24 octobre 2009
La FIAC 2009 vue sous l'angle de l'environnement
Il ne s'agit pas ici de juger si la FIAC trie ses déchets ou si les toiles sont sans dérivés petro-chimiques mais de s'attacher au propos des œuvres. Pour cet exercice, deux écueils sont inévitables, faute d’une connaissance minutieuse des œuvres, des galeries et des artistes (étant un amateur mais non un professionnel de l'art) : l'un, ne voir du « vert » qu’au travers de signes visibles, alors que celui-ci peut être plus large, caché, intégré dans la démarche de l’œuvre ou de la vie de l’artiste, et l'autre, se tromper sur l’œuvre dès lors qu’elle affiche justement des symboles rattachés à l’environnement (mais une photo de milliers de canettes ne veut pas forcement dire : thème du déchet).
Voici donc un exercice périlleux, en lien à des questions à l'origine de la création de l'association COAL (www.projetcoal.fr) : quelle place les enjeux environnementaux (réchauffement climatique, chute de la biodiversité, pollution mers et des océans...) liés à nos modes de vie et de consommation ont-ils dans la création actuelle ? Les rapports de l’homme à la nature exprimés dans l'art en sont-ils influencés ? L’art contemporain participe-t-il plutôt au déni ou à la prise de conscience ? Un mouvement artistique naîtra-t-il de l'impact grandissant des enjeux climatiques ou bien chimiques sur nos sociétés ? Jusqu'à quel point l'art contemporain, en prise directe avec l'économie neo-libérale le poussant à devenir chaque jour davantage un signe extérieur de richesse et un moyen de spéculation, peut-il s'en dégager pour créer un espace critique réellement autonome ?
Un lien intime avec le Pôle Nord
Difficile de rater dès l'entrée du Grand Palais le mur entier de la Galerie d'Emmanuel Perrotin consacré à l'œuvre "Pôle Nord" de Sophie Calle. Passagère de Cape Farewell, une expédition en bateau unique au monde destinée à faire constater à des artistes de renom le réchauffement climatique "in situ", Sophie Calle a pris le large vers le Pôle Nord pour une toute autre raison : la passion de sa défunte mère pour l'Arctique. Sophie Calle est rentrée tout aussi étrangère à la question du réchauffement climatique qu'elle n'est partie, mais satisfaite d'avoir réalisé un rituel, l'enterrement d'une photo, d'un collier et d'une bague de sa mère dans la glace. Les interrogations de Sophie sont gravées blanc sur blanc sur son œuvre : savoir si "les changements climatiques" (Sophie ne sait pas que cette expression s'emploie au singulier même après trois semaines de sensibilisation ) emmèneront les vestiges de sa mère "vers la mer, pour faire la route du pôle?" ou encore si la trouvaille lointaine des bijoux conduira les archéologues du futur à les attribuer au Inuits.
En restant hermétique au projet collectif du moyen de transport utilisé pour ses fins personnelles, Sophie confirme ses deux vérités: l'obsession ne s'écarte jamais de son chemin et l'intimité est le seul chemin vers la sensibilité.
Photo : Deux photographies faisant partie de "Pôle Nord". Il s'agit des photos prises du hublot, avec les bijoux de la mère de Sophie Calle posés sur le rebord du hublot. L'oeuvre, en 5 exemplaires, est de 75000 euros.
Bestiaire
Les oeuvres sur les animaux témoignent avec intelligence de l’étendue des rapports actuels de l’homme à la nature, de l’exploitation au soin. Le photographe flamand Geert Goiris présente à la galerie parisienne Art:concept la vue d'un territoire parfaitement aménagé d'un zoo laissant entrevoir un lion au second plan. G. Goiris interroge « la vie sauvage comme idée culturelle », et démontre ici à quel point cette idée culturelle est éloignée des animaux eux-mêmes. Dans son travail, G.Goiris joue du contraste entre des éléments naturels extrêmes (la neige abondante, le grand gel, le grand froid) et les réalisations techniques humaines extrêmes, ainsi se met-il en scène comme explorateur ultra équipé en plein milieu de l’Antarctique. Pilar Albarracin, artiste andalou, a placé Tartera, un taureau de corrida emplaillé, en plein milieu de la galerie GP&N Vallois (photo). Le taureau a le genou à terre, signe de sa soumission lors d'un combat, mais garde les cornes en l'air, signe de son insubordination innnée. Ici encore, c'est le résultat d’un combat, où la nature qui a cédé à l'homme contre son gré. La finoise Pertti Kekarainens ritualise la mort des animaux tués sur les routes. Elle les moule et en fait des statues de bronze, avant de les incinérer. Enfin, le jeune suisse Jeremie Gindre amateur de randonnées en nature offre une œuvre « Présence des oiseaux » qui révèle par le moyen utilisé (des planches) le pourquoi de leur disparition : la déforestation
Rien dans la poubelle
Les artistes russes sont déroutants, ils sont très pamphlétaires sur la politique mais lorsque l’on arrive à la consommation, ils deviennent joueurs. Ainsi l'œuvre "Container " de l'artiste "Recycle" (en fait l'union de deux artistes Blokhin & Kuznetsov) sorte de poubelle yogi ou de SDF fondu avec l'un de ses moyens de subsistance (photo), n'est pas l'œuvre de deux écolos accros de recyclage, mais deux jeunes de 25 ans aimant jouer avec les codes de la société actuelle.
La nature à son apogée
La hollandaise Ellen Kooi, star de cette FIAC 2009, offre le trio gagnant : une nature intacte ( par exemple une forêt ancienne) + une mise en scène sophistiquée + une légère artificialisation des couleurs. Le résultat impeccable s’appuie sur un réel attachement à la terre, une solide expérience du théâtre et une touche magique de la photographie.
