21 juin 2010
Portrait : Michket Krifa
« Mon image c’est moi qui la donne » : c’est le principe éthique que l’organisatrice d’expositions Michket Krifa, commissaire d'exposition, applique dans tout ce qu’elle entreprend en Afrique et Moyen-Orient. Mettre l’image de l’Afrique aux mains des africains, mettre l’image des femmes musulmanes aux mains des femmes musulmanes, voilà une démarche qui parait naturelle et qui est pourtant rare dans la vie culturelle, encore très centrée sur l’occident et son regard sur le monde. Cette image « de l’intérieur » a pour vertu de faire tomber les aprioris de ceux qui s’étaient construit une image erronée. La représentation du rapport Nord Sud s’en trouve réajustée.
« En Afrique, les injustices du passé ne sont pas seulement dans la terre, mais dans les semences. L’art consiste à dégager des terres neuves et réparer les anciennes. » Restituer l’image de soi, créer la représentation de soi, c'est le principe des expositions qu’elle organise sur le Moyen-Orient (Regards Persans, Printemps Palestinien, Women by Women…). Ses expositions sur les femmes musulmanes sont des espaces d’expression, non de dénonciation, qui font tomber les stéréotypes orientalisants et les visions instrumentales des pouvoirs arabes. Ce principe a fait des merveilles aux dernières rencontres de Bamako, la biennale africaine de la photographie dont Michket est la directrice artistique, qui ont offert une image nouvelle de l’Afrique, dans la nuance, la subtilité, l’altérité, l’échange. Pour la prochaine édition en 2011, Michket ne dérogera pas à ses principes.
Très concernée par l’environnement, Michket rappelle que le lien à la terre et à l’environnement joue un rôle central pour les artistes africains « les conditions de vie et climatiques ne sont pas toujours faciles, les problèmes liés à la vie sont concrets et entrent naturellement dans le champ de la créativité ». Et au final, c’est l’image que l’Afrique renvoie de l’occident qui devient riche d’enseignement. "Je renvoie aux
Occidentaux ce qui leur appartient, c'est à dire les rebuts de la société de consommation qui nous envahissent tous les jours", dit l’artiste béninois Romuald Hazoumé, qui construit ses œuvres à partir de déchets, tout comme le grand artiste ghanéen El Anatsui (photo ci-contre).
Née en Tunisie, musulmane non pratiquante, Michket Krifa fut d’abord actrice, mais le marché du cinéma tunisien ne lui permettait pas de faire carrière. Venue en France, elle refusa les rôles « d’arabe de service » selon son expression et amorça des études sur le lien entre cinéma et histoire. Pour elle, le culturel, le social et le politique doivent être étudiés ensemble.
Ses gestes écologiques au quotidien sont dictés par son fils « super écolo ». Michket, aussi belle à 50 ans qu’à ses débuts, met le curseur sur l’être et non l’avoir. « Le temps, la distance, la rêverie sont devenus un luxe dans nos vies. » Elle tente d’extraire ces moments de grâce dans un agenda rempli jusqu’en 2015.
Portrait publié (dans sa version courte) dans Neoplanète, numéro 14
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20 juin 2010
Chronique "Le mot d'Alice" dans Neoplanète : Mariage
Le mot d’Alice : Mariage
Dieu Ecolo donne sa bénédiction : mariez-vous ! Ca tombe bien, c’est la saison. Tous les petits bouts de châteaux à la ronde sont tous réservés jusqu’à fin septembre. Monsieur Météo répond à 15 000 appels par jour. Le grand moment va arriver. En version laïque ou religieuse. Pour le bonheur des mariés et …de l’environnement. Avant, tout était divisé en deux, deux célibataires, deux appartements, deux lits, deux réfrigérateurs, deux salles de bain, deux machines à laver…après tout devient un : un couple, un appartement, un lit, un chauffage, une salle
de bain, une machine à laver. C’est bingo pour la planète ! Seul hic à passer côté environnement pour atteindre ce graal de réduction carbone : le mariage lui-même et le voyage de noces, dont l’impact environnemental peut plomber tous les bénéfices à venir. Pour l’éviter, quelques petits secrets de green-wedding-planner : faires parts par Internet, tandems à disposition des invités, traiteur local et végétarien, alliance d’or éthique « Oro Verde », tenues de soirée louées, robe de mariée composable, voyage de noces dans un Ashram accessible en train, etc.
Avec un tel plus pour la planète, le mariage mériterait bien une modification du code civil! L’article 215 pourrait, tiens, y intégrer une dimension environnementale « Les époux s’obligent mutuellement à une communauté de vie et à faire émission carbone commune ». Et pourquoi pas une prime au mariage, un bonus écologique ? En indexant la prime à la longévité du mariage ! Oui, mais alors il faudrait alors aussi en toute logique mettre un malus au divorce. Au moment de divorcer, les émissions carbone additionnelles des futurs célibataires seraient calculées et bing ! obligé de payer le surplus ! à moins de choisir une solution de co-habitation, par exemple avec d'autres divorcés. Et la prime à la casse ? En cas de remariage, elle pourrait aussi fonctionner...
Chronique pour le magazine Neoplanète, numéro 14, juin-juillet 2010
17:42 Publié dans Autres articles | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
07 juin 2010
Les meilleurs documentaires sur l’environnement au Festival International Cinemambiente de Turin
Le Festival International du film d’environnement Cinemambiente de Turin dirigé par Geatano Capizzi prouve une fois de plus pour sa treizième année d’existence la qualité exceptionnelle de sa programmation sur le thème de l’environnement. Les douze films de la sélection pour le prix international démontrent une maturité inédite, un investissement du réel sans idéologie et un équilibre abouti entre l’expertise, l’identification de solutions et l’ancrage émotionnel. Le festival se clôture le 6 juin au soir avec la remise du Prix international du meilleur documentaire à Life for Sale de Yorgos Avgeropoulos sur le thème de l’eau au Chili, ainsi qu’une mention d’honneur pour Snake Man (L’Homme aux Serpents) d’Eric Flandin, consacré au héros environnementaliste Colombien Franz Kaston Flores.
