer la marque de luxe Gucci ?
A - Un sac à main en crocodile d’Ile-de-France
B - Une gamme de sac en tannage végétal    
C - Une gamme de sacs garanti zéro déforestation

10 –En Arctique, l'ours blanc va disparaitre, pourquoi?
A – il ingère des produits chimiques qui le rendent stérile
B – les renards gris se mettent à manger les oursons   
C – il ne peut plus chasser le phoque assez longtemps dans l'année du fait de la fonte de la banquise

11 – Quelle fourrure est autorisée dans le commerce :
A - Le ragondin                                                                              
B - Le chat                                         
C - Le singe                                                                                         

12 - En 2100, la température de la planète aura changé de :
A - + 0,50 degrés         
B - -0,5 degrés                        
C - de + 2 à + 5 degrés      

13 - Où est-il plus écologique d’avoir une résidence secondaire ?
A - Au Brésil                                                                
B - A La Baule                                     
C - A Ibiza            

14 - Made in Bengladesh
A - Il vaut mieux éviter                                                                                                                1
B - Où est le problème ?                                                                                                           
C – Il faut exiger de meilleures conditions de travail

15 - Pfff…ce mois de Mai pourri
A - Le réchauffement climatique c’est du bluff !          
B - Le mois de Mai est l'un des plus chauds de l'histoire de la planète, le réchauffement climatique avance   
C - C’est ponctuel donc cela ne veut rien dire

16 – Un scientifique très engagé contre le réchauffement climatique :
A - Jean Jouzel       
B - Claude Allègre      
C - Francis Hallé 

17 - Ce qui consomme le plus d’énergie :
A - Un rasoir électrique                                      
B - Un sèche-cheveux      
C - Un vibromasseur   

18 - Les fraises les moins émissives en carbone en ce moment :
A - Françaises, sous serre à cause de la pluie            
B - Marocaines, cueillies en plein air                  
C - Hollandaises, sous serre                      

19 - Qu’est-ce qui pèse le plus de CO2 chez les Français ?
A - Notre chauffage                 
B - Notre achats                                
C - Nos déplacements          

20 -Le Groupe LVMH possède une direction de l’environnement depuis :
A - 2013
B - 1993
C - 2003                                                             

21 Combien de femmes climatologues y a-t-il en France (environ)?
A - 300                                                                                                              
B - 30                                                                                                                 
C - 3                                                                                                                    

Les bonnes réponses :

: C, : A, 3 : A, : A, 5 : B, : B, 7 : C, : B, :C, 10 : C, 11 : A, 12 : C, 13 : B, 14 : C, 15 : B, 16 : A, 17 : C, 18 : B, 19 : B, 20 : B, 21 : A                       

Merci à Emmanuelle Paillat du Cabinet Carbone 4 et à Cécile Lochard de Citizen Luxury, consultées pour ce questionnaire.

 

01 juillet 2013

Interview de Jean-Michel Valantin, le "Machiavel de l'anthropocène"

Interview de Jean-Michel Valantin, spécialiste en géostratégie environnementale, auteur de « Guerre et Nature, l’Amérique se prépare à la guerre du climat » (Prisma, 2013)

Jean-Michel Valantin est docteur en études stratégiques et sociologie de la défense et chercheur au Centre interdisciplinaire de recherches sur la paix et d'études stratégiques (CIRPES). Il a déjà publié en 2003 aux éditions Autrement Hollywood, le Pentagone et Washington, les trois acteurs d'une stratégie globale (réédité toujours chez Autrement en 2010 sous le titre Hollywood, le Pentagone et le Monde : Les trois acteurs de la stratégie mondiale) et Écologie et gouvernance mondiale, Édition Autrement, Collection: Frontières, septembre 2007.

 

Alice in Warmingland : L’armée américaine intègre-t-elle vraiment le développement durable ? N’est-ce pas antinomique avec son activité, sa culture ? Comment s’y prend-t-elle ?