Ellen Kooi
Broselle - rode jurk, 2007
Icônes consommables
Quelques perles ironiques sur la société de consommation. Martin Kippenberger présente "Gescheutzen palmen im langweiligen frankfurt", un jeu d’autocollants « I love… » aussi stupides les uns que les autres : j’aime le collagène, j’aime Gala... (détail, photo de gauche) Mathieu Mercier présente trois sculptures réalisées avec des boites de produits de consommation, dont le dentifrice Signal Intégral, au logo révélateur à la
galerie Triple V. Le plus drôle revient à Alexandre Perigot, avec « Blondasse » (détail, photo de droite), une série de photos de grandes meules de foin recoiffées à la Sharon Stone et Britney Spears, accompagnées d’un documentaire de J.-Y. Jouannais en français prononcé avec un fort accent américain. A. Perigot vient de terminer la série « Fighting asshole », un guide de combat contre des cyclones (le « trou du cul » étant l’œil du cyclone, le cyclone devenant un ennemi du fait de l’amplification de sa vigueur due au réchauffement climatique). Le non accès à la consommation est lui mis en valeur par Adi Nes à la Sommer Contemporary Art de Tel Aviv, avec une très belle photographie de deux glaneuses après un marché.
La place de l’artiste…dans le marché
Philippe Terrier-Hermann présente à la galerie la Blanchisserie une carte de géographie « The world of contemporary artist » réalisée en 2009 qui comptabilise le nombre d’artistes exposés par pays et permet de constater que ce nombre d’artistes est proportionnel au PIB. Le même artiste y présente également « « Top 10 » (photo), la transposition des logos des marques commerciales les plus connues aux noms d’artistes les plus côtés...la suite parfaite de l’oeuvre « L’Audit », de Martin Le Chevallier présentée l’année dernière axée sur le « SWOT » (méthode marketing visant à optimiser la réussite sur le marché) de son travail. Au final l’artiste tend à ressembler à celui qui l’achète : le consommateur, l'actionnaire ou le citoyen ?
Pas de CO2 à l'horizon
Force est de constater que le réchauffement climatique, même à un mois et demi du sommet de Copenhague, n’est pas encore entré à la FIAC. Et d’autres thématiques sociétales pourtant présentes en 2008 semblent avoir reculé, comme les conditions de travail dans les fabriques des pays en développement, la critique de la finance, etc. Les sujets pas glamour du tout comme la guerre (à la Chelooche Gallery de Tel Aviv), la religion (l’infatigable et irremplaçable Mounir Fatmi à la galerie Hussenot), le handicap (la toile d’Axel Pahlavi cachée le long d’un mur à la galerie Eva Hober) la Françafrique (une oeuvre forte de Sergej Jensen), le passé nazi (sculpture choc de Jonathan Meese), la bombe atomique (Study for Priscilla de Robert Longo sur le mur d'en face de la bien plus hype éjaculation faciale de « Cumshot in Blue » des artistes branchés Ida Tursic & Wilfried Mille, qui s'y reflète comme pour dire "je ne suis pas sure que ce champignon soit super cool " - voir photo ci-dessous), sont rares et restent, comme les autres "problèmes de société" sociaux et environnementaux, à une place discrète en comparaison à leur réalité sociale.
Une galeriste porteuse d'avenir
La Galerie Aline Vidal convie à l’optimisme, le parti pris artistique et la conscience environnementale s’y côtoient de façon joyeuse et pertinente. Avec les Holy Days d' Herman de Vries en passant par la sorte de billard alpin (sans titre) de Stéphane Thidet, les photos de Lucien Pelen ou encore les œuvres poétiques d' Olivier Leroi, la FIAC a pourtant les moyens de montrer que l’environnement peut être un sujet passionnant, positif, non anxiogène, désirable…difficile à croire à l’heure où les médias pilonnent les cerveaux d'annonces d’apocalypse…mais le rôle de l’art n’est-il pas de prendre le pouvoir et de détourner les chemins ?
Alice in Warmingland
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11 octobre 2009
Art, culture et développement durable
Le développement durable souffre d'être perçu ou bien comme trop consensuel, ce qui lui donne une image de fourre-tout, ou bien comme une idée "écolo", ce qui le handicape via la crainte de l'oxymore, du dogmatisme ou de l'esthétique baba cool.
Cette image caricaturale n'est pas si éloignée de la vérité. Le développement durable manque souvent d'ouverture, de hauteur, d'humour, de culture. Certains en viennent à penser que d'autres concepts mieux "assis" intellectuellement, comme par exemple la décroissance, le dépasseront.
Ce dont souffre dans le fond le développement durable, c'est de son manque de relation, c'est de ne pas se nourrir, s'inspirer, dialoguer assez avec les sources intellectuelles et culturelles qui pourtant parlent son langage.
Avec l'association COAL, nous contribuons à ce long, passionnant et nécessaire chantier consistant à créer des liens et des ramifications pour que ce concept de développement durable, si jeune et déjà si politique, voyage, s'enrichisse, et devienne véritablement intéressant et inspirant. COAL oeuvre spécifiquement à créer un lien entre les arts plastiques et le développement durable, par des expositions, un appel à projet, des évenements, etc. COAL amorce également un projet de "mediatèque du développement durable" qui offre des références culturelles en lien avec la thématique, et propose sur son site Internet un lieu de connivence, d'affinité, afin de favoriser les échanges.
Voir www.projetcoal.fr
18:14 Publié dans ART & DD, COAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : coal
24 septembre 2009
Agenda / Medias Septembre Octobre
15 octobre, Media Insitute, Paris
Intervention « Communication et développement durable »
octobre, Magazine Interdépendances, le magazine trimestriel du Groupe SOS
Invitée du dosser "Demain l'entreprise responsable"
Voir le dossier : ID75-dossier[1].pdf
29 septembre, Trophées de la Com Midi-Pyrenees, Toulouse
Membre du Jury
25 septembre, parution du N°10 de Néoplanète
Rédactrice
"Le mot d'Alice" : Vacances
Il s'agit d'un sktech humoristique...
telecharger l'article : vacances.doc
Portrait : Erwan Le Louer, fondateur de J-E-L
telecharger l'article : erwanlelouer.doc
22 septembre, Tokyo Art Club, Paris
En partenariat avec 1.618 et Parnasse, Coal présente une soirée Art et développement durable.