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Une grande expertise sur les enjeux globaux
Parmi les douze films finalistes, quatre sont dédiés à des enjeux globaux. Très aboutis, ils provoquent de véritables chocs. L’impact de The End of the Line tient de l’électrocution. Consacré au thème de la surpêche, il diagnostique avec précision de l’effondrement des stocks de poisson et de
la biodiversité marine, chiffres, scientifiques et experts à l’appui. Nos ressources halieutiques seront totalement anéanties en 2048 et la spéculation financière sur cet effondrement est déjà en place, avec la congélation de dizaines de milliers de tonnes de poissons à forte valeur marchande. Un autre grand enjeu global lié au précédent, le plastique, fait l’objet du très rigoureux et esthétique documentaire Plastic Planet de Werner Boote. Il se démarque des autres films d’ores et déjà nombreux sur le sujet, par son expertise sur la chimie du plastique et son enquête inédite sur les achats des entreprises auprès de fournisseurs de produits en plastique, démontrant qu’à l’heure actuelle, aucune entreprise n’a le détail de la composition du plastique qu’elle achète. Un test au hasard d’un ballon en plastique fabriqué en Chine et acheté par une entreprise européenne prouve la présence de mercure, une substance totalement interdite. L’enjeu de l’énergie « verte » est porté avec détermination et humanité par The 4th Revolution de Carl-A Fechner, qui démontre la possibilité d’une transition vers les énergies renouvelables et analyse les raisons du refus actuel de ce passage, avec en première ligne la crainte d'une décentralisation du pouvoir. Enfin la toxicité domestique est abordée dans Chemerical – Redefining Clean for a New Generation d'Andrew Nisker, sous un angle original et convaincant, au travers du challenge d’une famille qui doit cesser pendant trois mois d’utiliser des produits d’hygiène et cosmétiques chimiques et doit composer elle-même tous ses produits à partir d’ingrédients naturels.
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Des situations locales analysées avec un point de vue global et humain
Dans cette sélection internationale, trois films excellent par leur capacité à investiguer une situation environnementale locale dans ses différentes dimensions, notamment humaines. Le film lauréat Life for Sale (à ne pas confondre avec le
documentaire du même nom sur le système de santé américain) donne un point de vue sphérique de son sujet, la privatisation de l’eau au Chili. Là-bas, n’importe quel particulier ou entreprise peut acquérir une quantité d’eau (litres / secondes) de source, rivière, lac, etc. et en faire l’usage de son choix, y compris spéculatif. Les conséquences sont tragiques pour les villages et la biodiversité de la région d’Atacama où il ne pleut jamais et où le rapport à la terre reste sacré, car l’eau y est possédée à 50 % par les compagnies minières (le Chili produit 10% du cuivre du monde) qui non seulement l’utilisent mais la rejettent empoisonnée. Garbage Dreams de Mai Iskander, montre, au travers du parcours de trois adolescents attachants, les conséquences sociales et environnementales de l'arrivée des compagnies étrangères dans le marché du traitement des déchets au Caire, jusqu’ici l’affaire d’une communauté entière, les Zebaleen, qui se rémunère grâce au recyclage minutieux de tous les déchets ramassés. Enfin, Cowboys in India de Simon Chambers enquête sur la réalité de la communication sur le développement durable de Vedanta Aluminium Limited, filiale de Vedanta Ressources, un groupe minier anglais de 7 milliards de dollars de revenus annuel, et en particulier sur ses engagements sociaux et environnementaux annoncés haut et fort dans le cadre de sa
présence dans une région parmi les plus pauvres d’Inde, l’Orissa. Le parcours accablant et laborieux de la recherche de preuves concrètes aboutit ici à un homme broyé par une machine, là à une femme écrasée par un camion (300 à 500 camions parcourent chaque jour les routes construites par Vedanta, sans aucun passage piéton dans les villages), ici encore un bâtiment entièrement vide avec une fraîche pancarte Hôpital… autant d’événements isolés qui se retrouvent mystérieusement effacés dès le passage du journaliste. Flairant de plus en plus le parfum de la corruption, l’enquête doit finalement s’arrêter du fait d’intimidations physiques. Rappelons qu’Amnesty International a publié un rapport accablant sur Vedanta en Orissa et que la fameuse tribu Dongria Kondh qui a alerté James Cameron sur sa situation comparable à celle Avatar, est déplacée par Vedanta. Dans le rapport développement durable de Vedenta se trouvent décrites pêle-mêle ses actions de philanthropie, le plus souvent à venir, ses prévisions de production d’aluminium qui sont multipliées par cinq entre 2009 et 2011 et ses démarches pour être exonérée d’impôts sur ses lieux d’implantation. L’aboutissement du Veda n’est pas pour demain.
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Portraits de héros
Enfin, cinq documentaires proposent le portrait de personnalités exceptionnelles, deux Colombiens, deux Américains et un Slovène.
Antanas Mockus, ancien maire de Bogota actuellement en cours pour la Présidence de Colombie est le héros de Bogota Change/ Cities on
speed de Andreas Mol Dalsgaard. Stupéfiant et jubilatoire, le film démontre le résultat, ici la transformation complète de la ville de Bogota, auquel un homme peut aboutir lorsqu’il puise sa force dans ses principes, sa créativité, son courage, son honnêteté et la mise à distance des conventions. Même sensation d’une force risquée, saine et inaltérable, dans le film Snake Man (L’Homme aux Serpents) d’Eric Flandin, consacré à la personnalité et l’action exceptionnelles de Franz Kaston Flores, vétérinaire, aventurier et fondateur de la Fondation Nativa en Colombie, qui mène un combat pour la préservation de la biodiversité dans son pays. A Road Not Taken de Christina Hernauer et Roman Keller offre l’angle très original d’une enquête historique sur l’installation de panneaux photovoltaïques sur le toit de la Maison Blanche par Jimmy Carter, qui seront ensuite enlevés par Ronald Reagan, permettant se découvrir le haut niveau de conscience de l’ancien Président américain sur les enjeux énergétiques et sa volonté au final contrariée de développer les énergies renouvelables. Big River Mande John Maringouin présente le Slovène Martin Strel, un homme à l’enfance brisée qui parcourt les fleuves du monde à la nage pour sensibiliser à leur pollution, mais son héroïsme a du mal à dépasser celui de sa prouesse physique. Enfin, Collapse, de Chris Smith donne la parole à Michael Ruppert, un visionnaire à la fois passionnant et effrayant, prophète des tragédies mondiales à venir et chef commando d'un plan de survie fondé, entre autres, sur l'acquisition de semences. Il est malheureusement desservi par une mise en scène sinistre et inquisitrice, bloquant sa force de persuasion.
