01 février 2010
Europe et CO2 : le doute post-Copenhague
Article publié dans Neoplanete, Numéro février/mars 2010
Le mot d'Alice : Europe
L’Union européenne agit-elle pour ou contre le réchauffement climatique? On se le demande après sa grande discrétion au Sommet Copenhague qui a échoué à fixer des objectifs de réduction pour éviter un réchauffement climatique de plus de 2°C à horizon 2100. Pour répondre, analysons les trois piliers de l’Europe, la législation, les fonds structurels et le grand marché.
Prenons d’abord la législation. Si l’Europe a d’excellentes initiatives « vertes », comme par exemple REACH (règlementation chimique européenne), concernant l’harmonisation de la fiscalité, ce n’est pas génial côté CO2. Dans les années 90, l’harmonisation sur l’automobile a conduit à la suppression de taux majorés et des taxes spécifiques de pays comme la Grèce ou le Danemark qui avaient jusque là des politiques restrictives (et donc peu de voitures et de routes) et a provoqué l’arrivée de millions de véhicules et donc de millions de bouchons !
Regardons maintenant les fonds structurels qui servent à financer la cohésion et la mise à niveau des nouveaux pays membres. Là encore, de très bonnes choses ont été mise en œuvre, les stations d’épuration, les traitements des ordures, les modernisations de chemins de fer, mais aussi le plan autoroutier !
Arrivons au point clé, le grand marché et sa monnaie unique (qui a ruiné toutes celles et ceux qui ne savaient pas multiplier par 6,5). Son fonctionnement repose, on l’aura compris, sur le transport routier (et non fluvial ou ferroviaire) des marchandises. Les camions représentent 20% de l’ensemble des émissions de CO2. Pour entrer dans le grand marché, la Grèce, l’Espagne le Portugal et l’Irlande, aujourd’hui tous en souffrance économique et sociale, ont bénéficié de dérogations pour pouvoir augmenter rapidement leurs émissions de gaz à effet de serre, condition nécessaire selon l’Europe à leur développement économique. Cette accélération, véritable manne pour les spéculateurs, a par exemple conduit l’Espagne à construire 600 000 logements en un an ! Retour de bâton environnemental et financier garanti !
Pour résumer, l’Europe suit deux voies différentes, d’une part celle du développement économique fondé sur les énergies fossiles, la consommation et la croissance, et d’autre part celle de la protection de l’environnement. Ces deux voies lui couteront, tant qu’elles resteront séparées, de plus en plus cher. Il est temps qu’elles fusionnent.
Donnons le mot de la fin à Lucien Chabason, notre papa de la loi Littoral et notre énarque écolo préféré, directeur délégué de l’IDDRI (Institut du Développement Durable et des Relations Internationales) : « En dépit des traités qui ont suivi sa création en 1957, Europe reste d’abord et avant tout le marché unique qui vise des objectifs économiques. Tant que les autres objectifs, sociaux et environnementaux, ne seront pas considérés au même niveau, le développement durable restera à la périphérie. » Petits et petites Jean Monnet, réveillons-nous !
Merci à Lucien Chabason de son éclairage pour la rédaction de cet article
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Portrait de Jean Michel Valantin
Portrait publié dans Neoplanète, Numéro Fevrier/Mars - dans le magazine, le texte est légèrement différent... du fait de l'intervention armée du SR sans doute inspiré par le thème de l'article :-) ... avec des dommages collateraux sur le sens de certaines phrases et l'exactitude de l'info :-)
Jean-Michel Valantin voit le réchauffement climatique avec les yeux Sun Tzu et non ceux de Joan Baez : comme une guerre. Historien, docteur et chercheur indépendant en études stratégiques, il est l’un des tout premiers spécialistes mondiaux de la question des effets politiques du réchauffement global qu’il nomme la « sécurité climatique ». Pour lui, la géopolitique va être bouleversée par l’ensemble des conséquences du désordre climatique : montée des eaux, désertification, crise alimentaire, etc. Et nous ferions bien d’avoir déjà les plans de sauvetage et d’action d’urgence et de les avoir répétés, parce que l’on n’aura pas une deuxième chance de lutter contre l’ennemi. Imaginons le réchauffement climatique comme une invasion spatiale qui viserait tous les pays en même temps, c’est sûr qu’il faudrait être organisés.
Si aujourd’hui, des réseaux de solidarité ainsi que de nombreuses solutions locales sont mis en place pour prévenir ou contrecarrer les effets du réchauffement climatique, il manque une « gouvernance mondiale » pour gérer le phénomène à une échelle planétaire.
Selon Jean-Michel Valantin, c’est l’alliance avec les guerriers et non les baba cool qui peut nous sauver. Un Rambo qui donnerait sa vie pour un ours blanc… ce ne serait pas un peu le héro d’Avatar justement ? Hollywood a tout compris et intègre déjà les enjeux de la sécurité climatique, selon ce spécialiste des relations entre cinéma américain et Défense. Les conflits autour des ressources, la biodiversité, la réduction de l’espace vital, la gouvernance violente ou non violente de la ville, sont les nouveaux thèmes des méga productions Hollywoodiennes et le choix du héros d’Avatar, un guerrier qui abandonne l’instinct de conquête pour celui de préservation, n’est pas anodin !