Intervention avec Lauranne Germond (COAL), Philippe Terrier Hermann, Camille Goujon, Marie Denis (artistes)
00:01 Publié dans Agenda, presse... | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
16 septembre 2009
Erwan Le Louer, le luxe responsable
Article publié dans Néoplanète numéro 10 Septembre/octobre 2009

Erwan Le Louer compte parmi les jeunes éco-entrepreneurs à suivre. Son originalité ? Introduire l’éthique et le développement durable dans un secteur jusqu’ici peu engagé sur ces problématiques : le bijou en or. Avec un père chef d’entreprise et une mère danseuse à l’Opéra de Paris, Erwan a toujours côtoyé l’univers du luxe et s’est lancé un défi : rendre les bijoux éthiques. C’était il a deux ans, il avait…23 ans ! Il consacre alors deux années, dont une parallèle de son année de master de l’ESDI (Ecole supérieur de design industriel) à la recherche des meilleurs partenaires. Sa famille et ses amis sont ses premiers « business angels ». JEL (« Jewellery Ethical Luxury) est créée en septembre 2008. Aussi à l’aise avec la clientèle haut de gamme que sur le terrain, avec des ONG en Amazonie, Erwan met au point une fabrication de bijoux exemplaire, fondée sur une chaîne de traçabilité transparente, garantie sans cyanure ni mercure. Mais c’est surtout en matière de service que JEL innove : elle est en effet la première à proposer du recyclage de bijoux. Réduire, réutiliser, recycler, les « 3R » sont enfin entrés dans le monde de la parure. www.j-e-l.fr
Télécharger le numéro : www.neo-planete.com
16:54 Publié dans Articles (hors 2050) | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jel, jewellery ethical luxury
15 septembre 2009
Sketch : Vacances
Publié dans le magazine Néoplanète, numéro septembre-octobre 2009.
Le mot d’Alice : Vacances
Quand on rentre de vacances, on en parle ! Voici Antoine et Hélène qui se retrouvent au mois de septembre à la cafeteria.
Hélène – Salut Antoine, c’était bien les vacances ?
Antoine – Génial ! Avec un pote on est partis en covoiturage dans le Gers dans un gîte à énergie positive, on a visité la région à vélo en couch surfing* puis on a aidé dans une ferme bio. Des vacances très wwoof.
Hélène - C’est ouf !
Antoine - Pas ouf, WWOOF! Willing Workers in Organic Farms ! Travailleurs volontaires dans les fermes Bio !
Hélène – Tant que tu ne devais pas manger les tomates pourries de ton potager… Moi je suis partie à Cap Town une semaine, puis à Hawaï où on a fait un super un raid en jet ski avec Charlie et 18 potes, puis j’ai rejoint Svetlana sur son méga Yacht pour un délire en Sardaigne, et Andrew m’a ramenée en jet privé, trop classe non?
Antoine - C’est pas CO2Free !
Hélène - Hé! Je suis déjà SugarFree, FatFree, AlcoholFree, CaloriesFree….. !! C’est quoi CO2Free ? J'en ai marre des régimes !
Antoine - Le CO2Free, c’est une action sans CO2, donc sans effet sur le réchauffement climatique ! Tes vacances bling-bling coûtent dix tonnes de CO2 à la planète !
Hélène – Et toi tu as émis combien de CO2 pendant tes vacances?
Antoine - Six kilos.
Hélène - C’est sûr, ça fait une différence… Ben, le gouvernement n’avait qu’à faire une campagne de prévention, ce n’est pas de ma faute si je ne suis pas informée !
Antoine – Ce n’est pas de l’information qu’il te faut, mais du bon sens! La mer n’est pas une autoroute où on fait de la moto, ce qu’on y fait c’est nager ! Et la France a deux tiers de côtes maritimes, accessibles en train !
Hélène - Mais dix tonnes ce n’est rien….
Antoine – La moitié des émissions de CO2 est faite par les particuliers ! Nous sommes tous dans le même bateau et il va bientôt couler ! Tu balances les canots de sauvetage à la mer avec ce que tu fais ! Tes vacances plombent tout le bénéfice environnemental des miennes !
Hélène -Tu es le premier à ne pas être fasciné par mes vacances !
Antoine – Et toi tu es bien la énième à ne pas être fascinée par mes vacances…
Hélène – Désolée… euh…comment pourrais-je compenser le CO2 que j’ai gâché?
Antoine – Ben ... je peux coach surfer chez toi ce soir ?
( couch surfing* : « prêt de canapé » www.couchsurfing.org
eco-calculateur de transports : www2.ademe.fr/eco-deplacements/)
14:50 Publié dans Articles (hors 2050) | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
03 septembre 2009
Quand Terra Eco veut que je dise autre chose que ce que j'ai dit
Terra Eco m'a interviewée en juillet pour son numéro consacré à la télévision et au développement durable paru ce mois de septembre, nous avons évoqué de nombreux sujets dont la chaîne Ushuaïa. Mon commentaire sur la chaîne de télévision Ushuaïa fut le suivant : "ayant son historique sur le thème de la nature, elle ne couvre pas toute la modernité du sujet". Voici le résultat publié, dans un paragraphe consacré à l’émission Ushuaïa de Nicolas Hulot à laquelle je n'ai jamais fait référence : « Ushuaïa est complètement hors sujet sur le développement durable, dénonce Alice Audouin, directrice du développement durable chez Havas Media et auteur d' Ecolocash, un roman au vitriol sur la prise de tête verte. En se consacrant uniquement à la vie des animaux, Nicolas Hulot rate toute la modernité du sujet. » Plus loin dans l'article, dans une autre citation, voilà que je dis "Ras-le-bol de voir l'environnement cantonné aux documentaires, s'énerve Alice Audouin, consultante. Où passe l'argent des chaînes ? Dans la fiction! Le développemet durable doit aussi passer par le diverstissement." Heureusement, procédant systématiquement à une validation de mes citations, en particulier avec Terra Eco, j'ai la trace du mail du 8 juillet de confirmation de mes citations avant publication envoyé par le magazine, il n'y en a qu'une seule et la voici : « Comment est investi l'argent des chaînes ? s'interroge Alice Audouin, auteur d' « Ecolocash », un roman caustique sur le développement durable en entreprise. Dans la fiction et c’est tant mieux ! Car c’est ici aussi que l’on devrait trouver le développement durable et pas seulement dans les documentaires. »
Je ne tire de cet exemple aucune généralité, sauf concernant les qualités professionnelles de la journaliste Louise Allavoine. Terra Eco est un magazine utile, auquel je suis abonnée, et que je continuerai de soutenir. Un rectificatif est en route, preuve de la déontologie du magazine. La seule chose que je vois, car ce n'est pas une expérience isolée, c'est que la presse en général souhaite écrire et donner à lire à ses lecteurs des reductions, conflits, jugements, emportements, avis sans nuance...qu'elle appelle débat voire même démocratie. Les personnes qui sont pour le débat sont souvent utilisées et leurs propos radicalement déformés pour le clore, au lieu de le lancer, c'est dommage.