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Un film sur l’environnement, un film pour l’environnement ?
Contrairement au documentaire sorti l’année dernière Age of Stupid qui a rendu transparent son bilan environnemental, les films de la sélection internationale de Turin n’ont pas mené cette démarche. Aucun des douze films évoqués n’a communiqué d’informations relatives à l’impact environnemental ou social du tournage. Certains films, comme Plastic Planet, démontrent pourtant une utilisation très abondante de l’avion.
Par ailleurs, la question de la destination des sommes reçues par les documentaires lors d'obtention de prix (à Turin, 5000 euros) n’est pas non plus abordée. Ces recettes vont-elles, et si oui dans quelle proportion, à la cause du film ? Quand on sait que les recettes de l'extraordinaire documentaire The Cove sur les dauphins reviennent à Ocean Conservancy qui n’a pas de campagne spécifique sur la protection des dauphins, et que Franz Kaston Flores, sur qui a été entièrement bâti le documentaire L'homme aux serpents (Snake Man), témoigne n’avoir jamais reçu, ni lui, ni sa fondation, un seul euro des 5000 euros du prix du meilleur documentaire reçu au Festival du Filme d'Environnement de Paris, il faudrait aussi aborder ces questions dans le cadre des festivals.
Pour aller plus loin :
Festival Cinemambiente www.cinemambiente.it
A road ot taken www.roadnottaken.info
Big River Man www.bigriverman.com/
Chemerical www.chemicalnation.com
Cowyboys in India www.channel4.com/programmes/cowboys-in-india
Rapport développement durable de Vedanta www.vedantaresources.com
Garbage Dreams www.garbagedreams.com
Life for Sale www.smallplanet.gr
Plastic Planet www.plastic-planet.at
The End of the Line : www.endoftheline.com/film
The 4th Revolution www.energyautonomy.org
Fondation Nativa de Franz Kaston Flores (Snake Man) www.nativa.org
(voir sur Franz Flores l’article du 22 novembre 2009 du blog Alice in Warmingland « Paul Watson et Franz Kaston Florez, deux héros exceptionnels de documentaires » www.aliceaudouin-blog.com)
Le site de Micheal Ruppert (Collapse) www.fromthewilderness.com
Précision : L'auteur de l'article, Alice Audouin, est membre du Jury International du Festival Cinambiente
11:06 Publié dans Films & Documentaires | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cinemambiente, life for sale
04 mai 2010
Exposition COAL "Panorama", Palais de Tokyo
6 Mai - 10 Mai - Salon 1.618, Palais de Tokyo
Avec : Pauline Bastard, Neil Beloufa, Julien Berthier, Andrea Blum, Collectif Hehe, Vincent Ganivet, Vincent Mauger, Georges-Pascal Ricordeau, Aurélie Slonina, Stéphane Vigny.
L'exposition Panorama, organisée par COAL (Commissariat : Lauranne Germond), la coalition pour l'art et le développement durable (www.projetcoal.fr), propose un tour d’horizon d’une génération d’artistes ayant en commun une démarche éthique et esthétique nourrie des enjeux du développement durable.
Panorama propose aux visiteurs de porter un regard à 360° degrés sur leur environnement immédiat à travers un diorama urbain fait de regards croisés sur l’habitat, les transports, le mobilier, les espaces verts. Les artistes présentés agissent dans le quotidien, infiltrent et perturbent les réseaux sociaux et économiques, ou court-circuitent les politiques d’aménagement urbain, recyclent des objets usuels, discréditent les stereotypes de l’escapade et de la mobilité au profit d’une vision poétique de l’errance et de la précarité, ou encore utilisent les stratégies marketing pour le compte d’enjeux non lucratifs. Loin du militantisme et de l’engagement proclamé, leur action individuelle, infime mais subtile, incisive et décalée, fait figure de grain de sable dans les rouages du système. Ils nous confrontent aux paradoxes de notre manière d’habiter la ville, entre tentative d’évasion et fuite en avant.
L’exposition Panorama est accompagnée d’un programme vidéo, diffusé pendant toute la durée de l’événement sur Souvenirs From Earth première chaîne de télévision Haute Définition entièrement consacrée à l’art vidéo : Pauline BASTARD L’homme du fond d’écran et Western, Neil BELOUFA 2007, April the second, Julien BERTHIER en collaboration avec Dorian GAUDIN Para Site, Collectif Hehe Tapis Volant, Vincent MAUGER sans titre et Stéphane VIGNY Perçeuse à sauter.
Dans le cadre du salon 1.618
www.1618-paris.com
Visuel : JP Ricordeau, Masques
13:05 Publié dans COAL, Art et dev. durable | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : lauranne germond, panorma, art contemporain, coal, prix coal, développement durable
16 avril 2010
Agenda avril - juin
7 juin
Election de "Femmes en or"
Nommée pour le thème "environnement"
http://www.femmesenor.fr/nommees2010.html
1-6 Juin
Jury
Festival International du Film d'Environnement
CINEMAMBIENTE INTERNATIONAL ENVIRONMENTAL FILM FESTIVAL, Turin, Italie
Friday, 4 June
Intervention
Rencontre autour de mon livre "Emilie, ecologista in carriera"
Museum of Natural Sciences, Turin, Italie
Animateur : Tessa Gelisio
http://www.cinemambiente.it/film_piemonte/113/1_Literary_...
26 mai
Intervention
Rencontres Médias et Développement Durable,
organisé par l'UDECAM et offre Media
8 mai
Intervention
Conférence "Quand l’ Art s’engage". 14H30
Salon 1.618
Palais de Tokyo
22 avril
Intervention
International Journalism Festival, Perugia, Italie www.journalismfestival.com
Table ronde : Environmental Journalism : behind the scenes of Copenhaguen and Greenwashing.
Aux côtés de : Antonio Cianciullo La Repubblica, Marco Gisotti Modus Vivendi, Leo Hickman The Guardian, Fred Pearce New Scientist, Fabio Tamburini Channel 5 News.
21 avril
Signature Conférence
Lancement de mon livre "Ecolocash" en Italie sous le titre "Emilie, ecologista in carriera" (edizioni Ambiente)
http://www.edizioniambiente.it/eda/catalogo/libri/424/
Alice Audouin a Milano Milano, 21 aprile 2010, ora 18.30

13:11 Publié dans Mon agenda & actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
01 avril 2010
Le mot d'Alice : Développement Durable
"Le mot d'Alice" est une chronique publiée dans chaque numéro du magazine Neoplanète.