En attendant, le Général Jean-Michel Bio-Murat prépare ses troupes : toute la jeunesse française scolarisée ! En tant que haut fonctionnaire au développement durable à la direction générale de l’enseignement scolaire du Ministère de l’Education nationale, sa mission est que tous les élèves soient éduqués au développement durable. A quand les exercices d’entrainement ? Et une deux ! une deux ! ... Parez ? Protégez !
Lire Jean-Michel Valantin : Écologie et gouvernance mondiale, Autrement, 2007 Menaces climatiques sur l'ordre mondial, Lignes de repères, 2005, Hollywood Washington Le Pentagone, Autrement, 2003 (réédition en 2010, avec l'analyse d'Avatar of course)
11:56 Publié dans Interviews & Portraits | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
29 janvier 2010
Agenda janvier-avril
21-25 avril : International Journalism Festival, Perugia, Italie www.journalismfestival.com Intervention
Avril : Sortie d'Ecolocash en Italie
30 mars : Prix COAL, Paris www.projetcoal.fr Animation
25 mars : Salon Planète Durable, Paris, www.planete-durable.com Conférence : C’est quoi un produit écéolo aujourd’hui ? Animation
18 mars : Seminaire de recherche "Innovation responsable", ESSEC Intervention
22 février : Comité des parrains et marraines de JEL (Jewellery Ethical Luxury)
18 février : Comité de Sélection du salon 1.618
4 février : Comité d'Organisation de l'université d'été de la communication pour le développement durable
1er février : Délibération du comité de sélection COAL (qui détermine des 10 artistes finalistes de l'appel à projet COAL)
28 janvier : Collectif AdWiser, www.blog-adwiser.com, Atelier sur Humour et développement durable
8 janvier : Réunion de l’Initiative féminine « Copenhague, et après ? »
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14 janvier 2010
Avatar en débat
Si Radio Vatican se met à donner son avis sur le film-phénomène Avatar, c'est qu'il fait débat. Quel débat ? Plusieurs.
1° celui de la représentation de la nature et du choix de son esthétique (couleurs, formes, animaux, dangers, protections...)
2° celui de l'importance de la nature pour une communauté et de la valeur accordée à son caractère "intact"
3° celui de finalité de la force : détruire ou protéger, comme deux alternatives bien distinctes, deux finalités opposées
4° celui de la représentation des être vivants qui vivent dans et par la nature (culture orale, "chamanique", organisée en castes, devotion, pas d'outils ni armes sophistiqués, couples avec sentiments...)
5° celui de la représentation de la richesse "occidentale" : liée à la consommation de ressources naturelles rares et énergétiquement "hyperpuissantes"
6° celui de la représentation de la force militaro-industrielle et de ceux qui en ont les commandes
7° celui du message du film, avec plusieurs niveaux, ecologiste (il faut arrêter d'exploiter la nature et de commencer à la protéger), philosophique (la force est un moyen, seule la finalité compte), culturel (une civilisation moins développée vaut mieux que la nôtre dès lors qu'elle a quelque chose à préserver et perpétuer), etc.
Faut-il y voir, comme le suggère le chercheur Jean-michel Valantin, l'acte d'adoption de la culture amerindienne (chamanique) par les américains ? Autrement dit la preuve que les américains ont compris que la position de l'indien serait la meilleure face au peak oil et aux désastres environnementaux et climatiques actuels ?
Faut-il y voir, comme certains cinéphiles, l'enterrement de la 3D "qui ne fait pas mieux que Fantasia?"
Faut-il y voir, comme certains écologistes, l'acte d'entrée de la nature dans la prise de conscience occidentale?
En espérant ouvrir le débat.
15:22 Publié dans Critique de films | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
02 janvier 2010
Reaction sur la publicité de l'Observatoire international des prisons
La publicité de l’Observatoire international des prisons que l’on voit actuellement dans la presse est, au-delà l’importance incontournable de cette organisation, comme beaucoup de publicité qui cherchent à provoquer, dans une confusion de significations. Le slogan de cette publicité visant à collecter des dons pour l’OIP est : « Si ça peut vous aider à donner, dites vous que cet homme est un chien »
Comme Gunther Anders qui souhaitait que la puissance technique s’accompagne toujours d’une imagination sur ses conséquences possibles, l’utilisation de mots devrait également être accompagnée d’une imagination sur ses différentes interprétations possibles, surtout lorsque que ces mots ne sont pas anodins, pour ne pas dire d’une violence inouïe. « Dites-vous que cet homme est un chien » est une pensée terrible, le « prêt-à-penser » de la maltraitance et des grandes tragédies de l’histoire. Aux Etats-Unis la pire insulte à quelqu’un reste « underdog » (moins qu’un chien). Une telle faille de l’Homme (penser dans certaines circonstances, que l’homme vaut moins que son humanité) peut-elle être utilisée pour provoquer ? Son historique de destruction ne prescrit-il pas un usage avec précaution ? Une publicité peut-elle l’utiliser ?