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30 juillet 2009
Brunö : enfin !
Altermondialistes, écologistes et intellectuels devraient sauter à pieds joints, Brunö offre enfin une mise en image efficace de leurs critiques sur la société : Karl Lagerfeld érigé en Dieu, absence abyssale de culture, sexualité spectacle, vacuité de la mode, individualité fondée sur l’apparence, la médiatisation comme seule finalité des expériences, le mimétisme comme source d’aspiration individuelle, débilité du mannequinat, philanthropie dominée par le narcissisme, marques érigées en prénoms, corrélation entre la nullité d’une personne et son besoin de notoriété, argent roi, rôle moteur des médias dans l’accès à la notoriété par le scandale, etc.
Brunö est une satire sociale d’un genre résolument nouveau qui acte la désuétude des documentaires sur la société de consommation et la destruction de la planète que nous avons coutume de voir à l’écran. Les stars des documentaires visant la prise de conscience, de Michael Moore en passant par Yann Arthus Bertrand, Al Gore ou Leonardo Di Caprio…tous se retrouvent ridés et non botoxables, la faute à Brunö.
Ce film est une bouffée d'oxygène pour tous ceux qui ne croient pas ou en ont assez de la forme moraliste, anxiogène ou scolaire des constats sur les dérives de la société.
Des deux postures les plus efficaces, la neutralité le plus aboutie possible comme celle du magistral Jia Zhang-Ke ou l'angle de la partie prenante la plus révélatrice du sujet, Brunô a choisit la seconde et a eu le courage de se placer au cœur du dispositif : dans les dérives psychiques prescriptrices de la société.
Sur le plan cinématographique, Brunö est à la comédie ce que le livre d’Annie Le Brun Du trop de réalité est à l’essai : une idée par séquence / chapitre et non par film / livre. Les scènes d’anthologie s’enfilent comme des perles : le refrain « nous sommes tous des taïwanais », l’arrivée de l’enfant adopté dans sur le tapis des bagages, la rencontre spirituelle avec Milli Vanelli, etc.
Comme l’a si justement souligné Philippe Azoury dans le numéro de Libération du 22 juillet 2009, « sans doute que depuis Guy Debord personne n’avait administré une telle charge au spectacle ». Fort heureusement, dans cet horizon qui n’est rien d’autre qu’une dimension croissante du fonctionnement de la société actuelle, l’amour n’est pas totalement mort (le héros en prend conscience que lorsqu’il le perd et qu’il subit sa haine), ni la famille (cf. émission avec l’enfant adopté) ni encore la culture (cf. l’échec du projet porno-débilo-megalo-has been du héros).
Sacha Baron Cohen, Santiago Sierra, même combat
Le grand artiste espagnol Santiago Sierra dénonce l’exploitation des pauvres en les exploitant lui-même de façon ponctuelle. Rémunérés pour réaliser un travail temporaire inutile, absurde ou humiliant, les personnes précaires, souvent immigrées, sont par exemple utilisées comme tréteaux de tables pour un dîner, placées dans des bancs lors d’expositions, ou encore teintes en bond platine lors du vernissage de la biennale de Venise en 2001. Brunö va encore plus loin : des mexicains servent de chaise et table dans le cadre d’une interview people de Paula Abdul sur la philanthropie. Brunö poursuit avec l’organisation d’un casting pour une séance de photos artistiques avec son nouvel enfant adopté (on pense à Bettina Rheims, Terry Richardson, Patrick Demarchelier…). Les parents pauvres des jeunes enfants du casting acceptent tout, que l’enfant perdre 5 kilos en une semaine, qu’il soit déguisé en nazi, etc. pourvu qu’il soit sélectionné.
Par ailleurs les machines sexuelles et l’univers visuel de Brunö n’est pas sans rappeler l’artiste Paul McCarthy. Sacha Baron Cohen est un artiste encore mal discerné par la critique.
« J’adopte un petit africain »
Appliquant à la lettre toutes les recettes pour atteindre la célébrité, Brunö prend rendez-vous avec un cabinet de conseil spécialisé sur la notoriété des stars via leur engagement dans une cause. Brunö écarte leur premier conseil, le réchauffement climatique (global warming), présenté comme le plus porteur d’écho médiatique et le plus recherché. Ayant échoué à faire la paix au proche Orient malgré le consensus obtenu sur le Houmous et malheureusement pas le Hamas, Brunö fait un détour par l’Afrique d’où il ramène un enfant acheté contre un Ipod. En le sortant d’un carton à l’aéroport, il clame fièrement « Angelina's got one, Madonna's got one, now Bruno's got one". Cette scène phare du film est à mettre en perspective avec plusieurs réalités : 1° la médiatisation des adoptions d’enfants africains par les people est non seulement très importante mais supérieure à celle des adoptions d’enfants de couleur blanche (Sharon Stone a eu moins de presse que Madonna ou Angelina Jolie) ; 2° l’aide au développement n’a jamais été aussi faible que depuis que les stars s’en occupent ; 3° l’intervention d’une star multimillionnaire auprès d’un seul enfant est à évaluer au regard du nombre d’enfants orphelins dans le pays concerné et des moyens financiers dont la star dispose qui pourraient infléchir la vie non pas d’un seul enfant mais de centaines de milliers ; 4° le temps donné par la mère dont a besoin un enfant est important et une denrée rare chez une star ; 5° dans des sociétés holistiques, l’aide idéale consiste à aider la communauté la plus proche de l’enfant à le prendre en charge ; 6° plusieurs associations dénoncent le risque psychologique spécifique lié aux problèmes d'identification d’un enfant à peau noire à ses parents adoptifs à peau blanche. Autant d’éléments qui justifient la violence de la dénonciation du film. Le réel n’en fait pas moins, citons Gala.fr du 22 juin 2009 : « Madonna est aux anges! Son petit bout de chou Mercy James vient d’arriver en provenance du Malawi. C'est une nouvelle vie de princesse qui commence pour Mercy. (…) La petite sœur de Lourdes, Rocco et David Banda a quitté le Malawi vendredi soir, pour rejoindre Londres à bord d’un jet privé. (…) Dans sa somptueuse villa new-yorkaise, une vraie chambre de princesse attend l'ex-gamine déshéritée devenue une enfant star. (…) Et puis, Mercy James deviendra à coup sûr la cible favorite des paparazzi. Ainsi, elle n'aura pas à se constituer d'albums photos de sa jeunesse. Les photographes s'en chargeront pour elle. »
Où sont les altermondialistes?