Pour la sortie du numéro de Néoplanète Avril/Mai en début de "semaine du développement durable", voici le mot "développement durable"
Que la personne qui trouve cette expression avenante se lève ! On le sait, dans la vie, il y a le fond et il y a la forme. Mais la forme compte de plus en plus. Du point de vue de la forme, si le développement durable devait être décrit comme une personne, ce serait plutôt un puceau boutonneux avec un prénom imprononçable et un diminutif pas plus glamour, dédé. C’est vrai, le pauvre ! Né il y a vingt-deux ans d’une maman norvégienne au nom de Brundtland dans une institution poussiéreuse, il récolte plus de tomates que de compliments. Il se fait traiter d’oxymore et se fait railler par les décroissants et les conducteurs de 4X4. Les uns disent qu’il est pipeau, surtout lorsqu’il se promène en entreprise, les autres qu’il est rétrograde et qu’il veut couper l’électricité et revenir à la préhistoire et dès que l’on parle de lui dans des dîners, la réaction la plus fréquente est « non ! non ! non ! c’est vraiment trop barbant comme sujet ! » ou encore, pour les plus énervés « ils nous emmerdent ces écolos ! » ‘Son cousin le climatologue est à l’hôpital et sa marraine NKM à la prospective …il a donc un gros chagrin, ce développement durable mal aimé. Il est temps de le consoler. De le mettre sur les genoux d’une tata câline. De le cajoler, le rassurer, lui donner du courage, lui dire « allez-vas-y, c’est pas parce que t’es moche que tu dois baisser les bras, n’aie pas peur des tomates, crois en toi, tu en ressortiras plus fort, tu vas gagner. » Il est grand temps d’apporter un peu de soutien et pas seulement pendant la semaine du développement durable pour ce terme qui est maintenant du côté des faibles et des humiliés. Le développement durable, si maladroit et mal accepté soit-il, est grandement utile. Mieux, il peut, malgré ses défauts et ses casseroles, nous aider à réparer nos erreurs et ouvrir la voie d’une vie meilleure. Allez zou, pour le début de la semaine du développement durable, on lui fait une haie d’honneur, un petit hymne, une ola, on le motive ! Tout le monde est bien en ligne façon chenille processionnaire ? Tout le monde a bien sa selle de vélo et son filtre à eau à brandir quand il passera ? Les cordes vocales sont prêtes pour atteindre les 150 décibels de la baleine bleue ? Vous êtes bien campés sur vos Veja ? Ca y est ! Il arrive ! C’est le moment ! Allez on lui chante en cœur : « You will survive ! »
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31 mars 2010
Thierry Boutonnier lauréat du Prix COAL Art & environnement
Le Prix COAL Art & Environnement a récompensé hier le projet « Assolement » de Thierry Boutonnier. Il a été désigné parmi dix finalistes par un jury de personnalités du monde de l’art contemporain, de l’environnement et du développement durable. La remise de prix a eu lieu au Comptoir Général à Paris.
Le projet lauréat
Le projet lauréat « Assolement » de l’artiste Thierry Boutonnier, intervient dans le cadre du « contrat urbain de cohésion sociale » (CUCS) accompagnant des quatre années de travaux de réhabilitation de l’Entrée Est du Grand Lyon. Thierry Boutonnier propose, dans une approche écologique et impliquant les habitants de cette zone sensible, des actions concrètes comme un lieu écologique de concertation, la création d’une pépinière urbaine, d’un pigeonnier, de ruches et même d’une bergerie. Le lauréat, âgé de vingt-neuf ans, résidant à Lyon et diplômé de l’école Nationale des Beaux Art de Lyon et de l’université de Concordia à Montréal, commente son projet : « C’est en cohabitant avec les espèces que je vis mon art. Je brasse la terre arable durant le chantier du quartier Mermoz Nord avec les habitants de façon à semer des formes qui les relient à ce territoire sensible. Ma volonté est de créer un geste citoyen qui soigne son environnement et qui en récolte les fruits.»

Le jury
Paul Ardenne, critique d’art ; Nathalie Blanc, géographe ; Ari Brodach, directeur du développement durable de la Ville de Lille ; Anne-Marie Charbonneaux, présidente du Centre National des Arts Plastiques ; Denis Couvet, écologue, MNHN et école Polytechnique ; Lorenzo Fiaschi, directeur, Galleria Continua ; Fabrice Hyber, artiste ; Jean-Pierre Sicard, directeur général délégué de CDC Climat ; Guy Tortosa, inspecteur général en charge de la commande publique à la Délégation aux Arts Plastiques.
Anne-Marie Charbonneaux, Présidente du Jury du Prix COAL et déclare à l’issue de l’événement : « Le Prix COAL Art & Environnement est une initiative essentielle. Tous les dossiers sont d’excellente qualité et donc la sélection très difficile. Finalement, le choix du jury s’est porté vers un projet complexe, proche d’une utopie, engageant la population d’une zone sensible, difficile à mettre en oeuvre. Le prix COAL, par le soutien et la légitimité qu’il apporte, va aider le projet à surmonter les épreuves qui l’attentent au moment de sa concrétisation. »
Les neuf autres projets finalistes
Art Orienté Objet, L’alalie ; Pascal Bircher, The door to hell ; Collectif Héhé, Nuage vert ; Valère Costes, Résidence en forêt tropicale Guyanaise ; Magali Daniaux & Cédric Pigot, Final melt ; Olivier Leroi, Un drapeau pour l’Antarctique ; Frédéric Pradeau, Purificateur d’eau de mer; Momoko Seto, Planet Z ; Philippe Terrier Hermann, The world.
Le prix COAL, créé et organisé par l’association COAL, en partenariat avec le Centre National des Arts Plastiques, récompensera annuellement le projet d’un artiste contemporain sur le thème de l’environnement. 2010 est sa première édition. COAL, la «coalition pour l’art et le développement durable», association créée en 2008 par des professionnels de l’art et du développement durable, est une nouvelle plateforme d’échanges et de projets créant un pont entre ces deux univers. Les activités de COAL comprennent des commissariats d’exposition (commissariat : Lauranne Germond), des publications, des débats, des appels à projets, etc.
www.projetcoal.fr / contact@projetcoal.fr
20:17 Publié dans COAL, Art et dev. durable | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
19 mars 2010
Gary Hirshberg : Bio loves Walmart
Article publié dans Neoplanète numéro Avril/Mai 2010.