« Si ça peut vous aider à donner, dites vous que cet homme est un chien » Ce slogan peut être compris de trois manières si l’on s’en tient aux mots. La première part d’une bonne intention métaphorique sur laquelle les publicitaires ont parié : Comprenez que cet homme est traité comme un chien. Traiter quelqu’un comme un chien, vous savez que c’est de la maltraitance, c’est scandaleux, y compris en prison. Alors donnez pour arrêter ça. La deuxième signification est moins probable mais possible: Vous donnez pour les chiens ? Vous ne donnez-pas pour les gens en prison ? Hé ! bien dites-vous qu’un homme en prison est un chien et vous donnerez. Vous voyez bien, comme le chien, il est en cage et a l’air gentil. La troisième signification est plus improbable encore mais possible: Voyez, cet homme est un chien. Certains hommes, comme celui-ci en prison, sont des chiens, des bêtes méchantes. Donnez pour les prisons (l’OIP est peu connu et son nom est neutre cela peut prêter à confusion). Bien évidemment la première interprétation, la plus saine, domine, mais les deux autres possibilités posent question.
Pensons maintenant aux chiens, qui sont eux-mêmes si souvent « traités comme des chiens », abandonnés, encagés, battus et qui font l’objet de campagnes d’ONG pour être traités dignement. Que pensent de cette publicité les défenseurs d’animaux qui souhaiteraient que les associations rependues entre la maltraitance et certaines espèces (comme les chiens) s’arrêtent dans la tête des gens ? De plus, utiliser dans un jeu de métaphore une espèce « maltraitée » permet-il de désigner clairement la maltraitance ?
Pour aller encore plus loin dans les évocations de ce slogan, « Si ça peut vous aider à donner, dites-vous que cet homme est un chien », n’est-ce pas finalement, dans une lecture une fois encore au premier degré, le portrait hyper-cinglant de notre fonctionnement ? Avons-nous une haute opinion de celui auquel nous sommes reliés par notre pouvoir de l’argent ? Notre pouvoir d’achat ici est, pour de nombreux produits comme les vêtements bon marché, lié à de mauvaises conditions de travail ailleurs (des personnes qui « travaillent comme des chiens », l’autre métaphore entre l’homme et le chien). Notre enrichissement ne s’accompagne-t-il pas d’une mise à distance de ceux qui s’appauvrissent ? Lorsque nous donnons pour une cause humanitaire, quelle image avons-nous de celui qui reçoit ? La condescendance et l’égoïsme sont-ils les ennemis de la philanthropie ? Dans notre vie quotidienne nous avons tendance à oublier la dignité de tous ceux avec lesquels nous sommes reliés. En prison ou en liberté.
Cette publicité, qui parle forcément aussi de la publicité, mérite débat.
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07 décembre 2009
Agenda novembre - décembre 2009
9 décembre
Inauguration du nouveau Lina’s rue Pierre Charron, que j’ai conseillé en termes d’axes de progrès développement durable.
3 décembre
Conference : The involvement of young people in the European sustainable development agenda
Lieu : Université Paris Dauphine
Organisation : Dauphine Durable et Soi et des hommes
Animation
Intervenants :
Lucien Chabason (Delegate President of the IDDRI think tank)
Petko Tzvetkov (Natura2000 coordinator Bulgaria)
Tony Venables (Director of ECAS, the European Citizen Action Service)
23 novembre
Conférence de presse et signature "des femmes pour la planète", UNESCO
De nombreuses autres femmes sont venues signer dont M. Pappalardo, H Valade, C Puiseux, A Cayrol...
10 novembre
Signature "des femmes pour la planète"
Je suis bien contente de faire partie des premières femmes de cette aventure qui n'est pas partie du gouvernement comme la photo pourrait le laisser penser, mais de l'estime mutuelle de femmes dont le développement durable est le métier et de l'envie d'agir "autrement" d'Isabelle Juppé, Genevieve Ferone, Yolaine de la Bigne...
L’APPEL : COPENHAGUE, ET APRÈS ?
télécharger le texte de l'appel
Copyright : Géraldine Le Guyader / Néoplanète
telecharger la photo : 4683BD©G_Le_Guyader[1].JPG
De gauche à droite :
Rang du fond : Catherine Chabaud, Yolaine de La Bigne, Maud Fontenoy, Evelyne Dhéliat, Claudie Haigneré, Sandrine Segovia-Kueny, Isabelle Juppé, Geneviève Férone
1er rang : Véronique Morali , Fanny Picard, Cécile Ostria, Corinne Lepage, Chantal Jouanno, Nathalie Kosciusko-Morizet, Alice Audouin, Bettina Laville
L Tubiana, M Rivasi et E Laville n'ont malheureusement pu venir à la photo.