La recherche sur Google « altermondialisme + Brunö » ne donne aucune réponse. Cela en dit long sur la capacité d’un mouvement critique à savoir localiser ses alliés.
L’absence de soutien, d’enthousiasme et de soutien du film Brunö de la part des milieux engagés, des critiques de la consommation, des militants pros sommet de Copenhague, des décroissants en lutte une société durable, etc. en dit également long sur leur ouverture culturelle et leur capacité à innover dans leurs formes d'expression.
Dans le film Home, Yann Arthus Bertrand interpelle son égal « le sapiens sapiens » pour lui montrer l’état déplorable de la planète. Puis, il en vient à lui parler de « ce qu’il peut faire », et là le mot-solution apparait, le même que dans La 11 heure ou encore Une vérité qui dérange : la consommation. Voici la consigne donnée en quelques secondes à la fin de nos chers documentaires dédiés à la destruction de la planète : il est possible de changer les choses en changeant notre consommation. Puis rideau. Avec Brunö, la consommation est le début et non la fin. Les dérives, les référents et les influences de la consommation sont creusés comme un sillon pour aboutir au constat d’une faille tectonique. Brunö a compris que la vérité la plus sidérante est à traquer dans les rebonds et nourritures de notre vie psychique et non le bilan d’un médecin légiste sur l’état de la planète. Brunö a compris que la meilleure place d’un investigateur est d’être acteur de ce qu’il dénonce et non juge.
Brunö ouvre la voie pour un dialogue critique avec le grand public et réussit par là un travail pédagogique sans précédent, car la prise de conscience passe forcement par un miroir et Brunö a la force rare d’incarner la laideur.
A lire : « Tout sauf anonyme » de David Reguer, éditions Anabet, ce dirigeant d’une entreprise spécialisée dans la réputation des personnalités et des marques donne, sous la forme d’un roman, l’ensemble des astuces et des tactiques, notamment via le web, pour sortir de l’ombre….
Brunö et son enfant adoptif
Madonna et son enfant adoptif
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23 juillet 2009
Au-delà de la HQE
L’intégration de l’environnement et de la question de la lutte contre le réchauffement climatique dans le bâtiment s’organise en France sur deux axes, à la fois règlementaire, avec par exemple la Réglementation Thermique (avec une consommation énergétique de 50 Kw/m2/an en point de mire), et les démarches volontaires, avec la HQE (Haute Qualité Environnementale). La démarche française HQE est une sorte de guide d’engagement qui inclut de nombreuses thématiques liées à l’environnement : l’eco-construction, l’eco-conception, l’eco-gestion, les questions de santé des habitants des bâtiments, etc. qu’ils soient des habitations, des bureaux, des commerces, et depuis peu, des hôpitaux. Très médiatisée et mise en avant par les communicants du secteur immobilier, la norme HQE a pourtant des limites. Tout d’abord, sa traduction visuelle dans les bâtiments n’est pas encore probante. Si quelques ossatures en bois sont apparues grâce à la HQE, force est de constater que l’immeuble de bureau HQE reste encore majoritairement en “ verre-acier ”. L'élan artistique inspiré ou en harmonie avec l'environnement n'a pas démarré, sauf en Autriche. Ensuite, l’environnement du bâtiment lui-même semble mis au second plan. Un hôtel de luxe HQE dans un écosystème fragile ou un centre commercial HQE accessible uniquement en voiture et nécessitant d’imperméabiliser des milliers d’hectares sont des paradoxes possibles d’un bâtiment HQE. La HQE atteint ton hit de médiatisation pour des projets de tours, or celles-ci sont ni la meilleure réponses à la mobilité et densité urbaines ni à la paix sociale. Enfin, on peut se demander, en période de réchauffement climatique, de crise économique et de chute des investissements immobiliers, si une norme réservée à l’habitat neuf mérite d’être la vedette, alors que les bâtiments anciens, bien plus nombreux, ne cessent de consommer de plus en plus d’énergie...
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01 juillet 2009
Lancement de l'appel à projet COAL
COAL mobilise les artistes contemporains sur l’environnement
Paris, le 1er juillet 2009 COAL, la «coalition pour l’art et le développement durable», lance, avec l’appui du Ministère de la Culture et du Centre National des Arts Plastiques le Projet COAL, un appel à projet auprès des artistes contemporains sur le thème de l’environnement. L’objectif est de les mobiliser sur les enjeux environnementaux tels que le réchauffement climatique et de sensibiliser la sphère publique via l’intervention des artistes.
Le projet COAL, un projet ambitieux sur trois ans
Le Projet COAL est un cycle d’appel à projet sur trois ans qui invite les artistes contemporains à travailler sur les grands enjeux environnementaux et sociétaux planétaires. Le social, l’économique, l’environnement, sont les trois piliers du développement durable et sont indissociables. Seule une approche pluridisciplinaire permet de rendre état de la complexité des enjeux. Cependant, en intégrant cette approche globale et systémique, le projet COAL propose trois clés d’entrée au travers de thématiques annuelles : 2009 | Écologie, 2010 | Économie, 2011 | Social
Le projet COAL vise à : Inciter l’implication et l’engagement du monde de l’art sur les enjeux environnementaux et sociétaux actuels ; Valoriser le rôle de l’artiste comme partie prenante, favoriser l’échange et leur mise en réseau avec les acteurs du développement durable (ONG, Institutions Internationales, Collectivités, Entreprises, Syndicats...) ; Soutenir la production et la diffusion d’œuvres signifiantes ; Leur offrir une visibilité auprès d’acteurs publics et privés. Le premier thème du projet COAL, pour l’année 2009, est l’environnement.