Interview réalisé le 5 février à Paris.
Gary est américain, (vieux) beau, riche, célèbre, père de famille exemplaire, directeur général. Bref, Gary est une success story américaine.
What else ? Son entreprise enregistre depuis environ 20 ans une croissance moyenne de 20 % par an. Il est dans le pétrole ? Pas du tout. Il est dans le yaourt Bio.
Il vient de loin… de l’époque où le Bio concernait seulement les babas et non les bobos, où le développement durable n’était pas encore né et où les consommacteurs représentaient 0,0001 % de la population américaine. Se lancer dans le lait Bio avec neuf vaches a été la première pierre de son entreprise Stonyfield, au début des années 80. Mettant toutes ses ressources à créer un circuit de production coûteux (ressources durablement gérées, fournisseurs éparpillés, main d’œuvre mieux rémunérée…) et ne pouvant donc compter sur la publicité, épuisé de distribuer lui-même des échantillons dans les supermarchés, il décide alors de proposer aux consommateurs d’adopter une vache en échange d’une lettre de la vache deux fois par an. Des milliers de personnes trouvent cette idée amusante (ils reçoivent aujourd’hui quatre e-mails par an de leur vache) et Stonyfield réussit à passer à une dimension supérieure. Comme ses amis pionniers de l'époque (Ben & Jerry's, Body Shop...) sauf Patagonia, il revend vingt ans plus tard son entreprise à une multinationale (Danone). Ses produits trônent désormais sur les linéaires des supermarchés, y compris en France sous l’appellation Les deux vaches (faut vraiment qu’il ne parle français pour avoir laissé passer un nom comme ça !). Pour lui le passage de la petite entreprise Bio à la multinationale va dans le bon sens, car la seule solution pour que le Bio entre dans les usages de consommation, c’est d’en baisser le coût, donc d’en vendre plus. Plus on vend, plus il y a de fournisseurs de lait bio, plus il est facile d’organiser la production et ainsi de suite. Gary défend cet argument dans le documentaire Food Inc. qui décrit l'industrie alimentaire américaine et qui obtient actuellement un grand écho aux Etats-Unis. Et quant à savoir si le Bio répond à des préoccupations d’ordre individuel ou collectif, Gary reste pragmatique « Les gens se mettent au bio à trois occasions : lorsqu’ils ont le projet d’avoir un enfant, à l’occasion d’un problème de santé, et au travers de l’influence de quelqu’un d’autre. Ils mangent bio avant tout pour eux, pas pour la planète, mais ce qui est bon pour eux est bon pour la planète.» Aux Etats-Unis, les yaourts Stonyfield font actuellement la promo du livre « Anti cancer » de David Servan-Schreiber, avec le slogan « La super arme dans la guerre contre le cancer : Votre nourriture » démontrant ainsi le poids de l’argument santé. Il reste plus efficace de miser sur l’intérêt individuel pour gagner de grands marchés.
10:29 Publié dans Interviews & Portraits | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
13 mars 2010
Agenda janvier-mars
30 mars : Remise du Prix COAL Art & Environnement, Paris www.projetcoal.fr Organisation / Animation
25 mars / matin: Rencontres communication et développemetn durable, Cap'com, Angers. Intervention "La communication responsable, mythe et réalité dans le privé comme dans le public."
25 mars / après-midi : Salon Planète Durable, Paris, www.planete-durable.com Animation de la Conférence : C’est quoi un produit écéolo aujourd’hui ?
22 mars : Jury, Rencontres parisiennes Eau et cinéma, Pavillon de l’eau (18 au 25 mars 2010) www.eaudeparis.fr
16 mars : Intervention. Seminaire de recherche "Innovation responsable", ESSEC (Séminaire Xavier Pavie)
25 février : Interview sur la question "humour et dévaleoppeemnt durable" dans le magazine Stratégies. 022510-stratégies-ce nest pas parce quun sujet est grave quil faut etre serieux.pdf
18 février & 23 mars : Comité de Sélection du salon 1.618
1er février : Délibération du comité de sélection COAL
28 janvier : Collectif AdWiser, www.blog-adwiser.com, Atelier sur Humour et développement durable
16:40 Publié dans Mon agenda & actualités | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : alice audouin, ecolocash
20 février 2010
Le Conflit. L’ intello et l’écolo.
Elisabeth Badinter émet une opinion négative sur l’écologie dans son dernier livre Le conflit. La femme et la mère. et dans les médias. Que cette opinion soit inoffensive ou dangereuse, juste ou erronée…c’est au débat démocratique d’en découdre. Etonnement, il ne démarre pas du côté des intellectuels, qui restent silencieux. Sont-ils d’accord ? Ou bien ne s’intéressent-ils pas à ce sujet-là ? Pour le débat, on doit se contenter pour le moment de la réaction des accusés, les écolos. Des personnalités, essentiellement féminines (cf. NKM, blogs, groupes sur facebook, pétition « vertes de rage »…), démontrent à l’auteur, avec un sens du respect très inégal, son erreur d'appréciation dans le fait que le féminisme puisse régresser avec l’écologie et que l’écologie soit un mouvement lié à un retour au « naturel ». Ces femmes écologistes réagissent fort à propos aux juxtapositions de stéréotypes proposées par E. Badinter comme : féminisme = liberté, écologie = atteinte à la liberté donc écologie = anti féminisme ou encore écologie = retour à la nature, émancipation de la femme = détachement vis-à-vis de la nature, donc écologie = anti féminisme.