Pour signer l'appel (women only):
<http://www.neoplanete.fr> www.neoplanete.fr et <http://www.terrafemina.com> www.terrafemina.com
et sur Facebook, groupe : "Des femmes pour la planète"
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26 novembre 2009
Cécile Ducrot-Lochard, la Philanthropie VIP
Article publié dans Neoplanète, numéro Nov / Déc 2009
Cécile est sans doute la seule salariée d’ONG à devoir porter des diadèmes de diamants pour son boulot ! Experte en « finance philanthropique », qui signifie en gros : « donner un peu de ce que l’on possède beaucoup », Cécile a pour profession de convaincre des personnes fortunées d’aider des grandes causes. Exemple de mission : persuader son voisin de table lors d’un diner de gala de sauver le thon rouge qu’il est entrain de manger. Cécile est à la finance philanthropique ce que Hugh Grant est à l’accent anglais : elle est née avec. Son papa, fondateur d’Apogé, compte parmi les pionniers en France de « l’ISR » (Investissement Socialement Responsable). Elle collabore avec lui dès son diplôme d’école de commerce en poche et apprend son métier : convaincre les grands fortunes de placer leur argent de façon « responsable » Elle devient ensuite directrice des « grands donateurs » du WWF. Quand Cécile s’occupe de trouver des fonds pour une grande cause, c’est un peu comme quand Sharon Stone anime les enchères pour le sida à Cannes : plus efficace et plus glamour que mamie Liz Taylor. La belle aux diamants (gracieusement prêtés par Adamence) manie le Bottin Mondain pour la bonne cause et collectionne les paires de chaussures pour promouvoir la sobriété heureuse. Paradoxe diront certains, modernité diront d’autres, dans tous les cas, Cécile vit parfaitement cette position d’intermédiaire entre deux mondes opposés. Passionnée par le microcrédit, Cécile se lance un nouveau défi, convaincre les dirigeants des grandes entreprises de nouer un partenariat avec Microworld, la nouvelle activité de Planète Finance. Elle n’a pas encore choisi sa tenue…
www.neo-planete.com
21:46 Publié dans Interviews & Portraits | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
22 novembre 2009
Paul Watson et Franz Kaston Florez, deux héros exceptionnels de documentaires
Le Festival du Film de l’environnement (18-24 novembre) présente cette année deux documentaires sur deux défenseurs de l’environnement exceptionnels et très complémentaires : le canadien Paul Watson ("Pirate for the Sea") et le colombien Franz Kaston Florez ("L’Homme aux Serpents") Ils montrent deux façons de se battre avec un courage inouï pour la biodiversité, l’une marine l’autre sylvestre. Paul Watson joue l’offensive, Franz Florez la défensive, Paul Watson défonce les barrières, Franz Flores passe entre les barrières, Paul Watson harangue, Franz Flores discute, Paul Watson est craint, Franz Florez est un inconnu, Paul Watson a un gros bateau, Franz Flores a quelques serpents, Paul Watson a une équipe complète, Franz Florez a un stagiaire de 14 ans.
Pirate for the Sea est le portrait de Paul Watson, l’ancien militant de Greenpeace, fondateur de Sea Shephered. Un documentaire malheureusement sans ambition cinématographique, mais qui met très bien en valeur les actions, la personnalité et le courage inouï de Paul Watson, le « berger de la mer », défenseur musclé des baleines et des phoques. P Waston est porteur de détermination, d’enseignement, d’humour…une saveur qui donne au militantisme ce qui lui faut en plus pour devenir de
l’héroïsme. Le sien et celui de son équipage. Au départ d’une expédition un jeune bénévole annonce tous les risques de mourir…avec un magnifique sourire. Au retour d’une expédition, une scène montre le slam saisissant et musclé d’un membre de l’équipage sur le militantisme en mer, une bombe pour Eminem. Le film mobilise fortement, à la sortie du film, on veut immédiatement soutenir Sea Shephred et l’image du bénévole (déjà 3500 depuis la création de l’ONG) en haute mer dans des creux de 8 mètres, sans chauffage faute de carburant et assaillant un baleinier japonais est parée de tous les attraits.
L’Homme aux serpents : Mais Paul Watson parait vite « ancienne école » face à l’autre héros, à la fois très nu et très stratège : Franz Kaston Florez. Exit l’art de l’affrontement, bienvenu dans l’art de la négociation. En face ce ne sont pas non plus des gentils : il s’agit des guérilleros colombiens. Ici l’ambition cinématographique est présente, dans les mains du réalisateur Eric Flandin. Le film joue sur une forme légère, colorée, burlesque et entrainante pour faire passer tous les messages de fond. Toute l’efficacité du film tient sur un moyen très simple : un homme qui n’a comme moyens que des serpents. Des serpents dangereux. Et c’est là que le grand stratège, d’une intelligence extrêmement fine, apparait : dans sa capacité à se servir d’eux. Et cela suffit à tout dire. La forêt colombienne, restée intacte par la présence de la guérilla, est l’un des derniers lieux à pouvoir poser les questions avant l’arrivée des multinationales. Le message devient universel quand il est réellement généreux. C’est toute la force de ce film. Et sa capacité de mobilisation est immense : on a qu’une envie à la sortie, c’est de donner ses économies à la Fondation Nativa fondée par Franz et y chercher un programme de bénévole.