L’environnement : un enjeu majeur sur lequel les artistes doivent davantage d’exprimer
L’environnement correspond aujourd’hui à une préoccupation montante autour de son déclin et de sa dégradation, faisant ainsi évoluer le lien de dépendance, d’histoire et de culture qui le relie aux hommes. Parfois perçu sous le prisme de ses représentants et défenseurs, l’environnement est également une notion controversée, pour certains une menace d’autoritarisme « vert ». L’environnement est donc à la fois un vaste éco-système menacé, mais aussi une politique et l’un comme l’autre sont aujourd’hui en mutation.
Les artistes contemporains sont nombreux à s’exprimer sur l’environnement, mais encore trop rarement sur les enjeux cruciaux comme le réchauffement climatique ou la chute de la biodiversité. Si de nombreuses initiatives et expositions se multiplient à l’international, en France, l’impulsion reste à construire. Le Projet COAL a pour ambition de contribuer à cette impulsion en créant un pont inédit entre l’univers du développement durable et l’art contemporain afin de favoriser la création.
Les temps forts de l’appel à projet
L’appel à projet s’adresse aux plasticiens et comprend trois temps forts : L'édition d’un ouvrage de référence présentant les 100 projets sélectionnés dans le cadre de cet appel ; l'organisation d'un cycle de séminaires thématiques autour des projets et d’une journée d’étude multi parties prenantes autour de 10 projets sélectionnés, en présence du jury, du comité scientifique et des principaux acteurs du développement durable ; La remise d'une bourse de 5000 euros à un lauréat récompensé par le jury d’experts. Le lauréat bénéficie également de l’accompagnement de COAL pour la mise en réseau nécessaire au développement de son projet. Le dossier de candidature est téléchargeable sur le site de COAL : www.projetcoal.fr. Il est en français / anglais.
Un comité Scientifique et un jury composés de personnalités de l’art et de la science
Le projet COAL est accompagné par des experts et personnalités de renom pour mener à bien cette action pluridisciplinaire et inédite.
Les membres du comité scientifique : Edouard Bard, climatologue, Nathalie Blanc, géographe, Dominique Bourg, philosophe, Denis Couvet, écologue, Jean-Paul Fourmentraux, sociologue, Alain Grandjean, consultant en stratégie carbone, Jean-Michel Valantin, chercheur en stratégie.
Les membres du Jury : Paul Ardenne, critique d’art, Martin Bethenod, commissaire général de la FIAC, David Buckland, fondateur de Cape Farewell, Ari Brodach, directeur du développement durable, Lille, Gilles Clément, paysagiste et écrivain, Lorenzo Fiaschi, directeur de la Galleria Continua, Fabrice Hyber, artiste, Richard Lagrange, directeur du Centre National des Arts Plastiques, Rudy Ricciotti, architecte, Guy Tortosa, inspecteur général en charge de la commande publique, Délégation aux Arts Plastiques.
Au sujet de COAL
COAL, la «coalition pour l’art et le développement durable» créée en France en 2008 par des professionnels de l’art contemporain, du développement durable et de la recherche. Ses activités sont de trois types : commissariat d’expositions sur le thème du développement durable, suivi de l’actualité internationale sur l’art contemporain et le développement durable (http://coal.blogspirit.com) et pilotage de l’appel à projet COAL.
COAL est une association loi 1901. Ses membres fondateurs sont Alice Audouin, Loic Fel, Lauranne Germond, Guillaume-Olivier Robic, Agathe Utard et Clément Willemin.
Le projet COAL bénéficie du soutien du Ministère de la culture et de la communication et du Centre National des Arts Plastiques.
Contacts
Presse : Alice Audouin alice@projetcoal.fr 06 63 54 21 79
Artistes : Lauranne Germond lauranne@projetcoal.fr 06 99 26 78 72
www.projetcoal.fr
Le communiqué de lancement de l'appel à projet : http://www.projetcoal.fr/AAP/mailingAAPMPP.html
Le dossier de candidature : http://www.projetcoal.fr/AAP/mailingAAPMPP2.html<...
LE FLYER DE LANCEMENT : RECTO COAL400exA6_recto[1].pdf VERSO CARTECOAL.pdf
Le site de COAL : www.projetcoal.fr
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26 juin 2009
Le Climat aura-t-il la peau de l’Océan ?
« La mer a déjà sauvé la terre et elle doit continuer ». Ce sont les propos du très éminent Edouard Bard, directeur de la chaire de l’évolution du climat et des océans du Collège de France.
Pourquoi la mer nous a-t-elle déjà sauvés ? Edouard Bard donne trois raisons. Tout d’abord elle stocke d’ores et déjà un tiers des émissions de CO2 dues à l’activité humaine et nous évite d’avoir à l’heure actuelle les chaudes températures que nous prévoyons pour la fin du siècle (500 ppm) ! Ensuite, grâce à son pouvoir réfléchissant, la banquise renvoie une partie de la chaleur solaire et donc freine le réchauffement. Enfin, l’océan est un formidable aspirateur de chaleur : 85 % de la chaleur est captée par les océans, un sacré service au moment où la planète vient d’augmenter de 1° en un siècle.
Mais ce service rendu par l’océan est menacé. A qui la faute ? A l’acidification des océans et au réchauffement climatique. Nous voilà donc partis pour un cercle vicieux qui n’est pas prêt de s’arrêter. Le beau miroir de glace s’érode avec la fonte de la banquise due au réchauffement plus intense aux pôles, il a déjà perdu 50% de sa superficie en trente ans, et son coefficient d’albédo baisse à cause du carbone suie (particules diesel) lié au trafic maritime. La capture de la chaleur est elle aussi menacée par le moindre brassage des masses d’eau mais c’est surtout l’acidification, également due au réchauffement, qui freine le service le plus déterminant : le stockage du carbone.