L’attitude d’E. Badinter est dans le fond parfaitement banale, dupliquant à l’identique l’attitude de rejet de l’écologie par une bonne partie des intellectuels et journalistes médiatisés français. La liste de leurs critiques ne cesse de grandir. Les vagues de froid de cet hiver ont été immédiatement récupérées comme contre-épreuve du réchauffement climatique (voir la Tribune acerbe de Pascal Bruckner dans Le Monde du13 janvier intitulée «le Réchauffement qui refroidit») Les climatologues et leurs e-mails, Nicolas Hulot et son film, la taxe carbone, le Sommet de Copenhague, Greenpeace à l’Assemblée Nationale, José Bové, ont alimenté de façon régulière leur moquerie. Les 68ards disant « ils nous emmerdent » au sujet des écolos, ont gagné du terrain. Les mises en scène ridicules et caricaturales d’écolos, y compris people, plantés avec grandes bottes dans la boue (car c’est bien connu, boue=nature=ecologie) ou mieux, nus (car c’est bien connu, nu= jardin d’éden=nature=écologie) n’ont jamais autant été diffusées. Claude Allègre, le spécialiste du procès d'intention envers ses concurrents, à été plébiscité comme un grand résistant face à une panique inutilement lancée.
Le silence et plus grave encore, le rire des intellectuels, face à l‘humiliation de la science, les font choir du côté de ceux qu’ils ont sans cesse dénoncés, combattus et cherché à éclairer : ceux qui confondent les croyances et le savoir, le dogme et la science. « La superstition est à la religion ce que l’astrologie est à l’astronomie, la fille très folle d’une mère très sage », la clairvoyance intellectuelle qui a permis de séparer fanatisme et religion au XVIIIème est en chute libre : en matière d’écologie, le dogme vaut pour science. La confusion est à son comble. Comment l’élite en est-elle arrivée à parler de l’écologie qui est une science, une spécialisation de la biologie créée au XIX ème siècle, avec des adjectifs aussi inadaptés que :« dictature », « machos », « ayatollahs», « rétrogrades », "retour à la préhistoire" ? Comment les intellectuels médiatisés sont-ils tombés dans une telle soupe de confusions?
Comment expliquer les pas des intellectuels vers l’obscurantisme alors qu’ils prétendent justement lutter contre l’obscurantisme « vert » ? Plusieurs raisons peuvent aider à comprendre ce chemin vers l’impasse :
-La science, les partis politiques, le militantisme des ONG et le mouvement modéré pour la protection de l’environnement portent tous le même nom, et les plus médiatisés en influencent l'image globale. La sémantique n’opère pas assez une séparation entre la science et le dogme, et le développement durable n’a pas réussi à prendre le relais et sortir l'écologie de ses confusions.
Dans ce grand mélange, les personnalités de l'écologie militante occupent une grande place en termes d'image. La science du même nom est comparativement quasi inconnue (qui peut citer trois noms d'écologues?) Ces acteurs militants, souvent pris par un sentiment d'urgence et par la volonté de trouver des solutions rapides aux problèmes établis, renvoient parfois une image autoritaire, alarmiste ou infantilisante, qui influence ainsi la perception des autres qui sont pourtant bien plus nombreux et représentatifs.
-L’écologie et ses enjeux (réchauffement climatique, chute de la biodiversité…) sont quasi absents des productions artistiques, culturelles et intellectuelles médiatisées, que ce soit les films de fiction, la littérature, l’art contemporain, le théâtre, les essais politiques, philosophiques ou sociologiques, les spectacles comiques, etc. ce qui en empêche la connaissance sensible (la conséquence est ici cause première).
-Le traitement par les médias de l’écologie et ses enjeux se fait par la caricature, l’accentuation de visions alarmistes, le goût du scandale incarné par les « climato-sceptiques », la vedettisation de people verts superficiels, ce qui empêche d’en avoir une image réelle.
-L’écologie et ses enjeux représentent une vexation pour l’homme, le constat de sa capacité de destruction à une échelle non seulement globale mais « après lui », auprès des générations futures, ce qui est une raison anthropologique majeure de rejet.
-Les intellectuels français précis et clairvoyants sur le sujet ne sont pas médiatisés : François Flahaut, Stéphane Lavignotte, Catherine Larrère, etc.
-La climatologie intègre une dimension prédictive, forcément soumise à des aléas liés à des variables non prévisibles (la quantité de steak que vous mangerez dans 20 ans, vous la connaissez ?) ce qui l’affaiblit face à un désir à la fois de certitudes et de suspicion.
-La prédominance culturelle et intellectuelle de l'idée de plaisir et de liberté à un niveau individuel et non collectif et l'histoire tragique d'initiatives "collectivistes" créent une méfiance vis-à-vis d' enjeux communs pouvant impliquer une résolution commune.
-La difficulté pour chacun à dépasser le sentiment d'acquis (matériels et immatériels) et le réflexe de vouloir les défendre, freine la prise en mains de nouveaux enjeux. Comme si aller vers de nouveaux acquis, de nouvelles réponses, était une menace, consistait laisser la proie pour l'ombre. Comme si faire un pas vers l'inconnu était se diriger vers le danger.
Ces raisons doivent être analysée et prises en mains pour éviter l’issue qui s’annonce : la haine réciproque. Il est grand temps pour les intellectuels, de se rendre que compte que de l’individu qu’ils jugent, ils ne voient que le flanc, et pour les écolos, de montre l’autre flanc.
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01 février 2010
Europe et CO2 : le doute post-Copenhague
Article publié dans Neoplanete, Numéro février/mars 2010
Le mot d'Alice : Europe
L’Union européenne agit-elle pour ou contre le réchauffement climatique? On se le demande après sa grande discrétion au Sommet Copenhague qui a échoué à fixer des objectifs de réduction pour éviter un réchauffement climatique de plus de 2°C à horizon 2100. Pour répondre, analysons les trois piliers de l’Europe, la législation, les fonds structurels et le grand marché.
Prenons d’abord la législation. Si l’Europe a d’excellentes initiatives « vertes », comme par exemple REACH (règlementation chimique européenne), concernant l’harmonisation de la fiscalité, ce n’est pas génial côté CO2. Dans les années 90, l’harmonisation sur l’automobile a conduit à la suppression de taux majorés et des taxes spécifiques de pays comme la Grèce ou le Danemark qui avaient jusque là des politiques restrictives (et donc peu de voitures et de routes) et a provoqué l’arrivée de millions de véhicules et donc de millions de bouchons !
Regardons maintenant les fonds structurels qui servent à financer la cohésion et la mise à niveau des nouveaux pays membres. Là encore, de très bonnes choses ont été mise en œuvre, les stations d’épuration, les traitements des ordures, les modernisations de chemins de fer, mais aussi le plan autoroutier !