Entre les baleiniers japonais et les anacondas géants…il faut choisir.
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21 novembre 2009
« Age of Stupid » : l’âge où il faut être stupide pour trouver ça génial
Au festival du film d’environnement, le fameux film "Age of Stupid" était vivement attendu. Le petit phénomène anti réchauffement climatique anglais annonçait des merveilles. Le passé vu depuis 2055 s’annonçait intéressant. Deception et mini énervement sur le niveau des documentaires montés en épingle. Brouillon, confus, changeant d’axe, de traitement, il rate son objectif : faire passer un message clair. Il mélange deux films en un. Le premier : la prise de conscience du compte-à-rebours et des impacts grandissants à venir du réchauffement climatique, avec un simulacre d’actualités catastrophiques défilant jusqu’en 2055. L'idée est bonne et jusque là pourquoi pas, mais l’image du monde en 2055 est une pure science fiction avec une tour façon PK Dick au large de la Norvège conservant tous les savoirs les espèces et œuvres d’art du monde. Cette image non crédible de 2055 rend la prospective inefficace. Le deuxième : des portraits croisés d’individus d’aujourd’hui, un indien richissime ouvrant une compagnie d’avion low cost, un salarié d’entreprises d’éoliennes souhaitant en installer dans la campagne anglaise, un scientifique de la Nouvelle-Orléans ayant fait carrière dans le pétrole doté d’une nouvelle vision du monde depuis Katrina, Fernand Pareau, le doyen des guides en activité de la compagnie de Chamonix, une nigeriane exposée à l'exploitation pétrolière, deux enfants irakiens ayant fui leur pays... La variété de ces portraits est très pertinente car ils sont complémentaires mais trop nombreux pour être suivis au même niveau et pour participer une construction pertinente de points de vue. On finit par se demander face à ce grand éparpillement si cela n’aurait pas été plus efficace de se concentrer seulement sur les deux protagonistes les plus a même de générer une prise de conscience pour un occidental, l’éolien-man et le post-Katrina-type. Au final ces portraits ne sont pas articulés avec le jeu prospectif et vice-versa. On a donc deux films en un, sans propos construit, avec un plan fouillis. On se retrouve dans un melting pot avec un « sage post-catastrophe » qui finalement n’enseigne rien de plus qu’on ne sait aujourd’hui, ne parle pas autrement qu’aujourd’hui. Où est le travail d’imagination ? Doit-on se résigner à la seule réflexion néo-philosophique post cataclysme du sage dans sa tour de Norvège : l’homme ne s’est pas sauvé parce qu’il ne méritait pas d’être sauvé? Si c’est ça l'enseignement d'un sage en 2055, c’est que comme le réchauffement climatique, la pensée se sera aggravée.

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19 novembre 2009
Cadeaux de Noël
Article publié dans Neoplanète numéro Nov/Déc 2009
Le mot d'Alice : Cadeaux
Noël approche, c’est le retour des angoisses récurrentes. « Comment cela va-t-il se passer avec la famille ? » Il suffit de penser à la phrase de Lacan « on a la famille que l’on mérite » pour filer directement la deuxième question « Vais-je trop manger ? », ici la simple décision de ne plus manger de viande rouge dès le premier janvier 2010 permet d’en venir à la question centrale : « Que vais-je faire des cadeaux que je n’aime pas ? » Avec la diminution des surfaces habitables, stocker un coussin-moutarde-brodé-de-mini-éléphants, un porte-savon-grenouille ou un mini-kit-à-tartiflette va en effet poser problème. On peut essayer l’option transformation du cadeau, l’intérieur du coussin rembourre un vieux fauteuil et les mini éléphants se transforment en collier, le porte-savon devient porte-clés, et le kit à tartiflette sert à une ratatouille, mais ce n’est pas toujours gagné.
Le développement durable offre une autre option : s’en séparer. Car si quelqu’un devait acheter ce cadeau, il faudrait à nouveau le produire et donc ponctionner des ressources, le transporter, l’emballer, …c’est tout l’avantage du « second hand », éviter de produire plus. Comment procéder ? Si l’on a besoin d’un autre objet au même moment, le troc est une très bonne solution. Ca fait deux objets de moins à produire. Le plus simple est de le faire en ligne. Le pull trop grand …contre un petit tabouret. Et en plus, on peut se faire des amis. Un nouveau site de troc très sympa entre particuliers, www.myrecyclestuff.com est utile. Il y a aussi la revente. En ligne, par exemple avec www.priceminister.com, chez qui la vente est gratuite et qui offre un bon standard de sécurité ou tout simplement en bas de chez soi, au prochain vide-greniers. Il y a enfin et surtout le don, dans un principe de solidarité, via Emmaüs, le Secours Populaire, Action sans Frontière…
Mais l’idéal est d’agir à la source du problème : A l’heure du « consommer mieux et moins », il est temps que cela concerne Noël où chaque Français achète en moyenne 11 cadeaux*. « Mieux », c’est en privilégiant des produits durables, en se tournant vers des fournisseurs responsables et certifiés, comme l’excellent site d’achat en ligne neomansland.fr. « Moins » c’est tout simplement en fixant des règles de nombre de cadeaux ou de nombre de contributeurs pour un même cadeau. Aller vers une sobriété heureuse et être plus solidaire dans un pays riche comme le nôtre, c’est profiter de Noël pour fêter la naissance d’une société plus durable.