A ce train là, le prochain rapport du GIEC annoncera 1 mètre d’élévation du niveau des mers en 2100 et non 60 cm comme dans le dernier rapport !
Imaginons ce qui se passerait si nous bloquions pour toujours notre émission de CO2 au niveau actuel (390 ppm). La terre continuerait à se réchauffer légèrement à l’échelle de quelques siècles, et l’élévation du niveau des mers persisterait sur des centaines et milliers d’années, à cause de la dilatation des océans et la fonte des calottes de glace
(le Groenland, ça met du temps à fondre !).
voir le schema Document4.pdf (source : IPCC)
Le Grenelle de la mer, tombe donc à brûle pour point. Il favorise la prise de conscience de l’interdépendance entre terre, mer et activité humaine. Les océans comme ressources énergétiques, minérales, alimentaires ou médicales à venir et comme réceptacle des rejets produits sur terre rendent cette interdépendance capitale pour l’avenir de l’humanité. Comment résoudre le problème? En cessant de voir l’océan comme une simple source d’extraction mais en sachant l’investir avec intelligence et prospective ; en accélérant l’intégration du développement durable dans les activités industrielles et humaines ; enfin, en protégeant mieux les écosystèmes fragiles. Parmi les 500 propositions du Grenelle de la mer figurent, entre autres, la protection du tiers du littoral d’ici 2020, l’encadrement de la pêche de loisir, l’évolution des bateaux de pêche, mais aussi la création d’une Agence nationale de l’archipel France. Avec cette dernière idée totalement inédite, la France devient un archipel à l’échelle de la planète, en interface avec toutes les aires de civilisation du monde, et chaque territoire y a sa dynamique propre de développement durable, mise en réseau par l’instance centrale. Pour l’heure, le Grenelle de la mer entame sa phase de concertation nationale, avant la table ronde finale de début juillet. Un processus législatif s’en suivra-t-il ?
Pour l’heure, l’urgence est à la recherche scientifique. Lors de la clôture de la 4ème année polaire internationale, le professeur Thomas Stocker, Co-président du GIEC, a rappelé les inconnues à résoudre : quel est le lien exact entre la fonte de la banquise et l’élévation du niveau des mers ? Le dégel de l’Antarctique aura-t-il lieu et quand ? Comment réagira le permafrost au dégel ? Quelle sera l’incidence de la baisse du PH de l’océan sur les écosystèmes marins ? Et enfin… le changement climatique d’origine humaine est-il irréversible ?
19:54 Publié dans Articles (hors 2050) | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
22 juin 2009
Agenda / Médias Juin-Juillet
Campus du C3D (Collège des Directeurs du développement Durable), 9-10 juillet, www.cddd.fr
Animation
FOCUS « OPINION ET MÉDIA : DE PUISSANTS LEVIERS POUR LE DÉVELOPPEMENT DURABLE ? »
Intervenants :
Développement durable et nouvelle croissance : qu’en pense l’opinion publique ?
• Elisabeth PASTORE-REISS, Directrice du cabinet Ethicity
• Bruno JEANBART, Directeur des études politiques et d’opinion d’OpinionWay
Développement durable, implication des acteurs économiques et sensibilisation du grand public : qu’en pensent les médias ?
• Didier SAPAUT, Directeur général et Christine OBERDORFF, Rédactrice en chef magazine, Ushuaïa TV
• Delphine MASSON, journaliste à Stratégies
Développement durable, communication des entreprises et mobilisation interne : que faire ?
• Hervé BROSSARD, Président du Com’Op 34 du Grenelle de l’environnement
• Pierre SIQUIER, Vice-Président de la Fondation Nicolas Hulot
télécharger le programme du campus : 090701_ProgrammeC3D.pdf
Portrait dans Madame Figaro, 20 juin,
Dans le cadre de l'article des femmes actives bloggeuses. Voir l'article :Madame Figaro_les femmes activent font blog_200609.pdf
Prix International des Media Planète Manche, Saint Lô, 19- 20 juin 2009,
Membre du Jury, http://manche.fr/planeteManche/default.asp
13:08 Publié dans Agenda, presse... | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
17 juin 2009
Paradis Fiscaux et Environnement
Cet article a été publié dans ma chronique sur Neoplanète numéro Juin/Juillet
Le mot d’Alice : Paradis Fiscaux
Les paradis fiscaux ont subitement quitté leurs belles îles lointaines pour incarner la face sombre du capitalisme patrimonial dérégulé. Désignés comme responsables de la crise financière, ils sont devenus la cible de l’intervention de l’Etat. C’est tant mieux, non seulement pour la finance mais aussi pour l’environnement. Mais qu’ont à voir les paradis fiscaux avec l’écologie, vous demandez-vous ? C’est pourtant simple. Avec quoi un Etat finance-t-il une politique environnementale, nécessitant de lourds investissements, des infrastructures et de la recherche, donc non rentable à court terme ? Des moyens financiers. D’où viennent-t-ils ? Principalement de l’impôt. Or les paradis fiscaux servent à quoi ? A l’évasion fiscale des particuliers. C’est quoi l’astuce ? Camoufler ses revenus en les encaissant dans …les paradis fiscaux. Et voilà 50 milliards d’euros par an de recettes fiscales en moins ! …qui auraient pu être investies pour des projets de long terme, pour le développement durable ! Mais alors, que font les banques ? Ne font-elles pas un peu le gendarme ? Loin de là. Toutes nos plus grandes banques françaises ont des filiales dans les paradis fiscaux, l’une y a 57 filiales, l’autre 115, une autre encore 189 (selon Alternatives Economiques)! Ce qui se passe dans ces filiales, on se le demande….En attendant, aucune trace de ces filiales dans les rapports de développement durable des mêmes grandes banques françaises alors qu’elles y prônent la transparence et l’engagement en faveur de l’éthique et du développement durable. Le premier éco-geste ne serait-il finalement pas, quand les revenus le permettent, de payer ses impôts … et de bien choisir sa banque ?