Arrivons au point clé, le grand marché et sa monnaie unique (qui a ruiné toutes celles et ceux qui ne savaient pas multiplier par 6,5). Son fonctionnement repose, on l’aura compris, sur le transport routier (et non fluvial ou ferroviaire) des marchandises. Les camions représentent 20% de l’ensemble des émissions de CO2. Pour entrer dans le grand marché, la Grèce, l’Espagne le Portugal et l’Irlande, aujourd’hui tous en souffrance économique et sociale, ont bénéficié de dérogations pour pouvoir augmenter rapidement leurs émissions de gaz à effet de serre, condition nécessaire selon l’Europe à leur développement économique. Cette accélération, véritable manne pour les spéculateurs, a par exemple conduit l’Espagne à construire 600 000 logements en un an ! Retour de bâton environnemental et financier garanti !
Pour résumer, l’Europe suit deux voies différentes, d’une part celle du développement économique fondé sur les énergies fossiles, la consommation et la croissance, et d’autre part celle de la protection de l’environnement. Ces deux voies lui couteront, tant qu’elles resteront séparées, de plus en plus cher. Il est temps qu’elles fusionnent.
Donnons le mot de la fin à Lucien Chabason, notre papa de la loi Littoral et notre énarque écolo préféré, directeur délégué de l’IDDRI (Institut du Développement Durable et des Relations Internationales) : « En dépit des traités qui ont suivi sa création en 1957, Europe reste d’abord et avant tout le marché unique qui vise des objectifs économiques. Tant que les autres objectifs, sociaux et environnementaux, ne seront pas considérés au même niveau, le développement durable restera à la périphérie. » Petits et petites Jean Monnet, réveillons-nous !
Merci à Lucien Chabason de son éclairage pour la rédaction de cet article
12:00 Publié dans Autres articles | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
29 janvier 2010
Portrait de Jean Michel Valantin
Portrait publié dans Neoplanète, Numéro Fevrier/Mars - dans le magazine, le texte est légèrement différent... du fait de l'intervention armée du SR sans doute inspiré par le thème de l'article :-) ... avec des dommages collateraux sur le sens de certaines phrases et l'exactitude de l'info :-)
Jean-Michel Valantin voit le réchauffement climatique avec les yeux Sun Tzu et non ceux de Joan Baez : comme une guerre. Historien, docteur et chercheur indépendant en études stratégiques, il est l’un des tout premiers spécialistes mondiaux de la question des effets politiques du réchauffement global qu’il nomme la « sécurité climatique ». Pour lui, la géopolitique va être bouleversée par l’ensemble des conséquences du désordre climatique : montée des eaux, désertification, crise alimentaire, etc. Et nous ferions bien d’avoir déjà les plans de sauvetage et d’action d’urgence et de les avoir répétés, parce que l’on n’aura pas une deuxième chance de lutter contre l’ennemi. Imaginons le réchauffement climatique comme une invasion spatiale qui viserait tous les pays en même temps, c’est sûr qu’il faudrait être organisés.
Si aujourd’hui, des réseaux de solidarité ainsi que de nombreuses solutions locales sont mis en place pour prévenir ou contrecarrer les effets du réchauffement climatique, il manque une « gouvernance mondiale » pour gérer le phénomène à une échelle planétaire.
Selon Jean-Michel Valantin, c’est l’alliance avec les guerriers et non les baba cool qui peut nous sauver. Un Rambo qui donnerait sa vie pour un ours blanc… ce ne serait pas un peu le héro d’Avatar justement ? Hollywood a tout compris et intègre déjà les enjeux de la sécurité climatique, selon ce spécialiste des relations entre cinéma américain et Défense. Les conflits autour des ressources, la biodiversité, la réduction de l’espace vital, la gouvernance violente ou non violente de la ville, sont les nouveaux thèmes des méga productions Hollywoodiennes et le choix du héros d’Avatar, un guerrier qui abandonne l’instinct de conquête pour celui de préservation, n’est pas anodin !
En attendant, le Général Jean-Michel Bio-Murat prépare ses troupes : toute la jeunesse française scolarisée ! En tant que haut fonctionnaire au développement durable à la direction générale de l’enseignement scolaire du Ministère de l’Education nationale, sa mission est que tous les élèves soient éduqués au développement durable. A quand les exercices d’entrainement ? Et une deux ! une deux ! ... Parez ? Protégez !
Lire Jean-Michel Valantin : Écologie et gouvernance mondiale, Autrement, 2007 Menaces climatiques sur l'ordre mondial, Lignes de repères, 2005, Hollywood Washington Le Pentagone, Autrement, 2003 (réédition en 2010, avec l'analyse d'Avatar of course)
11:56 Publié dans Interviews & Portraits | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
14 janvier 2010
Avatar en débat
Si Radio Vatican se met à donner son avis sur le film-phénomène Avatar, c'est qu'il fait débat. Quel débat ? Plusieurs.
1° celui de la représentation de la nature et du choix de son esthétique (couleurs, formes, animaux, dangers, protections...)
2° celui de l'importance de la nature pour une communauté et de la valeur accordée à son caractère "intact"
3° celui de finalité de la force : détruire ou protéger, comme deux alternatives bien distinctes, deux finalités opposées
4° celui de la représentation des être vivants qui vivent dans et par la nature (culture orale, "chamanique", organisée en castes, devotion, pas d'outils ni armes sophistiqués, couples avec sentiments...)
5° celui de la représentation de la richesse "occidentale" : liée à la consommation de ressources naturelles rares et énergétiquement "hyperpuissantes"
6° celui de la représentation de la force militaro-industrielle et de ceux qui en ont les commandes
7° celui du message du film, avec plusieurs niveaux, ecologiste (il faut arrêter d'exploiter la nature et de commencer à la protéger), philosophique (la force est un moyen, seule la finalité compte), culturel (une civilisation moins développée vaut mieux que la nôtre dès lors qu'elle a quelque chose à préserver et perpétuer), etc.
Faut-il y voir, comme le suggère le chercheur Jean-michel Valantin, l'acte d'adoption de la culture amerindienne (chamanique) par les américains ? Autrement dit la preuve que les américains ont compris que la position de l'indien serait la meilleure face au peak oil et aux désastres environnementaux et climatiques actuels ?
Faut-il y voir, comme certains cinéphiles, l'enterrement de la 3D "qui ne fait pas mieux que Fantasia?"
Faut-il y voir, comme certains écologistes, l'acte d'entrée de la nature dans la prise de conscience occidentale?