Jean-Michel Valantin : L’armée américaine est en train d’évoluer en s’appropriant les principes du développement durable, car cela correspond à ses besoins financiers, tactiques, opérationnels et stratégiques. En effet, les nombreuses expériences menées durant l’occupation de l’Irak pour augmenter la part du photovoltaïque, par exemple, dans l’alimentation en électricité des bases américaines, était un début de réponse à un besoin à la fois logistique et tactique et opérationnel, afin de réduire la taille et la fréquence des convois de ravitaillement, qui constituaient autant de cibles pour les guérillas. L’intérêt intrinsèque de cette démarche a été tellement bien compris que, depuis le retour des troupes d’Irak, un gigantesque chantier s’est ouvert  pour faire entrer les bases militaires sur le sol américain en démarche de développement durable.
Les responsables stratégiques américains commencent à comprendre que les bouleversements environnementaux en cours ne s’arrêteront pas, qu’ils vont s’amplifier et s’approfondir, et qu’ils ont une portée géostratégique majeure, que ce soit la déstabilisation de l’Arctique ou celle de la mer de Chine méridionale.
Cependant, l’armée américaine ne prétend pas donner de leçon à la Nation américaine sur les grandes orientations à prendre ou non. L’institution « se contente » de s’adapter à un monde où se conjuguent la crise des ressources et le changement climatique, conjugaison qui est le moteur de la « longue urgence » définie par James Howard Kunstler. Il s’agit d’une démarche pragmatique, « à l’américaine », qui prend désormais en compte l’interpénétration des dimensions sociales, environnementales et économiques, et des dérapages qui créent le risque, comme la rencontre entre l’intensification des évènements climatiques extrêmes et l’urbanisation de la « tornado alley » au cœur du Midwest, ou la catastrophe de la plate-forme « Deepwater horizon » qui a ravagé la Louisiane en 2010.
Les Etats-Unis ne sont pas, et n’ont jamais été les « maîtres du monde ». En revanche, ils sont la première puissance géostratégique mondiale et ils entendent maintenir leur dominance globale, dans un monde et sur une planète en crise et le font par une approche pragmatique de risque et opportunité. Ils prennent en compte la nature et l’ampleur des risques, de plus en plus systémiques, globaux et destructeurs, et d’autre part ils saisissent l’opportunité de « mise en forme » de la coopération internationale, pour faire, autant que possible de l’interdépendance contemporaine, une base d’influence.

Alice in Warmingland : Le Président Obama vient de lancer un grand plan de lutte contre le changement climatique. Est-il ambitieux ?

Jean-Michel Valantin :  Oui, il est ambitieux du simple fait de son existence ! Obama avait tenté une première fois au début de son premier mandant de faire passer un « climate bill », mais il avait dû reculer. Il revient à la charge, en désignant clairement les enjeux. Il énonce clairement sa volonté de réduire drastiquement les rejets de gaz à effet de serre, en particulier des centrales électriques, sachant qu’un tiers de celles-ci sont des centrales à charbon. Or, l’industrie du charbon, qui connaît un « revival » mondial depuis une dizaine d’années, est, aux Etats-Unis, politiquement ancrée au sein du Parti Républicain. Il s’en prend donc directement à certains soutiens industriels du Parti républicain et force un débat entre les tenants du climato-scepticisme et les nouvelles voix républicaines qui s’inquiètent du changement climatique, comme le gouverneur républicain de l’Etat de New-York, dont l’Etat a connu pour 50 milliards de dollars de dégâts du seul fait de la tempête Sandy, en pleine période de crise économique.  Le Président Obama vise la baisse des rejets de gaz à effets de serre, mais surtout une nouvelle révolution industrielle qui permette progressivement à son pays de s’approprier d’autres technologies et industries de l’énergie, qui ne soit pas fondées sur les usages du carbone.

Enfin, ce discours est indissociable de la très complexe question du fameux projet de pipe line, censé relier les exploitations de schistes bitumineux d’Alberta à la Louisiane, afin à la fois d’augmenter l’accès de ce produit pétrolier très particulier à de plus fortes capacités de raffinage, ainsi qu’à des ports pour l’exporter. Cette capacité d’exportation est aujourd’hui fondamentale pour assurer la pérennité des exploitations d’Alberta, tant les investissements que leur développement actuel a suscités sont énormes.  Elles ont besoin de nouveaux marchés pour être rentabilisées. Obama a déclaré qu’il refuserait son accord s’il était prouvé que l’exploitation de ces produits pétroliers aggraverait les rejets américains de gaz à effet de serre.  Il y a là de grandes subtilités politiques. Le Président est aussi très conscient de la réalité actuelle, c’est à dire de la totale dépendance actuelle de la société américaine aux hydrocarbures,  dépendance qu’il veut faire évoluer par la transition énergétique.

Alice in Warmingland : Vous faites apparaître la prégnance des thèmes liés au développement durable dans le cinéma américain. Est-ce que par exemple « Superman, Man of Steel », qui vient de sortir au cinéma, est également concerné ?

Jean-Michel Valantin : Absolument ! Ces problématiques liées au développement durable tissent non seulement le scénario, mais aussi le visuel de « Man of steel » ! Dans ce film, Superman est un survivant d’une planète détruite par la surexploitation de ses ressources naturelles, et qui défend la Terre et l’Humanité contre d’autres survivants. Ces derniers s’apprêtent à exterminer les humains, afin de s’emparer de notre planète, pour être en mesure de répondre à leurs propres besoins, et ainsi, j’ai envie de dire à ceux de leur « développement durable concurrent ». Aujourd’hui, toutes les grandes productions du « cinéma de sécurité nationale » comme je le qualifie dans un autre ouvrage, les thrillers, les films de science-fiction, bref, toutes ces œuvres qui mettent en scène la menace stratégique et la mobilisation des personnels de défense et de sécurité ont parfaitement intégré les grands enjeux du développement durable.

Voir aussi l'article "Jean-Michel Valantin, le Machiavel de l'anthropocène"

http://www.aliceaudouin-blog.com/archive/2013/06/29/jean-...

Alice in Warmingland
1er juillet 2013