*source : Deloitte
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06 novembre 2009
"Mieux qu'une psychothérapie"?
Voici la nouvelle publicité en affichage de la voiture "Mini". Le slogan est : "Mieux qu'une psychothérapie". Le plus fou n'est pas ce slogan mais l'absence de débat qu'il suscite (sauf sur unpsy.com, très drôle). Les psys devraient attaquer. Si la psy est moins efficace qu'une bagnole alors que ça coute aussi cher, pas cool ! :-) Cette pub non seulement insulte les psys, dévalorise le travail sur soi, nargue les personnes dans cette démarche, dissuade ceux en chemin vers cette démarche (c'est tellement plus simple d'acheter que de se poser des questions) mais surtout nous met une fois de plus sous le nez que le rapport aux choses vaut mieux que le rapport aux autres, l'objet mieux que le sujet, l'avoir mieux que l'être, le geste mieux que la parole ... Je dis : NON, une bagnole n'est pas mieux qu'une psychothérapie.
Si l'on veut vraiment faire de la psy de comptoir, que vaut la proposition "BE MINI", ça dit quoi? "sois petit, sois ne cherche pas à grandir, reste un gosse", c'est très cohérent avec l'autre slogan (la psy aidant à devenir adulte) et avec le titre du pamphlet du très érudit Eric Dussert aux éditions Anabet : L'âge pédophile du capitalisme (il y a aussi le plus connu Comment le capitalisme nous infantilise de B. Barber). Une bonne thérapie pour de-graver ce message publicitaire est la lecture du livre de François Flahaut Le crépuscule de Prométhée (voir note sur ce livre le 18 mars 2009).
On peut penser : où est le problème tant que c'est drôle? Je suis bien d'accord. Le problème c'est bien que ce slogan n'est pas drôle donc qu'il véhicule principalement un message au premier degré.

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24 octobre 2009
La FIAC 2009 vue sous l'angle de l'environnement
Il ne s'agit pas ici de juger si la FIAC trie ses déchets ou si les toiles sont sans dérivés petro-chimiques mais de s'attacher au propos des œuvres. Pour cet exercice, deux écueils sont inévitables, faute d’une connaissance minutieuse des œuvres, des galeries et des artistes (étant un amateur mais non un professionnel de l'art) : l'un, ne voir du « vert » qu’au travers de signes visibles, alors que celui-ci peut être plus large, caché, intégré dans la démarche de l’œuvre ou de la vie de l’artiste, et l'autre, se tromper sur l’œuvre dès lors qu’elle affiche justement des symboles rattachés à l’environnement (mais une photo de milliers de canettes ne veut pas forcement dire : thème du déchet).
Voici donc un exercice périlleux, en lien à des questions à l'origine de la création de l'association COAL (www.projetcoal.fr) : quelle place les enjeux environnementaux (réchauffement climatique, chute de la biodiversité, pollution mers et des océans...) liés à nos modes de vie et de consommation ont-ils dans la création actuelle ? Les rapports de l’homme à la nature exprimés dans l'art en sont-ils influencés ? L’art contemporain participe-t-il plutôt au déni ou à la prise de conscience ? Un mouvement artistique naîtra-t-il de l'impact grandissant des enjeux climatiques ou bien chimiques sur nos sociétés ? Jusqu'à quel point l'art contemporain, en prise directe avec l'économie neo-libérale le poussant à devenir chaque jour davantage un signe extérieur de richesse et un moyen de spéculation, peut-il s'en dégager pour créer un espace critique réellement autonome ?
Un lien intime avec le Pôle Nord
Difficile de rater dès l'entrée du Grand Palais le mur entier de la Galerie d'Emmanuel Perrotin consacré à l'œuvre "Pôle Nord" de Sophie Calle. Passagère de Cape Farewell, une expédition en bateau unique au monde destinée à faire constater à des artistes de renom le réchauffement climatique "in situ", Sophie Calle a pris le large vers le Pôle Nord pour une toute autre raison : la passion de sa défunte mère pour l'Arctique. Sophie Calle est rentrée tout aussi étrangère à la question du réchauffement climatique qu'elle n'est partie, mais satisfaite d'avoir réalisé un rituel, l'enterrement d'une photo, d'un collier et d'une bague de sa mère dans la glace. Les interrogations de Sophie sont gravées blanc sur blanc sur son œuvre : savoir si "les changements climatiques" (Sophie ne sait pas que cette expression s'emploie au singulier même après trois semaines de sensibilisation ) emmèneront les vestiges de sa mère "vers la mer, pour faire la route du pôle?" ou encore si la trouvaille lointaine des bijoux conduira les archéologues du futur à les attribuer au Inuits.