En espérant ouvrir le débat.
15:22 Publié dans Films & Documentaires | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
02 janvier 2010
Reaction sur la publicité de l'Observatoire international des prisons
La publicité de l’Observatoire international des prisons que l’on voit actuellement dans la presse est, au-delà l’importance incontournable de cette organisation, comme beaucoup de publicité qui cherchent à provoquer, dans une confusion de significations. Le slogan de cette publicité visant à collecter des dons pour l’OIP est : « Si ça peut vous aider à donner, dites vous que cet homme est un chien »
Comme Gunther Anders qui souhaitait que la puissance technique s’accompagne toujours d’une imagination sur ses conséquences possibles, l’utilisation de mots devrait également être accompagnée d’une imagination sur ses différentes interprétations possibles, surtout lorsque que ces mots ne sont pas anodins, pour ne pas dire d’une violence inouïe. « Dites-vous que cet homme est un chien » est une pensée terrible, le « prêt-à-penser » de la maltraitance et des grandes tragédies de l’histoire. Aux Etats-Unis la pire insulte à quelqu’un reste « underdog » (moins qu’un chien). Une telle faille de l’Homme (penser dans certaines circonstances, que l’homme vaut moins que son humanité) peut-elle être utilisée pour provoquer ? Son historique de destruction ne prescrit-il pas un usage avec précaution ? Une publicité peut-elle l’utiliser ?

« Si ça peut vous aider à donner, dites vous que cet homme est un chien » Ce slogan peut être compris de trois manières si l’on s’en tient aux mots. La première part d’une bonne intention métaphorique sur laquelle les publicitaires ont parié : Comprenez que cet homme est traité comme un chien. Traiter quelqu’un comme un chien, vous savez que c’est de la maltraitance, c’est scandaleux, y compris en prison. Alors donnez pour arrêter ça. La deuxième signification est moins probable mais possible: Vous donnez pour les chiens ? Vous ne donnez-pas pour les gens en prison ? Hé ! bien dites-vous qu’un homme en prison est un chien et vous donnerez. Vous voyez bien, comme le chien, il est en cage et a l’air gentil. La troisième signification est plus improbable encore mais possible: Voyez, cet homme est un chien. Certains hommes, comme celui-ci en prison, sont des chiens, des bêtes méchantes. Donnez pour les prisons (l’OIP est peu connu et son nom est neutre cela peut prêter à confusion). Bien évidemment la première interprétation, la plus saine, domine, mais les deux autres possibilités posent question.
Pensons maintenant aux chiens, qui sont eux-mêmes si souvent « traités comme des chiens », abandonnés, encagés, battus et qui font l’objet de campagnes d’ONG pour être traités dignement. Que pensent de cette publicité les défenseurs d’animaux qui souhaiteraient que les associations rependues entre la maltraitance et certaines espèces (comme les chiens) s’arrêtent dans la tête des gens ? De plus, utiliser dans un jeu de métaphore une espèce « maltraitée » permet-il de désigner clairement la maltraitance ?
Pour aller encore plus loin dans les évocations de ce slogan, « Si ça peut vous aider à donner, dites-vous que cet homme est un chien », n’est-ce pas finalement, dans une lecture une fois encore au premier degré, le portrait hyper-cinglant de notre fonctionnement ? Avons-nous une haute opinion de celui auquel nous sommes reliés par notre pouvoir de l’argent ? Notre pouvoir d’achat ici est, pour de nombreux produits comme les vêtements bon marché, lié à de mauvaises conditions de travail ailleurs (des personnes qui « travaillent comme des chiens », l’autre métaphore entre l’homme et le chien). Notre enrichissement ne s’accompagne-t-il pas d’une mise à distance de ceux qui s’appauvrissent ? Lorsque nous donnons pour une cause humanitaire, quelle image avons-nous de celui qui reçoit ? La condescendance et l’égoïsme sont-ils les ennemis de la philanthropie ? Dans notre vie quotidienne nous avons tendance à oublier la dignité de tous ceux avec lesquels nous sommes reliés. En prison ou en liberté.
Cette publicité, qui parle forcément aussi de la publicité, mérite débat.
16:53 Publié dans Publicités à risques | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
07 décembre 2009
Agenda novembre - décembre 2009
9 décembre
Inauguration du nouveau Lina’s rue Pierre Charron, que j’ai conseillé en termes d’axes de progrès développement durable.
3 décembre
Conference : The involvement of young people in the European sustainable development agenda
Lieu : Université Paris Dauphine
Organisation : Dauphine Durable et Soi et des hommes
Animation
Intervenants :
Lucien Chabason (Delegate President of the IDDRI think tank)
Petko Tzvetkov (Natura2000 coordinator Bulgaria)
Tony Venables (Director of ECAS, the European Citizen Action Service)
23 novembre
Conférence de presse et signature "des femmes pour la planète", UNESCO
De nombreuses autres femmes sont venues signer dont M. Pappalardo, H Valade, C Puiseux, A Cayrol...
10 novembre
Signature "des femmes pour la planète"
Je suis bien contente de faire partie des premières femmes de cette aventure qui n'est pas partie du gouvernement comme la photo pourrait le laisser penser, mais de l'estime mutuelle de femmes dont le développement durable est le métier et de l'envie d'agir "autrement" d'Isabelle Juppé, Genevieve Ferone, Yolaine de la Bigne...
L’APPEL : COPENHAGUE, ET APRÈS ?
télécharger le texte de l'appel
Copyright : Géraldine Le Guyader / Néoplanète
telecharger la photo : 4683BD©G_Le_Guyader[1].JPG
De gauche à droite :
Rang du fond : Catherine Chabaud, Yolaine de La Bigne, Maud Fontenoy, Evelyne Dhéliat, Claudie Haigneré, Sandrine Segovia-Kueny, Isabelle Juppé, Geneviève Férone
1er rang : Véronique Morali , Fanny Picard, Cécile Ostria, Corinne Lepage, Chantal Jouanno, Nathalie Kosciusko-Morizet, Alice Audouin, Bettina Laville
L Tubiana, M Rivasi et E Laville n'ont malheureusement pu venir à la photo.
Pour signer l'appel (women only):
<http://www.neoplanete.fr> www.neoplanete.fr et <http://www.terrafemina.com> www.terrafemina.com
et sur Facebook, groupe : "Des femmes pour la planète"
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