Télécharger l'article, Neoplanète, N° Juin/Juillet 2009 (www.neo-planete.com)
21:10 Publié dans Articles (hors 2050) | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
15 juin 2009
Bettina Laville : No Show
Ce article a été publié dans Neoplanète numéro Juin/Juillet
Bettina Laville : No Show
Escarpins vernis, veste couture, rangs de perles au cou, jupe longue, carré blond impeccable, Bettina Laville affiche d’emblée un style indémodable donc durable. Pas de spectacle non plus du côté de ses interventions orales, suivant un plan en neuf parties détaillé en préambule, ponctuées de citations philosophiques allemandes ou d’hommes politiques du gouvernement précédent et agrémentées d’un humour perceptible au clignement de sa paupière gauche. Bettina Laville parle et se montre à son niveau : l’élite sans esbroufe. Lorsqu’elle fait avancer l’environnement, c’est à grande échelle, mais en restant discrète. Commençons par les diplômes. Bettina aligne l’ENA, major de Sciences Po et un doctorat de lettres modernes. La jeune Bettina entre ensuite au gouvernement pour y faire avancer sa vocation, l’environnement, et rien de moins qu’au Ministère de l’environnement, à Matignon et à l’Elysée. Bettina décide ensuite de s’occuper de plus près du citoyen consommateur. Elle fonde Vraiment Durable, mouvement autour de la consommation durable, agit en tant qu’élue locale puis chargée de la consultation du public du Grenelle de l’environnement. Aujourd’hui, Bettina relève encore un nouveau défi : faire avancer les entreprises. A son habitude, elle crée elle-même le grand chemin pour y arriver. Elle monte actuellement le département juridique développement durable du prestigieux cabinet PwC. Toujours discrète, mais avec des moyens de taille. Et demain, où Bettina lancera-t-elle ses nouveaux chemins ? Dans des livres. Dores et déjà co-auteur du Manifeste pour l'environnement au XXIème siècle (1996), Bettina travaille à l’écriture de deux romans, où l’environnement aura sa place habituelle. L'action de Bettina la rend malgré elle de plus en plus visible, mais respectons là : no flash.
Télécharger l'article (voir le magazine : www.neo-planete.com)
21:12 Publié dans Articles (hors 2050) | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
14 juin 2009
Home, Sweat Home
L’action de mécénat de PPR vis-à-vis du film Home aboutit à un résultat de communication pour le groupe PPR au-delà de toute espérance. En une semaine PPR a touché plus de 100 millions de personnes pendant 60 secondes (génériques du film) et ce pour 10 millions d’euros investis. Ce résultat s’explique par un modèle inédit de financement du film qui n’inclut aucun retour sur investissement, les profits étant reversés à l’association GoodPlanet (enfin reconnue d’utilité publique) du réalisateur Yann Arthus-Bertrand, et qui a permis aux distributeurs (cinéma, télévision, DVD, Internet) d’avoir le film gratuitement et le distribuer « pas cher. » En une semaine, du 5 au 12 juin, 130 pays ont joué le jeu. 85 chaînes de télévision ont généré 100 millions de téléspectateurs, dont 8 en France. Même succès côté Web, avec 5 millions téléchargement sur YouTube. La FNAC quant à elle a vendu 15 000 DVD le premier jour 50 000 le premier week-end : mieux que Harry Potter (mais moins cher : 4,99 euros, prix coûtant.) Seul mauvais suiveur, les Etats-Unis, avec un DVD vendu 25 $. Les médias ont eux aussi été de la partie, ils auraient offert environ 3 millions d’euros d’espace publicitaire. En interne chez PPR, 88 000 DVD ont été remis aux salariés les invitant à proposer « 88 000 initiatives » et un site interne dédié en 13 langues a été visité par 14 000 salariés. Selon Laurent Claquin, Directeur du développement durable du groupe, “Nous ne sommes pas irréprochables mais cette collaboration est une promesse d’action continue”. Derrières ces chiffres, les questions : Une marque est-elle légitime pour mener une action phare sur le développement durable si elle n’est pas elle-même déjà bien avancée ? Des audiences si importantes nécessitent-elles un processus de concertation sur la responsabilité du message ? Un contenu à la fois gratuit et d’intérêt général peut-il reposer uniquement sur des acteurs privés ? Au moment où « brand content » se développe, il important de débattre sur des principes de communication responsable.
19:37 Publié dans Articles (hors 2050) | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
04 mai 2009
Agenda Mai 2009
29 mai
ECO-PARLEMENT DES JEUNES, Cité de l’Architecture et du patrimoine
Intervention
Table ronde / débat : : « Environnement/développement durable et communication - Comment la communication peut faire évoluer les comportements ?
Aux côtés de : Dominique Gauzin-Müller, architecte, Elodie Brisson, Chargée d'action culturelle, Cité de l’architecture et du patrimoine, Erik Fretel, réalisateur.Animation : Jean-Louis Caffier
28 mai
Rencontre Médias & Développement Durable
Intervention
Au côtés de C. Puiseux (TF1), Hugues Cazenave (Opinion Way) Elisabeth Laville (Utopies), Anne Philip (Mondadori), Dominique Candelier (UDA)...
Video- compte rendu des débats : http://www.momindum.com/common/downloads/capgem/content/f...
14 mai
Inauguration vernissage du salon 1.618, salon-exposition auquel je participe à double titre . Je suis membre du comité de sélection du salon et COAL assure le commissariat d’exposition d’art contemporain « Consumer ». www.projetcoal.fr, www.1618-paris.com
2 mai
Emission "revu et corrigé", France 5, diffusion : 2 mai 18h, 3 mai 13h30
Invitée
Thème : « Le marketing vert », aux côtés de Jean-Christophe Vandevelde Membre de Résistance à l’Agression Publicitaire (RAP), Laurent Habib P-DG d’Euro RSCG C&O, et Marie-Jeanne Husset Directrice de la rédaction de 60 millions de consommateurs.
www.france5.fr/revuetcorrige/
mai
Magazine Terra Eco
Interview
Dans le cadre de ma collaboration avec le magazine terra Eco sur la communication responsable. Expertise sur la communication de Land Rover.
Voir l'article :
09:22 Publié dans Agenda, presse... | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