En restant hermétique au projet collectif du moyen de transport utilisé pour ses fins personnelles, Sophie confirme ses deux vérités: l'obsession ne s'écarte jamais de son chemin et l'intimité est le seul chemin vers la sensibilité.
Photo : Deux photographies faisant partie de "Pôle Nord". Il s'agit des photos prises du hublot, avec les bijoux de la mère de Sophie Calle posés sur le rebord du hublot. L'oeuvre, en 5 exemplaires, est de 75000 euros.
Bestiaire
Les oeuvres sur les animaux témoignent avec intelligence de l’étendue des rapports actuels de l’homme à la nature, de l’exploitation au soin. Le photographe flamand Geert Goiris présente à la galerie parisienne Art:concept la vue d'un territoire parfaitement aménagé d'un zoo laissant entrevoir un lion au second plan. G. Goiris interroge « la vie sauvage comme idée culturelle », et démontre ici à quel point cette idée culturelle est éloignée des animaux eux-mêmes. Dans son travail, G.Goiris joue du contraste entre des éléments naturels extrêmes (la neige abondante, le grand gel, le grand froid) et les réalisations techniques humaines extrêmes, ainsi se met-il en scène comme explorateur ultra équipé en plein milieu de l’Antarctique. Pilar Albarracin, artiste andalou, a placé Tartera, un taureau de corrida emplaillé, en plein milieu de la galerie GP&N Vallois (photo). Le taureau a le genou à terre, signe de sa soumission lors d'un combat, mais garde les cornes en l'air, signe de son insubordination innnée. Ici encore, c'est le résultat d’un combat, où la nature qui a cédé à l'homme contre son gré. La finoise Pertti Kekarainens ritualise la mort des animaux tués sur les routes. Elle les moule et en fait des statues de bronze, avant de les incinérer. Enfin, le jeune suisse Jeremie Gindre amateur de randonnées en nature offre une œuvre « Présence des oiseaux » qui révèle par le moyen utilisé (des planches) le pourquoi de leur disparition : la déforestation
Rien dans la poubelle
Les artistes russes sont déroutants, ils sont très pamphlétaires sur la politique mais lorsque l’on arrive à la consommation, ils deviennent joueurs. Ainsi l'œuvre "Container " de l'artiste "Recycle" (en fait l'union de deux artistes Blokhin & Kuznetsov) sorte de poubelle yogi ou de SDF fondu avec l'un de ses moyens de subsistance (photo), n'est pas l'œuvre de deux écolos accros de recyclage, mais deux jeunes de 25 ans aimant jouer avec les codes de la société actuelle.
La nature à son apogée
La hollandaise Ellen Kooi, star de cette FIAC 2009, offre le trio gagnant : une nature intacte ( par exemple une forêt ancienne) + une mise en scène sophistiquée + une légère artificialisation des couleurs. Le résultat impeccable s’appuie sur un réel attachement à la terre, une solide expérience du théâtre et une touche magique de la photographie.
Ellen Kooi
Broselle - rode jurk, 2007
Icônes consommables
Quelques perles ironiques sur la société de consommation. Martin Kippenberger présente "Gescheutzen palmen im langweiligen frankfurt", un jeu d’autocollants « I love… » aussi stupides les uns que les autres : j’aime le collagène, j’aime Gala... (détail, photo de gauche) Mathieu Mercier présente trois sculptures réalisées avec des boites de produits de consommation, dont le dentifrice Signal Intégral, au logo révélateur à la
galerie Triple V. Le plus drôle revient à Alexandre Perigot, avec « Blondasse » (détail, photo de droite), une série de photos de grandes meules de foin recoiffées à la Sharon Stone et Britney Spears, accompagnées d’un documentaire de J.-Y. Jouannais en français prononcé avec un fort accent américain. A. Perigot vient de terminer la série « Fighting asshole », un guide de combat contre des cyclones (le « trou du cul » étant l’œil du cyclone, le cyclone devenant un ennemi du fait de l’amplification de sa vigueur due au réchauffement climatique). Le non accès à la consommation est lui mis en valeur par Adi Nes à la Sommer Contemporary Art de Tel Aviv, avec une très belle photographie de deux glaneuses après un marché.
La place de l’artiste…dans le marché
Philippe Terrier-Hermann présente à la galerie la Blanchisserie une carte de géographie « The world of contemporary artist » réalisée en 2009 qui comptabilise le nombre d’artistes exposés par pays et permet de constater que ce nombre d’artistes est proportionnel au PIB. Le même artiste y présente également « « Top 10 » (photo), la transposition des logos des marques commerciales les plus connues aux noms d’artistes les plus côtés...la suite parfaite de l’oeuvre « L’Audit », de Martin Le Chevallier présentée l’année dernière axée sur le « SWOT » (méthode marketing visant à optimiser la réussite sur le marché) de son travail. Au final l’artiste tend à ressembler à celui qui l’achète : le consommateur, l'actionnaire ou le citoyen ?
Pas de CO2 à l'horizon
Force est de constater que le réchauffement climatique, même à un mois et demi du sommet de Copenhague, n’est pas encore entré à la FIAC. Et d’autres thématiques sociétales pourtant présentes en 2008 semblent avoir reculé, comme les conditions de travail dans les fabriques des pays en développement, la critique de la finance, etc. Les sujets pas glamour du tout comme la guerre (à la Chelooche Gallery de Tel Aviv), la religion (l’infatigable et irremplaçable Mounir Fatmi à la galerie Hussenot), le handicap (la toile d’Axel Pahlavi cachée le long d’un mur à la galerie Eva Hober) la Françafrique (une oeuvre forte de Sergej Jensen), le passé nazi (sculpture choc de Jonathan Meese), la bombe atomique (Study for Priscilla de Robert Longo sur le mur d'en face de la bien plus hype éjaculation faciale de « Cumshot in Blue » des artistes branchés Ida Tursic & Wilfried Mille, qui s'y reflète comme pour dire "je ne suis pas sure que ce champignon soit super cool " - voir photo ci-dessous), sont rares et restent, comme les autres "problèmes de société" sociaux et environnementaux, à une place discrète en comparaison à leur réalité sociale.
Une galeriste porteuse d'avenir
La Galerie Aline Vidal convie à l’optimisme, le parti pris artistique et la conscience environnementale s’y côtoient de façon joyeuse et pertinente. Avec les Holy Days d' Herman de Vries en passant par la sorte de billard alpin (sans titre) de Stéphane Thidet, les photos de Lucien Pelen ou encore les œuvres poétiques d' Olivier Leroi, la FIAC a pourtant les moyens de montrer que l’environnement peut être un sujet passionnant, positif, non anxiogène, désirable…difficile à croire à l’heure où les médias pilonnent les cerveaux d'annonces d’apocalypse…mais le rôle de l’art n’est-il pas de prendre le pouvoir et de détourner les chemins ?
Alice in Warmingland
18:09 Publié dans Art et environnement | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : projet coal, environnement, développement durable, fiac, appel à projets coal
11 octobre 2009
Art, culture et développement durable
Le développement durable souffre d'être perçu ou bien comme trop consensuel, ce qui lui donne une image de fourre-tout, ou bien comme une idée "écolo", ce qui le handicape via la crainte de l'oxymore, du dogmatisme ou de l'esthétique baba cool.
Cette image caricaturale n'est pas si éloignée de la vérité. Le développement durable manque souvent d'ouverture, de hauteur, d'humour, de culture. Certains en viennent à penser que d'autres concepts mieux "assis" intellectuellement, comme par exemple la décroissance, le dépasseront.
Ce dont souffre dans le fond le développement durable, c'est de son manque de relation, c'est de ne pas se nourrir, s'inspirer, dialoguer assez avec les sources intellectuelles et culturelles qui pourtant parlent son langage.
Avec l'association COAL, nous contribuons à ce long, passionnant et nécessaire chantier consistant à créer des liens et des ramifications pour que ce concept de développement durable, si jeune et déjà si politique, voyage, s'enrichisse, et devienne véritablement intéressant et inspirant. COAL oeuvre spécifiquement à créer un lien entre les arts plastiques et le développement durable, par des expositions, un appel à projet, des évenements, etc. COAL amorce également un projet de "mediatèque du développement durable" qui offre des références culturelles en lien avec la thématique, et propose sur son site Internet un lieu de connivence, d'affinité, afin de favoriser les échanges.
Voir www.projetcoal.fr
18:14 Publié dans Art et environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : coal
24 septembre 2009
Revue de presse sur Ecolocash
Revue de presse et principales informations sur mon livre Ecolocash :
-les meilleurs articles (Libé, le Monde, Le canard Enchaîné...)
-les infos sur le film tiré d'Ecolocash : équipe, date de sortie prévue...
-l'auteur
-l'éditeur
12:15 Publié dans Roman E C O L O C A S H | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ecolocash
Agenda / Medias Septembre Octobre
15 octobre
Media Insitute, Paris
Intervention « Communication et développement durable »
octobre
Magazine Interdépendances, le magazine trimestriel du Groupe SOS
Invitée du dosser "Demain l'entreprise responsable"
Voir le dossier : ID75-dossier[1].pdf
29 septembre
Trophées de la Com Midi-Pyrenees, Toulouse
Membre du Jury
22 septembre
Tokyo Art Club, Paris
En partenariat avec 1.618 et Parnasse, Coal présente une soirée Art et développement durable.
Intervention avec Lauranne Germond (COAL), Philippe Terrier Hermann, Camille Goujon, Marie Denis (artistes)
www.projetcoal.fr / voir actus COAL
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